Corrigé des exercices : Polynômes et théorème de d’Alembert en L1 de maths

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Ce corrigé polynômes L1 rédige entièrement les vingt exercices. Chaque solution s’ouvre sur une idée clé, puis enchaîne les étapes comme dans une copie : théorème cité, hypothèses vérifiées, calculs intermédiaires écrits. Les divisions euclidiennes sont posées étape par étape, et chaque résultat final est contrôlé par une évaluation.

Trois réflexes reviennent tout au long des corrections. D’abord, on remplace une division difficile par la recherche des racines du diviseur. Ensuite, on regroupe les racines complexes avec leurs conjuguées pour factoriser dans les réels. Enfin, on calcule les sommes symétriques avec les coefficients, sans résoudre l’équation. Des figures montrent les racines dans le plan complexe et les courbes associées.

Pour démarrer

Corrigé de l’exercice 1 – Degré et coefficient dominant d’une différence de puissances

Idée clé : les termes en \(X^n\) se compensent, il faut donc regarder le terme suivant de chaque développement.

  1. Par la formule du binôme, \((X + 2)^n = X^n + 2n X^{n-1} + \dots\) et \((X – 2)^n = X^n – 2n X^{n-1} + \dots\). Les termes \(X^n\) disparaissent dans la différence. Le coefficient de \(X^{n-1}\) vaut \(2n – (-2n) = 4n\), qui est non nul. Ainsi \(\deg P_n = n – 1\) et son coefficient dominant vaut \(4n\).
  2. On calcule \(P_n(-X) = (2 – X)^n – (-X – 2)^n = (-1)^n (X – 2)^n – (-1)^n (X + 2)^n\). En factorisant, on obtient \(P_n(-X) = (-1)^{n+1} P_n\). Par exemple, \(P_n\) est pair lorsque \(n\) est impair.
  3. Le degré d’un produit est la somme des degrés : \(\deg\big((X^2 + 1) P_n\big) = 2 + (n – 1)\). De plus, les coefficients dominants se multiplient. Le produit est de degré \(n + 1\), de coefficient dominant \(4n\).

Corrigé de l’exercice 2 – Une division euclidienne posée

Idée clé : à chaque étape, on élimine le terme dominant du dividende courant, jusqu’à obtenir un reste de degré au plus \(1\).

  1. Premier terme du quotient : \(X^3\). On retire \(X^3 B = X^5 – 2X^4 + 2X^3\), et il reste \(2X^4 – 5X^3 + 2X + 1\).
  2. Terme suivant : \(2X^2\). On retire \(2X^4 – 4X^3 + 4X^2\), et il reste \(-X^3 – 4X^2 + 2X + 1\).
  3. Terme suivant : \(-X\). On retire \(-X^3 + 2X^2 – 2X\), et il reste \(-6X^2 + 4X + 1\).
  4. Terme suivant : \(-6\). On retire \(-6X^2 + 12X – 12\), et il reste \(-8X + 13\), de degré \(1 < 2\).
  5. On obtient \(Q = X^3 + 2X^2 – X – 6\) et \(R = -8X + 13\). Contrôle en \(1\) : \(A(1) = 1\), et \(B(1) Q(1) + R(1) = 1 \times (-4) + 5 = 1\). Contrôle en \(2\) : \(A(2) = 32 – 24 + 4 + 1 = 13\), et \(B(2) Q(2) + R(2) = 2 \times 8 – 3 = 13\).

Corrigé de l’exercice 3 – Restes obtenus sans division

Idée clé : en évaluant \(P = BQ + R\) aux racines de \(B\), le quotient disparaît.

  1. Le reste par \(X + 1\) est \(P(-1) = (-1)^{2026} – 1 + 1 = 1\). Le reste vaut \(1\).
  2. Le reste s’écrit \(R = \alpha X + \beta\). En \(1\), on obtient \(\alpha + \beta = P(1) = 3\). En \(-1\), on obtient \(-\alpha + \beta = P(-1) = 1\). Ainsi \(\beta = 2\) et \(\alpha = 1\). Le reste vaut \(X + 2\).
  3. Ici \(R = \alpha X + \beta\) avec \(\alpha, \beta\) réels, car \(P\) et \(X^2 + 1\) sont réels. Comme \(2026 = 4 \times 506 + 2\), on a \(i^{2026} = i^2 = -1\). Ainsi \(P(i) = -1 + i + 1 = i\). L’égalité \(\alpha i + \beta = i\) donne \(\alpha = 1\) et \(\beta = 0\). Le reste vaut \(X\). En effet, \(P – X = (X^2)^{1013} + 1\) est bien divisible par \(X^2 + 1\), puisque \(-1\) est racine de \(Y^{1013} + 1\).

