Examen de topologie du semestre 5 : corrigé du contrôle de maths en L3
Voici le corrigé du contrôle de maths en L3 sur le thème « examen de topologie du semestre 5 », question par question.
Cette correction suit le sujet question par question et se lit comme une copie d’examen très soignée. Chaque hypothèse est vérifiée avant l’usage d’un théorème, et les résultats invoqués sont nommés : Bolzano-Weierstrass, Heine, Ascoli ou encore le théorème du point fixe de Banach. Les longues réponses sont découpées en étapes titrées, afin que vous repériez vite le passage qui vous a bloqué. Reprenez d’abord les deux preuves de cours, puis comparez votre calcul de norme d’opérateur au nôtre : la majoration seule ne suffit pas. Dans le problème, une figure montre aussi les premiers itérés de Picard autour de la solution exacte. Chaque exercice se termine enfin par un barème détaillé et, si besoin, par le piège qui coûte le plus de points.
L’énoncé complet se trouve ici : Examen de topologie du semestre 5 : contrôle de maths en L3.
Barème du contrôle corrigé : examen de topologie du semestre 5
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Deux démonstrations de cours | 3 points |
| 2. Une distance tordue par un cube | 3,5 points |
| 3. Une forme linéaire à poids affine | 3,5 points |
| 4. Hyperbole, projection et connexité | 3 points |
| 5. Problème : l’espace des fonctions lipschitziennes | 7 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : examen de topologie du semestre 5
Exercice 1 – Deux démonstrations de cours (3 points)
-
Le compact est fermé
Soit \((x_n)\) une suite de \(K\) qui converge vers un point \(x\) de \(X\). Par compacité, elle admet une sous-suite \((x_{\sigma(n)})\) qui converge vers un point \(y \in K\). Or cette sous-suite converge aussi vers \(x\), et la limite est unique dans un espace métrique. Donc \(x = y \in K\) et, par la caractérisation séquentielle, \(K\) est fermé.
Le compact est borné
Supposons au contraire \(K\) non borné et fixons \(a \in K\). Pour tout entier \(n\), il existe alors \(x_n \in K\) tel que \(d(a, x_n) \geq n\). Une sous-suite \((x_{\sigma(n)})\) converge vers un point \(y\) de \(K\) ; par l’inégalité triangulaire, \(d(a, x_{\sigma(n)}) \leq d(a, y) + d(y, x_{\sigma(n)})\), qui est bornée. Pourtant \(d(a, x_{\sigma(n)}) \geq \sigma(n) \geq n\) : c’est absurde. Ainsi \(K\) est borné.
-
Négation de la continuité uniforme
Raisonnons par l’absurde. Si \(f\) n’est pas uniformément continue, il existe \(\varepsilon > 0\) tel que, pour tout \(n \geq 1\), on trouve \(x_n, y_n \in K\) avec \(d(x_n, y_n) < \frac{1}{n}\) et \(\delta(f(x_n), f(y_n)) \geq \varepsilon\).
Extraction et passage à la limite
Puisque \(K\) est compact, une sous-suite \((x_{\sigma(n)})\) converge vers un point \(a \in K\). De plus, \(d(y_{\sigma(n)}, a) \leq d(y_{\sigma(n)}, x_{\sigma(n)}) + d(x_{\sigma(n)}, a)\), donc \((y_{\sigma(n)})\) converge aussi vers \(a\). Comme \(f\) est continue en \(a\), les deux suites images tendent vers \(f(a)\), si bien que \(\delta(f(x_{\sigma(n)}), f(y_{\sigma(n)})) \to 0\). Cela contredit la minoration par \(\varepsilon\). Par conséquent, \(f\) est uniformément continue sur \(K\).
