Dérivée d’un déterminant de fonctions : corrigé du contrôle de maths en MP
Voici le corrigé du contrôle de maths en MP sur le thème « dérivée d’un déterminant de fonctions », question par question.
Cette correction suit la rédaction attendue en MP : chaque dérivée est justifiée par la multilinéarité, et chaque majoration cite son théorème. Pour le déterminant, elle montre comment l’alternance élimine deux des trois termes de la dérivée, ce qui évite tout développement. Ensuite, la comparaison entre l’inégalité des accroissements finis et Taylor est menée jusqu’au seuil exact où l’une devient meilleure. Le problème s’accompagne d’un tableau de variations, puis d’un dessin de l’allure avec le point double et les tangentes remarquables. Enfin, l’aire de la boucle est calculée pas à pas, et un barème clôt chaque exercice.
L’énoncé complet se trouve ici : Dérivée d’un déterminant de fonctions : contrôle de maths en MP.
Barème du contrôle corrigé : dérivée d’un déterminant de fonctions
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Une courbe tracée sur la sphère | 4 points |
| 2. Un déterminant qui se dérive sans être développé | 4 points |
| 3. Deux majorations sur la développante du cercle | 4 points |
| 4. Problème : la boucle d’une cubique paramétrée | 8 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : dérivée d’un déterminant de fonctions
Exercice 1 – Une courbe tracée sur la sphère (4 points)
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Dérivée d’une expression bilinéaire
Notons \(f = (f_1, \ldots, f_n)\) et \(g = (g_1, \ldots, g_n)\) ; les coordonnées sont dérivables, puisque \(f\) et \(g\) le sont. Ainsi \(\langle f, g \rangle = \sum_{i=1}^{n} f_i g_i\) est une somme de produits de fonctions réelles dérivables. La règle du produit donne alors :
\[\langle f, g \rangle^{\prime} = \sum_{i=1}^{n} \left(f_i^{\prime} g_i + f_i g_i^{\prime}\right) = \langle f^{\prime}, g \rangle + \langle f, g^{\prime} \rangle.\]
En prenant \(g = f\) et grâce à la symétrie du produit scalaire, on obtient \(\left(\lVert f \rVert^2\right)^{\prime} = 2\langle f, f^{\prime} \rangle\).
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La norme étant positive, \(\lVert f \rVert\) est constante si et seulement si \(\lVert f \rVert^2\) l’est. Or \(I\) est un intervalle : une fonction dérivable y est constante exactement quand sa dérivée est nulle. D’après la question 1, cela revient à \(\langle f(t), f^{\prime}(t) \rangle = 0\) pour tout \(t\). Donc \(\lVert f \rVert\) est constante si et seulement si \(f(t) \perp f^{\prime}(t)\) pour tout \(t \in I\).
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Appartenance à la sphère
Pour tout réel \(t\), on factorise par \(\sin^2 t\) :
\[\lVert h(t) \rVert^2 = \sin^2 t\left(\cos^2 t + \sin^2 t\right) + \cos^2 t = \sin^2 t + \cos^2 t = 1.\]
Vecteur dérivé et orthogonalité
On dérive chaque coordonnée, puis on reconnaît les formules de duplication : \(h^{\prime}(t) = \left(\cos 2t, \sin 2t, -\sin t\right)\). Ensuite :
\[\langle h(t), h^{\prime}(t) \rangle = \sin t\cos t\left(\cos 2t + 2\sin^2 t – 1\right) = 0,\]
car \(\cos 2t = 1 – 2\sin^2 t\). On retrouve bien le résultat de la question 2. Enfin, \(\cos^2 2t + \sin^2 2t = 1\), d’où \(\lVert h^{\prime}(t) \rVert = \sqrt{1 + \sin^2 t}\).
Piège classique : écrire \(\left(\lVert f \rVert^2\right)^{\prime} = 2\lVert f \rVert\,\lVert f^{\prime} \rVert\) en imitant le cas réel ; la bonne dérivée fait intervenir le produit scalaire de \(f\) et \(f^{\prime}\).
