QCM : Différentielle et règle de la chaîne en maths spé (MP)
Ce QCM chaîne MP vérifie que le calcul différentiel est devenu un réflexe. Il commence par les dérivées partielles et la dérivée selon un vecteur, puis rappelle quelle hypothèse garantit vraiment la différentiabilité. Viennent ensuite la matrice jacobienne d’une application polynomiale du plan, le gradient d’une forme quadratique et les différentielles obtenues par développement : carré, inverse et déterminant d’une matrice.
La dernière partie applique la règle de la chaîne le long d’un arc et pour une composée à deux variables, puis l’intégrale de la différentielle et le rôle de la connexité par arcs. Réponds d’abord sans le cours, au brouillon. Ensuite, lis chaque explication : elle justifie la bonne réponse et identifie l’erreur derrière chaque piège, souvent un ordre de produit inversé ou un facteur oublié.
Les 12 questions
Question 1
On pose \(f(x,y)=x^2y+e^{xy}\). Que vaut \(\dfrac{\partial f}{\partial x}(1,2)\) ?
- \(4+2e^{2}\)
- \(4+e^{2}\)
- \(1+e^{2}\)
- \(4+2e\)
Réponse A.
On dérive par rapport à \(x\) en gardant \(y\) fixe : \(\partial_x f=2xy+y\,e^{xy}\), soit \(4+2e^2\) au point \((1,2)\). La réponse \(4+e^2\) oublie le facteur \(y\) issu de la dérivée de \(xy\) par rapport à \(x\). Le résultat \(1+e^2\) est en fait la dérivée partielle par rapport à \(y\). Enfin, \(4+2e\) évalue l’exponentielle en \(x\) au lieu de \(xy\).
Question 2
On pose \(f(x,y)=xy^2\), différentiable sur \(\mathbb{R}^2\). En \((1,1)\), combien vaut sa dérivée dans la direction \(v=(2,-1)\) ?
- \(4\)
- \(-2\)
- \(2\)
- \(0\)
Réponse D.
Comme \(f\) est différentiable, cette dérivée vaut \(\mathrm{d}f(1,1)(v)=\langle\nabla f(1,1),v\rangle\). Or \(\nabla f=(y^2,\,2xy)\) vaut \((1,2)\) en \((1,1)\), donc on obtient \(2-2=0\). La valeur \(4\) oublie le signe de la seconde coordonnée de \(v\). Le piège \(-2\) ne garde que la contribution de \(y\). Enfin, \(2\) ne garde que celle de \(x\).
Question 3
Soit \(f:U\to\mathbb{R}\), \(U\) ouvert de \(\mathbb{R}^2\) contenant \(a\). Quelle hypothèse garantit que \(f\) est différentiable en \(a\) ?
- Ses dérivées partielles existent au point \(a\)
- Ses dérivées partielles existent sur \(U\) et sont continues
- Ses dérivées selon tout vecteur existent au point \(a\)
- Elle est continue en \(a\), avec des dérivées partielles en \(a\)
Réponse B.
Des dérivées partielles définies et continues partout sur \(U\) font de \(f\) une fonction de classe \(C^1\) : c’est le théorème fondamental, qui donne la différentiabilité. En revanche, l’existence des dérivées partielles au seul point \(a\) ne suffit pas : \(\frac{xy}{x^2+y^2}\), prolongée par \(0\), en possède en l’origine sans y être continue. Même toutes les dérivées directionnelles ne suffisent pas. Enfin, ajouter la continuité ne règle rien, comme le montre \(\sqrt{|xy|}\).
Question 4
On considère \(\psi(u,v)=(u^2-v^2,\ 2uv)\). Que vaut le déterminant de sa matrice jacobienne au point \((u,v)\) ?
- \(4(u^2-v^2)\)
- \(2(u^2+v^2)\)
- \(4u^2\)
- \(4(u^2+v^2)\)
Réponse D.
