QCM : Matrices inversibles et pivot en maths sup (MPSI)

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Ce QCM pivot MPSI vérifie les réflexes de calcul matriciel attendus en épreuve. Il commence par le produit matriciel : matrices élémentaires, tailles compatibles, transposée et pièges de la non-commutativité. Il passe ensuite aux familles remarquables (triangulaires, antisymétriques), à la formule du binôme avec une matrice nilpotente, puis aux systèmes linéaires résolus par l’algorithme du pivot. La fin porte sur l’inversion : opérations élémentaires, calcul d’inverse et polynôme annulateur.

Réponds d’abord sans le cours, en posant chaque calcul au brouillon et en vérifiant les tailles des matrices avant de multiplier. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et décrivent l’erreur visée par chaque piège, comme un ordre de facteurs inversé ou une identité remarquable appliquée sans vérifier que les matrices commutent.

Les 12 questions

Question 1

Dans \(\mathcal{M}_3(\mathbb{R})\), on note \(E_{ij}\) les matrices élémentaires. Que vaut le produit \(E_{12}E_{23}\) ?

  1. \(E_{31}\)
  2. \(E_{22}\)
  3. \(0\)
  4. \(E_{13}\)

Réponse D.

La règle est \(E_{ij}E_{kl}=\delta_{jk}E_{il}\). Ici l’indice intérieur commun vaut 2, donc le produit est non nul et garde les indices extérieurs : on obtient \(E_{13}\). La réponse nulle s’applique seulement quand les indices intérieurs diffèrent, comme pour \(E_{23}E_{12}\). Par ailleurs, \(E_{31}\) inverse l’ordre des indices, et \(E_{22}\) garde à tort les indices intérieurs.

Question 2

On prend \(A\in\mathcal{M}_{2,3}(\mathbb{R})\) et \(B\in\mathcal{M}_{3,4}(\mathbb{R})\). Lequel de ces produits est défini ?

  1. \(BA\)
  2. \(A^{T}B^{T}\)
  3. \(AB^{T}\)
  4. \(B^{T}A^{T}\)

Réponse D.

Un produit \(MN\) existe lorsque le nombre de colonnes de \(M\) égale le nombre de lignes de \(N\). Ainsi \(B^{T}\), de taille \(4\times3\), se multiplie par \(A^{T}\), de taille \(3\times2\) : c’est d’ailleurs \((AB)^{T}\). En revanche, \(BA\) demanderait 4 colonnes pour \(B\) contre 2 lignes pour \(A\). Le piège \(A^{T}B^{T}\) oublie que la transposée d’un produit inverse l’ordre des facteurs.

Question 3

Pour deux matrices carrées \(A\) et \(B\) de même taille, quelconques, que vaut \((A+B)^2\) ?

  1. \(A^2+2AB+B^2\)
  2. \(A^2+2BA+B^2\)
  3. \(A^2+AB+BA+B^2\)
  4. \(A^2+B^2\)

Réponse C.

En développant, on obtient \((A+B)(A+B)=A^2+AB+BA+B^2\). Les deux termes croisés ne se regroupent que si \(AB=BA\). Par conséquent, l’identité remarquable avec \(2AB\) est fausse en général : avec \(A=E_{12}\) et \(B=E_{21}\), on a \(AB=E_{11}\) mais \(BA=E_{22}\). Quant à \(A^2+B^2\), elle supprime les termes croisés, ce qui n’est vrai que si \(AB=-BA\).

Question 4

La matrice \(A\in\mathcal{M}_n(\mathbb{R})\) est antisymétrique. Laquelle de ces affirmations est toujours vraie ?

  1. \(A\) est inversible
  2. \(A^2\) est antisymétrique
  3. \(\operatorname{tr}(A)=0\)
  4. \(A=0\) lorsque \(n\) est impair

Réponse C.

