QCM : Cauchy linéaire et wronskien en maths spé (MP)
Ce QCM wronskien MP fait le tour des équations différentielles linéaires à coefficients variables. Les premières questions vérifient la structure de l’ensemble des solutions : dimension, caractère affine, données initiales du théorème de Cauchy linéaire, forme intégrale et passage d’une équation scalaire à un système. Viennent ensuite le principe de superposition, le calcul du wronskien par sa propre équation et ce que révèle son annulation. La fin demande de traiter deux équations non normalisées avec raccordement en 0, d’obtenir une relation de récurrence pour une solution en série entière et de mener une variation des constantes complète.
Réponds d’abord sans le cours, en vérifiant chaque hypothèse : coefficient dominant non nul, continuité, intervalle. Lis ensuite les explications, qui détaillent le calcul et le piège visé par chaque mauvaise réponse.
Les 12 questions
Question 1
Soit \(A:I\to\mathcal{M}_n(\mathbb{K})\) continue. Quelle est la dimension de l’espace des solutions de \(X^{\prime}=A(t)X\) sur \(I\) ?
- \(n^2\)
- \(n\)
- \(2n\)
- Elle dépend de l’intervalle \(I\)
Réponse B.
Pour \(t_0\in I\) fixé, le théorème de Cauchy linéaire rend bijective l’application \(X\mapsto X(t_0)\), de l’espace des solutions vers \(\mathbb{K}^n\). Comme elle est linéaire, c’est un isomorphisme : la dimension vaut donc \(n\). Le piège \(n^2\) compte les coefficients de la matrice \(A\), pas les inconnues. Par ailleurs, la conclusion vaut sur tout intervalle où \(A\) est continue.
Question 2
Avec \(a,b,c\) continues sur \(I\), comment décrire l’ensemble des solutions de \(y^{\prime\prime}+a(t)y^{\prime}+b(t)y=c(t)\) ?
- Un plan affine de fonctions
- Un plan vectoriel de fonctions
- Un espace affine de dimension 3
- Une droite affine de fonctions
Réponse A.
Toute solution s’écrit comme une solution particulière plus une solution de l’équation homogène. Or l’équation homogène d’ordre 2 a un espace de solutions de dimension 2. On obtient donc un plan affine. Le piège « plan vectoriel » oublie le second membre : la fonction nulle n’est solution que si \(c=0\). De même, la dimension 3 ajoute à tort une constante liée à \(c\).
Question 3
Pour \(y^{\prime\prime}+a(t)y^{\prime}+b(t)y=c(t)\) à coefficients continus sur \(I\) et \(t_0\in I\), quelles données fixent une unique solution ?
- La seule valeur de \(y(t_0)\)
- Les valeurs de \(y(t_0)\) et \(y(t_1)\) avec \(t_1\neq t_0\)
- Les valeurs de \(y^{\prime}(t_0)\) et \(y^{\prime\prime}(t_0)\)
- Les valeurs de \(y(t_0)\) et \(y^{\prime}(t_0)\)
Réponse D.
Le théorème de Cauchy linéaire porte sur la position et la vitesse au même instant. Ainsi, une seule valeur laisse une droite de solutions. Le piège des deux instants est un problème aux limites : pour \(y^{\prime\prime}+y=0\), les conditions \(y(0)=0\) et \(y(\pi)=0\) admettent tous les \(\lambda\sin\). Enfin, \(y^{\prime\prime}(t_0)\) est imposée par l’équation et n’apporte rien.
Question 4
Avec \(A,B\) continues, à quoi équivaut le fait que \(X\) de classe \(C^1\) vérifie \(X^{\prime}=AX+B\) et \(X(t_0)=X_0\) ?
- \(X(t)=X_0+\int_{t_0}^t\big(A(s)X(s)+B(s)\big)ds\) pour tout \(t\)
- \(X(t)=X_0+\int_{t_0}^t A(s)X(s)\,ds\) pour tout \(t\)
- \(X(t)=X_0\exp\left(\int_{t_0}^tA(s)\,ds\right)\) pour tout \(t\)
- \(X(t)=\int_{t_0}^t\big(A(s)X(s)+B(s)\big)ds\) pour tout \(t\)
Réponse A.
