Calculs d’intégrales et sommes de Riemann : corrigé du contrôle de maths en L1

Calculs d'intégrales et sommes de Riemann – Corrigé du contrôle en Licence 1 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L1 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L1 PDF à imprimer Voir le livre ›


Voici le corrigé du contrôle de maths en L1 sur le thème « calculs d’intégrales et sommes de Riemann », question par question.

Cette correction rédige chaque calcul comme une copie de licence complète. Toute intégration par parties précise les fonctions dérivées et intégrées, et tout changement de variable indique sa nouvelle borne et sa classe. Pour les suites, la fonction et le segment de la somme de Riemann sont donnés explicitement.

Une figure reprend les rectangles inférieurs et supérieurs sous une fonction décroissante, ce qui rend l’encadrement évident avant toute rédaction. Ensuite, la fonction à bornes variables est dérivée grâce au théorème fondamental. Enfin, le problème est résolu par encadrements successifs. Comparez votre copie au barème, car il sépare la méthode du résultat.

L’énoncé complet se trouve ici : Calculs d’intégrales et sommes de Riemann : contrôle de maths en L1.

Barème du contrôle corrigé : calculs d’intégrales et sommes de Riemann

Exercice Points
1. Intégrations par parties 4 points
2. Trois changements de variable 4 points
3. Sommes de Riemann et rectangles 4 points
4. Une intégrale à bornes variables 3 points
5. Problème : une suite d’intégrales et le logarithme de 3/2 5 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : calculs d’intégrales et sommes de Riemann

Exercice 1 – Intégrations par parties (4 points)

  1. Posons \(u(x) = \ln x\) et \(v(x) = \frac{2}{3}x^{3/2}\). Ces deux fonctions sont de classe \(C^1\) sur \([1\,;\,\mathrm{e}]\), avec \(u^{\prime}(x) = \frac{1}{x}\) et \(v^{\prime}(x) = \sqrt{x}\). L’intégration par parties donne alors :

    \[I = \left[\frac{2}{3}x^{3/2}\ln x\right]_1^{\mathrm{e}} – \frac{2}{3}\int_1^{\mathrm{e}} x^{1/2}\,\mathrm{d}x = \frac{2}{3}\mathrm{e}^{3/2} – \frac{4}{9}\left(\mathrm{e}^{3/2} – 1\right).\]

    En regroupant, on obtient \(I = \dfrac{2\,\mathrm{e}^{3/2} + 4}{9}\).

  2. D’abord, avec \(u(x) = x^2\) et \(v(x) = -\cos x\), toutes deux de classe \(C^1\) sur \([0\,;\,\pi]\), on obtient \(J = \left[-x^2\cos x\right]_0^{\pi} + 2\displaystyle\int_0^{\pi} x\cos x\,\mathrm{d}x\). Le crochet vaut \(\pi^2\).

    Ensuite, avec \(u(x) = x\) et \(v(x) = \sin x\), il vient \(\displaystyle\int_0^{\pi} x\cos x\,\mathrm{d}x = \left[x\sin x\right]_0^{\pi} – \int_0^{\pi}\sin x\,\mathrm{d}x = 0 – 2 = -2\). Par conséquent, \(J = \pi^2 – 4\).

  3. On écrit \(\arctan x = 1 \times \arctan x\), puis on intègre le facteur \(1\). Les fonctions \(x \mapsto x\) et \(\arctan\) sont de classe \(C^1\) sur \([0\,;\,1]\). Ainsi :

    \[K = \left[x\arctan x\right]_0^1 – \int_0^1 \frac{x}{1 + x^2}\,\mathrm{d}x = \frac{\pi}{4} – \left[\frac{1}{2}\ln\left(1 + x^2\right)\right]_0^1.\]

    On conclut donc que \(K = \dfrac{\pi}{4} – \dfrac{\ln 2}{2}\).

Piège classique : dans la deuxième intégration par parties, oublier le facteur \(2\) obtenu lors de la première. Notez chaque étape sur une ligne séparée.

Barème : a) 1,5 point (choix et classe 0,5, calcul 0,5, résultat 0,5) ; b) 1,5 point (0,75 par intégration par parties) ; c) 1 point.

