QCM : Compacts et applications continues en maths spé (MP)

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Ce QCM compacts MP reprend la topologie des espaces vectoriels normés vue en spé. Les douze questions partent de la compacité séquentielle et du lien avec les parties fermées bornées, puis passent au théorème de Heine, aux bornes atteintes et à la connexité par arcs. Elles se terminent par la continuité des applications linéaires, la norme subordonnée d’une matrice et la continuité des applications polynomiales.

Commence sans cours : chaque question se règle avec une définition précise, un contre-exemple ou un calcul de deux lignes. Ensuite, lis toutes les explications. En effet, les mauvaises réponses reprennent des confusions fréquentes : fermé borné toujours compact, linéarité prise pour la continuité, norme subordonnée calculée sur les colonnes au lieu des lignes. Ainsi, tu sauras exactement quelles hypothèses vérifier en devoir.

Les 12 questions

Question 1

Dans un espace vectoriel normé, quelle propriété définit une partie \(K\) séquentiellement compacte ?

  1. Toute suite convergente de \(K\) a sa limite dans \(K\).
  2. Toute suite de \(K\) est bornée.
  3. Toute suite de \(K\) admet une suite extraite qui converge dans \(K\).
  4. Toute suite de \(K\) converge vers un point de \(K\).

Réponse C.

La compacité demande une valeur d’adhérence dans \(K\) pour toute suite de \(K\), et non la convergence de la suite entière. Le piège sur les limites décrit seulement une partie fermée, comme \(\mathbb{R}\) lui-même. Ensuite, des suites bornées caractérisent une partie bornée. Enfin, exiger que toute suite converge est bien trop fort : dans \([0,1]\), la suite \((-1)^n/2+1/2\) ne converge pas.

Question 2

Dans quel cadre peut-on affirmer qu’une partie fermée et bornée est toujours compacte ?

  1. Dans n’importe quel espace vectoriel normé
  2. Dans un espace vectoriel normé de dimension finie
  3. Seulement dans \(\mathbb{R}\) muni de la valeur absolue
  4. Dans tout espace vectoriel normé complet

Réponse B.

Le théorème de Bolzano-Weierstrass s’étend à toute dimension finie, donc fermé borné y équivaut à compact. En revanche, la boule unité fermée de \(\ell^{\infty}\) n’est pas compacte : la suite des vecteurs de base canonique reste à distance \(1\) les uns des autres. Par conséquent, la complétude ne suffit pas, puisque cet espace est complet. Enfin, se limiter à \(\mathbb{R}\) est trop restrictif.

Question 3

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}^2\) est compacte ?

  1. \(\{(x,y) : x^2+y^2<4\}\)
  2. \(\{(x,y) : |xy|\leq 1\}\)
  3. \(\{(t,1/t) : t\geq 1\}\)
  4. \(\{(x,y) : x^2+4y^2\leq 9\}\)

Réponse D.

En dimension finie, il suffit de vérifier fermé et borné. L’ellipse pleine est fermée, image réciproque de \(]-\infty,9]\) par une fonction continue, et bornée, car \(|x|\leq 3\) et \(|y|\leq\frac{3}{2}\). En revanche, le disque ouvert n’est pas fermé. Ensuite, la partie \(|xy|\leq 1\) contient tout l’axe des abscisses, donc elle n’est pas bornée. De même, la branche d’hyperbole est fermée mais non bornée.

Question 4

Soit \(K\) une partie compacte et \(F\) une partie fermée d’un espace vectoriel normé. Que peut-on dire de \(K\cap F\) ?

  1. Elle est toujours compacte.
  2. Elle est fermée, mais pas forcément bornée.
  3. Elle est compacte seulement si \(F\) est borné.
  4. Elle n’est compacte que si \(F\subset K\).

Réponse A.