Les lignes de la jacobienne sont \((2u,\,-2v)\) et \((2v,\,2u)\). Le déterminant vaut donc \(2u\cdot2u-(-2v)\cdot2v=4u^2+4v^2\). La réponse \(4(u^2-v^2)\) oublie le signe moins de \(-2v\) dans le terme soustrait. Le facteur \(2\) seul ne compte qu’une des deux dérivées par ligne. Enfin, \(4u^2\) se limite au produit diagonal et néglige le terme croisé.
Question 5
Soit \(A\) une matrice carrée réelle de taille \(n\), non nécessairement symétrique, et \(q(x)=\langle Ax,x\rangle\). Que vaut \(\nabla q(x)\) ?
- \(2Ax\)
- \(Ax\)
- \((A+A^{\top})\,x\)
- \(A^{\top}x\)
Réponse C.
L’accroissement \(q(x+h)-q(x)\) se développe en trois termes : \(\langle Ax,h\rangle\), \(\langle Ah,x\rangle\) et le reste quadratique \(\langle Ah,h\rangle\). La partie linéaire en \(h\) vaut \(\langle Ax+A^{\top}x,\,h\rangle\), d’où le gradient. La formule \(2Ax\), souvent apprise, n’est juste que pour \(A\) symétrique. Les réponses \(Ax\) et \(A^{\top}x\) ne gardent chacune qu’un des deux termes croisés du développement.
Question 6
Sur l’espace des matrices carrées réelles de taille \(n\), on pose \(f(M)=M^2\). Quelle est la différentielle \(\mathrm{d}f(M)(H)\) ?
- \(2MH\)
- \(2HM\)
- \(MH+HM\)
- \(MH+HM+H^2\)
Réponse C.
On développe \((M+H)^2=M^2+MH+HM+H^2\). Le terme \(H^2\) est un \(o(\|H\|)\), et la partie linéaire en \(H\) est donc \(MH+HM\). Les réponses \(2MH\) et \(2HM\) traitent \(M\) et \(H\) comme des matrices qui commutent, hypothèse qui tombe dès que \(n\geqslant2\). Enfin, garder \(H^2\) donne une expression non linéaire en \(H\), qui ne peut pas être une différentielle.
Question 7
Sur l’ouvert \(GL_n(\mathbb{R})\), on pose \(g(M)=M^{-1}\). Que vaut \(\mathrm{d}g(M)(H)\) ?
- \(-M^{-2}H\)
- \(M^{-1}HM^{-1}\)
- \(-HM^{-2}\)
- \(-M^{-1}HM^{-1}\)
Réponse D.
On dérive l’identité \(M\,g(M)=I_n\) : il vient \(H\,M^{-1}+M\,\mathrm{d}g(M)(H)=0\), d’où \(\mathrm{d}g(M)(H)=-M^{-1}HM^{-1}\). Les réponses \(-M^{-2}H\) et \(-HM^{-2}\) recopient la dérivée réelle \(-1/x^2\) en faisant commuter \(H\) avec \(M^{-1}\), ce qui est faux en général. Quant à \(M^{-1}HM^{-1}\), elle perd le signe moins, pourtant déjà présent pour \(n=1\).
Question 8
Que vaut la différentielle du déterminant en la matrice identité, c’est-à-dire \(\mathrm{d}(\det)(I_n)(H)\) ?
- \(\det H\)
- \(\operatorname{tr}H\)
- \(n\operatorname{tr}H\)
- \((\operatorname{tr}H)\,I_n\)
Réponse B.
On développe \(\det(I_n+tH)\) : seuls les termes diagonaux produisent une contribution d’ordre \(1\) en \(t\), et le coefficient de \(t\) vaut \(\sum h_{ii}\). La différentielle est donc la trace. La réponse \(\det H\) n’est pas linéaire en \(H\) pour \(n\geqslant2\). Le facteur \(n\) confond avec la dérivée de \(t^n\). Enfin, \((\operatorname{tr}H)\,I_n\) est une matrice, alors que le déterminant est à valeurs réelles.
Question 9
On pose \(f(x,y)=x^2+3y\) et \(\gamma(t)=(\cos t,\ \sin t)\). Que vaut la dérivée de \(t\mapsto f(\gamma(t))\) en \(t=0\) ?
