Corrigé des exercices : Résidus et séries de Laurent en L3 de maths

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Ce corrigé résidus L3 détaille chaque solution comme dans une copie de partiel. Pour chaque exercice, une idée clé indique d’abord par où attaquer. Ensuite, nous vérifions les hypothèses des théorèmes, nous nommons le résultat utilisé et nous posons tous les calculs intermédiaires.

Deux points demandent une vigilance particulière. D’une part, il faut toujours justifier que l’intégrale sur l’arc de cercle tend vers zéro, par une majoration explicite ou par le lemme de Jordan. D’autre part, il faut contrôler quels pôles sont réellement entourés par le contour, avec leur indice. Enfin, chaque résultat numérique a été contrôlé par un calcul approché indépendant. Nous vous conseillons donc de chercher chaque exercice avant de lire sa solution, puis de comparer votre rédaction ligne par ligne.

Pour démarrer

Corrigé de l’exercice 1 – Développements de Laurent sur trois domaines

Idée clé : chaque élément simple se développe en série géométrique, en factorisant par le plus grand des deux modules.

  1. On cherche \( f(z) = \dfrac{\alpha}{z-2} + \dfrac{\beta}{z+3} \). En multipliant par \( z-2 \) puis en posant \( z = 2 \), on obtient \( \alpha = 5/5 = 1 \). De même, \( \beta = 5/(-5) = -1 \). Ainsi, \( f(z) = \dfrac{1}{z-2} – \dfrac{1}{z+3} \). Les pôles ont pour modules \( 2 \) et \( 3 \). Par conséquent, \( f \) est holomorphe sur le disque \( |z| < 2 \), sur la couronne \( 2 < |z| < 3 \) et sur l’extérieur \( |z| > 3 \).
  2. Pour \( |z| < 2 \), la série géométrique de raison \( z/2 \) donne \( \dfrac{1}{z-2} = \displaystyle\sum_{n \geq 0} \frac{-z^n}{2^{n+1}} \). De plus, comme \( |z| < 3 \), \( \dfrac{1}{z+3} = \displaystyle\sum_{n \geq 0} \frac{(-1)^n z^n}{3^{n+1}} \). Donc \( f(z) = -\displaystyle\sum_{n \geq 0} \left( \frac{1}{2^{n+1}} + \frac{(-1)^n}{3^{n+1}} \right) z^n \), une série entière sans puissance négative.
  3. Passons à la couronne \( 2 < |z| < 3 \). L’élément \( 1/(z+3) \) s’y développe exactement comme sur le disque, puisque \( |z| < 3 \) reste vrai. Pour l’autre élément, c’est \( |2/z| \) qui est inférieur à \( 1 \), si bien que \( \dfrac{1}{z-2} = \dfrac{1}{z} \cdot \dfrac{1}{1 – 2/z} = \displaystyle\sum_{n \geq 1} 2^{n-1} z^{-n} \). Ainsi, \( f(z) = \displaystyle\sum_{n \geq 1} 2^{n-1} z^{-n} – \sum_{n \geq 0} \frac{(-1)^n z^n}{3^{n+1}} \). Sur \( |z| > 3 \), on factorise aussi \( z+3 \) par \( z \) : \( \dfrac{1}{z+3} = \displaystyle\sum_{n \geq 1} (-3)^{n-1} z^{-n} \). Finalement, \( f(z) = \displaystyle\sum_{n \geq 2} \left( 2^{n-1} – (-3)^{n-1} \right) z^{-n} \), car le terme \( n = 1 \) vaut \( 1 – 1 = 0 \). On retrouve d’ailleurs \( f(z) \sim 5/z^2 \) à l’infini.
  4. Le cercle \( |z| = 5/2 \) est inclus dans la couronne \( 2 < |z| < 3 \). En intégrant terme à terme, seul le coefficient de \( z^{-1} \) contribue. Or ce coefficient vaut \( 2^0 = 1 \). Donc \( \int_{|z|=5/2} f(z) \, dz = 2 i \pi \). On le confirme avec les résidus : seul le pôle \( 2 \) est entouré, et son résidu vaut \( 5/(2+3) = 1 \).

La figure situe les trois domaines et le cercle d’intégration.

Disque de rayon deux, couronne entre deux et trois, cercle de rayon cinq demis et les deux pôles

Corrigé de l’exercice 2 – Nature de quatre singularités

Idée clé : un développement limité du numérateur donne directement la plus petite puissance de \( z \).

