QCM : Continuité et valeurs intermédiaires en maths sup (MPSI)
Ce QCM continuité MPSI porte sur les limites de fonctions et les grands théorèmes de continuité. Les premières questions demandent une limite à gauche, un encadrement, un calcul par équivalents et l’usage du critère séquentiel pour prouver qu’une limite n’existe pas. On passe ensuite au prolongement par continuité et aux fonctions monotones. La seconde moitié teste le théorème des valeurs intermédiaires, les bornes atteintes, l’image d’un intervalle, le lien entre injectivité et monotonie, puis le théorème de la bijection.
Réponds d’abord sans le cours, en cherchant mentalement un contre-exemple pour chaque affirmation trop générale. Lis ensuite chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et décrit le piège visé : hypothèse de segment oubliée, intervalle remplacé par une réunion d’intervalles ou image d’un point confondue avec son antécédent.
Les 12 questions
Question 1
Que vaut \(\displaystyle\lim_{x\to3^-}\lfloor x\rfloor\) ?
- \(2\)
- \(3\)
- \(\frac52\)
- Elle n’existe pas
Réponse A.
Pour \(x\in[2,3[\), la partie entière vaut constamment \(2\). La limite à gauche en \(3\) est donc \(2\). Le piège \(3\) donne la valeur en \(3\), qui est aussi la limite à droite. Ainsi, la fonction n’a pas de limite en \(3\) au sens bilatéral, mais ses limites unilatérales existent. Enfin, la moyenne \(\frac52\) ne correspond à aucune définition.
Question 2
Que vaut \(\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\frac{x+\cos x}{x+2}\) ?
- Elle n’existe pas, car \(\cos x\) oscille
- \(0\)
- \(\frac12\)
- \(1\)
Réponse D.
Pour \(x>0\), on a \(\frac{x-1}{x+2}\le\frac{x+\cos x}{x+2}\le\frac{x+1}{x+2}\). Les deux bornes tendent vers \(1\), donc le théorème d’encadrement conclut. Le piège de l’oscillation oublie que \(\cos x\) reste borné, si bien qu’il devient négligeable devant \(x\). Le piège \(\frac12\) remplace le dénominateur par \(2\). Enfin, \(0\) néglige le terme \(x\) du numérateur.
Question 3
Que vaut \(\displaystyle\lim_{x\to0}\frac{e^{3x}-1}{\sin2x}\) ?
- \(\frac32\)
- \(\frac23\)
- \(1\)
- \(3\)
Réponse A.
On écrit le quotient comme \(\frac{e^{3x}-1}{3x}\cdot\frac{2x}{\sin2x}\cdot\frac{3x}{2x}\). Les deux premiers facteurs tendent vers \(1\), d’après les limites usuelles. Il reste donc \(\frac32\). Le piège \(\frac23\) inverse le rapport des coefficients. Le piège \(1\) oublie ces coefficients. Enfin, \(3\) néglige le facteur \(2\) du sinus.
Question 4
Pour prouver que \(x\mapsto\sin\frac1x\) n’a pas de limite en \(0\), quel couple de suites convient ?
- \(x_n=\frac{1}{n\pi}\) et \(y_n=\frac{1}{2n\pi}\)
- \(x_n=2n\pi+\frac{\pi}{2}\) et \(y_n=n\pi\)
- \(x_n=\frac{1}{2n\pi+\pi/2}\) et \(y_n=\frac{1}{n\pi}\)
- \(x_n=\frac1n\) et \(y_n=-\frac1n\)
Réponse C.
Les deux suites tendent vers \(0\), mais leurs images valent constamment \(1\) et \(0\). Si une limite existait, la caractérisation séquentielle imposerait la même valeur. Le couple en \(\frac{1}{n\pi}\) et \(\frac{1}{2n\pi}\) donne deux fois l’image \(0\) : il ne prouve rien. Celui en \(2n\pi+\frac{\pi}{2}\) tend vers l’infini, pas vers \(0\). Enfin, les images \(\sin n\) et \(-\sin n\) n’ont pas de limite connue.
Question 5
On pose \(f(x)=x\left\lfloor\frac1x\right\rfloor\) pour \(x>0\). Peut-on prolonger \(f\) par continuité en \(0\) ?
- Non, car \(\left\lfloor\frac1x\right\rfloor\) n’a pas de limite finie
- Oui, en posant \(f(0)=1\)
- Oui, en posant \(f(0)=0\)
- Oui, en posant \(f(0)=\frac12\)
Réponse B.
Par définition de la partie entière, \(\frac1x-1<\left\lfloor\frac1x\right\rfloor\le\frac1x\). En multipliant par \(x>0\), on obtient \(1-x<f(x)\le1\). Par encadrement, \(f(x)\to1\) quand \(x\to0^+\). Le piège « non » oublie que le facteur \(x\) compense l’explosion. Celui en \(0\) croit que ce même facteur l’emporte.
Question 6
Soit \(f\) une fonction croissante sur \(]a,b[\). Que garantit le théorème de la limite monotone ?
- \(f\) est continue en tout point de \(]a,b[\), donc à gauche et à droite
- \(f\) a une limite finie en \(b\), égale à la borne supérieure de \(f\)
- En tout point de \(]a,b[\), \(f\) a une limite à gauche et une limite à droite finies
- \(f\) n’a qu’un nombre fini de points de discontinuité sur \(]a,b[\)
Réponse C.