La partie \(K\cap F\) est fermée dans le compact \(K\). Or un fermé contenu dans un compact est compact : une suite de \(K\cap F\) a une extraite qui converge dans \(K\), et sa limite reste dans \(F\), qui est fermé. Ainsi aucune hypothèse supplémentaire n’est utile. Le piège « pas forcément bornée » oublie que \(K\cap F\) est inclus dans \(K\), lui-même borné.

Question 5

Laquelle de ces fonctions est uniformément continue sur l’intervalle indiqué ?

  1. \(x\mapsto\sqrt{x}\) sur \([0,5]\)
  2. \(x\mapsto x^2\) sur \(\mathbb{R}\)
  3. \(x\mapsto 1/x\) sur \(]0,1]\)
  4. \(x\mapsto\sin(1/x)\) sur \(]0,1]\)

Réponse A.

Le théorème de Heine affirme qu’une fonction continue sur un compact y est uniformément continue. Or \([0,5]\) est compact, donc la racine carrée convient, malgré sa tangente verticale en \(0\). En revanche, \(x^2\) varie de plus en plus vite à l’infini. De plus, \(1/x\) et \(\sin(1/x)\) oscillent ou explosent près de \(0\), et \(]0,1]\) n’est pas fermé. Le piège est de croire qu’une dérivée infinie empêche l’uniforme continuité.

Question 6

Soit \(K\) une partie compacte non vide d’un espace vectoriel normé et \(a\) un point hors de \(K\). Que dire de \(d(a,K)=\inf_{k\in K}\|a-k\|\) ?

  1. Elle est atteinte, mais elle peut être nulle.
  2. Elle est strictement positive, mais peut ne pas être atteinte.
  3. Elle est atteinte en un point de \(K\) et strictement positive.
  4. Elle est nulle, car \(K\) est fermé.

Réponse C.

L’application \(k\mapsto\|a-k\|\) est continue, et même lipschitzienne, sur le compact non vide \(K\). Elle atteint donc sa borne inférieure en un point \(k_0\). Comme \(a\notin K\), on a \(a\neq k_0\), donc la distance est strictement positive. Le piège « peut être nulle » oublie que l’infimum est un minimum. Par ailleurs, la distance à un fermé est nulle seulement pour un point de ce fermé.

Question 7

Laquelle de ces parties de \(\mathbb{R}^2\) n’est pas connexe par arcs ?

  1. \(\mathbb{R}^2\) privé de l’origine
  2. \(\{(x,y) : x\neq y\}\)
  3. Une partie étoilée par rapport à un point
  4. Une partie convexe non vide

Réponse B.

La partie \(x\neq y\) est la réunion de deux demi-plans ouverts. Un chemin continu \(\gamma\) reliant \((1,0)\) à \((0,1)\) donnerait une fonction continue \(t\mapsto x(t)-y(t)\) passant de \(1\) à \(-1\) sans s’annuler, ce qui contredit les valeurs intermédiaires. En revanche, le plan privé d’un point reste connexe par arcs, car on contourne l’origine. Enfin, convexe implique étoilé, qui implique connexe par arcs.

Question 8

Une fonction \(f\) à valeurs réelles est continue sur le plan privé de l’origine, et elle prend les valeurs \(-1\) et \(2\). Que peut-on affirmer ?

  1. \(f\) peut ne pas s’annuler, car son domaine n’est pas convexe.
  2. \(f\) est forcément bornée.
  3. \(f\) s’annule en au moins un point.
  4. \(f\) prend forcément la valeur \(3\).

Réponse C.

L’image continue d’une partie connexe par arcs est un intervalle de \(\mathbb{R}\). Or le plan privé de l’origine est connexe par arcs, donc \(f\) prend toutes les valeurs entre \(-1\) et \(2\), en particulier \(0\). Le piège de la convexité confond une condition suffisante avec une condition nécessaire. Par ailleurs, le domaine n’est pas compact, donc rien n’oblige \(f\) à être bornée ni à atteindre \(3\).