Corrigé de l’exercice 4 – Une racine triple cachée

Idée clé : on compte les dérivées qui s’annulent en \(1\), en commençant par \(P\) lui-même.

  1. On calcule \(P(1) = 1 – 3 + 4 – 4 + 3 – 1 = 0\). Ensuite, \(P^{\prime} = 5X^4 – 12X^3 + 12X^2 – 8X + 3\), donc \(P^{\prime}(1) = 5 – 12 + 12 – 8 + 3 = 0\). De même, \(P^{\prime\prime} = 20X^3 – 36X^2 + 24X – 8\) donne \(P^{\prime\prime}(1) = 0\). Enfin, \(P^{(3)} = 60X^2 – 72X + 24\) donne \(P^{(3)}(1) = 12 \neq 0\). La racine \(1\) est triple. La courbe, très plate près de \(1\), le laissait deviner.
  2. On divise \(P\) par \((X – 1)^3 = X^3 – 3X^2 + 3X – 1\). Le premier terme \(X^2\) donne \(X^5 – 3X^4 + 3X^3 – X^2\). Il reste \(X^3 – 3X^2 + 3X – 1\), qui vaut exactement \((X – 1)^3\). Ainsi le quotient est \(X^2 + 1\), sans racine réelle. On obtient \(P = (X – 1)^3 (X^2 + 1)\) dans \(\mathbb{R}[X]\), et \(P = (X – 1)^3 (X – i)(X + i)\) dans \(\mathbb{C}[X]\).

Corrigé de l’exercice 5 – Factoriser X^6 – 64

Idée clé : les racines sont \(2\) fois les racines sixièmes de l’unité, et on regroupe chaque racine non réelle avec sa conjuguée.

  1. On cherche \(z\) tel que \(z^6 = 64 = 2^6\). Ainsi \((z/2)^6 = 1\), donc \(z_k = 2 e^{ik\pi/3}\) pour \(k \in \{0, \dots, 5\}\). Sous forme algébrique : \(z_0 = 2\), \(z_1 = 1 + i\sqrt{3}\), \(z_2 = -1 + i\sqrt{3}\), \(z_3 = -2\), \(z_4 = -1 – i\sqrt{3}\) et \(z_5 = 1 – i\sqrt{3}\).
  2. Le polynôme est unitaire, de degré \(6\), à six racines distinctes. Donc \(X^6 – 64 = \prod_{k=0}^{5} (X – z_k)\) dans \(\mathbb{C}[X]\).
  3. On a \(z_5 = \overline{z_1}\) et \(z_4 = \overline{z_2}\). La paire \(1 \pm i\sqrt{3}\) donne \(X^2 – 2X + 4\), puisque la partie réelle vaut \(1\) et le module au carré vaut \(4\). De même, la paire \(-1 \pm i\sqrt{3}\) donne \(X^2 + 2X + 4\). Ces deux trinômes ont un discriminant égal à \(-12\). Donc \(X^6 – 64 = (X – 2)(X + 2)(X^2 – 2X + 4)(X^2 + 2X + 4)\). Vérification : \((X^2 + 4)^2 – 4X^2 = X^4 + 4X^2 + 16\), puis \((X^2 – 4)(X^4 + 4X^2 + 16) = X^6 – 64\).

Corrigé de l’exercice 6 – Sommes symétriques des racines d’une cubique

Idée clé : pour un polynôme unitaire \(X^3 + pX^2 + qX + r\), on a \(\sigma_1 = -p\), \(\sigma_2 = q\) et \(\sigma_3 = -r\).

