Corrigé des exercices : Réels, inégalités et Archimède en L1 de maths

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Ce corrigé Archimède L1 rassemble les solutions complètes des vingt exercices du chapitre sur les réels et les inégalités. Chaque solution commence par une idée clé, qui indique par où attaquer. Ensuite, la rédaction suit le niveau attendu en partiel : hypothèses vérifiées, théorèmes nommés et calculs intermédiaires détaillés. Nous avons refait chaque calcul numérique, en particulier les carrés des approximations décimales.

Trois points de vigilance reviennent souvent. D’abord, le signe d’un réel avant toute multiplication d’inégalités. Ensuite, l’ordre des quantificateurs dans la caractérisation par epsilon : l’élément trouvé dépend de epsilon. Enfin, le bon usage de la partie entière pour produire un entier explicite. Des figures accompagnent plusieurs solutions afin de visualiser les ensembles étudiés et leurs bornes.

Pour démarrer

Corrigé de l’exercice 1 – Encadrer somme, différence, produit et quotient

Idée clé : on n’additionne que des inégalités de même sens et on se ramène à des réels positifs avant de multiplier.

  1. En additionnant les encadrements, on obtient \(2 – 3 \leqslant x + y \leqslant 5 – 1\). Ensuite, de \(-3 \leqslant y \leqslant -1\), on tire \(1 \leqslant -y \leqslant 3\). On additionne alors avec l’encadrement de \(x\). Ainsi, \(-1 \leqslant x + y \leqslant 4\) et \(3 \leqslant x – y \leqslant 8\).
  2. Les réels \(x\) et \(-y\) sont positifs. D’après la règle du produit de positifs, \(2 \times 1 \leqslant x(-y) \leqslant 5 \times 3\), soit \(2 \leqslant -xy \leqslant 15\). En multipliant par \(-1\), on renverse le sens. Donc \(-15 \leqslant xy \leqslant -2\).
  3. Comme \(0 < 1 \leqslant -y \leqslant 3\), la fonction inverse renverse l’ordre : \(\frac{1}{3} \leqslant -\frac{1}{y} \leqslant 1\). Par conséquent, \(-1 \leqslant \frac{1}{y} \leqslant -\frac{1}{3}\). Ensuite, \(x\) et \(-\frac{1}{y}\) sont positifs, donc \(\frac{2}{3} \leqslant -\frac{x}{y} \leqslant 5\). Finalement, \(-5 \leqslant \dfrac{x}{y} \leqslant -\dfrac{2}{3}\).

Corrigé de l’exercice 2 – Équations et inéquations avec valeurs absolues

Idée clé : on traduit une valeur absolue par un encadrement, on compare deux valeurs absolues par leurs carrés, et on découpe selon les signes pour une somme.

  1. L’inéquation équivaut à \(-5 \leqslant 2x – 3 \leqslant 5\), puis à \(-2 \leqslant 2x \leqslant 8\). L’ensemble des solutions est \([-1, 4]\).
  2. Les deux membres sont positifs. Or, pour des réels positifs, \(u > v \iff u^2 > v^2\). L’inéquation équivaut donc à \((x + 1)^2 > (x – 4)^2\), soit \(2x + 1 > -8x + 16\), c’est-à-dire \(10x > 15\). L’ensemble des solutions est \(\left]\frac{3}{2}, +\infty\right[\).
  3. Les points \(-2\) et \(1\) découpent la droite en trois zones, dans lesquelles les signes sont fixes.
    • Si \(x \geqslant 1\), l’équation s’écrit \((x – 1) + (x + 2) = 5\), soit \(x = 2\), qui convient.
    • Si \(-2 \leqslant x < 1\), elle s’écrit \((1 – x) + (x + 2) = 5\), soit \(3 = 5\) : aucune solution.
    • Si \(x < -2\), elle s’écrit \((1 – x) – (x + 2) = 5\), soit \(x = -3\), qui convient.

    Le graphe de l’énoncé confirme le palier de hauteur \(3\) entre \(-2\) et \(1\). Les solutions sont \(-3\) et \(2\).

Corrigé de l’exercice 3 – Calculs de parties entières

Idée clé : pour calculer \(\lfloor x \rfloor\), on exhibe l’entier \(n\) tel que \(n \leqslant x < n + 1\).