Exercice 2 – Trois changements de variable (4 points)

  1. L’application \(u \mapsto u^2 – 1\) est de classe \(C^1\) sur \([1\,;\,2]\), à valeurs dans \([0\,;\,3]\). On pose donc \(x = u^2 – 1\), d’où \(\mathrm{d}x = 2u\,\mathrm{d}u\) et \(\sqrt{x + 1} = u\). Les bornes \(0\) et \(3\) deviennent \(1\) et \(2\). Il vient :

    \[\int_0^{3} \frac{x}{\sqrt{x + 1}}\,\mathrm{d}x = \int_1^{2} \frac{u^2 – 1}{u}\,2u\,\mathrm{d}u = 2\left[\frac{u^3}{3} – u\right]_1^{2} = 2\left(\frac{2}{3} + \frac{2}{3}\right).\]

    La valeur cherchée est donc \(\dfrac{8}{3}\).

  2. La fonction \(\ln\) est de classe \(C^1\) sur \([1\,;\,\mathrm{e}]\), et \(\mathrm{d}u = \frac{\mathrm{d}x}{x}\). Les bornes deviennent \(0\) et \(1\). Ainsi l’intégrale vaut \(\displaystyle\int_0^1 u^2\,\mathrm{d}u\), soit \(\dfrac{1}{3}\).

  3. L’application \(t \mapsto \frac{\pi}{2} – t\) est de classe \(C^1\), et \(\mathrm{d}x = -\mathrm{d}t\). Quand \(x\) va de \(0\) à \(\frac{\pi}{2}\), la variable \(t\) va de \(\frac{\pi}{2}\) à \(0\). De plus, \(\sin\left(\frac{\pi}{2} – t\right) = \cos t\). On obtient alors :

    \[\int_0^{\pi/2} \sin^2 x\,\mathrm{d}x = \int_{\pi/2}^{0} \cos^2 t\,(-\mathrm{d}t) = \int_0^{\pi/2} \cos^2 t\,\mathrm{d}t.\]

    Notons \(A\) cette valeur commune. Comme \(\sin^2 + \cos^2 = 1\), la somme des deux intégrales vaut \(\frac{\pi}{2}\), donc \(2A = \frac{\pi}{2}\). Finalement, \(A = \dfrac{\pi}{4}\).

Piège classique : garder les anciennes bornes après le changement de variable. Les bornes se transforment en même temps que l’élément différentiel.

Barème : a) 1,5 point (changement justifié 0,5, bornes 0,25, calcul 0,75) ; b) 1 point ; c) 1,5 point (égalité 1, valeur commune 0,5).

Exercice 3 – Sommes de Riemann et rectangles (4 points)

  1. Théorème. Si \(g\) est continue sur \([0\,;\,1]\), alors \(\dfrac{1}{n}\displaystyle\sum_{k=1}^{n} g\!\left(\frac{k}{n}\right)\) tend vers \(\displaystyle\int_0^1 g(x)\,\mathrm{d}x\) quand \(n \to +\infty\). Le résultat reste vrai avec la somme de \(k = 0\) à \(n – 1\).

  2. La fonction \(g : x \mapsto \sqrt{1 + 3x}\) est continue sur \([0\,;\,1]\), et \(a_n\) est exactement sa somme de Riemann à droite. Par conséquent :

    \[a_n \to \int_0^1 \sqrt{1 + 3x}\,\mathrm{d}x = \left[\frac{2}{9}(1 + 3x)^{3/2}\right]_0^1 = \frac{2}{9}(8 – 1).\]

    La limite vaut donc \(\dfrac{14}{9}\).

  3. On factorise par \(\frac{1}{n}\) : chaque terme s’écrit \(\frac{n}{(n + k)^2} = \frac{1}{n} \times \frac{1}{(1 + k/n)^2}\). Ainsi \(b_n\) est la somme de Riemann de \(h : x \mapsto \frac{1}{(1 + x)^2}\), continue sur \([0\,;\,1]\). Il en découle que \(b_n \to \left[-\frac{1}{1 + x}\right]_0^1 = -\frac{1}{2} + 1\), soit \(b_n \to \dfrac{1}{2}\).