  1. Ici \(p = 4\), \(q = -7\) et \(r = 1\). Donc \(a + b + c = -4\), \(ab + ac + bc = -7\) et \(abc = -1\).
  2. D’abord, \(a^2 + b^2 + c^2 = \sigma_1^2 – 2\sigma_2 = 16 + 14 = 30\). Ensuite, \(abc \neq 0\), donc on réduit au même dénominateur : \(\frac{1}{a} + \frac{1}{b} + \frac{1}{c} = \frac{\sigma_2}{\sigma_3} = \frac{-7}{-1}\). On obtient \(30\) et \(7\).
  3. En développant, \((1 + a)(1 + b)(1 + c) = 1 + \sigma_1 + \sigma_2 + \sigma_3 = 1 – 4 – 7 – 1 = -11\). Par ailleurs, \(P = (X – a)(X – b)(X – c)\) donne \(P(-1) = -(1 + a)(1 + b)(1 + c)\). Or \(P(-1) = -1 + 4 + 7 + 1 = 11\). Les deux méthodes donnent \(-11\).

Corrigé de l’exercice 7 – Un polynôme fixé par trois valeurs

Idée clé : l’existence se règle par un petit système, et l’unicité par le nombre de racines d’une différence.

  1. Écrivons \(P = \alpha X^2 + \beta X + \gamma\). La condition \(P(0) = 1\) donne \(\gamma = 1\). Ensuite, \(P(1) = 2\) donne \(\alpha + \beta = 1\), et \(P(2) = 7\) donne \(4\alpha + 2\beta = 6\), soit \(2\alpha + \beta = 3\). Par différence, \(\alpha = 2\), puis \(\beta = -1\). Le polynôme \(P = 2X^2 – X + 1\) convient.
  2. Soit \(\tilde{P}\) une autre solution. La différence \(P – \tilde{P}\) est de degré au plus \(2\) et s’annule en \(0\), \(1\) et \(2\). Elle a trois racines, donc elle est nulle. La solution est unique.
  3. Un tel polynôme coïnciderait avec \(P\) en \(0\), \(1\) et \(2\), donc serait égal à \(P\). Or \(P(3) = 18 – 3 + 1 = 16\). Oui : c’est \(P\) lui-même, qui prend bien la valeur \(16\) en \(3\).

Pour s’entraîner

Corrigé de l’exercice 8 – Divisibilité par X^2 – X + 1

Idée clé : un diviseur à racines simples divise \(P_n\) exactement quand ses racines annulent \(P_n\).

  1. Le discriminant de \(X^2 – X + 1\) vaut \(-3\). Les racines sont donc \(\omega = \frac{1 + i\sqrt{3}}{2} = e^{i\pi/3}\) et \(\overline{\omega}\). Comme \(\omega^2 – \omega + 1 = 0\), on a directement \(\omega – 1 = \omega^2\). De plus, \(\omega^6 = e^{2i\pi} = 1\). Les deux relations sont vérifiées.
  2. Les racines \(\omega\) et \(\overline{\omega}\) sont distinctes. Ainsi \(X^2 – X + 1\) divise \(P_n\) si et seulement si \(P_n(\omega) = P_n(\overline{\omega}) = 0\). Or \(P_n\) est à coefficients réels, donc \(P_n(\overline{\omega}) = \overline{P_n(\omega)}\), et la seconde condition découle de la première. Enfin, \(P_n(\omega) = (\omega^2)^n – \omega^n + 1\). La divisibilité équivaut à \(\omega^{2n} – \omega^n + 1 = 0\).
  3. Posons \(u = \omega^n\). La condition s’écrit \(u^2 – u + 1 = 0\), c’est-à-dire \(u \in \{\omega, \overline{\omega}\}\). Comme \(\omega^6 = 1\), la valeur de \(\omega^n\) ne dépend que du reste de \(n\) modulo \(6\), et les six valeurs \(\omega^0, \dots, \omega^5\) sont distinctes. Or \(\omega^n = \omega\) équivaut à \(n \equiv 1 \ [6]\), et \(\omega^n = \overline{\omega} = \omega^5\) équivaut à \(n \equiv 5 \ [6]\). La divisibilité a lieu si et seulement si \(n \equiv 1\) ou \(n \equiv 5\) modulo \(6\). Pour \(n = 1\), d’ailleurs, \(P_1 = 0\).