  1. On a \( e^z – 1 – z = \dfrac{z^2}{2} + \dfrac{z^3}{6} + \dfrac{z^4}{24} + \cdots \). En divisant par \( z^5 \), on obtient \( f_1(z) = \dfrac{1}{2z^3} + \dfrac{1}{6z^2} + \dfrac{1}{24 z} + \cdots \). Donc \( 0 \) est un pôle d’ordre \( 3 \), et au passage le résidu vaut \( 1/24 \).
  2. Ensuite, \( \sin(2z) = 2z – \dfrac{8z^3}{6} + \dfrac{32 z^5}{120} – \cdots \). Ainsi, \( \sin(2z) – 2z = -\dfrac{4}{3} z^3 + O(z^5) \). Par conséquent, \( f_2 \) est bornée près de \( 0 \) : fausse singularité, prolongée par \( f_2(0) = -4/3 \).
  3. Sur \( \mathbb{C}^* \), \( z^3 e^{1/z} = \displaystyle\sum_{k \geq 0} \frac{z^{3-k}}{k!} \). Les puissances \( z^{3-k} \) pour \( k \geq 4 \) sont négatives, et leurs coefficients \( 1/k! \) sont tous non nuls. Il y en a une infinité, donc \( 0 \) est une singularité essentielle.
  4. Les singularités de \( f_4 \) sont les zéros de \( 1 + e^z \), c’est-à-dire les \( z_k = i(2k+1)\pi \), \( k \in \mathbb{Z} \). En ces points, la dérivée du dénominateur vaut \( e^{z_k} = -1 \neq 0 \). Les zéros sont donc simples et chaque \( z_k \) est un pôle simple, de résidu \( 1/e^{z_k} = -1 \).

Corrigé de l’exercice 3 – Résidus en des pôles simples

Idée clé : pour un quotient \( g/h \) avec un zéro simple de \( h \), le résidu vaut \( g(a)/h^{\prime}(a) \).

  1. Les racines de \( z^2 + 2z + 5 \) sont \( -1 \pm 2i \). Elles sont distinctes, donc simples, et le numérateur ne s’y annule pas. En \( a \), le résidu vaut \( a/(2a+2) \). Pour \( a = -1 + 2i \), on obtient \( \dfrac{-1+2i}{4i} = \dfrac{(-1+2i)(-i)}{4} = \dfrac{2+i}{4} \). Par conjugaison, \( \mathrm{Res}(f, -1+2i) = \dfrac{2+i}{4} \) et \( \mathrm{Res}(f, -1-2i) = \dfrac{2-i}{4} \).
  2. Les zéros de \( \sin(\pi z) \) sont les entiers \( n \). La dérivée \( \pi \cos(\pi z) \) vaut \( \pi (-1)^n \neq 0 \) en \( n \). Ainsi, chaque entier est un pôle simple et \( \mathrm{Res}(g, n) = \dfrac{(-1)^n}{\pi} \).
  3. Les racines de \( z^4 = 16 \) sont \( 2, -2, 2i, -2i \), toutes simples. Le résidu en \( a \) vaut \( a^2/(4a^3) = 1/(4a) \). Donc \( \mathrm{Res}(h, 2) = \dfrac{1}{8} \), \( \mathrm{Res}(h, -2) = -\dfrac{1}{8} \), \( \mathrm{Res}(h, 2i) = -\dfrac{i}{8} \), \( \mathrm{Res}(h, -2i) = \dfrac{i}{8} \).

Corrigé de l’exercice 4 – Résidus en des pôles multiples

Idée clé : en un pôle d’ordre \( m \), on dérive \( m-1 \) fois la fonction \( (z-a)^m f(z) \), devenue holomorphe.

  1. Comme \( e^{3 \cdot 1} \neq 0 \), le point \( 1 \) est un pôle d’ordre \( 3 \). Posons \( \varphi(z) = (z-1)^3 f(z) = e^{3z} \). Alors \( \varphi^{\prime\prime}(z) = 9 e^{3z} \). La formule donne \( \mathrm{Res}(f, 1) = \dfrac{\varphi^{\prime\prime}(1)}{2!} \), donc \( \mathrm{Res}(f, 1) = \dfrac{9e^3}{2} \).
  2. En \( 0 \), le numérateur vaut \( \cos 0 = 1 \) : c’est un pôle double. Posons \( \psi(z) = z^2 g(z) = \dfrac{\cos z}{z+1} \). D’abord, \( \psi^{\prime}(z) = \dfrac{-\sin z \, (z+1) – \cos z}{(z+1)^2} \). Ensuite, \( \psi^{\prime}(0) = -1 \). Donc \( \mathrm{Res}(g, 0) = -1 \). En \( -1 \), le pôle est simple, et \( \mathrm{Res}(g, -1) = \dfrac{\cos(-1)}{(-1)^2} = \cos 1 \).
  3. On a \( (z^2+1)^2 = (z-i)^2 (z+i)^2 \), donc \( i \) est un pôle double. Posons \( \chi(z) = (z+i)^{-2} \). Alors \( \chi^{\prime}(z) = -2 (z+i)^{-3} \), puis \( \chi^{\prime}(i) = -2/(2i)^3 = -2/(-8i) = \dfrac{1}{4i} \). Ainsi, \( \mathrm{Res}(h, i) = -\dfrac{i}{4} \).

Corrigé de l’exercice 5 – Indice de deux lacets paramétrés

Idée clé : on calcule l’indice en un seul point par la définition, puis on utilise sa constance sur chaque composante connexe.

