QCM : Extremums libres et liés en maths spé (MP)

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Ce QCM extremums MP suit le plan de recherche d’un extremum pour une fonction de plusieurs variables. On commence par la condition nécessaire du premier ordre et le calcul de points critiques, puis on vérifie les hypothèses du théorème de Schwarz et la forme exacte de Taylor-Young à l’ordre 2. La partie centrale exploite la matrice hessienne : valeurs propres, déterminant en dimension 2 et cas dégénérés où elle ne suffit pas. La fin traite de la tangente à une ligne de niveau, des extremums liés et d’une équation aux dérivées partielles simple.

Réponds sans le cours en écrivant gradient et hessienne au brouillon. Ensuite, lis les explications : elles rappellent la conclusion exacte autorisée par chaque théorème et décrivent le piège visé, souvent une condition nécessaire prise pour suffisante.

Les 12 questions

Question 1

Soit \(f\) de classe \(C^1\) sur un ouvert \(U\) de \(\mathbb{R}^n\) et \(a\in U\). Quelle affirmation est vraie ?

  1. Si \(\nabla f(a)=0\), alors \(f\) a un extremum local en \(a\)
  2. Si \(f\) a un extremum local en \(a\), sa hessienne y est inversible
  3. \(\nabla f(a)=0\) équivaut à un extremum local en \(a\)
  4. Si \(f\) a un extremum local en \(a\), alors \(\nabla f(a)=0\)

Réponse D.

En un extremum intérieur, chaque fonction partielle \(t\mapsto f(a+te_i)\) a un extremum en 0, donc sa dérivée y est nulle. Cependant, la réciproque est fausse : \((x,y)\mapsto x^2-y^2\) a un gradient nul en l’origine sans extremum. Le piège de la hessienne inversible échoue avec \(x^4+y^4\), minimale en 0 où sa hessienne est nulle. Enfin, l’ouverture de \(U\) est indispensable.

Question 2

Quel est l’unique point critique de \(f(x,y)=x^2+xy+y^2-3x\) ?

  1. \((-2,1)\)
  2. \(\left(\tfrac32,0\right)\)
  3. \((1,1)\)
  4. \((2,-1)\)

Réponse D.

On résout \(\partial_xf=2x+y-3=0\) et \(\partial_yf=x+2y=0\). La seconde équation donne \(x=-2y\), puis \(-3y=3\), donc \(y=-1\) et \(x=2\). Le point \((3/2,0)\) oublie le terme \(xy\) dans la dérivée par rapport à \(x\). De plus, \((-2,1)\) vérifie \(x+2y=0\) mais pas la première équation, à cause d’une erreur de signe.

Question 3

Quelle hypothèse garantit, d’après le théorème de Schwarz, que \(\partial_x\partial_yf=\partial_y\partial_xf\) sur un ouvert ?

  1. \(f\) est différentiable
  2. \(f\) est de classe \(C^2\)
  3. \(f\) admet des dérivées partielles secondes
  4. \(f\) est de classe \(C^1\)

Réponse B.

Le théorème exige la continuité des dérivées partielles secondes, c’est-à-dire la classe \(C^2\). La simple existence ne suffit pas : l’exemple classique \(xy\frac{x^2-y^2}{x^2+y^2}\), prolongé par 0, a des dérivées croisées différentes à l’origine. Ainsi, la réponse « dérivées secondes existantes » oublie la continuité. De même, la classe \(C^1\) ne parle pas des dérivées d’ordre 2.

Question 4

Que vaut la matrice hessienne de \(f(x,y)=x^3+2xy^2\) au point \((1,1)\) ?

  1. \(\begin{pmatrix}6&4\\4&4\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}6&2\\2&4\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}3&4\\4&4\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}6&4\\4&2\end{pmatrix}\)

Réponse A.