- Chaque \(u_n\) est continue et vérifie \(\|u_n\|_\infty = 1\) : la suite est dans la boule unité fermée. Supposons qu’une sous-suite \((u_{\sigma(n)})\) converge uniformément vers \(u \in C([0, 1])\). Elle converge alors simplement, donc \(u(x) = \lim x^{\sigma(n)} = 0\) pour \(0 \leq x < 1\) et \(u(1) = 1\). Or cette fonction n’est pas continue en \(1\), ce qui est absurde. La boule unité fermée de \((C([0, 1]), \|\cdot\|_\infty)\) est donc fermée, bornée, mais non compacte, conformément au théorème de Riesz.
Piège classique : extraire séparément dans \((x_n)\) puis dans \((y_n)\) avec deux extractions différentes ; il faut une seule extraction, puis montrer que l’autre suite suit.
Exercice 2 – Une distance tordue par un cube (3,5 points)
- La fonction \(\varphi\) est dérivable et \(\varphi^{\prime}(x) = 3x^2 + 1 > 0\), donc elle est strictement croissante, en particulier injective. Alors \(d(x, y) \geq 0\), \(d(x, y) = d(y, x)\), et \(d(x, y) = 0\) équivaut à \(\varphi(x) = \varphi(y)\), c’est-à-dire à \(x = y\). Enfin, l’inégalité triangulaire de la valeur absolue donne \(d(x, z) \leq |\varphi(x) – \varphi(y)| + |\varphi(y) – \varphi(z)| = d(x, y) + d(y, z)\). Donc \(d\) est une distance sur \(\mathbb{R}\).
- On factorise : \(\varphi(x) – \varphi(y) = (x – y)(x^2 + xy + y^2 + 1)\). Or \(x^2 + xy + y^2 = \left(x + \frac{y}{2}\right)^2 + \frac{3y^2}{4} \geq 0\), d’où \(x^2 + xy + y^2 + 1 \geq 1\). Ainsi \(d(x, y) \geq |x – y|\), ce qui signifie exactement que l’identité de \((\mathbb{R}, d)\) dans \((\mathbb{R}, |\cdot|)\) est 1-lipschitzienne.
- Pour \(x \neq 0\), on a \(\frac{d(x, 0)}{|x – 0|} = x^2 + 1\), quantité non majorée quand \(x\) tend vers \(+\infty\). Une telle constante \(C\) ne peut donc pas exister. Les distances \(d\) et \(|\cdot|\) ne sont pas équivalentes (au sens de Lipschitz).
- Montrons que l’identité \(\mathrm{id} : (\mathbb{R}, |\cdot|) \to (\mathbb{R}, d)\) est continue. Si \(x_n \to x\) pour la distance usuelle, la continuité de \(\varphi\) donne \(d(x_n, x) = |\varphi(x_n) – \varphi(x)| \to 0\). Dans l’autre sens, l’identité est lipschitzienne d’après la question 2, donc continue. L’identité est alors un homéomorphisme entre les deux espaces. Par conséquent, un ensemble est ouvert pour \(d\) si et seulement s’il est ouvert pour la distance usuelle : les distances sont topologiquement équivalentes.
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Lecture des deux boules
On a \(B_d(0, r) = \{x : |\varphi(x)| < r\}\) car \(\varphi(0) = 0\). Comme \(\varphi\) est strictement croissante, impaire, avec \(\varphi(1) = 2\) et \(\varphi(2) = 10\), on obtient \(B_d(0, 2) = \left]-1, 1\right[\) et \(B_d(0, 10) = \left]-2, 2\right[\), ce que confirment les pointillés de la figure.
Complétude via la fonction cubique
Soit \((x_n)\) une suite de Cauchy pour \(d\). Par définition de \(d\), la suite réelle \((\varphi(x_n))\) est de Cauchy dans \(\mathbb{R}\), qui est complet : elle converge vers un réel \(\ell\). De plus, \(\varphi\) est continue, strictement croissante et tend vers \(\pm\infty\) en \(\pm\infty\) ; par le théorème des valeurs intermédiaires, elle est surjective, d’où un réel \(a\) tel que \(\varphi(a) = \ell\). Alors \(d(x_n, a) = |\varphi(x_n) – \ell| \to 0\). Donc \((\mathbb{R}, d)\) est complet.