Contrôlons sur un cas concret. Pour \(n = 2\), on trouve \(P_2 = X^2 – 2X + 1 – X^2 + 1 = -2X + 2\), qui n’est pas divisible par un polynôme de degré \(2\). C’est cohérent, car \(2\) n’est congru ni à \(1\) ni à \(5\) modulo \(6\). En revanche, pour \(n = 5\), le calcul donne \(P_5 = -5X^4 + 10X^3 – 10X^2 + 5X\). On factorise : \(P_5 = -5X(X^3 – 2X^2 + 2X – 1)\), puis \(X^3 – 2X^2 + 2X – 1 = (X – 1)(X^2 – X + 1)\). La divisibilité annoncée est donc bien visible.

Corrigé de l’exercice 9 – Deux paramètres pour deux racines

Idée clé : \(X^2 – 3X + 2 = (X – 1)(X – 2)\) a deux racines simples, d’où deux équations linéaires en \(a\) et \(b\).

  1. La divisibilité équivaut à \(P(1) = 0\) et \(P(2) = 0\). Cela donne \(1 + a + b = 0\) et \(16 + 4a + 2b = 0\), soit \(8 + 2a + b = 0\). En soustrayant la première équation, on obtient \(7 + a = 0\). Donc \(a = -7\) et \(b = 6\).
  2. On a \(P = X^4 – 7X^2 + 6X = X(X^3 – 7X + 6)\). Le facteur cubique s’annule en \(1\) et en \(2\). Sa troisième racine \(r\) vérifie \(1 + 2 + r = 0\), car la somme des racines vaut l’opposé du coefficient de \(X^2\), ici nul. Ainsi \(r = -3\), et l’on vérifie \(-27 + 21 + 6 = 0\). On obtient \(P = X(X – 1)(X – 2)(X + 3)\).
Courbe du polynôme X puissance 4 moins 7X carré plus 6X, qui coupe l'axe en moins 3, 0, 1 et 2

Corrigé de l’exercice 10 – Imposer une racine double

Idée clé : \(1\) est racine au moins double si et seulement si \(P(1) = 0\) et \(P^{\prime}(1) = 0\).

  1. On a \(P^{\prime} = 5X^4 + a\). Les conditions s’écrivent \(1 + a + b = 0\) et \(5 + a = 0\). Donc \(a = -5\) et \(b = 4\), soit \(P = X^5 – 5X + 4\).
  2. On calcule \(P^{\prime\prime} = 20X^3\), donc \(P^{\prime\prime}(1) = 20 \neq 0\). La racine \(1\) est exactement double.
  3. Divisons \(P\) par \(X^2 – 2X + 1\). Les termes successifs du quotient sont \(X^3\), \(2X^2\), \(3X\) et \(4\), et le reste est nul. On peut vérifier en développant :
    \[(X^2 – 2X + 1)(X^3 + 2X^2 + 3X + 4) = X^5 – 5X + 4.\]
    Le quotient est \(X^3 + 2X^2 + 3X + 4\), qui vaut \(10\) en \(1\). Il n’admet donc pas \(1\) pour racine, ce qui confirme la question 2.

Corrigé de l’exercice 11 – Un système symétrique à trois inconnues

Idée clé : le système ne fait intervenir que des fonctions symétriques, donc \(x, y, z\) sont les racines d’un polynôme de degré \(3\) que l’on sait écrire.

  1. On a \((x + y + z)^2 = x^2 + y^2 + z^2 + 2(xy + xz + yz)\). Ainsi \(4 = 6 + 2\sigma_2\), d’où \(\sigma_2 = -1\).
  2. Soit \((x, y, z)\) une solution. Alors \((X – x)(X – y)(X – z) = X^3 – \sigma_1 X^2 + \sigma_2 X – \sigma_3 = X^3 – 2X^2 – X + 2\). Ce polynôme se factorise : \(X^2(X – 2) – (X – 2) = (X – 2)(X – 1)(X + 1)\). Donc \(\{x, y, z\} = \{2, 1, -1\}\), comme ensemble avec multiplicités.
  3. Réciproquement, \(2 + 1 – 1 = 2\), \(4 + 1 + 1 = 6\) et \(2 \times 1 \times (-1) = -2\). Les solutions sont les six permutations de \((2, 1, -1)\).

Le point délicat est le passage du système au polynôme. En effet, on n’a pas résolu d’équation en \(x\) seul : on a reconnu dans les données les trois fonctions symétriques élémentaires. Par conséquent, l’ensemble \(\{x, y, z\}\) est imposé, mais l’ordre reste libre. C’est pourquoi le système admet six solutions et non une seule.