On a \(\partial_xf=3x^2+2y^2\) et \(\partial_yf=4xy\). Donc \(\partial_x^2f=6x\), \(\partial_x\partial_yf=4y\) et \(\partial_y^2f=4x\), soit 6, 4 et 4 en \((1,1)\). Le coefficient croisé 2 vient d’une dérivée de \(2y^2\) sans le facteur 2 de l’exposant. Par ailleurs, la valeur 3 en haut à gauche ne dérive qu’une seule fois \(x^3\).

Question 5

Pour \(f\) de classe \(C^2\) au voisinage de \(a\), de hessienne \(H\) en \(a\), quelle est la formule de Taylor-Young à l’ordre 2 ?

  1. \(f(a+h)=f(a)+\langle\nabla f(a),h\rangle+\tfrac12h^{\top}Hh+o(\|h\|^2)\)
  2. \(f(a+h)=f(a)+\langle\nabla f(a),h\rangle+h^{\top}Hh+o(\|h\|^2)\)
  3. \(f(a+h)=f(a)+\langle\nabla f(a),h\rangle+\tfrac12h^{\top}Hh+o(\|h\|)\)
  4. \(f(a+h)=f(a)+\langle\nabla f(a),h\rangle+\tfrac12Hh+o(\|h\|^2)\)

Réponse A.

La formule généralise \(f(a)+f^{\prime}(a)h+\frac12f^{\prime\prime}(a)h^2\). Le terme d’ordre 2 est donc la forme quadratique \(\frac12h^{\top}Hh\), qui est un réel. La version sans \(\frac12\) oublie le facteur de Taylor. Ensuite, un reste en \(o(\|h\|)\) rend le terme quadratique inutile. Enfin, \(\frac12Hh\) est un vecteur et ne peut pas s’ajouter à un nombre.

Question 6

En un point critique \(a\) d’une fonction \(C^2\) sur un ouvert, la hessienne a pour valeurs propres 3 et 1. Que peut-on conclure ?

  1. \(f\) admet un minimum global en \(a\)
  2. \(f\) admet un maximum local strict en \(a\)
  3. \(f\) admet un minimum local strict en \(a\)
  4. \(a\) est un point col

Réponse C.

Les deux valeurs propres sont strictement positives, donc la hessienne est définie positive. Par Taylor-Young, \(f(a+h)-f(a)\geq\frac12\|h\|^2+o(\|h\|^2)\), ce qui donne un minimum local strict. Cependant, la conclusion reste locale : \(x^2+y^2-x^4\) en est un contre-exemple global. Par ailleurs, un col exigerait deux valeurs propres de signes opposés.

Question 7

En un point critique, une fonction de deux variables a pour hessienne \(\begin{pmatrix}1&3\\3&2\end{pmatrix}\). De quel type est ce point ?

  1. Un minimum local, car la trace est positive
  2. Un point col
  3. Un minimum local, car les coefficients diagonaux sont positifs
  4. On ne peut pas conclure

Réponse B.

En dimension 2, le déterminant est le produit des valeurs propres. Ici, il vaut \(2-9=-7<0\) : les valeurs propres sont donc de signes opposés, d’où un col. Le piège de la trace positive l’utilise trop tôt ; elle ne sert qu’une fois le déterminant positif. De même, des termes diagonaux positifs ne suffisent pas lorsque le terme croisé domine. Enfin, une hessienne inversible permet toujours de conclure.

Question 8

Que dire de \(f(x,y)=x^2-y^4\) au point \((0,0)\) ?

  1. Minimum local, car la hessienne est positive
  2. Maximum local, car \(-y^4\) l’emporte près de 0
  3. Minimum local strict, car \(f(x,0)=x^2\)
  4. Il n’y a pas d’extremum en \((0,0)\)

Réponse D.

Le point est critique et la hessienne vaut \(\mathrm{diag}(2,0)\) : positive mais non définie, elle ne permet donc pas de conclure. On étudie alors des directions. Or \(f(x,0)=x^2>0\) et \(f(0,y)=-y^4<0\) près de l’origine, si bien que \(f\) change de signe. Le piège « hessienne positive » prend une condition nécessaire pour suffisante. De même, une seule direction ne prouve rien.