Piège classique : conclure de « même topologie » que les distances sont équivalentes, ou oublier la surjectivité de \(\varphi\) dans la preuve de complétude.
Exercice 3 – Une forme linéaire à poids affine (3,5 points)
- La linéarité de \(L\) découle de celle de l’intégrale. Pour \(f \in E\), on majore : \(|L(f)| \leq \displaystyle\int_0^1 |1 – 2t|\, |f(t)|\, \mathrm{d}t \leq \|f\|_\infty \int_0^1 |1 – 2t|\, \mathrm{d}t\). Par symétrie autour de \(\frac{1}{2}\), \(\displaystyle\int_0^1 |1 – 2t|\, \mathrm{d}t = 2\int_0^{1/2} (1 – 2t)\, \mathrm{d}t = 2\left(\frac{1}{2} – \frac{1}{4}\right) = \frac{1}{2}\). Une forme linéaire bornée sur la boule unité est continue. Donc \(L\) est continue et \(\|L\| \leq \frac{1}{2}\).
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Les deux paliers
Posons \(a = \frac{1}{2} – \frac{1}{n}\), qui est positif car \(n \geq 2\). Sur le premier palier, \(\displaystyle\int_0^a (1 – 2t)\, \mathrm{d}t = a – a^2 = a(1 – a) = \left(\frac{1}{2} – \frac{1}{n}\right)\left(\frac{1}{2} + \frac{1}{n}\right) = \frac{1}{4} – \frac{1}{n^2}\). Par symétrie, le palier où \(f_n = -1\) apporte la même contribution \(\frac{1}{4} – \frac{1}{n^2}\).
La rampe centrale
Sur l’intervalle central, posons \(s = t – \frac{1}{2}\) : on a \(1 – 2t = -2s\) et \(f_n(t) = -ns\), donc le produit vaut \(2ns^2\). Ainsi \(\displaystyle\int_{-1/n}^{1/n} 2ns^2\, \mathrm{d}s = 2n \times \frac{2}{3n^3} = \frac{4}{3n^2}\).
Bilan et norme exacte
En sommant, \(L(f_n) = \frac{1}{2} – \frac{2}{n^2} + \frac{4}{3n^2}\), soit \(L(f_n) = \frac{1}{2} – \frac{2}{3n^2}\). Pour \(n = 2\), on retrouve d’ailleurs \(\displaystyle\int_0^1 (1 – 2t)^2\, \mathrm{d}t = \frac{1}{3}\). Comme \(\|f_n\|_\infty = 1\), on a \(\|L\| \geq L(f_n)\) pour tout \(n\), puis \(\|L\| \geq \frac{1}{2}\) en faisant tendre \(n\) vers l’infini. Avec la question 1, \(\|L\| = \frac{1}{2}\).
- Soit \(f \in E\) avec \(\|f\|_\infty \leq 1\) et \(L(f) = \frac{1}{2}\). Alors \(\displaystyle\int_0^1 \left(|1 – 2t| – (1 – 2t)f(t)\right) \mathrm{d}t = \frac{1}{2} – \frac{1}{2} = 0\). L’intégrande est continue et positive, car \((1 – 2t)f(t) \leq |1 – 2t|\,|f(t)| \leq |1 – 2t|\). Une fonction continue positive d’intégrale nulle est nulle, donc \((1 – 2t)f(t) = |1 – 2t|\) partout. Ainsi \(f(t) = 1\) pour \(t < \frac{1}{2}\) et \(f(t) = -1\) pour \(t > \frac{1}{2}\), ce qui interdit la continuité en \(\frac{1}{2}\). Aucune fonction de la boule unité ne réalise \(L(f) = \|L\|\) : la norme n’est pas atteinte.
Exercice 4 – Hyperbole, projection et connexité (3 points)
- L’application \(q(x, y) = xy\) est continue sur \(\mathbb{R}^2\), et \(H = q^{-1}(\{1\})\) est l’image réciproque d’un fermé : \(H\) est fermée. En outre, les points \(\left(n, \frac{1}{n}\right)\) appartiennent à \(H\) et leur norme dépasse \(n\). Donc \(H\) n’est pas bornée.