  1. On a \( \gamma_1^{\prime}(t) = 6i e^{3it} \). Par définition, \( \mathrm{Ind}_{\gamma_1}(0) = \dfrac{1}{2i\pi} \displaystyle\int_0^{2\pi} \frac{6i e^{3it}}{2 e^{3it}} \, dt = \frac{1}{2i\pi} \cdot 3i \cdot 2\pi \). Donc \( \mathrm{Ind}_{\gamma_1}(0) = 3 \) : le cercle est parcouru trois fois dans le sens direct.
  2. L’image de \( \gamma_1 \) est le cercle de rayon \( 2 \). Son complémentaire a deux composantes : le disque ouvert et l’extérieur. Le point \( 1 \) est dans le disque, comme \( 0 \), donc \( \mathrm{Ind}_{\gamma_1}(1) = 3 \). Le point \( 3 \) est dans la composante non bornée, donc \( \mathrm{Ind}_{\gamma_1}(3) = 0 \).
  3. Le lacet \( \gamma_2 \) décrit une fois le cercle de centre \( 1 \) et de rayon \( 1 \), dans le sens indirect. Un calcul direct en \( 1 \) donne \( \dfrac{1}{2i\pi} \displaystyle\int_0^{2\pi} \frac{-i e^{-it}}{e^{-it}} \, dt = -1 \). Or \( 3/2 \) est dans le même disque que \( 1 \), donc \( \mathrm{Ind}_{\gamma_2}(3/2) = -1 \). Enfin, \( |-1 – 1| = 2 > 1 \), donc \( \mathrm{Ind}_{\gamma_2}(-1) = 0 \).

Corrigé de l’exercice 6 – Une intégrale trigonométrique

Idée clé : la substitution \( z = e^{it} \) transforme l’intégrale en intégrale d’une fraction rationnelle sur le cercle unité.

  1. Avec \( \cos t = (z + z^{-1})/2 \) et \( dt = dz/(iz) \), on obtient \( 4 + \cos t = \dfrac{z^2 + 8z + 1}{2z} \). Par conséquent, \( I = \displaystyle\int_{|z|=1} \frac{2z}{z^2 + 8z + 1} \cdot \frac{dz}{iz} = \int_{|z|=1} \frac{2 \, dz}{i (z^2 + 8z + 1)} \).
  2. Les racines de \( z^2 + 8z + 1 \) sont \( -4 \pm \sqrt{15} \). Comme \( \sqrt{15} \approx 3{,}87 \), la racine \( z_1 = -4 + \sqrt{15} \approx -0{,}13 \) est dans le disque unité. L’autre, \( -4 – \sqrt{15} \), est à l’extérieur. Leur produit vaut d’ailleurs \( 1 \), ce qui confirme qu’une seule est intérieure.
  3. Le résidu en \( z_1 \) vaut \( \dfrac{2}{i(2z_1 + 8)} = \dfrac{2}{2i\sqrt{15}} = \dfrac{1}{i\sqrt{15}} \). Par le théorème des résidus, \( I = 2i\pi \cdot \dfrac{1}{i\sqrt{15}} = \dfrac{2\pi}{\sqrt{15}} \). Ce résultat est cohérent, car \( 1/(4 + \cos t) \) est compris entre \( 1/5 \) et \( 1/3 \).

Pour s’entraîner

Corrigé de l’exercice 7 – Théorème des résidus sur un cercle

Idée clé : on garde seulement les pôles de module strictement inférieur à \( 2 \).

  1. La fonction \( F(z) = \dfrac{z+1}{z(z-1)(z-3)} \) a trois pôles simples : \( 0 \), \( 1 \) et \( 3 \). Aucun ne se trouve sur le cercle. De plus, \( 0 \) et \( 1 \) sont à l’intérieur, avec un indice égal à \( 1 \), alors que \( 3 \) est à l’extérieur.
  2. On calcule \( \mathrm{Res}(F, 0) = \dfrac{1}{(-1)(-3)} = \dfrac{1}{3} \), puis \( \mathrm{Res}(F, 1) = \dfrac{2}{1 \cdot (-2)} = -1 \).
  3. Le théorème des résidus donne \( \displaystyle\int_{|z|=2} F(z) \, dz = 2i\pi \left( \frac{1}{3} – 1 \right) \). Ainsi, l’intégrale vaut \( -\dfrac{4i\pi}{3} \).

Corrigé de l’exercice 8 – Lacet parcouru deux fois

Idée clé : un cercle parcouru deux fois donne un indice \( 2 \) à chaque point intérieur, ce qui double la contribution des résidus.

  1. Le lacet décrit deux fois, dans le sens direct, le cercle de centre \( 1 \) et de rayon \( 2 \). D’abord, \( 1 \) est le centre, donc \( \mathrm{Ind}_\gamma(1) = 2 \). Ensuite, \( |4 – 1| = 3 > 2 \) et \( |-2 – 1| = 3 > 2 \) : ces deux points sont extérieurs, donc \( \mathrm{Ind}_\gamma(4) = \mathrm{Ind}_\gamma(-2) = 0 \).
  2. Le pôle \( 1 \) est simple, avec \( \mathrm{Res}(f, 1) = \dfrac{e}{1 – 4} = -\dfrac{e}{3} \). Le pôle \( 4 \) a un indice nul et ne contribue pas. Par conséquent, \( \int_\gamma f(z) \, dz = 2i\pi \cdot 2 \cdot \left( -\dfrac{e}{3} \right) = -\dfrac{4 i \pi e}{3} \).

Corrigé de l’exercice 9 – Singularité essentielle et coefficient d’indice moins un

Idée clé : en une singularité essentielle, aucune formule de limite ne marche ; on lit le coefficient de \( 1/z \) dans la série.