  4. La fonction \(f\) est décroissante sur \([0\,;\,1]\). Pour \(1 \leq k \leq n\) et \(x \in \left[\frac{k-1}{n}\,;\,\frac{k}{n}\right]\), on a donc \(f\!\left(\frac{k}{n}\right) \leq f(x) \leq f\!\left(\frac{k-1}{n}\right)\). En intégrant sur cet intervalle de longueur \(\frac{1}{n}\), puis en sommant grâce à la relation de Chasles :

    \[S_n \leq L \leq \frac{1}{n}\sum_{k=0}^{n-1} f\!\left(\frac{k}{n}\right) = S_n + \frac{f(0) – f(1)}{n}.\]

    Sur la figure, les rectangles bleus sont sous la courbe, tandis que les rectangles orange la dépassent. Les surplus orange, empilés, forment une colonne de largeur \(\frac{1}{n}\) et de hauteur \(f(0) – f(1) = \frac{1}{2}\). On obtient ainsi \(0 \leq L – S_n \leq \dfrac{1}{2n}\), avec \(L = \ln 2\).

    Enfin, \(\frac{1}{2n} \leq 10^{-2}\) équivaut à \(n \geq 50\). Le choix \(n = 50\) garantit donc la précision demandée.

Six rectangles bleus sous la courbe de 1 sur 1 plus x et, au-dessus, les surplus orange des rectangles à gauche qui encadrent l'aire

Piège classique : appliquer le théorème sans avoir fait apparaître le facteur \(\frac{1}{n}\) et une expression en \(\frac{k}{n}\) seulement.

Barème : a) 0,5 point ; b) 1 point (reconnaissance 0,5, calcul 0,5) ; c) 1 point ; d) 1,5 point (encadrement sur un intervalle 0,5, sommation 0,5, majoration et choix de n 0,5).

Exercice 4 – Une intégrale à bornes variables (3 points)

  1. La fonction \(\varphi\) est continue sur \(\mathbb{R}\), car \(1 + t^4 > 0\). D’après le théorème fondamental de l’analyse, elle admet une primitive \(\Phi\) de classe \(C^1\). On écrit alors \(H(x) = \Phi(3x) – \Phi(x)\), donc \(H\) est de classe \(C^1\) comme composée et différence de telles fonctions. Ainsi :

    \[H^{\prime}(x) = 3\,\varphi(3x) – \varphi(x) = \frac{3}{\sqrt{1 + 81x^4}} – \frac{1}{\sqrt{1 + x^4}}.\]

  2. Soit \(x\) réel. Dans \(H(-x) = \displaystyle\int_{-x}^{-3x}\varphi(t)\,\mathrm{d}t\), posons \(t = -u\). Comme \(\varphi\) est paire, il vient \(H(-x) = -\displaystyle\int_{x}^{3x}\varphi(u)\,\mathrm{d}u\). Donc \(H(-x) = -H(x)\) : la fonction \(H\) est impaire.

  3. Soit \(x > 0\). Pour \(t \in [x\,;\,3x]\), on a \(t > 0\) et \(1 + t^4 \geq t^4\), donc \(0 < \varphi(t) \leq \frac{1}{t^2}\). Les bornes sont dans l’ordre croissant, si bien que la positivité de l’intégrale donne :

    \[0 \leq H(x) \leq \int_x^{3x}\frac{\mathrm{d}t}{t^2} = \frac{1}{x} – \frac{1}{3x} = \frac{2}{3x}.\]

    D’après le théorème des gendarmes, \(H(x) \to 0\) en \(+\infty\). Enfin, par imparité, \(H(x) \to 0\) aussi en \(-\infty\).

Barème : a) 1,5 point (continuité et primitive 0,5, classe 0,25, dérivée 0,75) ; b) 0,5 point ; c) 1 point (majoration 0,5, deux limites 0,5).

Exercice 5 – Problème : une suite d’intégrales et le logarithme de 3/2 (5 points)

  1. Une primitive de \(x \mapsto \frac{1}{2 + x}\) sur \([0\,;\,1]\) est \(x \mapsto \ln(2 + x)\). Donc \(J_0 = \ln 3 – \ln 2\), soit \(J_0 = \lambda\).

  2. Par linéarité de l’intégrale, \(J_{n+1} + 2J_n = \displaystyle\int_0^1 \frac{x^n(x + 2)}{2 + x}\,\mathrm{d}x = \int_0^1 x^n\,\mathrm{d}x\). On obtient bien \(J_{n+1} + 2J_n = \dfrac{1}{n + 1}\).