Corrigé de l’exercice 12 – Factoriser X^4 + 2X^2 + 9

Idée clé : on complète le carré pour faire apparaître \(A^2 – B^2\), puis on factorise.

  1. On a \((X^2 + 3)^2 = X^4 + 6X^2 + 9\). Donc \(X^4 + 2X^2 + 9 = (X^2 + 3)^2 – (2X)^2\).
  2. On en déduit \(X^4 + 2X^2 + 9 = (X^2 – 2X + 3)(X^2 + 2X + 3)\). Chaque facteur a pour discriminant \(4 – 12 = -8 < 0\). Ils sont donc irréductibles dans \(\mathbb{R}[X]\). C’est la factorisation réelle cherchée.
  3. Les racines de \(X^2 – 2X + 3\) sont \(1 \pm i\sqrt{2}\), celles de \(X^2 + 2X + 3\) sont \(-1 \pm i\sqrt{2}\). Dans \(\mathbb{C}[X]\), on obtient \((X – 1 – i\sqrt{2})(X – 1 + i\sqrt{2})(X + 1 – i\sqrt{2})(X + 1 + i\sqrt{2})\).

Corrigé de l’exercice 13 – PGCD par l’algorithme d’Euclide

Idée clé : on enchaîne les divisions jusqu’au reste nul ; le dernier reste non nul, rendu unitaire, est le PGCD.

  1. Divisons \(A\) par \(B\). Le premier terme du quotient est \(X\), puis \(-1\). On a \((X – 1)(X^4 – 1) = X^5 – X^4 – X + 1\), donc :
    \[A = (X – 1) B + 2(X^3 – X^2 + X – 1).\]
    Posons \(D = X^3 – X^2 + X – 1\). On divise ensuite \(B\) par \(D\) : \((X + 1) D = X^4 – 1\), avec un reste nul. Le dernier reste non nul est \(2D\). Donc \(A \wedge B = X^3 – X^2 + X – 1\).
  2. La première division donne \(2D = A – (X – 1) B\). En divisant par \(2\), on trouve \(U = \frac{1}{2}\) et \(V = \frac{1 – X}{2}\), qui vérifient \(AU + BV = D\).
  3. On a \(A = (X – 1)(X^4 + 2X^2 + 1) = (X – 1)(X^2 + 1)^2\), et \(B = (X – 1)(X + 1)(X^2 + 1)\). Les facteurs communs, avec le plus petit exposant, sont \(X – 1\) et \(X^2 + 1\). On retrouve \((X – 1)(X^2 + 1) = X^3 – X^2 + X – 1\).

Vérifions la relation de Bézout, car une erreur de signe y est fréquente. On calcule \(\frac{1}{2} A + \frac{1 – X}{2} B\). Or \((1 – X)(X^4 – 1) = -X^5 + X^4 + X – 1\). En ajoutant \(A\), on obtient \(2X^3 – 2X^2 + 2X – 2\), puis on divise par \(2\). Le résultat vaut bien \(D\). Notons enfin que \(U\) et \(V\) ne sont pas uniques : on peut ajouter \(B\) à \(U\) et retrancher \(A\) à \(V\) sans changer la somme.

Corrigé de l’exercice 14 – Racines multiples et PGCD avec la dérivée

Idée clé : une racine multiple de \(P\) est exactement une racine commune à \(P\) et \(P^{\prime}\).

  1. Supposons que \(a\) soit racine multiple de \(P\). Alors \(P(a) = P^{\prime}(a) = 0\), donc \(X – a\) divise \(P\) et \(P^{\prime}\). Ainsi \(P \wedge P^{\prime} \neq 1\). Réciproquement, supposons \(D = P \wedge P^{\prime}\) non constant. D’après le théorème de d’Alembert-Gauss, \(D\) a une racine \(a \in \mathbb{C}\). Comme \(D\) divise \(P\) et \(P^{\prime}\), on a \(P(a) = P^{\prime}(a) = 0\). Donc \(a\) est racine au moins double de \(P\).
  2. Ici \(P^{\prime} = 3X^2 – 3 = 3(X – 1)(X + 1)\). Une racine multiple est donc \(1\) ou \(-1\). D’une part, \(P(1) = a – 2\). D’autre part, \(P(-1) = -1 + 3 + a = a + 2\). Le polynôme a une racine multiple si et seulement si \(a = 2\) ou \(a = -2\).
  3. Pour \(a = 2\), la racine double \(1\) et la somme des racines nulle donnent une troisième racine égale à \(-2\). Ainsi \(X^3 – 3X + 2 = (X – 1)^2 (X + 2)\). Pour \(a = -2\), de même, \(X^3 – 3X – 2 = (X + 1)^2 (X – 2)\). On vérifie ces deux égalités en développant.