  1. On a \(-3 \leqslant -\frac{7}{3} < -2\), car \(-\frac{9}{3} \leqslant -\frac{7}{3} < -\frac{6}{3}\). Ensuite, \(49 \leqslant 50 < 64\) donne \(7 \leqslant \sqrt{50} < 8\), puisque la racine carrée est croissante. Enfin, \(3 < \pi < 4\) donne \(-4 < -\pi < -3\). Ainsi, \(\left\lfloor -\frac{7}{3} \right\rfloor = -3\), \(\lfloor \sqrt{50} \rfloor = 7\) et \(\lfloor -\pi \rfloor = -4\).
  2. Soit \(n = \lfloor x \rfloor\). Alors \(n \leqslant x < n + 1\), donc \(n + 1 \leqslant x + 1 < n + 2\). Or \(n + 1\) est un entier. Par unicité de la partie entière, \(\lfloor x + 1 \rfloor = n + 1 = \lfloor x \rfloor + 1\).
  3. L’équation équivaut à \(3 \leqslant 2x – 1 < 4\), donc à \(4 \leqslant 2x < 5\). L’ensemble des solutions est \(\left[2, \frac{5}{2}\right[\). La figure montre la marche de hauteur \(3\) correspondante.
Graphe en escalier de la partie entière de 2x moins 1 et marche de hauteur 3 entre 2 et 5 demis

Corrigé de l’exercice 4 – Bornes de trois parties simples

Idée clé : on cherche d’abord un candidat, puis on vérifie s’il appartient à la partie ; s’il n’y appartient pas, on utilise la caractérisation par epsilon.

  1. Tout élément de \(A\) vérifie \(1 \leqslant a \leqslant 6\). De plus, \(1\) et \(6\) appartiennent à \(A\). Donc \(\min A = \inf A = 1\) et \(\max A = \sup A = 6\).
  2. On a \(x^2 < 5 \iff |x| < \sqrt{5}\), donc \(B = ]-\sqrt{5}, \sqrt{5}[\). Ensuite, \(\sqrt{5}\) majore \(B\). Soit \(\varepsilon > 0\) et \(\eta = \min(\varepsilon, \sqrt{5})\). Le réel \(\sqrt{5} – \frac{\eta}{2}\) appartient à \(B\) et dépasse \(\sqrt{5} – \varepsilon\). Donc \(\sup B = \sqrt{5}\). Ce réel n’est pas dans \(B\). De même, par symétrie, \(\inf B = -\sqrt{5}\). Ainsi, \(\sup B = \sqrt{5}\), \(\inf B = -\sqrt{5}\), sans maximum ni minimum.
  3. Pour tout \(n \geqslant 1\), on a \(0 < \frac{1}{n} \leqslant 1\), et \(1 \in C\). Donc \(\max C = 1\). Ensuite, \(0\) minore \(C\). Pour \(\varepsilon > 0\), Archimède fournit \(n \geqslant 1\) avec \(\frac{1}{n} < \varepsilon\). Donc aucun \(\varepsilon > 0\) ne minore \(C\), et \(\inf C = 0\). Enfin, \(0 \notin C\). Ainsi, \(\max C = \sup C = 1\) et \(\inf C = 0\), sans minimum.

Corrigé de l’exercice 5 – Reconnaître des intervalles

Idée clé : on résout l’inéquation qui définit la partie ; pour prouver qu’une partie n’est pas un intervalle, on exhibe deux de ses éléments et un réel intermédiaire absent.

  1. On a \(x^2 \leqslant 4x \iff x(x – 4) \leqslant 0\). Un produit est négatif quand ses facteurs sont de signes contraires. Donc \(E_1 = [0, 4]\), qui est un intervalle.
  2. Si \(x < 0\), alors \(\frac{1}{x} < 0 < 2\) : pas de solution. Si \(x > 0\), l’inégalité équivaut à \(1 > 2x\). Donc \(E_2 = \left]0, \frac{1}{2}\right[\), qui est un intervalle.
  3. Les réels \(-1\) et \(1\) sont dans \(E_3\). Pourtant, \(0\) est compris entre eux et \(|0| < 1\). Donc \(E_3\) n’est pas un intervalle.
  4. Les rationnels \(0\) et \(1\) sont dans \(\mathbb{Q}\). De plus, \(0 < \frac{\sqrt{2}}{2} < 1\) et ce réel est irrationnel. Donc \(\mathbb{Q}\) n’est pas un intervalle.

Corrigé de l’exercice 6 – Seuils fournis par Archimède

Idée clé : on résout l’inéquation en \(n\), puis on prend le premier entier qui convient ; l’existence générale vient de la propriété d’Archimède.

  1. L’inégalité équivaut à \(n > \frac{7}{0{,}003} = \frac{7000}{3} = 2333{,}33\ldots\) On vérifie : \(0{,}003 \times 2333 = 6{,}999\) et \(0{,}003 \times 2334 = 7{,}002\). Le plus petit entier est \(n = 2334\).
  2. L’inégalité équivaut à \(\sqrt{n} > 50\), soit \(n > 2500\), car les deux membres sont positifs. Le plus petit entier est \(n = 2501\).
  3. Soit \(\varepsilon > 0\). D’après Archimède, il existe \(n \geqslant 1\) tel que \(n\varepsilon > 1\), soit \(\frac{1}{n} < \varepsilon\). Or \(n^2 \geqslant n\), donc \(\frac{1}{n^2} \leqslant \frac{1}{n}\). Par conséquent, \(\frac{1}{n^2} < \varepsilon\).
  4. Soit \(M\) un réel quelconque. La propriété d’Archimède, appliquée avec \(0{,}003 > 0\), donne un entier \(n\) tel que \(0{,}003\,n > M\). Donc \(M\) n’est pas un majorant. La partie n’est pas majorée.