Question 9

On munit \(\mathbb{R}[X]\) de la norme qui associe à un polynôme le plus grand module de ses coefficients. La dérivation \(D\) est-elle continue ?

  1. Oui, car toute application linéaire est continue.
  2. Non, car \(\|D(X^n)\|=n\) alors que \(\|X^n\|=1\).
  3. Oui, car toutes les normes sont équivalentes.
  4. Non, car \(\mathbb{R}[X]\) n’est pas complet.

Réponse B.

Une application linéaire est continue si et seulement s’il existe \(C\) tel que \(\|D(P)\|\leq C\|P\|\) pour tout \(P\). Or \(D(X^n)=nX^{n-1}\), de norme \(n\), tandis que \(\|X^n\|=1\). Aucune constante ne convient, donc \(D\) n’est pas continue. Le piège consiste à appliquer les résultats de dimension finie à \(\mathbb{R}[X]\), qui est de dimension infinie. Quant à la complétude, elle ne joue aucun rôle ici.

Question 10

On note \(N\) la norme subordonnée à \(\|\cdot\|_{\infty}\) sur les matrices carrées de taille \(2\). On sait que \(N(A)=2\) et \(N(B)=3\). Que peut-on affirmer sur \(N(AB)\) ?

  1. \(N(AB)=6\)
  2. \(N(AB)\geq 6\)
  3. \(N(AB)\leq 5\)
  4. \(N(AB)\leq 6\)

Réponse D.

Pour tout vecteur \(x\), on a \(\|ABx\|_{\infty}\leq 2\|Bx\|_{\infty}\leq 6\|x\|_{\infty}\). Donc \(N(AB)\leq 6\) : c’est la sous-multiplicativité. Cependant, il n’y a pas égalité en général. Par exemple, \(A=\operatorname{diag}(2,0)\) et \(B=\operatorname{diag}(0,3)\) vérifient les hypothèses, alors que \(AB=0\). Le piège consiste à transformer l’inégalité en égalité. Quant à \(5\), il additionne les normes au lieu de les multiplier.

Question 11

On munit \(\mathbb{R}^2\) de la norme \(\|\cdot\|_{\infty}\). Que vaut la norme subordonnée de la matrice \(A=\begin{pmatrix}1&-2\\3&4\end{pmatrix}\) ?

  1. \(6\)
  2. \(10\)
  3. \(4\)
  4. \(7\)

Réponse D.

Pour la norme infinie, la norme subordonnée est le maximum des sommes des modules sur chaque ligne. On obtient ainsi \(1+2=3\) et \(3+4=7\), donc \(7\). Elle est atteinte en \(x=(1,1)\), dont l’image \((-1,7)\) a pour norme \(7\). Le piège \(6\) somme les colonnes, ce qui correspond à la norme \(\|\cdot\|_1\). Ensuite, \(10\) additionne tous les coefficients, et \(4\) prend le plus grand d’entre eux.

Question 12

Pourquoi l’ensemble \(GL_n(\mathbb{R})\) des matrices inversibles est-il un ouvert de l’espace des matrices carrées réelles de taille \(n\) ?

  1. C’est l’image réciproque de \(\mathbb{R}^*\) par le déterminant, qui est continu.
  2. C’est l’image directe de l’ouvert \(\mathbb{R}^*\) par le déterminant.
  3. C’est une partie convexe de l’espace des matrices.
  4. C’est une partie compacte, donc ouverte.

Réponse A.

Le déterminant est une fonction polynomiale des coefficients, donc continue en dimension finie. Ainsi l’image réciproque de l’ouvert \(\mathbb{R}^*\) est ouverte. Le piège de l’image directe se trompe de sens : une application continue ne transporte pas les ouverts. Par ailleurs, \(GL_n(\mathbb{R})\) n’est pas convexe, car le segment de \(I_n\) à \(-I_n\) passe par \(0\). Enfin, il n’est pas borné, donc pas compact.

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