Par exemple, \((X – 1)^2 (X + 2) = (X^2 – 2X + 1)(X + 2) = X^3 – 3X + 2\). On peut aussi lire ce résultat graphiquement. La courbe de \(x \mapsto x^3 – 3x\) admet deux extremums locaux, en \(-1\) et en \(1\), de valeurs \(2\) et \(-2\). Ajouter la constante \(a\) translate la courbe verticalement. Une racine double apparaît exactement lorsque l’un de ces extremums touche l’axe des abscisses, c’est-à-dire pour \(a = -2\) ou \(a = 2\). Pour \(-2 < a < 2\), il y a trois racines réelles simples ; sinon, une seule racine réelle.

Corrigé de l’exercice 15 – Une équation fonctionnelle polynomiale

Idée clé : comparer les degrés des deux membres fixe le degré, puis l’identification des coefficients conclut.

  1. Soit \(P\) une solution non nulle, de degré \(n\). Le membre de gauche a pour degré \(2n\), celui de droite \(n + 2\). Ainsi \(2n = n + 2\). Donc \(n = 2\).
  2. Écrivons \(P = \alpha X^2 + \beta X + \gamma\). D’une part, \(P(X^2) = \alpha X^4 + \beta X^2 + \gamma\). D’autre part, \((X^2 + 1) P = \alpha X^4 + \beta X^3 + (\alpha + \gamma) X^2 + \beta X + \gamma\). L’identification donne \(\beta = 0\), puis \(\alpha + \gamma = \beta = 0\). Réciproquement, \(P = \alpha (X^2 – 1)\) vérifie \(P(X^2) = \alpha(X^4 – 1) = (X^2 + 1) P\). Les solutions sont les polynômes \(\alpha(X^2 – 1)\), avec \(\alpha \in \mathbb{R}\).

Corrigé de l’exercice 16 – Reste de X^n par (X – 1)^2

Idée clé : \(1\) est racine double du diviseur, donc on évalue en \(1\) l’égalité de division et sa dérivée.

  1. Le diviseur est de degré \(2\), donc \(R_n = \alpha X + \beta\). On écrit \(X^n = (X – 1)^2 Q + \alpha X + \beta\). En \(1\), on obtient \(1 = \alpha + \beta\). En dérivant, \(n X^{n-1} = 2(X – 1) Q + (X – 1)^2 Q^{\prime} + \alpha\). En \(1\), il reste \(n = \alpha\).
  2. Ainsi \(\alpha = n\), \(\beta = 1 – n\), et \(R_n = nX + 1 – n\).
  3. Le reste d’une combinaison est la combinaison des restes, par unicité. Ainsi le reste vaut \(R_{100} – 3R_{50} = (100X – 99) – 3(50X – 49)\). On obtient \(-50X + 48\). Contrôle : en \(1\), on trouve \(-2\), comme \(1 – 3\).

Pour approfondir

Corrigé de l’exercice 17 – Les racines huitièmes de l’unité

Idée clé : les huit racines sont régulièrement placées sur le cercle unité ; on les apparie avec leurs conjuguées.