Exercice 2 – Un déterminant qui se dérive sans être développé (4 points)
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Dérivabilité
La formule de Leibniz exprime \(\varphi(t)\) comme une somme, indexée par les permutations \(\sigma\) de \(\{1, 2, 3\}\), de termes \(\varepsilon(\sigma)\, u_{\sigma(1)}(t)\, v_{\sigma(2)}(t)\, w_{\sigma(3)}(t)\). Chacun d’eux est un produit de trois fonctions réelles dérivables, donc \(\varphi\) est dérivable.
Expression de la dérivée
On dérive chaque produit : il apparaît trois groupes de termes, selon que l’on dérive le facteur issu de \(u\), de \(v\) ou de \(w\). Chaque groupe redonne une formule de Leibniz, appliquée à un triplet où un seul vecteur est remplacé par sa dérivée. Par conséquent, \(\varphi^{\prime} = \det(u^{\prime}, v, w) + \det(u, v^{\prime}, w) + \det(u, v, w^{\prime})\).
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La fonction \(g\) est de classe \(\mathcal{C}^\infty\). On applique donc la question 1 avec \(u = g\), \(v = g^{\prime}\) et \(w = g^{\prime\prime}\) :
\[D^{\prime} = \det(g^{\prime}, g^{\prime}, g^{\prime\prime}) + \det(g, g^{\prime\prime}, g^{\prime\prime}) + \det(g, g^{\prime}, g^{\prime\prime\prime}).\]
Or le déterminant est une forme alternée : il s’annule dès que deux vecteurs sont égaux. Les deux premiers termes disparaissent, si bien que \(D^{\prime}(t) = \det\left(g(t), g^{\prime}(t), g^{\prime\prime\prime}(t)\right)\).
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Calcul de la dérivée
On a \(g^{\prime\prime\prime}(t) = (\sin t, -\cos t, 0)\). Développons selon la dernière ligne :
\[D^{\prime}(t) = \begin{vmatrix} \cos t & -\sin t & \sin t \\ \sin t & \cos t & -\cos t \\ t & 1 & 0 \end{vmatrix} = t \times 0 – 1 \times \left(-\cos^2 t – \sin^2 t\right) = 1.\]
En effet, le mineur associé à \(t\) vaut \(\sin t\cos t – \sin t\cos t = 0\).
Valeur en 0 et conclusion
Ensuite, \(g(0) = (1, 0, 0)\) et \(g^{\prime\prime}(0) = (-1, 0, 0)\). Ces deux vecteurs sont colinéaires, donc \(D(0) = 0\). Comme \(D^{\prime} = 1\) sur l’intervalle \(\mathbb{R}\), on conclut que \(D(t) = t\) pour tout réel \(t\).
Exercice 3 – Deux majorations sur la développante du cercle (4 points)
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Les termes en \(\sin t\) et en \(\cos t\) se compensent lors de la dérivation : \(\gamma^{\prime}(t) = \left(t\cos t, t\sin t\right)\). Puisque \(t \geq 0\), on obtient \(\lVert \gamma^{\prime}(t) \rVert = t\).
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La fonction \(\gamma\) est de classe \(\mathcal{C}^1\) sur le segment \([0, x]\), et \(\lVert \gamma^{\prime}(t) \rVert = t \leq x\) sur ce segment. L’inégalité des accroissements finis, valable pour les fonctions vectorielles, donne donc \(\lVert \gamma(x) – \gamma(0) \rVert \leq x \times (x – 0)\). Ainsi \(\lVert \gamma(x) – \gamma(0) \rVert \leq x^2\).
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Dérivée seconde
On dérive \(\gamma^{\prime}\) : \(\gamma^{\prime\prime}(t) = \left(\cos t – t\sin t, \sin t + t\cos t\right)\). En développant les carrés, les doubles produits s’éliminent, d’où \(\lVert \gamma^{\prime\prime}(t) \rVert = \sqrt{1 + t^2}\).