Question 9

Quelle est la tangente à la courbe \(x^2+3y^2=4\) au point \((1,1)\) ?

  1. La droite d’équation \(3x+y=4\)
  2. La droite d’équation \(x+y=2\)
  3. La droite d’équation \(x+3y=4\)
  4. La droite d’équation \(y-1=3(x-1)\)

Réponse C.

Le gradient de \(g(x,y)=x^2+3y^2\) vaut \((2,6)\) en \((1,1)\), et il est non nul. L’espace tangent à la ligne de niveau est son orthogonal : \(2(x-1)+6(y-1)=0\), soit \(x+3y=4\). Le piège \(y-1=3(x-1)\) prend le gradient comme vecteur directeur, alors qu’il est normal. Par ailleurs, \(3x+y=4\) échange les deux coordonnées du gradient.

Question 10

Soient \(f,g\) de classe \(C^1\) sur un ouvert de \(\mathbb{R}^n\). Si \(f\) restreinte à \(\{g=0\}\) a un extremum en \(a\), que peut-on affirmer ?

  1. Si \(\nabla g(a)\neq0\), alors \(\nabla f(a)\) est colinéaire à \(\nabla g(a)\)
  2. \(\nabla f(a)=0\)
  3. Si \(\nabla g(a)\neq0\), alors \(\nabla f(a)\) est orthogonal à \(\nabla g(a)\)
  4. \(\nabla f(a)\) est colinéaire à \(\nabla g(a)\), sans autre hypothèse

Réponse A.

Le gradient de \(f\) est orthogonal à l’espace tangent, lui-même orthogonal à \(\nabla g(a)\) lorsque ce vecteur est non nul. Les deux gradients sont donc colinéaires. Le piège \(\nabla f(a)=0\) applique la condition des extremums libres, fausse ici : \(x\) atteint son maximum sur le cercle unité en \((1,0)\). En outre, l’hypothèse \(\nabla g(a)\neq0\) ne peut pas être supprimée.

Question 11

Quel est le maximum de \(xy\) sous la contrainte \(x+2y=4\) ?

  1. \(4\)
  2. \(\dfrac{16}{9}\)
  3. \(2\)
  4. \(1\)

Réponse C.

La condition de colinéarité donne \((y,x)=\lambda(1,2)\), donc \(x=2y\). Avec la contrainte, \(4y=4\), d’où le point \((2,1)\) et la valeur 2. On le vérifie en substituant : \(y(4-2y)=2-2(y-1)^2\leq2\). La valeur \(16/9\) vient d’un gradient de contrainte pris égal à \((1,1)\). De plus, 4 correspond au point \((2,2)\), qui ne vérifie pas la contrainte.

Question 12

Quelles sont les fonctions \(f\) de classe \(C^1\) sur \(\mathbb{R}^2\) telles que \(2\,\partial_xf+\partial_yf=0\) ? (\(\varphi\) désigne une fonction \(C^1\) d’une variable.)

  1. \(f(x,y)=\varphi(2x-y)\)
  2. \(f(x,y)=\varphi(x-2y)\)
  3. \(f(x,y)=\varphi(x+2y)\)
  4. \(f(x,y)=\varphi(2x+y)\)

Réponse B.

Avec le changement de variables linéaire \(u=x-2y\), \(v=y\), on obtient \(2\partial_xf+\partial_yf=\partial_vg\), qui doit être nulle. Ainsi, \(g\) ne dépend que de \(u\). On vérifie directement : pour \(\varphi(x-2y)\), les dérivées valent \(\varphi^{\prime}\) et \(-2\varphi^{\prime}\), et \(2\varphi^{\prime}-2\varphi^{\prime}=0\). Le piège \(\varphi(2x-y)\) donne au contraire \(4\varphi^{\prime}-\varphi^{\prime}\neq0\).

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