  1. Les solutions de \(z^8 = 1\) sont \(z_k = e^{ik\pi/4}\) pour \(k \in \{0, \dots, 7\}\), soit \(\pm 1\), \(\pm i\) et \(\frac{\pm 1 \pm i}{\sqrt{2}}\).
  2. Les racines réelles \(1\) et \(-1\) donnent \(X – 1\) et \(X + 1\). La paire \(\pm i\) donne \(X^2 + 1\). La paire \(e^{\pm i\pi/4}\), de partie réelle \(\frac{\sqrt{2}}{2}\), donne \(X^2 – \sqrt{2} X + 1\). Enfin, la paire \(e^{\pm 3i\pi/4}\) donne \(X^2 + \sqrt{2} X + 1\). Les trois trinômes ont un discriminant négatif. Ainsi \(X^8 – 1 = (X – 1)(X + 1)(X^2 + 1)(X^2 – \sqrt{2}X + 1)(X^2 + \sqrt{2}X + 1)\).
  3. Le coefficient de \(X^7\) est nul, donc la somme des racines vaut \(0\). Le produit vaut \((-1)^8 \times \frac{-1}{1}\). La somme vaut \(0\) et le produit vaut \(-1\).
  4. On a \((X^2 + 1)^2 – 2X^2 = X^4 + 1\). Ensuite, \((X^2 – 1)(X^2 + 1)(X^4 + 1) = (X^4 – 1)(X^4 + 1) = X^8 – 1\). La factorisation est vérifiée.

La figure résume la démarche. Chaque segment vertical relie une racine à sa conjuguée et correspond à un facteur réel de degré \(2\). Les deux points situés sur l’axe réel donnent, quant à eux, les facteurs de degré \(1\). On compte ainsi \(2 + 3 \times 2 = 8\) racines, ce qui contrôle le degré total. Par ailleurs, le groupement \(X^4 + 1 = (X^2 – \sqrt{2}X + 1)(X^2 + \sqrt{2}X + 1)\) montre de nouveau qu’un polynôme réel sans racine réelle peut se factoriser.

Les huit racines huitièmes de l'unité sur le cercle, réunies en paires conjuguées selon les facteurs réels

Corrigé de l’exercice 18 – PGCD de X^a – 1 et X^b – 1

Idée clé : l’algorithme d’Euclide sur ces polynômes reproduit exactement celui des exposants.

  1. On a \(X^{18} – 1 = X^6 (X^{12} – 1) + (X^6 – 1)\). Ensuite, \(X^{12} – 1 = (X^6 + 1)(X^6 – 1)\), avec un reste nul. Donc \((X^{18} – 1) \wedge (X^{12} – 1) = X^6 – 1\), et \(6 = 18 \wedge 12\).
  2. Posons \(Y = X^b\). L’identité \(Y^q – 1 = (Y – 1)(1 + Y + \dots + Y^{q-1})\) montre que \(X^b – 1\) divise \(X^{bq} – 1\). Ensuite :
    \[X^a – 1 = X^r (X^{bq} – 1) + (X^r – 1).\]
    Le premier terme est un multiple de \(X^b – 1\), et \(\deg(X^r – 1) < b\), car \(r < b\). Par unicité, le reste est \(X^r – 1\), nul lorsque \(r = 0\).
  3. D’après le cours, \((X^a – 1) \wedge (X^b – 1) = (X^b – 1) \wedge (X^r – 1)\). Les couples d’exposants suivent donc les étapes de l’algorithme d’Euclide pour \((a, b)\). Celui-ci s’arrête sur \((d, 0)\), avec \(d = a \wedge b\), et le dernier reste non nul est \(X^d – 1\), unitaire. Ainsi \((X^a – 1) \wedge (X^b – 1) = X^{a \wedge b} – 1\).

Corrigé de l’exercice 19 – Sommes de puissances des racines

Idée clé : chaque racine vérifie \(z^3 = z + 1\), ce qui donne une relation de récurrence entre les sommes.

  1. On a \(\sigma_1 = 0\), \(\sigma_2 = -1\) et \(\sigma_3 = 1\). Ainsi \(S_0 = 3\), \(S_1 = 0\) et \(S_2 = \sigma_1^2 – 2\sigma_2 = 2\). Donc \(S_0 = 3\), \(S_1 = 0\), \(S_2 = 2\).
  2. Pour chaque racine \(z\), on a \(z^3 = z + 1\), donc \(z^{k+3} = z^{k+1} + z^k\). En sommant sur les trois racines, \(S_{k+3} = S_{k+1} + S_k\).
  3. On obtient \(S_3 = S_1 + S_0 = 3\), \(S_4 = S_2 + S_1 = 2\) et \(S_5 = S_3 + S_2 = 5\). Vérification : en sommant \(z^3 = z + 1\), on a \(S_3 = S_1 + 3 = 3\), ce que confirme aussi \(S_3 = \sigma_1^3 – 3\sigma_1\sigma_2 + 3\sigma_3 = 3abc = 3\). Donc \(S_3 = 3\), \(S_4 = 2\), \(S_5 = 5\).
  4. Comme \(abc = 1 \neq 0\), on a \(\frac{1}{a} + \frac{1}{b} + \frac{1}{c} = \frac{\sigma_2}{\sigma_3}\). Cette somme vaut \(-1\).