Majoration par Taylor
La fonction \(\gamma\) est de classe \(\mathcal{C}^2\), donc la formule de Taylor avec reste intégral s’applique entre 0 et \(x\) :
\[\gamma(x) = \gamma(0) + x\,\gamma^{\prime}(0) + \int_0^x (x – t)\,\gamma^{\prime\prime}(t)\,\mathrm{d}t.\]
Or \(\gamma^{\prime}(0) = (0, 0)\). On majore ensuite la norme de l’intégrale par l’intégrale de la norme, puis \(\sqrt{1 + t^2}\) par \(\sqrt{1 + x^2}\) :
\[\lVert \gamma(x) – \gamma(0) \rVert \leq \sqrt{1 + x^2} \int_0^x (x – t)\,\mathrm{d}t = \frac{x^2}{2}\sqrt{1 + x^2}.\]
On a bien établi la majoration demandée.
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Pour \(x > 0\), on divise par \(x^2\) : la condition \(\frac{x^2}{2}\sqrt{1 + x^2} < x^2\) équivaut à \(\sqrt{1 + x^2} < 2\), soit \(x^2 < 3\). La majoration de Taylor est strictement meilleure exactement pour \(0 < x < \sqrt{3}\).
Piège classique : invoquer une « égalité » des accroissements finis pour une fonction à valeurs dans \(\mathbb{R}^2\) ; seule l’inégalité subsiste dans le cas vectoriel.
Exercice 4 – Problème : la boucle d’une cubique paramétrée (8 points)
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Signes des dérivées
On a \(x^{\prime}(t) = 2t + 1\), qui s’annule en \(-\frac{1}{2}\), et \(y^{\prime}(t) = 3(t – 1)(t + 1)\), qui s’annule en \(-1\) et en \(1\). Ainsi \(x\) décroît sur \(\left]-\infty, -\frac{1}{2}\right]\) puis croît, tandis que \(y\) croît, décroît sur \([-1, 1]\), puis croît de nouveau.
Tableau commun
\(t\) \(-\infty\) \(-2\) \(-1\) \(-\frac{1}{2}\) \(0\) \(1\) \(+\infty\) \(x^{\prime}(t)\) – – – 0 + + + \(x(t)\) \(+\infty\) ↘ \(2\) ↘ \(0\) ↘ \(-\frac{1}{4}\) ↗ \(0\) ↗ \(2\) ↗ \(+\infty\) \(y^{\prime}(t)\) + + 0 – – 0 + \(y(t)\) \(-\infty\) ↗ \(-2\) ↗ \(2\) ↘ \(\frac{11}{8}\) ↘ \(0\) ↘ \(-2\) ↗ \(+\infty\) Par exemple, \(y\left(-\frac{1}{2}\right) = -\frac{1}{8} + \frac{3}{2} = \frac{11}{8}\). Le tableau résume ainsi le mouvement du point \(M(t)\).
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Les dérivées \(x^{\prime}\) et \(y^{\prime}\) ne s’annulent jamais en même temps, car \(y^{\prime}\left(-\frac{1}{2}\right) = -\frac{9}{4} \neq 0\). Tous les points de \(\Gamma\) sont donc réguliers. Ensuite, la tangente est horizontale quand \(y^{\prime}(t) = 0\), soit aux points \(M(-1) = (0, 2)\) et \(M(1) = (2, -2)\). Elle est verticale quand \(x^{\prime}(t) = 0\), c’est-à-dire au point \(M\left(-\frac{1}{2}\right) = \left(-\frac{1}{4}, \frac{11}{8}\right)\).
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Mise en équations
Soit \(t_1 \neq t_2\) tels que \(M(t_1) = M(t_2)\). L’égalité des abscisses s’écrit \((t_1 – t_2)(t_1 + t_2 + 1) = 0\), donc \(s = -1\). Celle des ordonnées donne \((t_1 – t_2)\left(t_1^2 + t_1 t_2 + t_2^2 – 3\right) = 0\). Puisque \(t_1^2 + t_1 t_2 + t_2^2 = s^2 – p\), on obtient \(1 – p = 3\), d’où \(p = -2\).