Pour s’entraîner

Corrigé de l’exercice 7 – Inégalité de Bernoulli et puissances non bornées

Idée clé : la récurrence repose sur le signe de \(1 + x\) ; ensuite, Bernoulli ramène une puissance à une expression affine, que la propriété d’Archimède rend aussi grande que voulu.

  1. Fixons \(x \geqslant -1\). Pour \(n = 0\), on a \(1 \geqslant 1\). Supposons \((1 + x)^n \geqslant 1 + nx\). Comme \(1 + x \geqslant 0\), on peut multiplier cette inégalité par \(1 + x\) :
    \[ (1 + x)^{n+1} \geqslant (1 + nx)(1 + x) = 1 + (n + 1)x + nx^2 \geqslant 1 + (n + 1)x. \]
    Par récurrence, \((1 + x)^n \geqslant 1 + nx\) pour tout \(n\).
  2. On pose \(h = q – 1 > 0\). D’après la question 1, \(q^n \geqslant 1 + nh\). Ensuite, Archimède fournit un entier \(n\) tel que \(nh > A – 1\). Pour cet entier, \(q^n \geqslant 1 + nh > A\).
  3. Avec \(h = 0{,}01\), on a \(1{,}01^n \geqslant 1 + 0{,}01\,n\). Or \(1 + 0{,}01\,n > 1000\) dès que \(n > 99\,900\). L’entier \(n = 99\,901\) convient. Ce n’est évidemment pas le plus petit, car Bernoulli est une minoration grossière.
  4. Le réel \(\frac{1}{q}\) est strictement supérieur à \(1\). D’après la question 2 avec \(A = \frac{1}{\varepsilon}\), il existe \(n\) tel que \(\frac{1}{q^n} > \frac{1}{\varepsilon}\). Les deux membres sont positifs. Donc \(q^n < \varepsilon\).

Corrigé de l’exercice 8 – Moyennes harmonique, géométrique et arithmétique

Idée clé : on étudie le signe d’une différence que l’on écrit comme un carré, puis on transforme l’inégalité obtenue par des opérations sur des positifs.

  1. On calcule \(\frac{a + b}{2} – \sqrt{ab} = \frac{(\sqrt{a})^2 – 2\sqrt{a}\sqrt{b} + (\sqrt{b})^2}{2} = \frac{(\sqrt{a} – \sqrt{b})^2}{2} \geqslant 0\). Donc \(\sqrt{ab} \leqslant \frac{a + b}{2}\), avec égalité si et seulement si \(a = b\).
  2. On multiplie l’inégalité \(2\sqrt{ab} \leqslant a + b\) par le réel positif \(\frac{\sqrt{ab}}{a + b}\). On obtient \(\frac{2ab}{a + b} \leqslant \sqrt{ab}\). La moyenne harmonique est inférieure à la moyenne géométrique.
  3. Pour \(a = 4\) et \(b = 9\), on trouve \(\frac{2 \times 36}{13} = \frac{72}{13} \approx 5{,}54\), puis \(\sqrt{36} = 6\) et \(\frac{13}{2} = 6{,}5\). On vérifie bien \(\frac{72}{13} \leqslant 6 \leqslant \frac{13}{2}\).
  4. On calcule le double de la différence :
    \[ 2(x^2 + y^2 + z^2) – 2(xy + yz + zx) = (x – y)^2 + (y – z)^2 + (z – x)^2. \]
    Cette somme de carrés est positive. Donc \(xy + yz + zx \leqslant x^2 + y^2 + z^2\).

Corrigé de l’exercice 9 – Minorer un dénominateur

Idée clé : la seconde inégalité triangulaire éloigne \(x\) de \(0\), ce qui permet de majorer l’inverse de \(|x|\).

  1. Le réel \(x\) est la somme de \(x – y\) et de \(y\). Par l’inégalité triangulaire, \(|x|\) est au plus \(|x – y| + |y|\), d’où \(|x| – |y| \leqslant |x – y|\). Par symétrie des rôles, \(|y| – |x|\) est lui aussi majoré par \(|x – y|\). Ainsi, \(\big|\,|x| – |y|\,\big| \leqslant |x – y|\).
  2. D’après la question 1, \(4 – |x| \leqslant |x – 4| < 1\), donc \(|x| > 3\). Ensuite, \(\frac{1}{x} – \frac{1}{4} = \frac{4 – x}{4x}\). Or \(4|x| > 12\), donc \(\frac{1}{4|x|} < \frac{1}{12}\). On obtient \(\left|\frac{1}{x} – \frac{1}{4}\right| \leqslant \frac{|x – 4|}{12}\).
  3. Si \(|x – 4| < 0{,}06\), alors en particulier \(|x – 4| < 1\). La question 2 donne \(\left|\frac{1}{x} – \frac{1}{4}\right| \leqslant \frac{|x – 4|}{12} < \frac{0{,}06}{12}\). Donc l’écart est strictement inférieur à \(0{,}005\).
  4. Supposons \(|x – 4| < 1\). Alors \(|x| > 3\), donc \(16x^2 > 144\). De plus, \(|x + 4| \leqslant |x – 4| + 8 < 9\). On en déduit :
    \[ \left|\frac{1}{x^2} – \frac{1}{16}\right| = \frac{|x – 4|\,|x + 4|}{16x^2} < \frac{9\,|x – 4|}{144} = \frac{|x – 4|}{16}. \]
    Il suffit donc que \(|x – 4| < 0{,}16\). Le réel \(\eta = 0{,}16\) convient, car il est inférieur à \(1\).