Cette méthode évite tout calcul de racine. En effet, \(X^3 – X – 1\) possède une seule racine réelle, voisine de \(1{,}32\), et deux racines complexes conjuguées sans expression simple. Pourtant, toutes les sommes \(S_k\) sont des entiers, calculés de proche en proche. On obtient par exemple \(S_6 = S_4 + S_3 = 5\) et \(S_7 = S_5 + S_4 = 7\). Ce phénomène est général : pour un polynôme unitaire à coefficients entiers, les sommes de puissances des racines restent entières.

Corrigé de l’exercice 20 – Problème : racines rationnelles et irréductibilité

Idée clé : après multiplication par \(q^n\), l’équation devient une égalité entre entiers, et l’arithmétique de \(\mathbb{Z}\) limite les candidats.

  1. On a \(\sum_{k=0}^{n} a_k p^k q^{n-k} = 0\). Tous les termes sauf \(a_0 q^n\) contiennent \(p\), donc \(p\) divise \(a_0 q^n\). Or \(p \wedge q = 1\), donc \(p \wedge q^n = 1\). Par le lemme de Gauss, on obtient \(p \mid a_0\). Symétriquement, \(q\) apparaît en facteur partout, excepté dans \(a_n p^n\), et \(q \wedge p^n = 1\). Ainsi \(p \mid a_0\) et \(q \mid a_n\).
  2. Ici \(a_0 = 2\) et \(a_3 = 2\). Les candidats sont \(\pm 1\), \(\pm 2\) et \(\pm \frac{1}{2}\). On trouve \(P(2) = 16 – 12 – 6 + 2 = 0\), \(P(-1) = -2 – 3 + 3 + 2 = 0\) et \(P(\frac{1}{2}) = \frac{1}{4} – \frac{3}{4} – \frac{3}{2} + 2 = 0\). Donc \(2X^3 – 3X^2 – 3X + 2 = (X – 2)(X + 1)(2X – 1)\).
  3. Pour \(Q\), les seuls candidats sont \(\pm 1\). Or \(Q(1) = -1\) et \(Q(-1) = 3\). Le polynôme \(Q\) n’a aucune racine rationnelle.
  4. Supposons \(Q = AB\) avec \(A, B\) non constants à coefficients rationnels. Les degrés valent \(1\) et \(2\). Le facteur de degré \(1\), de la forme \(\alpha X + \beta\), fournit la racine rationnelle \(-\beta/\alpha\), ce qui contredit la question 3. Une telle factorisation est impossible.
  5. On a \(Q(-2) = -1\), \(Q(0) = 1\), \(Q(1) = -1\) et \(Q(2) = 3\). La fonction \(Q\) est continue et change de signe sur \(]-2, 0[\), \(]0, 1[\) et \(]1, 2[\). Le théorème des valeurs intermédiaires donne une racine dans chacun. Comme \(\deg Q = 3\), il n’y en a pas d’autre. Les trois racines sont réelles et irrationnelles, d’après la question 3.
  6. Ici \(\sigma_1 = 0\) et \(\sigma_2 = -3\). La somme des carrés vaut \(0 – 2 \times (-3) = 6\).

La courbe confirme les changements de signe aux points \(-2\), \(0\), \(1\) et \(2\). Remarquons aussi le contraste entre les deux applications. Le premier polynôme a toutes ses racines rationnelles, et le critère les trouve en quelques essais. Le second a trois racines réelles, mais aucune n’est rationnelle ; le même critère prouve alors l’irréductibilité sur \(\mathbb{Q}\) sans calcul lourd. En revanche, \(Q\) se factorise dans \(\mathbb{R}[X]\) en trois facteurs de degré \(1\) : l’irréductibilité dépend donc du corps de référence.

Courbe de X cube moins 3X plus 1 avec ses changements de signe et ses trois racines réelles irrationnelles

Pour aller plus loin

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