  1. Pour \( z \neq 0 \), \( e^{2/z} = \displaystyle\sum_{k \geq 0} \frac{2^k}{k! \, z^k} \). Donc \( z^3 e^{2/z} = \displaystyle\sum_{k \geq 0} \frac{2^k}{k!} z^{3-k} \), et ce développement est valable sur \( \mathbb{C}^* \). Les puissances négatives correspondent à \( k \geq 4 \), avec des coefficients \( 2^k/k! \) non nuls. Il y en a une infinité : \( 0 \) est une singularité essentielle.
  2. Le coefficient de \( z^{-1} \) correspond à \( 3 – k = -1 \), soit \( k = 4 \). Il vaut \( 2^4/4! = 16/24 = 2/3 \). Par conséquent, \( \int_{|z|=1} z^3 e^{2/z} \, dz = 2i\pi \cdot \dfrac{2}{3} = \dfrac{4i\pi}{3} \).
  3. De même, \( e^{1/z^2} = \displaystyle\sum_{k \geq 0} \frac{z^{-2k}}{k!} \) ne contient que des puissances paires. Le coefficient de \( z^{-1} \) est donc nul, et \( \int_{|z|=1} e^{1/z^2} \, dz = 0 \). Pourtant, \( 0 \) est bien une singularité essentielle. Il n’y a aucune contradiction : un résidu nul ne signifie pas une fausse singularité. Seul le coefficient \( c_{-1} \) intervient dans l’intégrale.

Corrigé de l’exercice 10 – Pôle double sur le demi-plan supérieur

Idée clé : le dénominateur est un carré, donc l’unique pôle supérieur est double.

  1. On a \( x^2 + 2x + 2 = (x+1)^2 + 1 \geq 1 \), donc l’intégrande est continu sur \( \mathbb{R} \). De plus, il est équivalent à \( 1/x^4 \) en \( \pm\infty \). Par comparaison, \( J \) converge absolument.
  2. Posons \( F(z) = \dfrac{1}{(z-a)^2 (z – \bar a)^2} \) avec \( a = -1 + i \). Le seul pôle du demi-plan supérieur est \( a \), d’ordre \( 2 \). Avec \( \psi(z) = (z – \bar a)^{-2} \), on obtient \( \mathrm{Res}(F, a) = \psi^{\prime}(a) = \dfrac{-2}{(a – \bar a)^3} = \dfrac{-2}{(2i)^3} = \dfrac{1}{4i} \).
  3. Pour \( |z| = R \geq 3 \), on a \( |z^2 + 2z + 2| \geq R^2 – 2R – 2 > 0 \). L’intégrale sur le demi-cercle est donc majorée par \( \dfrac{\pi R}{(R^2 – 2R – 2)^2} \), qui tend vers \( 0 \). Par le théorème des résidus puis le passage à la limite, \( J = 2i\pi \cdot \dfrac{1}{4i} = \dfrac{\pi}{2} \).
  4. Vérification : avec \( u = x + 1 \), \( J = \displaystyle\int_{\mathbb{R}} \frac{du}{(u^2+1)^2} \). Puis, avec \( u = \tan \theta \), on trouve \( \displaystyle\int_{-\pi/2}^{\pi/2} \cos^2 \theta \, d\theta = \frac{\pi}{2} \). Les deux méthodes concordent.

Corrigé de l’exercice 11 – Fraction paire intégrée sur une demi-droite

Idée clé : les racines de \( x^4 + x^2 + 1 \) sont des racines sixièmes de l’unité, ce qui simplifie les résidus.

  1. On écrit \( x^4 + x^2 + 1 = (x^2 + 1)^2 – x^2 = (x^2 + x + 1)(x^2 – x + 1) \). De plus, \( (x^2 – 1)(x^4 + x^2 + 1) = x^6 – 1 \). Les racines sont donc les racines sixièmes de l’unité autres que \( \pm 1 \) : \( e^{\pm i\pi/3} \) et \( e^{\pm 2i\pi/3} \). Les pôles supérieurs sont \( \omega_1 = e^{i\pi/3} \) et \( \omega_2 = e^{2i\pi/3} \), tous simples.
  2. Avec \( Q(z) = z^4 + z^2 + 1 \), on a \( \mathrm{Res}(1/Q, \omega) = 1/(4\omega^3 + 2\omega) \). Pour \( \omega_1 \), \( \omega_1^3 = -1 \) et \( 2\omega_1 = 1 + i\sqrt{3} \), d’où un résidu \( \dfrac{1}{-3 + i\sqrt3} = \dfrac{-3 – i\sqrt3}{12} \). Pour \( \omega_2 \), \( \omega_2^3 = 1 \) et \( 2\omega_2 = -1 + i\sqrt3 \), d’où \( \dfrac{1}{3 + i\sqrt3} = \dfrac{3 – i\sqrt3}{12} \). La somme vaut \( -\dfrac{i\sqrt3}{6} \).
  3. Le degré du dénominateur dépasse de \( 4 \) celui du numérateur, donc la proposition du cours s’applique. Ainsi, \( \displaystyle\int_{\mathbb{R}} \frac{dx}{Q(x)} = 2i\pi \cdot \left( -\frac{i\sqrt3}{6} \right) = \frac{\pi\sqrt3}{3} = \frac{\pi}{\sqrt3} \).
  4. L’intégrande est pair, donc \( \displaystyle\int_0^{+\infty} \frac{dx}{x^4 + x^2 + 1} = \frac{\pi}{2\sqrt3} \approx 0{,}907 \).