Corrigé de l’exercice 10 – Deux propriétés de la partie entière

Idée clé : on part de l’encadrement \(m \leqslant x < m + 1\) avec \(m = \lfloor x \rfloor\) et on le transporte jusqu’à l’expression étudiée, en utilisant que \(\lfloor t \rfloor\) est le plus grand entier inférieur ou égal à \(t\).

  1. Soit \(m = \lfloor x \rfloor\). On a \(nm \leqslant nx < nm + n\). D’abord, \(nm\) est un entier inférieur à \(nx\), donc \(nm \leqslant \lfloor nx \rfloor\). Ensuite, \(\lfloor nx \rfloor \leqslant nx < nm + n\). En divisant par \(n > 0\), on obtient \(m \leqslant \frac{\lfloor nx \rfloor}{n} < m + 1\). Donc \(\left\lfloor \frac{\lfloor nx \rfloor}{n} \right\rfloor = m = \lfloor x \rfloor\).
  2. On additionne \(\lfloor x \rfloor \leqslant x < \lfloor x \rfloor + 1\) et \(\lfloor y \rfloor \leqslant y < \lfloor y \rfloor + 1\). Il vient \(\lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor \leqslant x + y < \lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor + 2\). L’entier \(\lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor\) est inférieur à \(x + y\), donc à \(\lfloor x + y \rfloor\). De plus, \(\lfloor x + y \rfloor\) est un entier strictement inférieur à \(\lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor + 2\). Donc \(\lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor \leqslant \lfloor x + y \rfloor \leqslant \lfloor x \rfloor + \lfloor y \rfloor + 1\).
  3. Pour \(x = 2{,}7\) et \(y = 1{,}6\), on a \(\lfloor 4{,}3 \rfloor = 4 = 2 + 1 + 1\). En revanche, pour \(x = 2{,}2\) et \(y = 1{,}6\), on a \(\lfloor 3{,}8 \rfloor = 3 = 2 + 1\). Les deux bornes sont donc atteintes.
  4. Si \(x\) est entier, \(-x\) l’est aussi, et la somme \(\lfloor -x \rfloor + \lfloor x \rfloor\) vaut \(-x + x = 0\). Sinon, soit \(m = \lfloor x \rfloor\) ; alors \(m < x < m + 1\), donc \(-m – 1 < -x < -m\), d’où \(\lfloor -x \rfloor = -m – 1\). La somme vaut \(0\) si \(x \in \mathbb{Z}\) et \(-1\) sinon.

Corrigé de l’exercice 11 – Borne supérieure d’une famille de quotients

Idée clé : la forme \(3 – \frac{7}{n+2}\) rend la monotonie évidente ; ensuite, la caractérisation par epsilon se ramène à une inéquation en \(n\).

  1. On calcule \(3 – \frac{7}{n + 2} = \frac{3n + 6 – 7}{n + 2} = \frac{3n – 1}{n + 2}\). L’égalité \(b_n = 3 – \frac{7}{n + 2}\) est établie.
  2. Quand \(n\) augmente, \(\frac{7}{n + 2}\) diminue, donc \(b_n\) augmente. Ainsi, \(b_n \geqslant b_0\) pour tout \(n\). Le plus petit élément de \(B\) est \(b_0 = -\frac{1}{2}\).
  3. D’abord, \(\frac{7}{n + 2} > 0\), donc \(b_n < 3\) : le réel \(3\) majore \(B\). Soit ensuite \(\varepsilon > 0\). On a \(b_n > 3 – \varepsilon \iff n + 2 > \frac{7}{\varepsilon}\). D’après Archimède, il existe un entier \(n\) tel que \(n > \frac{7}{\varepsilon}\), et a fortiori \(n + 2 > \frac{7}{\varepsilon}\). Donc \(\sup B = 3\), et cette borne n’est pas atteinte car \(b_n < 3\) pour tout \(n\).
  4. Pour \(\varepsilon = 0{,}25\), la condition devient \(n + 2 > 28\), soit \(n \geqslant 27\). On vérifie que \(b_{26} = 3 – \frac{7}{28} = 2{,}75\) ne convient pas, alors que \(b_{27} = 3 – \frac{7}{29} \approx 2{,}759\) convient. Le plus petit entier est \(n = 27\). La figure montre les éléments de \(B\) qui entrent dans la bande verte à partir de ce rang.
Termes de la famille b indice n qui se rapprochent de 3 et entrent dans la bande de largeur 0,25 dès n égal 27

Corrigé de l’exercice 12 – Différences d’inverses d’entiers

Idée clé : on fixe \(m = 1\) pour approcher la borne supérieure, puis on exploite la symétrie de \(C\) pour la borne inférieure.