- Supposons \(H\) connexe. La projection \(p\) est continue, donc \(p(H)\) est une partie connexe de \(\mathbb{R}\), c’est-à-dire un intervalle. Or \(p(1, 1) = 1\) et \(p(-1, -1) = -1\), alors cet intervalle contiendrait \(0\). Pourtant aucun point de \(H\) n’a une abscisse nulle, puisque \(0 \times y = 0 \neq 1\). C’est une contradiction : \(H\) n’est pas connexe.
- Pour tout \(x \neq 0\), le point \(\left(x, \frac{1}{x}\right)\) est dans \(H\), donc \(p(H) = \mathbb{R}^*\). La suite \(\left(\frac{1}{n}\right)\) de \(\mathbb{R}^*\) converge vers \(0 \notin \mathbb{R}^*\) : \(p(H)\) n’est pas fermé. Par ailleurs, \(p\) est continue et l’image continue d’un compact est compacte, donc fermée. On retrouve ainsi que \(H\) n’est pas compacte.
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Chaque morceau est connexe par arcs
La droite \(D\) est convexe, donc connexe par arcs. La branche \(H_+\) est l’image de l’intervalle \(\left]0, +\infty\right[\) par l’application continue \(x \mapsto \left(x, \frac{1}{x}\right)\) : elle est connexe par arcs. De même pour \(H_-\), image de \(\left]-\infty, 0\right[\).
Recollement par la droite
D’une part \(H_+ \cap D = \{A\}\) avec \(A(1 ; 1)\), d’autre part \(H_- \cap D = \{B\}\) avec \(B(-1 ; -1)\). Deux points de \(H \cup D\) se joignent donc par un chemin qui rejoint \(D\) en \(A\) ou en \(B\), puis parcourt \(D\). Par conséquent, \(H \cup D\) est connexe par arcs, alors que \(H\) seule ne l’est pas.
Exercice 5 – Problème : l’espace des fonctions lipschitziennes (7 points)
Partie A – Une norme plus fine que la norme uniforme
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Un sous-espace stable
Toute fonction lipschitzienne est continue et la fonction nulle est lipschitzienne. Pour \(f, g \in \mathrm{Lip}\), des réels \(\alpha, \beta\) et \(0 \leq x < y \leq 1\), l’inégalité triangulaire donne \(|(\alpha f + \beta g)(y) – (\alpha f + \beta g)(x)| \leq \left(|\alpha|\lambda(f) + |\beta|\lambda(g)\right)(y – x)\). Ainsi \(\alpha f + \beta g \in \mathrm{Lip}\) et \(\lambda(\alpha f + \beta g) \leq |\alpha|\lambda(f) + |\beta|\lambda(g)\). Donc \(\mathrm{Lip}\) est un sous-espace vectoriel de \(C([0, 1])\).
Les trois axiomes de norme
L’inégalité précédente donne aussitôt l’inégalité triangulaire pour \(N\), et l’on vérifie de même \(\lambda(\alpha f) = |\alpha|\lambda(f)\), donc \(N(\alpha f) = |\alpha| N(f)\). Enfin, si \(N(f) = 0\), alors \(f(0) = 0\) et \(\lambda(f) = 0\) ; la fonction \(f\) est donc constante, égale à \(f(0) = 0\). Ainsi \(N\) est une norme sur \(\mathrm{Lip}\).
- Pour \(x \in [0, 1]\), on écrit \(|f(x)| \leq |f(0)| + |f(x) – f(0)| \leq |f(0)| + \lambda(f)\, x \leq |f(0)| + \lambda(f)\). En passant à la borne supérieure, \(\|f\|_\infty \leq N(f)\).