En intégrant l’équation entre \(t_0\) et \(t\), on obtient la forme intégrale, et la réciproque découle du théorème fondamental. La version sans \(B\) oublie le second membre. En revanche, la formule exponentielle n’est valable que si les matrices \(A(s)\) commutent entre elles et si \(B=0\). Enfin, l’absence de \(X_0\) imposerait \(X(t_0)=0\).
Question 5
On écrit \(y^{\prime\prime}+t\,y^{\prime}+e^ty=0\) sous la forme \(X^{\prime}=A(t)X\) avec \(X=\begin{pmatrix}y\\y^{\prime}\end{pmatrix}\). Que vaut \(A(t)\) ?
- \(\begin{pmatrix}0&1\\e^t&t\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}0&1\\-e^t&-t\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}0&1\\-t&-e^t\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}1&0\\-e^t&-t\end{pmatrix}\)
Réponse B.
La première ligne traduit \(y^{\prime}=y^{\prime}\), donc elle vaut \((0\ \ 1)\). La seconde exprime \(y^{\prime\prime}=-e^ty-ty^{\prime}\) : le coefficient de \(y\) vient en premier. Le piège sans signes moins oublie de passer les termes de l’autre côté. Ensuite, la matrice avec \(-t\) en premier échange les coefficients de \(y\) et de \(y^{\prime}\).
Question 6
Soit \(L(y)=y^{\prime\prime}+a(t)y^{\prime}+b(t)y\). On a \(L(y_1)=\cos t\) et \(L(y_2)=t\). Quelle fonction vérifie \(L(y)=2\cos t-3t\) ?
- \(2y_1+3y_2\)
- \(y_1-y_2\)
- \(3y_1-2y_2\)
- \(2y_1-3y_2\)
Réponse D.
L’opérateur \(L\) est linéaire. Par conséquent, \(L(2y_1-3y_2)=2L(y_1)-3L(y_2)=2\cos t-3t\). C’est le principe de superposition. La réponse \(2y_1+3y_2\) perd le signe du coefficient de \(t\). De son côté, \(y_1-y_2\) ne garde que les signes. Quant à \(3y_1-2y_2\), elle associe chaque coefficient au mauvais second membre.
Question 7
Soient \(y_1,y_2\) deux solutions de \(y^{\prime\prime}-2t\,y^{\prime}+y=0\) sur \(\mathbb{R}\), et \(W\) leur wronskien. Que vaut \(W(t)\) ?
- \(W(0)\,e^{-t^2}\)
- \(W(0)\,e^{t^2}\)
- \(W(0)\,e^{2t}\)
- \(W(0)\) pour tout \(t\)
Réponse B.
En dérivant \(W=y_1y_2^{\prime}-y_1^{\prime}y_2\), puis en remplaçant les dérivées secondes, on trouve \(W^{\prime}=-a(t)W\) avec \(a(t)=-2t\). Ainsi, \(W^{\prime}=2tW\), d’où \(W(t)=W(0)e^{t^2}\). Le piège \(e^{-t^2}\) oublie le signe moins de la relation. De plus, le wronskien n’est constant que si le coefficient de \(y^{\prime}\) est nul.
Question 8
Deux solutions de \(y^{\prime\prime}+a(t)y^{\prime}+b(t)y=0\) (coefficients continus sur \(I\)) ont un wronskien qui s’annule en un point \(t_0\). Que peut-on conclure ?
- Le wronskien change de signe en \(t_0\)
- Les solutions sont liées au voisinage de \(t_0\) seulement
- Le wronskien est nul partout et les deux solutions sont liées
- On ne peut rien conclure sans connaître \(a\)
Réponse C.
Le wronskien vaut \(W(t_0)\) multiplié par une exponentielle, donc il est nul partout ou nulle part. De plus, \(W(t_0)=0\) signifie que les vecteurs \((y_k(t_0),y_k^{\prime}(t_0))\) sont liés ; par unicité dans le théorème de Cauchy, la même relation lie les solutions sur tout \(I\). Cependant, ce résultat est faux pour des fonctions quelconques : \(t^3\) et \(|t|^3\) ont un wronskien nul sans être liées.