La relation \(A^{T}=-A\) donne \(a_{ii}=-a_{ii}\), donc chaque coefficient diagonal est nul, et la trace aussi. En revanche, \(A^2\) est symétrique, puisque \((A^2)^{T}=(A^{T})^2=A^2\). La matrice nulle, antisymétrique, montre que l’inversibilité n’est pas garantie. Enfin, en taille impaire, \(A\) est seulement non inversible : \(E_{12}-E_{21}\) dans \(\mathcal{M}_3(\mathbb{R})\) n’est pas nulle.

Question 5

Les matrices \(T\) et \(T^{\prime}\) de \(\mathcal{M}_n(\mathbb{K})\) sont triangulaires supérieures. Que peut-on dire du produit \(TT^{\prime}\) ?

  1. Triangulaire supérieure, de diagonale \((t_{ii}+t^{\prime}_{ii})\)
  2. Triangulaire inférieure, de diagonale \((t_{ii}t^{\prime}_{ii})\)
  3. Quelconque, faute de commutativité
  4. Triangulaire supérieure, de diagonale \((t_{ii}t^{\prime}_{ii})\)

Réponse D.

Le coefficient \((i,j)\) du produit vaut \(\sum_k t_{ik}t^{\prime}_{kj}\). Si \(i>j\), chaque terme contient un facteur sous la diagonale, donc il est nul : le produit reste triangulaire supérieur. Sur la diagonale, seul le terme \(k=i\) survit, d’où \(t_{ii}t^{\prime}_{ii}\). Ainsi, la somme des diagonales confond produit et addition. De plus, la non-commutativité n’empêche pas la stabilité de cette famille.

Question 6

On pose \(A=\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}\). Pour \(n\ge1\), que vaut \(A^n\) ?

  1. \(\begin{pmatrix}2^n&n2^{n-1}\\0&2^n\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}2^n&n2^{n}\\0&2^n\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}2^n&2^{n-1}\\0&2^n\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}2^n&n\\0&2^n\end{pmatrix}\)

Réponse A.

On écrit \(A=2I+N\) avec \(N=E_{12}\), qui vérifie \(N^2=0\). Comme \(2I\) et \(N\) commutent, la formule du binôme s’applique et s’arrête au rang 1 : \(A^n=2^nI+n2^{n-1}N\). La réponse avec \(n2^n\) oublie que la puissance de \(2I\) baisse d’un cran devant \(N\). En outre, \(2^{n-1}\) seul perd le coefficient binomial \(n\), tandis que \(n\) seul ignore la puissance de 2.

Question 7

La matrice \(N\) vérifie \(N^3=0\). Quel est l’inverse de \(I-N\) ?

  1. \(I+N\)
  2. \(I+N+N^2\)
  3. \(I-N+N^2\)
  4. \(I-N^2\)

Réponse B.

On calcule \((I-N)(I+N+N^2)=I-N^3=I\), comme pour une somme géométrique. Par conséquent, \(I-N\) appartient à \(GL_n(\mathbb{K})\) et son inverse est \(I+N+N^2\). La réponse \(I+N\) conviendrait seulement si \(N^2=0\). Par ailleurs, \(I-N+N^2\) est l’inverse de \(I+N\), d’où une confusion de signe. Enfin, \(I-N^2\) provient d’une identité remarquable mal choisie.

Question 8

On prend \(A\in\mathcal{M}_{3,4}(\mathbb{R})\). Que peut-on dire du système homogène \(AX=0\), d’inconnue \(X\in\mathcal{M}_{4,1}(\mathbb{R})\) ?

  1. Il admet seulement la solution nulle
  2. Il admet toujours une solution non nulle
  3. Il peut n’admettre aucune solution
  4. Il admet une solution non nulle seulement si \(A=0\)

Réponse B.

Un système homogène admet toujours la solution nulle, donc il n’est jamais incompatible. De plus, l’algorithme du pivot fait apparaître au plus 3 pivots pour 4 inconnues. Il reste ainsi au moins une inconnue secondaire, que l’on peut choisir non nulle. Par conséquent, l’ensemble des solutions n’est jamais réduit à zéro. Croire à une solution unique revient à oublier qu’il y a plus d’inconnues que d’équations.