  1. Pour \(m, n \geqslant 1\), on a \(0 < \frac{1}{m} \leqslant 1\) et \(0 < \frac{1}{n} \leqslant 1\). Donc \(\frac{1}{m} – \frac{1}{n} < \frac{1}{m} \leqslant 1\) et \(\frac{1}{m} – \frac{1}{n} > -\frac{1}{n} \geqslant -1\). Ainsi, tout élément \(c\) de \(C\) vérifie \(-1 < c < 1\).
  2. Le réel \(1\) majore \(C\). Soit \(\varepsilon > 0\). Archimède fournit \(n \geqslant 1\) tel que \(\frac{1}{n} < \varepsilon\). Alors l’élément \(1 – \frac{1}{n}\), obtenu avec \(m = 1\), dépasse \(1 – \varepsilon\). Donc \(\sup C = 1\) ; cette borne n’est pas atteinte, car les inégalités de la question 1 sont strictes.
  3. Pour \(c = \frac{1}{m} – \frac{1}{n}\), on a \(-c = \frac{1}{n} – \frac{1}{m}\), qui est encore dans \(C\). Ainsi, \(C\) est symétrique par rapport à \(0\). Par conséquent, \(\inf C = -\sup C\). On obtient \(\inf C = -1\), borne non atteinte.

Corrigé de l’exercice 13 – Borne supérieure d’une somme de parties

Idée clé : on vérifie d’abord le majorant, puis on partage \(\varepsilon\) en deux moitiés pour approcher chaque borne séparément.

  1. Notons \(\sigma = \sup A\) et \(\tau = \sup B\). Pour \(a \in A\) et \(b \in B\), on a \(a + b \leqslant \sigma + \tau\). Ainsi, \(A + B\) est non vide et majorée : elle admet une borne supérieure, d’après l’axiome. Soit ensuite \(\varepsilon > 0\) et \(\delta = \frac{\varepsilon}{2}\). La caractérisation donne un élément \(a\) de \(A\) situé au-dessus de \(\sigma – \delta\), et de même un élément \(b\) de \(B\) au-dessus de \(\tau – \delta\). Alors \(a + b > \sigma + \tau – 2\delta = \sigma + \tau – \varepsilon\). Donc \(\sup(A + B) = \sup A + \sup B\).
  2. Pour \(a \in A\), on a \(\lambda a \leqslant \lambda\sigma\), car \(\lambda > 0\). Soit \(\varepsilon > 0\). Il existe \(a \in A\) avec \(a > \sigma – \frac{\varepsilon}{\lambda}\), donc \(\lambda a > \lambda\sigma – \varepsilon\). Ainsi, \(\sup(\lambda A) = \lambda \sup A\).
  3. On a \(\sup A = 1\) et \(\sup B = 5\). Ensuite, \(A + B = ]-2, -1[ \,\cup\, ]5, 6[\), dont la borne supérieure vaut \(6 = 1 + 5\). De même, \(3A = ]0, 3[\) a pour borne supérieure \(3 = 3 \times 1\). Les deux formules sont vérifiées.

Corrigé de l’exercice 14 – Ensemble alterné et borne inférieure

Idée clé : on sépare les indices pairs et impairs, qui forment deux familles monotones aux comportements différents.

  1. On trouve \(-1 + 2 = 1\), puis \(1 + 1 = 2\), puis \(-1 + \frac{2}{3} = -\frac{1}{3}\), enfin \(1 + \frac{1}{2} = \frac{3}{2}\). Les quatre éléments sont \(1\), \(2\), \(-\frac{1}{3}\) et \(\frac{3}{2}\).
  2. Si \(n\) est pair, alors \(n \geqslant 2\) et \(1 + \frac{2}{n} \leqslant 2\). Si \(n\) est impair, alors \(-1 + \frac{2}{n} \leqslant -1 + 2 = 1\). Tous les éléments sont donc inférieurs à \(2\), qui est obtenu pour \(n = 2\). Ainsi, \(\max D = 2\).
  3. Pour \(n\) pair, l’élément vaut au moins \(1\). Pour \(n\) impair, il vaut \(-1 + \frac{2}{n} > -1\). Donc \(-1\) minore strictement \(D\). Soit \(\varepsilon > 0\). Archimède fournit un entier \(N \geqslant 1\) tel que \(\frac{1}{N} < \varepsilon\). Avec \(n = 2N + 1\), impair, on obtient \(-1 + \frac{2}{2N + 1} < -1 + \frac{1}{N} < -1 + \varepsilon\). Donc \(\inf D = -1\) ; comme \(-1 \notin D\), la partie \(D\) n’a pas de minimum.