Résolution par somme et produit
Les réels \(t_1\) et \(t_2\) sont alors les racines de \(X^2 + X – 2 = (X – 1)(X + 2)\). Réciproquement, \(M(1) = (2, -2)\) et \(M(-2) = (4 – 2, -8 + 6) = (2, -2)\). Les seuls couples sont \((1, -2)\) et \((-2, 1)\) : la courbe a un unique point double, \((2, -2)\).
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Branches infinies
Pour \(t \notin \{-1, 0\}\), on simplifie par \(t\) : \(\frac{y(t)}{x(t)} = \frac{t^2 – 3}{t + 1}\), qui tend vers \(+\infty\) en \(+\infty\) et vers \(-\infty\) en \(-\infty\). Comme \(x(t) \to +\infty\) dans les deux cas, \(\Gamma\) présente deux branches paraboliques de direction asymptotique \((Oy)\), l’une vers le haut et l’autre vers le bas.
Allure de la courbe
Quand \(t\) parcourt \([-2, 1]\), le point décrit une boucle qui part de \((2, -2)\), monte jusqu’à \((0, 2)\), passe par le point de tangente verticale, traverse l’origine puis revient en \((2, -2)\). En ce point double, les deux tangentes sont distinctes : l’une est horizontale (\(t = 1\)), l’autre dirigée par \(M^{\prime}(-2) = (-3, 9)\). La figure résume cette étude.
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L’application \((U, V) \mapsto \det(U, V)\) est bilinéaire sur \(\mathbb{R}^2\), et \(M\) est de classe \(\mathcal{C}^2\). Par conséquent, \(\varphi^{\prime} = \det(M^{\prime}, M^{\prime}) + \det(M, M^{\prime\prime})\), et le premier terme est nul par alternance. Avec \(M^{\prime\prime}(t) = (2, 6t)\), on calcule :
\[\det\left(M(t), M^{\prime\prime}(t)\right) = 6t\left(t^2 + t\right) – 2\left(t^3 – 3t\right) = 4t^3 + 6t^2 + 6t.\]
Enfin, \(M(0) = (0, 0)\) donne \(\varphi(0) = 0\). En intégrant sur l’intervalle \(\mathbb{R}\), on obtient \(\varphi(t) = t^4 + 2t^3 + 3t^2\).
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On intègre terme à terme sur \([-2, 1]\). D’abord, \(\int_{-2}^{1} t^4\,\mathrm{d}t = \frac{1 + 32}{5} = \frac{33}{5}\). Ensuite, \(\int_{-2}^{1} 2t^3\,\mathrm{d}t = \frac{1 – 16}{2} = -\frac{15}{2}\). De plus, \(\int_{-2}^{1} 3t^2\,\mathrm{d}t = 1 + 8 = 9\). La somme vaut donc \(\frac{66 – 75 + 90}{10} = \frac{81}{10}\).
L’aire de la boucle est \(\mathcal{A} = \frac{81}{20} = 4{,}05\) unités d’aire. Ce résultat est plausible, car la boucle tient dans un rectangle de largeur \(\frac{9}{4}\) et de hauteur 4.
Piège classique : oublier la réciproque dans la recherche du point double ; il faut vérifier que les valeurs trouvées donnent bien le même point.
À retenir de ce contrôle
- La dérivée de B(f, g) pour B bilinéaire vaut B(f’, g) + B(f, g’) : on dérive une seule fonction à la fois, jamais les deux.
- Une fonction vectorielle dérivable garde une norme euclidienne constante si et seulement si elle reste orthogonale à sa dérivée.
- La dérivée de det(u, v, w) comporte trois déterminants ; un vecteur répété annule un terme, car le déterminant est alterné.
- Taylor avec reste intégral donne une majoration en x² quand la dérivée première est nulle au départ, souvent meilleure que les accroissements finis.
- Pour un point double, on cherche deux paramètres distincts de mêmes coordonnées, en passant par leur somme et leur produit.
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