  3. Pour \(x \in [0\,;\,1]\), on a \(x^{n+1} \leq x^n\), et \(2 + x > 0\). La positivité de l’intégrale donne donc \(J_{n+1} \leq J_n\) : la suite \((J_n)\) est décroissante.

    De plus, \(\frac{1}{3} \leq \frac{1}{2 + x} \leq \frac{1}{2}\) sur \([0\,;\,1]\). On multiplie par \(x^n \geq 0\), puis on intègre. Comme \(\int_0^1 x^n\,\mathrm{d}x = \frac{1}{n + 1}\), il vient \(\dfrac{1}{3(n + 1)} \leq J_n \leq \dfrac{1}{2(n + 1)}\).

  4. Soit \(n \geq 1\). La relation b) au rang \(n – 1\) s’écrit \(J_n + 2J_{n-1} = \frac{1}{n}\). Or \(J_n \leq J_{n-1}\), donc \(3J_n \leq J_n + 2J_{n-1} = \frac{1}{n}\). On en déduit \(J_n \leq \dfrac{1}{3n}\).

    Avec la minoration de c), on obtient alors \(\frac{n}{3(n + 1)} \leq nJ_n \leq \frac{1}{3}\). Le minorant tend vers \(\frac{1}{3}\). Le théorème des gendarmes donne donc \(nJ_n \to \dfrac{1}{3}\).

  5. Initialisation. La relation b) pour \(n = 0\) donne \(J_1 = 1 – 2\lambda\). Par ailleurs, \(\sigma_1 = \frac{1}{2}\) et \((-2)(\lambda – \frac{1}{2}) = 1 – 2\lambda\). La formule est donc vraie au rang \(1\).

    Hérédité. Supposons \(J_n = (-2)^n(\lambda – \sigma_n)\) pour un certain \(n \geq 1\). La relation b) donne \(J_{n+1} = \frac{1}{n + 1} – 2J_n = (-2)^{n+1}(\lambda – \sigma_n) + \frac{1}{n + 1}\). D’autre part, \(\sigma_{n+1} = \sigma_n + \frac{(-1)^n}{(n + 1)\,2^{n+1}}\), donc :

    \[(-2)^{n+1}(\lambda – \sigma_{n+1}) = (-2)^{n+1}(\lambda – \sigma_n) – \frac{(-1)^{n+1}(-1)^n}{n + 1} = (-2)^{n+1}(\lambda – \sigma_n) + \frac{1}{n + 1}.\]

    Les deux expressions coïncident. Par récurrence, \(J_n = (-2)^n(\lambda – \sigma_n)\) pour tout \(n \geq 1\).

  6. D’après e), on a \(|\lambda – \sigma_n| = \frac{J_n}{2^n}\). Grâce à la majoration de c), il vient \(|\lambda – \sigma_n| \leq \frac{1}{2^{n+1}(n + 1)}\), qui tend vers \(0\). Ainsi \(\sigma_n \to \lambda = \ln\frac{3}{2}\).

Piège classique : écrire la limite de \(nJ_n\) en passant à la limite dans la relation b) sans avoir prouvé que cette limite existe. L’encadrement de la question d) règle ce point.

Barème : a) 0,5 point ; b) 0,75 point ; c) 1 point (monotonie 0,5, encadrement 0,5) ; d) 1,25 point (majoration 0,75, limite 0,5) ; e) 1 point (initialisation 0,25, hérédité 0,75) ; f) 0,5 point.

À retenir de ce contrôle

  • Une intégration par parties exige deux fonctions de classe C1 sur le segment ; on l’itère quand un polynôme multiplie un sinus ou un cosinus.
  • Dans un changement de variable, on transforme l’élément différentiel et les bornes ; on ne revient jamais à l’ancienne variable à la fin.
  • Pour reconnaître une somme de Riemann, on factorise par 1/n et l’on écrit chaque terme comme f(k/n) avec f continue sur [0 ; 1].
  • Si f est décroissante, les rectangles à droite sont sous la courbe et ceux à gauche au-dessus ; l’écart total vaut (f(0) – f(1))/n.
  • Pour f continue et u, v dérivables, l’intégrale de f entre u(x) et v(x) a pour dérivée v'(x) f(v(x)) – u'(x) f(u(x)).

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