Corrigé de l’exercice 12 – Lemme de Jordan en action

Idée clé : l’intégrande ne décroît qu’en \( 1/x \) ; seul le lemme de Jordan permet de négliger le demi-cercle.

  1. Sur \( [1, +\infty[ \), on écrit \( \dfrac{x}{x^2+4} \sin(\pi x) \). La fonction \( x \mapsto x/(x^2+4) \) décroît vers \( 0 \) pour \( x \geq 2 \), et les primitives de \( \sin(\pi x) \) sont bornées. Par le critère d’Abel, l’intégrale converge en \( +\infty \), et de même en \( -\infty \) par parité. En revanche, \( |\sin(\pi x)| \geq \sin^2(\pi x) = (1 – \cos(2\pi x))/2 \). Or \( \int^{+\infty} \frac{x}{2(x^2+4)} dx \) diverge, tandis que la partie en cosinus converge. Donc \( K \) converge, mais pas absolument.
  2. Avec \( F(z) = z/(z^2+4) \), on a \( \sup_{C_R} |F| \leq R/(R^2-4) \). Le produit \( \pi R \cdot R/(R^2 – 4) \) tend vers \( \pi \), et non vers \( 0 \). La majoration grossière ne conclut donc pas.
  3. Posons \( g(z) = \dfrac{z e^{i\pi z}}{z^2+4} \). Son seul pôle supérieur est \( 2i \), simple, avec \( \mathrm{Res}(g, 2i) = \dfrac{2i e^{-2\pi}}{4i} = \dfrac{e^{-2\pi}}{2} \). Par le lemme de Jordan avec \( \lambda = \pi \) et \( M(R) \leq R/(R^2 – 4) \to 0 \), l’intégrale sur \( C_R \) tend vers \( 0 \). On obtient \( \displaystyle\lim_{R \to +\infty} \int_{-R}^{R} \frac{x e^{i\pi x}}{x^2+4} \, dx = 2i\pi \cdot \frac{e^{-2\pi}}{2} = i\pi e^{-2\pi} \). Enfin, la partie imaginaire donne \( K = \pi e^{-2\pi} \). La partie réelle, nulle, correspond à l’intégrale impaire en cosinus.

Corrigé de l’exercice 13 – Cosinus et deux pôles imaginaires

Idée clé : on intègre \( e^{iz} \) et non \( \cos z \), puis on garde la partie réelle.

  1. Posons \( g(z) = \dfrac{e^{iz}}{(z^2+1)(z^2+4)} \). Ses pôles supérieurs sont \( i \) et \( 2i \), tous deux simples. D’abord, \( \mathrm{Res}(g, i) = \dfrac{e^{-1}}{2i \cdot 3} = \dfrac{e^{-1}}{6i} \). Ensuite, \( \mathrm{Res}(g, 2i) = \dfrac{e^{-2}}{(-3) \cdot 4i} = -\dfrac{e^{-2}}{12i} \).
  2. Dans le demi-plan supérieur, \( |e^{iz}| = e^{-\mathrm{Im}\, z} \leq 1 \). Sur \( C_R \), avec \( R \geq 3 \), on a donc \( |g(z)| \leq \dfrac{1}{(R^2-1)(R^2-4)} \). L’intégrale sur l’arc est majorée par \( \pi R \) fois cette quantité, qui tend vers \( 0 \).
  3. Par conséquent, \( \displaystyle\int_{\mathbb{R}} g = 2i\pi \left( \frac{e^{-1}}{6i} – \frac{e^{-2}}{12i} \right) = \pi \left( \frac{e^{-1}}{3} – \frac{e^{-2}}{6} \right) \). Ce nombre est réel, ce qui est cohérent : la partie en sinus est impaire. Finalement, \( L = \dfrac{\pi (2e – 1)}{6e^2} \approx 0{,}314 \).

Corrigé de l’exercice 14 – Coefficient de Fourier par les résidus

Idée clé : le facteur \( e^{2it} \) devient \( z^2 \), qui ne crée aucun pôle nouveau.

  1. Avec \( z = e^{it} \), on a \( 5 – 3\cos t = \dfrac{10z – 3z^2 – 3}{2z} = -\dfrac{(3z – 1)(z – 3)}{2z} \). L’intégrale devient \( \displaystyle\int_{|z|=1} z^2 \cdot \frac{-2z}{(3z-1)(z-3)} \cdot \frac{dz}{iz} = \int_{|z|=1} \frac{2i z^2}{(3z-1)(z-3)} \, dz \).
  2. Les pôles sont \( 1/3 \), intérieur, et \( 3 \), extérieur. Ensuite, \( \mathrm{Res}\left(\cdot, \frac13\right) = \dfrac{2i \cdot \frac19}{3 \left( \frac13 – 3 \right)} = \dfrac{2i/9}{-8} = -\dfrac{i}{36} \). Donc \( \displaystyle\int_0^{2\pi} \frac{e^{2it}}{5 – 3\cos t} \, dt = 2i\pi \cdot \left( -\frac{i}{36} \right) = \frac{\pi}{18} \).
  3. Comme \( 5 – 3\cos t \) est réel, on sépare parties réelle et imaginaire. Ainsi, \( \displaystyle\int_0^{2\pi} \frac{\cos 2t}{5 – 3\cos t} \, dt = \frac{\pi}{18} \) et \( \displaystyle\int_0^{2\pi} \frac{\sin 2t}{5 – 3\cos t} \, dt = 0 \). Le second résultat se retrouve d’ailleurs par le changement \( t \mapsto 2\pi – t \).