Corrigé de l’exercice 15 – Un rationnel entre racine de 7 et 2,646

Idée clé : pour comparer des réels positifs à une racine carrée, on compare leurs carrés ; l’approximation décimale par excès fournit ensuite le rationnel cherché.

  1. On calcule \(2{,}645^2 = 6{,}996\,025 < 7\) et \(2{,}646^2 = 7{,}001\,316 > 7\). Or, pour des réels positifs, l’ordre des carrés est celui des nombres. Donc \(2{,}645 < \sqrt{7} < 2{,}646\).
  2. On a \(10^4 \sqrt{7} = 26\,457{,}5\ldots\), donc \(\frac{\lfloor 10^4 \sqrt{7} \rfloor}{10^4} = 2{,}6457\). La valeur par excès est \(2{,}6458\). Vérifions-la par un calcul exact : \(26\,458^2 = 700\,025\,764\), donc \(2{,}6458^2 = 7{,}000\,257\,64 > 7\). Ainsi, \(\sqrt{7} < 2{,}6458 < 2{,}646\). Le rationnel \(\frac{13\,229}{5000} = 2{,}6458\) convient.
  3. Supposons que \(]a, b[\) ne contienne qu’un nombre fini de rationnels. Ce nombre est non nul par densité de \(\mathbb{Q}\). Soit \(r_1\) le plus petit d’entre eux. La densité fournit alors un rationnel dans \(]a, r_1[\), donc dans \(]a, b[\), strictement plus petit que \(r_1\). C’est absurde. Donc \(]a, b[\) contient une infinité de rationnels.

Corrigé de l’exercice 16 – Irrationnels construits à partir de racine de 2

Idée clé : on raisonne par l’absurde en isolant \(\sqrt{2}\), puis on transporte la densité de \(\mathbb{Q}\) par une homothétie.

  1. Si \(r + \sqrt{2} = s\) avec \(s\) rationnel, alors \(\sqrt{2} = s – r\) serait rationnel. De même, si \(r\sqrt{2} = s\) avec \(r \neq 0\), alors \(\sqrt{2} = \frac{s}{r}\) serait rationnel. Dans les deux cas, on obtient une contradiction.
  2. Le réel \(-\sqrt{2}\) est irrationnel d’après la question 1. Pourtant, \(\sqrt{2} + (-\sqrt{2}) = 0\) et \(\sqrt{2} \times \sqrt{2} = 2\). Ni la somme ni le produit de deux irrationnels ne sont forcément irrationnels.
  3. Comme \(\frac{a}{\sqrt{2}} < \frac{b}{\sqrt{2}}\), la densité de \(\mathbb{Q}\) fournit un rationnel \(r\) dans cet intervalle. De plus, \(r > \frac{a}{\sqrt{2}} > 0\), donc \(r \neq 0\). En multipliant par \(\sqrt{2} > 0\), on obtient \(a < r\sqrt{2} < b\). Le réel \(r\sqrt{2}\) est un irrationnel de \(]a, b[\).
  4. Prenons \(r = \frac{1}{2000}\). Comme \(\sqrt{2} < 2\), on a \(0 < \frac{\sqrt{2}}{2000} < \frac{1}{1000}\). Le réel \(\frac{\sqrt{2}}{2000} \approx 0{,}000\,707\) est un irrationnel de \(\left]0, \frac{1}{1000}\right[\).

Pour approfondir

Corrigé de l’exercice 17 – Q privé de borne supérieure

Idée clé : la fonction rationnelle \(g\) rapproche tout rationnel positif de \(\sqrt{3}\) sans changer le signe de \(r^2 – 3\) ; elle interdit donc l’existence d’une borne supérieure rationnelle.

  1. On a \(1 \in E\), car \(1^2 < 3\). Ensuite, si \(x \in E\), alors \(x^2 < 3 < 4\) avec \(x > 0\), donc \(x < 2\). La partie \(E\) est non vide et majorée par \(2\).
  2. Si \(r\) est un rationnel positif, \(2r + 3\) et \(r + 2\) sont des rationnels strictement positifs, donc \(g(r)\) aussi. Ensuite :
    \[ g(r) – r = \frac{2r + 3 – r^2 – 2r}{r + 2} = \frac{3 – r^2}{r + 2}. \]
    De même, \((2r + 3)^2 – 3(r + 2)^2 = 4r^2 + 12r + 9 – 3r^2 – 12r – 12 = r^2 – 3\). Donc \(g(r)^2 – 3 = \dfrac{r^2 – 3}{(r + 2)^2}\).
  3. Si \(r^2 < 3\), la question 2 donne \(g(r) > r\) et \(g(r)^2 < 3\). Comme \(g(r)\) est un rationnel strictement positif, il appartient à \(E\). Ainsi, \(r\) ne majore pas \(E\), puisque \(g(r) \in E\) le dépasse.
  4. Si \(r^2 > 3\), on obtient \(g(r) < r\) et \(g(r)^2 > 3\). Soit \(x \in E\). Alors \(x^2 < 3 < g(r)^2\), avec \(x\) et \(g(r)\) positifs, donc \(x < g(r)\). Le rationnel \(g(r)\) majore \(E\) et vérifie \(g(r) < r\).
  5. Supposons que \(E\) admette une borne supérieure \(s\) dans \(\mathbb{Q}\). Comme \(1 \in E\), on a \(s \geqslant 1 > 0\). De plus, \(s^2 \neq 3\), car \(\sqrt{3}\) est irrationnel. Si \(s^2 < 3\), la question 3 dit que \(s\) ne majore pas \(E\). Si \(s^2 > 3\), la question 4 fournit un majorant rationnel plus petit que \(s\). Les deux cas sont absurdes : \(E\) n’a pas de borne supérieure dans \(\mathbb{Q}\).
  6. D’abord, \(\sqrt{3}\) majore \(E\), car \(x^2 < 3\) et \(x > 0\) entraînent \(x < \sqrt{3}\). Soit \(\varepsilon > 0\) et \(c = \max(\sqrt{3} – \varepsilon, 1)\). Comme \(c < \sqrt{3}\), la densité de \(\mathbb{Q}\) fournit un rationnel \(x\) avec \(c < x < \sqrt{3}\). Ce rationnel est positif et vérifie \(x^2 < 3\), donc \(x \in E\). De plus, \(x > \sqrt{3} – \varepsilon\). Par conséquent, \(\sup E = \sqrt{3}\) dans \(\mathbb{R}\).