- On a \(\|g_n\|_\infty = 1\) et \(g_n(0) = 0\). Par l’inégalité des accroissements finis, \(\lambda(g_n) \leq \sup |g_n^{\prime}| = n\) ; inversement, \(\frac{1 – x^n}{1 – x} = 1 + x + \ldots + x^{n-1}\) tend vers \(n\) quand \(x \to 1\), donc \(\lambda(g_n) = n\). Ainsi \(N(g_n) = n\) tandis que \(\|g_n\|_\infty = 1\). Aucune constante \(C\) ne vérifie \(N \leq C\,\|\cdot\|_\infty\) : les deux normes ne sont pas équivalentes.
Complétude de l’espace (partie B)
- D’après A2, \(\|f_n – f_m\|_\infty \leq N(f_n – f_m)\), donc \((f_n)\) est de Cauchy pour la norme uniforme. Or \((C([0, 1]), \|\cdot\|_\infty)\) est complet. La suite converge donc uniformément vers une fonction continue \(f\).
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Une inégalité qui passe à la limite
Fixons \(\varepsilon > 0\) et un rang \(n_0\) tel que \(N(f_n – f_m) \leq \varepsilon\) pour \(n, m \geq n_0\). Pour \(n, m \geq n_0\) et \(0 \leq x < y \leq 1\), on a donc :
\[|(f_n – f_m)(0)| + \frac{|(f_n – f_m)(y) – (f_n – f_m)(x)|}{y – x} \leq \varepsilon.\]
À \(n\), \(x\) et \(y\) fixés, on fait tendre \(m\) vers l’infini ; la convergence simple de \(f_m\) vers \(f\) donne alors la même inégalité avec \(f\) à la place de \(f_m\).
Conclusion de la complétude
En passant à la borne supérieure sur \(x < y\), on obtient que \(f_n – f\) est lipschitzienne et que \(N(f_n – f) \leq \varepsilon\) pour tout \(n \geq n_0\). Par conséquent, \(f = f_n – (f_n – f)\) appartient à \(\mathrm{Lip}\), puis \(N(f_n – f) \to 0\). L’espace \((\mathrm{Lip}, N)\) est donc un espace de Banach.
Partie C – Une boule compacte pour une norme, pas pour l’autre
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Les hypothèses d’Ascoli
Le théorème d’Ascoli affirme qu’une partie de \(C([0, 1])\) est relativement compacte pour \(\|\cdot\|_\infty\) dès qu’elle est équicontinue et ponctuellement bornée. D’abord, toute \(f \in \mathcal{B}\) vérifie \(|f(y) – f(x)| \leq |y – x|\) : la famille est équicontinue (on prend \(\eta = \varepsilon\) pour toutes les fonctions). Ensuite, \(|f(x)| = |f(x) – f(0)| \leq x \leq 1\), donc elle est ponctuellement bornée.
Une partie fermée
Si \(f_n \in \mathcal{B}\) converge uniformément vers \(f\), alors \(f(0) = \lim f_n(0) = 0\) et \(|f(y) – f(x)| = \lim |f_n(y) – f_n(x)| \leq |y – x|\). Ainsi \(f \in \mathcal{B}\), qui est fermée. Fermée et relativement compacte, \(\mathcal{B}\) est compacte dans \((C([0, 1]), \|\cdot\|_\infty)\).
- On a \(h_n(0) = 0\) et, comme pour \(g_n\), \(\lambda(h_n) = \frac{n}{n} = 1\) : donc \(h_n \in \mathcal{B}\). Supposons qu’une sous-suite \((h_{\sigma(n)})\) converge pour \(N\) vers \(\psi\). D’après A2, elle converge aussi uniformément vers \(\psi\) ; or \(\|h_n\|_\infty = \frac{1}{n} \to 0\), donc \(\psi = 0\). Pourtant \(N(h_{\sigma(n)} – 0) = 1\) ne tend pas vers \(0\). Aucune sous-suite ne converge : \(\mathcal{B}\) n’est pas compacte dans \((\mathrm{Lip}, N)\).