Corrigé de l’exercice 15 – Principe de l’argument et fonctions méromorphes

Idée clé : l’intégrale de \( f^{\prime}/f \) compte les zéros moins les pôles, avec leurs multiplicités.

  1. La fonction \( f \) est un quotient de polynômes, donc méromorphe sur \( \mathbb{C} \). Ses zéros sont \( i \) et \( -i \), chacun d’ordre \( 2 \). Ses pôles sont \( 2 \), d’ordre \( 1 \), et \( -5 \), d’ordre \( 3 \). Aucun de ces points n’est sur le cercle \( |z| = 3 \). Dans le disque, on compte \( Z = 4 \) et \( P = 1 \), car \( -5 \) est extérieur. Le principe de l’argument donne \( Z – P = 3 \).
  2. Les zéros de \( \cos \) sont isolés, donc \( \tan = \sin/\cos \) est méromorphe sur \( \mathbb{C} \). De plus, \( \tan z = -\dfrac{\cos^{\prime} z}{\cos z} \). Les zéros de \( \cos \) dans \( |z| < 2 \) sont \( \pm \pi/2 \), car \( \pi/2 \approx 1{,}57 \) et \( 3\pi/2 \approx 4{,}71 \). Ils sont simples. Aucun pôle de \( \cos \), aucun zéro sur le cercle. Ainsi, \( \dfrac{1}{2i\pi} \displaystyle\int_{|z|=2} \frac{\cos^{\prime}}{\cos} = 2 \), d’où \( \int_{|z|=2} \tan z \, dz = -4i\pi \). On le vérifie avec \( \mathrm{Res}(\tan, \pi/2) = \sin(\pi/2)/(-\sin(\pi/2)) = -1 \).

Corrigé de l’exercice 16 – Rouché sur deux cercles

Idée clé : le terme dominant change selon le cercle : \( -5z^3 \) sur le cercle unité, \( z^7 \) sur le cercle de rayon \( 2 \).

  1. Sur \( |z| = 1 \), on a \( |-5z^3| = 5 \) et \( |z^7 + 1| \leq 2 < 5 \). Rouché s’applique donc : \( P \) et le monôme \( -5z^3 \), qui a un zéro triple en \( 0 \), possèdent le même nombre de racines dans le disque unité. Ainsi, \( P \) a trois zéros dans \( |z| < 1 \).
  2. Sur \( |z| = 2 \), \( |z^7| = 128 \) et \( |-5z^3 + 1| \leq 41 < 128 \). Le monôme \( z^7 \) impose donc son compte : les sept racines de \( P \) se trouvent dans le disque de rayon \( 2 \).
  3. Les inégalités strictes interdisent tout zéro sur les deux cercles. Par conséquent, la couronne \( 1 < |z| < 2 \) contient exactement \( 7 – 3 = 4 \) zéros.

Corrigé de l’exercice 17 – Localiser les racines d’une quartique

Idée clé : Rouché compte les zéros, puis l’étude réelle et la conjugaison des racines non réelles les localisent.

  1. Sur \( |z| = 1 \), \( |6z| = 6 \) et \( |z^4 + 3| \leq 4 < 6 \). Donc \( P \) a un unique zéro dans le disque unité, comme \( 6z \). Or \( P \) est à coefficients réels : si \( w \) est un zéro, \( \bar w \) aussi. Un zéro non réel dans le disque en entraînerait donc un second. Ainsi, ce zéro est réel. Enfin, \( P(-1) = -2 < 0 \) et \( P(-1/2) = 1/16 > 0 \). Par le théorème des valeurs intermédiaires, le zéro du disque est réel et situé dans \( ]-1, -1/2[ \).
  2. Sur \( |z| = 2 \), \( |z^4| = 16 \) et \( |6z + 3| \leq 15 < 16 \). Donc les quatre zéros vérifient \( |z| < 2 \).
  3. Sur \( \mathbb{R} \), \( P^{\prime}(x) = 4x^3 + 6 \) s’annule seulement en \( x_0 = -(3/2)^{1/3} \approx -1{,}145 \). Ainsi \( P \) décroît puis croît, avec \( P(x_0) = -\tfrac{9}{2} \left(\tfrac32\right)^{1/3} + 3 \approx -2{,}15 < 0 \). Comme \( P \to +\infty \) en \( \pm\infty \), \( P \) a exactement deux racines réelles. La seconde est dans \( ]-2, -1[ \), car \( P(-2) = 7 > 0 \).
  4. Les deux racines restantes ne sont pas réelles. Elles sont donc conjuguées, de modules égaux, et situées dans la couronne \( 1 < |z| < 2 \). Numériquement, elles valent environ \( 1{,}058 \pm 1{,}593 i \), de module environ \( 1{,}91 \).

La figure place les quatre racines par rapport aux deux cercles de Rouché.