Corrigé de l’exercice 18 – Inégalité de Cauchy-Schwarz discrète

Idée clé : un trinôme du second degré positif sur \(\mathbb{R}\) a un discriminant négatif ou nul ; les applications consistent à choisir habilement les \(a_i\) et les \(b_i\).

  1. On pose \(S_a = \sum a_i^2\), \(S_b = \sum b_i^2\) et \(T = \sum a_i b_i\). En développant, \(P(t) = S_a t^2 + 2Tt + S_b\). Ce polynôme est positif comme somme de carrés.
    • Si \(S_a = 0\), tous les \(a_i\) sont nuls. Alors \(T = 0\) et l’inégalité s’écrit \(0 \leqslant 0\).
    • Si \(S_a > 0\), \(P\) est un trinôme du second degré. S’il avait un discriminant strictement positif, il aurait deux racines distinctes et serait strictement négatif entre elles. Donc \(4T^2 – 4S_aS_b \leqslant 0\).

    Dans les deux cas, \(T^2 \leqslant S_a S_b\).

  2. On choisit \(a_1 = \sqrt{x}\), \(a_2 = \sqrt{y}\), \(a_3 = \sqrt{z}\) et \(b_i = \frac{1}{a_i}\). Alors \(a_ib_i = 1\), donc l’inégalité donne :
    \[ 9 = (1 + 1 + 1)^2 \leqslant (x + y + z)\left(\frac{1}{x} + \frac{1}{y} + \frac{1}{z}\right). \]
    Comme \(x + y + z = 1\), on obtient \(\frac{1}{x} + \frac{1}{y} + \frac{1}{z} \geqslant 9\).
  3. On choisit \((a_1, a_2, a_3) = (1, 2, 2)\) et \((b_1, b_2, b_3) = (x, y, z)\). L’inégalité donne \(81 = (x + 2y + 2z)^2 \leqslant 9(x^2 + y^2 + z^2)\). Donc \(x^2 + y^2 + z^2 \geqslant 9\). Pour \((x, y, z) = (1, 2, 2)\), on a bien \(1 + 4 + 4 = 9\) et \(x + 2y + 2z = 9\). Le minimum \(9\) est atteint en \((1, 2, 2)\).

Corrigé de l’exercice 19 – Approximations décimales et borne supérieure

Idée clé : tout découle de l’encadrement de la partie entière et de la maximalité de \(\lfloor t \rfloor\) parmi les entiers inférieurs à \(t\).

  1. Le réel \(10^n x – \lfloor 10^n x \rfloor\) appartient à \([0, 1[\). On divise par \(10^n > 0\), puis on isole \(x\). On obtient \(u_n \leqslant x < v_n\).
  2. L’entier \(10\lfloor 10^n x \rfloor\) est inférieur à \(10 \times 10^n x = 10^{n+1}x\). Or \(\lfloor 10^{n+1}x \rfloor\) est le plus grand entier ayant cette propriété. Donc \(10\lfloor 10^n x \rfloor \leqslant \lfloor 10^{n+1}x \rfloor\). En divisant par \(10^{n+1}\), on obtient \(u_n \leqslant u_{n+1}\).
  3. D’abord, \(10^0 = 1 \geqslant 0\) et \(10^1 \geqslant 1\). Ensuite, si \(10^n \geqslant n\) avec \(n \geqslant 1\), alors \(10^{n+1} \geqslant 10n \geqslant n + 1\). Par récurrence, \(10^n \geqslant n\) pour tout \(n\). Montrons maintenant que \(x = \sup \{ u_n \}\). D’une part, \(x\) majore tous les \(u_n\). D’autre part, soit \(\varepsilon > 0\). Archimède fournit \(n \geqslant 1\) avec \(\frac{1}{n} < \varepsilon\). Alors \(10^{-n} \leqslant \frac{1}{n} < \varepsilon\), donc \(u_n > x – 10^{-n} > x – \varepsilon\). De la même façon, \(x\) minore les \(v_n\) et \(v_n \leqslant x + 10^{-n} < x + \varepsilon\). Ainsi, \(x = \sup \{ u_n \} = \inf \{ v_n \}\).
  4. On a \(\frac{13}{7} = 1{,}857\,142\ldots\) En effet, la division de \(13\) par \(7\) donne les décimales \(8, 5, 7, 1, 4, 2\) qui se répètent. Donc \(u_0 = 1\), \(u_1 = 1{,}8\), \(u_2 = 1{,}85\), \(u_3 = 1{,}857\) et \(u_4 = 1{,}8571\).