Point fixe d’un opérateur intégral (partie D)
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Image lipschitzienne et contraction
Pour \(f \in C([0, 1])\) et \(0 \leq x < y \leq 1\), on a \(|T(f)(y) – T(f)(x)| \leq (y – x) + \frac{1}{2}\displaystyle\int_x^y |f(t)|\, \mathrm{d}t \leq \left(1 + \frac{\|f\|_\infty}{2}\right)(y – x)\). Ainsi \(T(f) \in \mathrm{Lip}\). De plus, pour \(f, g\) continues, \(|T(f)(x) – T(g)(x)| \leq \frac{1}{2}\displaystyle\int_0^x |f – g| \leq \frac{x}{2}\|f – g\|_\infty\), d’où \(\|T(f) – T(g)\|_\infty \leq \frac{1}{2}\|f – g\|_\infty\).
Application du théorème de Banach
L’espace \((C([0, 1]), \|\cdot\|_\infty)\) est complet et \(T\) y est contractante de rapport \(\frac{1}{2}\). Le théorème du point fixe de Banach fournit donc un unique point fixe \(h\). Enfin \(h = T(h)\) est une image par \(T\), donc \(h\) est lipschitzienne.
- Comme \(h\) est continue, \(x \mapsto \displaystyle\int_0^x h\) est de classe \(C^1\), donc \(h = T(h)\) l’est aussi. En dérivant, \(h^{\prime} = 1 + \frac{h}{2}\) avec \(h(0) = 0\). Les solutions sont \(x \mapsto -2 + c\,\mathrm{e}^{x/2}\), et la condition initiale impose \(c = 2\). Ainsi \(h(x) = 2\left(\mathrm{e}^{x/2} – 1\right)\). On vérifie que \(h^{\prime}(x) = \mathrm{e}^{x/2} = 1 + \frac{h(x)}{2}\).
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Les premiers itérés
D’abord \(f_1(x) = T(0)(x) = x\), puis \(f_2(x) = x + \frac{1}{2}\displaystyle\int_0^x t\, \mathrm{d}t\), soit \(f_2(x) = x + \frac{x^2}{4}\). La figure montre ces itérés qui se rapprochent de \(h\).
Combien d’itérations suffisent
Le théorème du point fixe donne l’estimation \(\|f_k – h\|_\infty \leq \frac{(1/2)^k}{1 – 1/2}\|f_1 – f_0\|_\infty = 2^{1-k}\). Il suffit donc que \(2^{k-1} \geq 1000\). Or \(2^{10} = 1024\) et \(2^9 = 512\), alors la condition équivaut à \(k – 1 \geq 10\). Dès \(k = 11\), on a \(\|f_k – h\|_\infty \leq 10^{-3}\).
Piège classique : en partie B, affirmer directement que \(N(f_n – f) \to 0\) sans passer à la limite en \(m\) dans une inégalité valable pour tous \(x < y\).
À retenir de ce contrôle
- Dans un espace métrique, une partie compacte est fermée et bornée, mais la réciproque est fausse en dimension infinie, par exemple dans la boule unité de C([0, 1]).
- Si φ est un homéomorphisme de R, la formule |φ(x) − φ(y)| définit une distance ayant les mêmes ouverts que la distance usuelle, sans lui être forcément équivalente.
- Pour calculer une norme d’opérateur, on prouve une majoration puis on construit une suite de vecteurs unitaires dont les images approchent la borne.
- Une réunion de parties connexes par arcs qui rencontrent toutes une même partie connexe par arcs est encore connexe par arcs.
- Une contraction de rapport k sur un espace complet a un unique point fixe, et l’itéré n est à distance au plus k^n/(1 − k) fois le premier écart.
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Consolider examen de topologie du semestre 5 après ce corrigé
Pour ne plus perdre de points sur ce thème, relisez le cours distances, topologie métrique et continuité puis suites de cauchy, espaces complets et point fixe puis espaces de banach et opérateurs linéaires continus puis borel-lebesgue, compacité séquentielle et connexité ; entraînez-vous sur les exercices distances, topologie métrique et continuité et suites de cauchy, espaces complets et point fixe et espaces de banach et opérateurs linéaires continus et borel-lebesgue, compacité séquentielle et connexité.
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