Les quatre racines de la quartique : deux réelles négatives et deux conjuguées dans la couronne

Pour approfondir

Corrigé de l’exercice 18 – Logarithme et contour indenté

Idée clé : sur la demi-droite négative, le logarithme choisi vaut \( \ln x + i\pi \) ; on récupère ainsi deux fois l’intégrale cherchée.

  1. La fonction \( f \) est holomorphe sur le domaine du logarithme privé de \( \pm 2i \). Or \( -2i \) est sur la coupure, et seul \( 2i \) est entouré par le contour. Avec \( \log(2i) = \ln 2 + i\pi/2 \), on obtient \( \mathrm{Res}(f, 2i) = \dfrac{\ln 2 + i\pi/2}{4i} \).
  2. Sur le petit demi-cercle \( c_\varepsilon \), on a \( |\log z| \leq |\ln \varepsilon| + \pi \) et \( |z^2 + 4| \geq 4 – \varepsilon^2 \). Donc \( \left| \int_{c_\varepsilon} f \right| \leq \dfrac{\pi \varepsilon (|\ln \varepsilon| + \pi)}{4 – \varepsilon^2} \), qui tend vers \( 0 \) car \( \varepsilon \ln \varepsilon \to 0 \). De même, sur \( C_R \), \( \left| \int_{C_R} f \right| \leq \dfrac{\pi R (\ln R + \pi)}{R^2 – 4} \), qui tend vers \( 0 \). Les deux arcs ne contribuent pas à la limite.
  3. Sur \( [-R, -\varepsilon] \), posons \( z = -x \) avec \( x \in [\varepsilon, R] \). Alors \( \log(-x) = \ln x + i\pi \), d’où \( \displaystyle\int_{-R}^{-\varepsilon} f(z) \, dz = \int_\varepsilon^R \frac{\ln x + i\pi}{x^2 + 4} \, dx \).
  4. Le théorème des résidus, puis le passage à la limite, donnent \( 2 \displaystyle\int_0^{+\infty} \frac{\ln x}{x^2+4} \, dx + i\pi \int_0^{+\infty} \frac{dx}{x^2+4} = 2i\pi \cdot \frac{\ln 2 + i\pi/2}{4i} = \frac{\pi \ln 2}{2} + \frac{i\pi^2}{4} \). En identifiant les parties réelles, \( \displaystyle\int_0^{+\infty} \frac{\ln x}{x^2+4} \, dx = \frac{\pi \ln 2}{4} \). En identifiant les parties imaginaires, on retrouve \( \displaystyle\int_0^{+\infty} \frac{dx}{x^2+4} = \frac{\pi}{4} \), ce que confirme l’arctangente.

Corrigé de l’exercice 19 – Problème – Somme alternée par les résidus

Idée clé : les pôles entiers de \( \pi/\sin(\pi z) \) ont des résidus \( (-1)^n \), ce qui fabrique la série ; le carré \( C_N \) évite tous ces pôles.

  1. Le dénominateur \( (z^2+a^2)\sin(\pi z) \) est entier et non identiquement nul. Ses zéros sont isolés, donc \( f \) est méromorphe sur \( \mathbb{C} \). Les zéros de \( \sin(\pi z) \) sont les entiers, tous simples. Ceux de \( z^2 + a^2 \) sont \( \pm ia \), simples aussi. Comme \( a > 0 \), ces deux familles sont disjointes. Par conséquent, tous les pôles sont simples : les entiers et \( \pm ia \).
  2. En \( n \in \mathbb{Z} \), la formule du quotient donne \( \mathrm{Res}(f, n) = \dfrac{\pi}{(n^2+a^2) \pi \cos(\pi n)} = \dfrac{(-1)^n}{n^2+a^2} \). En \( ia \), on utilise \( \sin(i\pi a) = i \sinh(\pi a) \), d’où \( \mathrm{Res}(f, ia) = \dfrac{\pi}{2ia \cdot i\sinh(\pi a)} = -\dfrac{\pi}{2a\sinh(\pi a)} \). De même, \( \sin(-i\pi a) = -i\sinh(\pi a) \) donne \( \mathrm{Res}(f, \pm ia) = -\dfrac{\pi}{2a\sinh(\pi a)} \).
  3. Pour \( x, y \) réels, \( \sin(x+iy) = \sin x \cosh y + i \cos x \sinh y \). Donc \( |\sin(x+iy)|^2 = \sin^2 x \, (1 + \sinh^2 y) + \cos^2 x \sinh^2 y = \sin^2 x + \sinh^2 y \). Sur les côtés verticaux de \( C_N \), \( \pi x = \pm \pi(N + 1/2) \), donc \( \sin^2(\pi x) = 1 \). Sur les côtés horizontaux, \( \sinh^2(\pi y) \geq \sinh^2(\pi/2) > 1 \). Ainsi, \( |\sin(\pi z)| \geq 1 \) sur \( C_N \).
  4. Sur \( C_N \), on a \( |z| \geq N + 1/2 \), donc \( |z^2 + a^2| \geq (N+1/2)^2 – a^2 \) dès que \( N + 1/2 > a \). La longueur du carré vaut \( 4(2N+1) \). Par conséquent, \( \left| \int_{C_N} f \right| \leq \dfrac{4\pi (2N+1)}{(N+1/2)^2 – a^2} \). Ce majorant tend vers \( 0 \), comme \( 8\pi/N \).
  5. Pour \( N > a \), le carré entoure une fois les entiers \( n \) avec \( |n| \leq N \), ainsi que \( \pm ia \). Aucun pôle n’est sur \( C_N \). Le théorème des résidus donne \( \displaystyle\int_{C_N} f = 2i\pi \left( \sum_{n=-N}^{N} \frac{(-1)^n}{n^2+a^2} – \frac{\pi}{a\sinh(\pi a)} \right) \). En faisant tendre \( N \) vers l’infini, on obtient \( \displaystyle\sum_{n \in \mathbb{Z}} \frac{(-1)^n}{n^2+a^2} = \frac{\pi}{a\sinh(\pi a)} \). La série converge absolument, ce qui justifie l’écriture sur \( \mathbb{Z} \).
  6. Isolons le terme \( n = 0 \) : \( \dfrac{1}{a^2} + 2\displaystyle\sum_{n \geq 1} \frac{(-1)^n}{n^2+a^2} = \frac{\pi}{a\sinh(\pi a)} \). Or \( \sinh(\pi a) = \pi a + \dfrac{\pi^3 a^3}{6} + O(a^5) \), donc \( \dfrac{\pi}{a\sinh(\pi a)} = \dfrac{1}{a^2} – \dfrac{\pi^2}{6} + O(a^2) \). La série en \( n \geq 1 \) est normalement convergente en \( a \), car ses termes sont majorés par \( 1/n^2 \). On peut donc passer à la limite terme à terme : \( 2 \displaystyle\sum_{n \geq 1} \frac{(-1)^n}{n^2} = -\frac{\pi^2}{6} \). Finalement, \( \displaystyle\sum_{k \geq 1} \frac{(-1)^{k-1}}{k^2} = \frac{\pi^2}{12} \).