En un point \(c\) intérieur, les valeurs à gauche sont majorées par \(f(c)\), et celles de droite minorées par \(f(c)\). Les deux limites existent donc et encadrent \(f(c)\). Cependant, elles peuvent différer : la partie entière est croissante sans être continue. En \(b\), la limite peut être \(+\infty\), comme pour \(\tan\) en \(\frac{\pi}{2}\). Enfin, une fonction monotone peut avoir une infinité dénombrable de sauts.
Question 7
Une fonction \(f:[0,1]\to\mathbb{R}\) vérifie \(f(0)<0<f(1)\). Quelle hypothèse suffit pour garantir qu’elle s’annule ?
- \(f\) est dérivable sur \(]0,1[\)
- \(f\) est strictement croissante sur \([0,1]\)
- \(f\) est bornée sur \([0,1]\)
- \(f\) est continue sur \([0,1]\)
Réponse D.
C’est exactement le théorème des valeurs intermédiaires. Les autres hypothèses ne suffisent pas, car elles tolèrent un saut. Ainsi, la fonction qui vaut \(-1\) sur \([0,\frac12[\) et \(1\) ailleurs est bornée sans s’annuler. De même, \(x\mapsto x-1\) sur \([0,\frac12[\) puis \(x\) ensuite est strictement croissante et ne passe pas par \(0\). Par ailleurs, une dérivabilité sur l’ouvert laisse les bornes libres.
Question 8
Sur lequel de ces intervalles le TVI garantit-il une racine de \(P(x)=x^5-3x+1\) ?
- \(]0,1[\)
- \(]-1,0[\)
- \(]2,3[\)
- \(]-3,-2[\)
Réponse A.
On a \(P(0)=1\) et \(P(1)=-1\) : le changement de signe et la continuité donnent une racine dans \(]0,1[\). En revanche, \(P(-1)=3\) et \(P(0)=1\) sont tous deux positifs, donc le TVI ne dit rien sur \(]-1,0[\). De même, \(P(2)=27\) et \(P(3)=235\) sont positifs. Enfin, \(P(-3)=-233\) et \(P(-2)=-25\) sont négatifs.
Question 9
Laquelle de ces fonctions n’atteint pas sa borne supérieure sur l’ensemble indiqué ?
- \(x\mapsto x(1-x)\) sur \([0,1]\)
- \(x\mapsto x\) sur \([0,1[\)
- \(x\mapsto e^{-x^2}\) sur \(\mathbb{R}\)
- \(x\mapsto\sin x\) sur \(\mathbb{R}\)
Réponse B.
Sur \([0,1[\), la borne supérieure vaut \(1\), mais aucun point de l’intervalle ne la réalise. Le théorème des bornes atteintes exige un segment, fermé et borné. Au contraire, \(x(1-x)\) est continue sur un segment et atteint \(\frac14\). Par ailleurs, les deux fonctions définies sur \(\mathbb{R}\) atteignent leur maximum, en \(0\) et en \(\frac{\pi}{2}\) : l’hypothèse de segment est suffisante, pas nécessaire.
Question 10
Laquelle de ces parties peut être l’image de \(]0,1[\) par une fonction continue ?
- \([0,1]\cup[2,3]\)
- \(\mathbb{Q}\cap[0,1]\)
- \(\{0,1\}\)
- \([-1,1]\)
Réponse D.
L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle, conséquence du TVI. Or la fonction \(x\mapsto\sin(2\pi x)\) envoie \(]0,1[\) sur \([-1,1]\) : un intervalle ouvert peut donc avoir une image fermée. Les trois autres parties ne sont pas des intervalles. En effet, la réunion présente un trou entre \(1\) et \(2\), les rationnels manquent les irrationnels, et la paire n’atteint aucune valeur intermédiaire.
Question 11
Parmi ces énoncés sur l’injectivité et la monotonie, lequel est vrai ?
- Sur un intervalle, toute fonction injective est strictement monotone
- Sur un intervalle, une fonction continue et injective est strictement monotone
- Sur \(\mathbb{R}^*\), une fonction continue et injective est strictement monotone
- Sur un intervalle, toute fonction strictement monotone est continue
Réponse B.
Une fonction continue non monotone sur un intervalle prendrait deux fois une même valeur, d’après le TVI. Les deux hypothèses sont nécessaires. Sans continuité, la fonction égale à \(x\) sur \([0,1[\) et à \(3-x\) sur \([1,2]\) est injective sans être monotone. Sans intervalle, \(x\mapsto\frac1x\) est continue et injective sur \(\mathbb{R}^*\), mais pas monotone. Enfin, une fonction strictement croissante peut présenter un saut.
Question 12
On pose \(f(x)=x+e^x\) sur \(\mathbb{R}\). D’après le théorème de la bijection, que peut-on affirmer ?
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]0,+\infty[\), et \(f^{-1}(1)=0\)
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\), et \(f^{-1}(1)=1+e\)
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\), et \(f^{-1}(1)=0\)
- \(f\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(]-1,+\infty[\), et \(f^{-1}(1)=0\)
Réponse C.
La fonction est continue et strictement croissante, avec des limites \(-\infty\) et \(+\infty\). Elle réalise donc une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathbb{R}\), de réciproque continue. De plus, \(f(0)=1\), d’où \(f^{-1}(1)=0\). Le piège \(]0,+\infty[\) retient l’image de l’exponentielle seule. Quant à \(1+e\), c’est \(f(1)\) et non \(f^{-1}(1)\).
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur continuité et valeurs intermédiaires
- S’exercer : exercices corrigés sur continuité et valeurs intermédiaires
- QCM précédent : QCM : Suites itératives et point fixe en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Rolle et accroissements finis en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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