Question 9
Quelle est la dimension de l’espace des solutions sur \(\mathbb{R}\) de l’équation \(t\,y^{\prime}-2y=0\) ?
- \(2\)
- \(1\)
- \(0\)
- Elle est infinie
Réponse A.
Sur chaque demi-droite, les solutions sont les \(\lambda t^2\). Ensuite, la fonction égale à \(\lambda t^2\) pour \(t\geq0\) et à \(\mu t^2\) pour \(t<0\) est dérivable en 0 de dérivée nulle, et vérifie l’équation en ce point. Les constantes \(\lambda\) et \(\mu\) sont donc indépendantes. Le piège 1 applique à tort le théorème de Cauchy, inutilisable car le coefficient dominant s’annule.
Question 10
Quelles sont les solutions sur \(\mathbb{R}\) de \(t\,y^{\prime}+y=0\) ?
- Les fonctions \(t\mapsto\lambda/t\)
- Un plan vectoriel de fonctions
- Seulement la fonction nulle
- La droite engendrée par \(t\mapsto t\)
Réponse C.
L’équation s’écrit \((ty)^{\prime}=0\), donc \(y=c/t\) sur chaque demi-droite. Or une telle fonction n’a de limite finie en 0 que si \(c=0\). Par conséquent, seule la fonction nulle se raccorde. Les fonctions \(\lambda/t\) ne sont pas définies en 0. De même, \(t\mapsto t\) vérifie \(ty^{\prime}-y=0\) et non l’équation proposée.
Question 11
On cherche une solution \(\sum a_nx^n\) de \(x\,y^{\prime\prime}+y^{\prime}-y=0\). Quelle relation de récurrence obtient-on ?
- \((n+1)a_{n+1}=a_n\)
- \(n(n+1)a_{n+1}=a_n\)
- \((n+1)^2a_{n+1}=a_n\)
- \((n+1)^2a_{n+1}=a_{n-1}\)
Réponse C.
Les termes \(xy^{\prime\prime}\) et \(y^{\prime}\) donnent \(\sum\big(n(n+1)+(n+1)\big)a_{n+1}x^n\), soit \((n+1)^2a_{n+1}\) devant \(x^n\). En identifiant avec \(a_n\), on obtient la relation, puis \(a_n=a_0/(n!)^2\) et un rayon infini. Le piège \(n(n+1)\) oublie la contribution de \(y^{\prime}\). Ensuite, le décalage vers \(a_{n-1}\) traite \(xy^{\prime\prime}\) comme s’il était multiplié par \(x^2\).
Question 12
Par variation des constantes, quelle est une solution de \(y^{\prime\prime}+y=\dfrac{1}{\cos t}\) sur \(]-\pi/2,\pi/2[\) ?
- \(t\sin t-\cos t\,\ln(\cos t)\)
- \(t\cos t+\sin t\,\ln(\cos t)\)
- \(-t\sin t+\cos t\,\ln(\cos t)\)
- \(t\sin t+\cos t\,\ln(\cos t)\)
Réponse D.
On pose \(y=\lambda\cos t+\mu\sin t\) avec \(\lambda^{\prime}\cos t+\mu^{\prime}\sin t=0\) et \(-\lambda^{\prime}\sin t+\mu^{\prime}\cos t=1/\cos t\). On en tire \(\lambda^{\prime}=-\tan t\) et \(\mu^{\prime}=1\), donc \(\lambda=\ln(\cos t)\) et \(\mu=t\). Le piège avec un signe moins devant le logarithme vient d’une primitive de \(-\tan\) mal signée. Enfin, \(t\cos t+\dots\) échange les rôles de \(\lambda\) et \(\mu\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur cauchy linéaire et wronskien
- S’exercer : exercices corrigés sur cauchy linéaire et wronskien
- QCM précédent : QCM : Matrices symétriques réelles en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Exponentielle de matrice en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
Ressources de maths en Maths spé (MP)
Cours
Tout voirExercices corrigés
Tout voirContrôles
Tout voirQCM
Tout voir

