La figure montre le carré \( C_N \), qui passe à mi-chemin entre deux entiers consécutifs.

Carré de demi-côté trois et demi, pôles entiers sur l'axe réel et pôles imaginaires plus ou moins i a

Corrigé de l’exercice 20 – Problème – Deux zéros réels d’une équation exponentielle

Idée clé : sur le cercle unité, \( 3z^2 \) domine \( e^z \) ; Rouché fournit le nombre de zéros, et l’étude réelle en fournit autant.

  1. Pour \( |z| \leq 1 \), \( |e^z| = e^{\mathrm{Re}\, z} \leq e^{|z|} \leq e \). Sur le cercle \( |z| = 1 \), on a donc \( |e^z| \leq e < 3 = |3z^2| \). On compare alors \( g = 3z^2 – e^z \) au terme dominant \( 3z^2 \), dont \( 0 \) est racine double : Rouché leur attribue le même compte de racines dans le disque unité. Ainsi, \( g \) possède exactement deux zéros dans \( |z| < 1 \), comptés avec multiplicité.
  2. Sur \( \mathbb{R} \), \( g(-1/2) = 3/4 – e^{-1/2} \approx 0{,}143 > 0 \), \( g(0) = -1 < 0 \), \( g(1/2) = 3/4 – e^{1/2} \approx -0{,}899 < 0 \) et \( g(1) = 3 – e \approx 0{,}282 > 0 \). Le théorème des valeurs intermédiaires fournit un zéro \( x_1 \in \, ]-1/2, 0[ \) et un zéro \( x_2 \in \, ]1/2, 1[ \). Ces deux zéros distincts sont dans le disque unité. Comme le disque n’en contient que deux avec multiplicité, ce sont exactement \( x_1 \) et \( x_2 \), et ils sont simples. Numériquement, \( x_1 \approx -0{,}459 \) et \( x_2 \approx 0{,}910 \).
  3. L’intégrande est \( g^{\prime}/g \). Aucun zéro de \( g \) n’est sur le cercle, puisque \( |g| \geq 3 – e > 0 \) sur celui-ci. De plus, \( g \) n’a pas de pôle. Le principe de l’argument donne donc \( \dfrac{1}{2i\pi} \displaystyle\int_{|z|=1} \frac{6z – e^z}{3z^2 – e^z} \, dz = 2 \).
  4. Sur \( |z| = 2 \), \( |e^z| \leq e^2 \approx 7{,}39 < 12 = |3z^2| \). Ainsi, \( g \) a deux zéros dans \( |z| < 2 \), qui sont déjà \( x_1 \) et \( x_2 \). Par ailleurs, \( g \) ne s’annule pas sur \( |z| = 1 \). Par conséquent, \( g \) n’a aucun zéro dans \( 1 \leq |z| < 2 \).
  5. Pour \( x \leq -1/2 \), on a \( 3x^2 \geq 3/4 \) et \( e^x \leq e^{-1/2} \approx 0{,}607 \). Donc \( g(x) \geq 3/4 – e^{-1/2} > 0 \), et \( g \) n’a aucun zéro réel inférieur à \( -1/2 \). La figure confirme les deux intersections de \( y = 3x^2 \) et de \( y = e^x \) sur \( [-1, 1] \).
Parabole y égale trois x carré et courbe exponentielle se coupant en deux points de l'intervalle moins un un

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