Question 9

Effectuer l’opération \(L_2\leftarrow L_2-3L_1\) sur une matrice \(A\) à trois lignes revient à :

  1. multiplier \(A\) à gauche par \(I_3-3E_{21}\)
  2. multiplier \(A\) à droite par \(I_3-3E_{21}\)
  3. multiplier \(A\) à gauche par \(I_3-3E_{12}\)
  4. multiplier \(A\) à gauche par \(I_3+3E_{21}\)

Réponse A.

Le produit \(E_{21}A\) place la ligne 1 de \(A\) en ligne 2 et met des zéros ailleurs. Donc \((I_3-3E_{21})A\) retranche trois fois la ligne 1 à la ligne 2. Les opérations sur les lignes se font à gauche, tandis que celles sur les colonnes se font à droite. Le piège \(E_{12}\) agirait au contraire sur la ligne 1. Enfin, le signe plus correspond à l’opération inverse.

Question 10

On résout par le pivot de Gauss le système \(\begin{cases}x+2y+z=4\\2x+5y+z=7\\x+3y+2z=7\end{cases}\). Quelle est sa solution \((x,y,z)\) ?

  1. \((0,2,1)\)
  2. \((2,1,0)\)
  3. \((0,1,2)\)
  4. \((1,1,1)\)

Réponse C.

Les opérations \(L_2\leftarrow L_2-2L_1\) et \(L_3\leftarrow L_3-L_1\) donnent \(y-z=-1\) et \(y+z=3\). Ainsi \(y=1\) et \(z=2\), puis \(x=4-2-2=0\). Le triplet \((0,2,1)\) échange \(y\) et \(z\) et ne vérifie pas la deuxième équation. De même, \((1,1,1)\) satisfait la première ligne seulement : il faut toujours tester toutes les équations.

Question 11

Quel est l’inverse de \(A=\begin{pmatrix}1&2\\3&7\end{pmatrix}\) ?

  1. \(\begin{pmatrix}7&-3\\-2&1\end{pmatrix}\)
  2. \(\begin{pmatrix}7&-2\\-3&1\end{pmatrix}\)
  3. \(\begin{pmatrix}1&-2\\-3&7\end{pmatrix}\)
  4. \(\begin{pmatrix}-7&2\\3&-1\end{pmatrix}\)

Réponse B.

Le pivot sur \((A\mid I_2)\) donne d’abord \(L_2\leftarrow L_2-3L_1\), puis \(L_1\leftarrow L_1-2L_2\). On obtient ainsi \(\begin{pmatrix}7&-2\\-3&1\end{pmatrix}\), et l’on vérifie que le produit avec \(A\) vaut \(I_2\). La version transposée place les coefficients hors diagonale au mauvais endroit. Par ailleurs, garder la diagonale de \(A\) sans l’échanger donne une matrice fausse, tout comme le signe global inversé.

Question 12

La matrice carrée \(A\) vérifie \(A^2-3A+2I=0\). Que peut-on en conclure ?

  1. \(A\) est inversible, d’inverse \(\frac12(3I-A)\)
  2. \(A\) est inversible, d’inverse \(\frac12(A-3I)\)
  3. \(A\) est inversible, d’inverse \(3I-A\)
  4. \(A\) n’est pas forcément inversible

Réponse A.

On isole le terme constant : \(A(3I-A)=3A-A^2=2I\). En divisant par 2, on obtient \(A\cdot\frac12(3I-A)=I\) ; comme les deux facteurs commutent, \(A\) est inversible. Le signe inversé vient d’une erreur en passant \(2I\) de l’autre côté. Ensuite, oublier la division par 2 donne \(3I-A\). Enfin, le terme constant non nul garantit l’inversibilité : douter de celle-ci est donc injustifié.

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