Corrigé de l’exercice 20 – Problème – Sous-groupes additifs de R

Idée clé : tout se joue sur la borne inférieure \(a\) des éléments strictement positifs ; si elle est atteinte, la partie entière découpe chaque élément en multiples de \(a\) ; si elle est nulle, de petits éléments permettent d’atteindre tout intervalle.

  1. Soit \(g \neq 0\) dans \(G\). Alors \(-g = 0 – g\) appartient aussi à \(G\). L’un des deux réels \(g\) et \(-g\) est strictement positif. Donc \(G_+\) est non vide ; minorée par \(0\), elle possède une borne inférieure \(a \geqslant 0\).
  2. On suppose \(a > 0\).
    1. Supposons \(a \notin G\). La caractérisation de la borne inférieure, avec \(\varepsilon = a\), donne \(g_1 \in G_+\) tel que \(g_1 < 2a\). Comme \(g_1 \geqslant a\) et \(g_1 \neq a\), on a \(a < g_1 < 2a\). Avec \(\varepsilon = g_1 – a\), on obtient ensuite \(g_2 \in G_+\) tel que \(a < g_2 < g_1\). Alors \(g_1 – g_2 \in G\) et \(0 < g_1 – g_2 < 2a – a = a\). Cet élément de \(G_+\) est plus petit que \(a\) : c’est absurde. Donc \(a \in G\).
    2. Comme \(a \in G\), tous les \(ka\) sont dans \(G\), donc \(a\mathbb{Z} \subset G\). Réciproquement, soit \(g \in G\) et \(k = \left\lfloor \frac{g}{a} \right\rfloor\). On a \(k \leqslant \frac{g}{a} < k + 1\), donc \(0 \leqslant g – ka < a\). Le réel \(g – ka\) est dans \(G\), positif et plus petit que \(a\). Il ne peut donc pas appartenir à \(G_+\), dont \(a\) minore les éléments. Par conséquent, \(g – ka = 0\). Ainsi, \(G = a\mathbb{Z}\).
  3. On suppose \(a = 0\). La caractérisation avec \(\varepsilon = y – x\) fournit \(g \in G_+\) tel que \(0 < g < y – x\). On pose \(k = \left\lfloor \frac{x}{g} \right\rfloor + 1\). Alors \(k – 1 \leqslant \frac{x}{g} < k\), donc \(kg > x\) et \(kg \leqslant x + g < y\). Le réel \(kg\) est dans \(G\) et dans \(]x, y[\). Le sous-groupe \(G\) est donc dense dans \(\mathbb{R}\).
  4. Application.
    1. D’abord, \(0\) s’obtient avec \(m = n = 0\). Ensuite, prenons \(h = p + q\sqrt{2}\) et \(h_1 = p_1 + q_1\sqrt{2}\) dans \(H\). Leur différence vaut \((p – p_1) + (q – q_1)\sqrt{2}\), avec deux coefficients entiers : elle appartient à \(H\). Donc \(H\) est un sous-groupe additif.
    2. Supposons \(H = a\mathbb{Z}\) avec \(a > 0\). Comme \(1 \in H\) et \(\sqrt{2} \in H\), il existe des entiers \(k\) et \(l\) tels que \(1 = ka\) et \(\sqrt{2} = la\). Ainsi, \(k \neq 0\) et \(\sqrt{2} = \frac{l}{k}\), ce qui contredit l’irrationalité de \(\sqrt{2}\). Or \(H \neq \{0\}\). D’après la question 2, la borne \(a\) ne peut donc pas être strictement positive. Par la question 3, \(H\) est dense dans \(\mathbb{R}\).

La figure illustre cette densité. Les réels \(n\sqrt{2} – \lfloor n\sqrt{2} \rfloor\) sont des éléments de \(H\) situés dans \([0, 1[\). Avec dix valeurs de \(n\), ils restent espacés ; avec quatre-vingts, ils remplissent déjà l’intervalle de façon serrée.

Parties fractionnaires de n racine de 2 pour n jusqu'à 10 puis jusqu'à 80, de plus en plus serrées dans l'intervalle de 0 à 1

Pour aller plus loin

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