- \(3\)
- \(2\)
- \(5\)
- \(0\)
Réponse A.
La règle de la chaîne le long d’un arc donne \(\langle\nabla f(\gamma(0)),\gamma^{\prime}(0)\rangle\). Ici, \(\nabla f(1,0)=(2,3)\) et \(\gamma^{\prime}(0)=(0,1)\), ce qui donne \(3\). La valeur \(2\) utilise la mauvaise coordonnée du gradient. La valeur \(5\) additionne les composantes du gradient sans tenir compte de la vitesse. Enfin, \(0\) prend \(\gamma(0)\) à la place de \(\gamma^{\prime}(0)\) dans le produit scalaire.
Question 10
Soit \(f\) de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) et \(h(u,v)=f(u+v,\ uv)\). Que vaut \(\dfrac{\partial h}{\partial u}(u,v)\), les dérivées de \(f\) étant prises en \((u+v,uv)\) ?
- \(\partial_1 f+u\,\partial_2 f\)
- \(\partial_1 f+\partial_2 f\)
- \(\partial_1 f+v\,\partial_2 f\)
- \(v\,\partial_1 f+\partial_2 f\)
Réponse C.
La règle de la chaîne s’écrit \(\partial_u h=\partial_1 f\cdot\partial_u(u+v)+\partial_2 f\cdot\partial_u(uv)\). Or \(\partial_u(u+v)=1\) et \(\partial_u(uv)=v\), d’où le résultat. Le facteur \(u\) correspond en fait à la dérivée par rapport à \(v\). La somme sans facteur oublie de dériver la seconde composante. Enfin, placer \(v\) devant \(\partial_1 f\) attribue la dérivée intérieure à la mauvaise composante.
Question 11
On pose \(f(x,y)=x^2y\). L’arc \(\gamma\), de classe \(C^1\), va de \((0,0)\) à \((2,3)\) par un chemin sinueux. Que vaut \(\displaystyle\int_0^1\mathrm{d}f\big(\gamma(t)\big)\big(\gamma^{\prime}(t)\big)\,\mathrm{d}t\) ?
- \(6\)
- \(12\)
- \(0\)
- Cela dépend du chemin suivi
Réponse B.
L’intégrande est la dérivée de \(t\mapsto f(\gamma(t))\). Par conséquent, l’intégrale vaut \(f(2,3)-f(0,0)=4\times3=12\), quel que soit le tracé. La valeur \(6\) oublie le carré sur \(x\). La valeur \(0\) confond avec une intégrale le long d’un arc fermé. Enfin, l’idée que le résultat dépend du chemin vaut pour une forme différentielle quelconque, pas pour la différentielle d’une fonction.
Question 12
On note \(U=\{(x,y)\in\mathbb{R}^2\mid x\neq0\}\), et \(f:U\to\mathbb{R}\) de classe \(C^1\) vérifie \(\mathrm{d}f=0\) en tout point de \(U\). Que peut-on affirmer ?
- \(f\) est constante sur chaque demi-plan, pas forcément sur \(U\)
- \(f\) est constante sur \(U\)
- \(f\) est nulle sur \(U\)
- \(f\) est constante sur \(U\) car \(U\) est ouvert
Réponse A.
Une différentielle nulle donne une fonction constante sur un ouvert connexe par arcs, grâce à l’intégrale de \(\mathrm{d}f\) le long d’un arc. Or \(U\) se compose de deux demi-plans disjoints, chacun connexe par arcs. Ainsi, la fonction qui vaut \(1\) pour \(x>0\) et \(-1\) pour \(x<0\) convient sans être constante. L’ouverture de \(U\) ne suffit donc pas. Enfin, rien n’impose la valeur \(0\), puisque toute constante a une différentielle nulle.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur différentielle et règle de la chaîne
- S’exercer : exercices corrigés sur différentielle et règle de la chaîne
- QCM précédent : QCM : Exponentielle de matrice en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Extremums libres et liés en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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