QCM : Dénombrement et conditionnement en maths sup (MPSI)

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Ce QCM conditionnement MPSI réunit les deux moitiés du chapitre : compter, puis calculer des probabilités. La première partie porte sur le cardinal d’une union, les injections, les anagrammes avec lettres répétées et les tirages de cartes. Elle se termine par deux doubles comptages, l’un sur une somme de coefficients binomiaux, l’autre sur des couples de parties emboîtées. La seconde partie traite de l’équiprobabilité, des probabilités conditionnelles, de la formule des probabilités totales, de la formule de Bayes et de l’écart entre indépendance par paires et indépendance mutuelle.

Réponds d’abord sans le cours, en précisant à chaque fois l’univers choisi et si l’ordre compte. Lis ensuite les explications. Elles refont le calcul et nomment l’erreur visée : liste comptée à la place d’une combinaison, conditionnement inversé ou événements incompatibles pris pour des événements indépendants.

Les 12 questions

Question 1

Parmi les entiers compris entre \(1\) et \(60\), combien sont multiples d’au moins un des nombres \(3\), \(4\) et \(5\) ?

  1. \(47\)
  2. \(36\)
  3. \(35\)
  4. \(24\)

Réponse B.

On applique la formule du crible. Les multiples de \(3\), \(4\) et \(5\) sont respectivement \(20\), \(15\) et \(12\). Ceux de \(12\), \(15\) et \(20\) sont \(5\), \(4\) et \(3\), et il y a un seul multiple de \(60\). Ainsi \(47-12+1=36\). La réponse \(47\) additionne sans retirer les doublons. La réponse \(35\) oublie de rajouter le terme triple. Enfin, \(24\) compte le complémentaire.

Question 2

On veut associer à \(4\) élèves des casiers distincts choisis parmi \(6\) casiers numérotés. De combien de façons ?

  1. \(1296\)
  2. \(15\)
  3. \(360\)
  4. \(4096\)

Réponse C.

Le premier élément a \(6\) images possibles, le deuxième \(5\), puis \(4\) et \(3\). On obtient donc \(6\times5\times4\times3=360\) arrangements. La réponse \(1296=6^4\) compte toutes les applications, sans exiger des images distinctes. La réponse \(15\) compte les parties à \(4\) éléments, donc elle oublie l’ordre. Enfin, \(4^6\) inverse le rôle des deux ensembles.

Question 3

En permutant les lettres de PARALLELE, combien de mots différents, ayant un sens ou non, obtient-on ?

  1. \(15120\)
  2. \(362880\)
  3. \(30240\)
  4. \(60480\)

Réponse A.

Le mot compte \(9\) lettres : deux A, trois L, deux E, un P et un R. On divise \(9!\) par les permutations internes des lettres répétées, soit \(2!\times3!\times2!=24\). On obtient ainsi \(\frac{362880}{24}=15120\). La réponse \(9!\) traite les lettres comme distinctes. Par ailleurs, \(30240\) ne tient compte que des L et des A. Enfin, \(60480\) divise seulement par \(3!\).

Question 4

On tire simultanément \(5\) cartes d’un jeu de \(32\) cartes contenant \(4\) as. Combien de mains contiennent exactement deux as ?

  1. \(\binom{4}{2}\binom{30}{3}=24360\)
  2. \(\binom{4}{2}\binom{28}{3}=19656\)
  3. \(4\times3\times\binom{28}{3}=39312\)
  4. \(\binom{4}{2}+\binom{28}{3}=3282\)

Réponse B.

Une main est une partie à \(5\) éléments. On choisit les deux as parmi \(4\), puis on complète avec trois cartes prises dans les \(28\) restantes, toutes différentes d’un as. Le principe multiplicatif donne \(6\times3276\). La version avec \(30\) cartes peut reprendre des as, donc elle déborde sur les mains à trois ou quatre as. Le facteur \(4\times3\) ordonne les as. Enfin, additionner les deux choix ignore le principe multiplicatif.

Question 5

Une urne contient \(4\) boules rouges et \(3\) vertes. On en tire deux simultanément. Quelle est la probabilité qu’elles soient de la même couleur ?

  1. \(\frac{25}{49}\)
  2. \(\frac{1}{2}\)
  3. \(\frac{2}{7}\)
  4. \(\frac{3}{7}\)

Réponse D.

L’univers est formé des \(\binom{7}{2}=21\) paires, toutes équiprobables. Les paires unicolores sont au nombre de \(\binom{4}{2}+\binom{3}{2}=6+3=9\). La probabilité vaut donc \(\frac{9}{21}=\frac{3}{7}\). La réponse \(\frac{25}{49}\) modélise un tirage avec remise. La réponse \(\frac{1}{2}\) suppose à tort que « même couleur » et « couleurs différentes » sont équiprobables. Enfin, \(\frac{2}{7}\) ne compte que les paires rouges.

Question 6

Pour \(n\ge1\), que vaut \(\sum_{k}k\binom{n}{k}\), la somme portant sur \(0\le k\le n\) ?

  1. \(2^{n}\)
  2. \(n\,2^{n-1}\)
  3. \(n\,2^{n}\)
  4. \((n+1)\,2^{n-1}\)

Réponse B.

On compte de deux façons les équipes munies d’un capitaine, prises parmi \(n\) personnes. D’abord, on choisit une équipe de taille \(k\), puis son capitaine : cela donne la somme. Ensuite, on choisit le capitaine parmi \(n\), puis le reste de l’équipe parmi \(n-1\) personnes, d’où \(n\,2^{n-1}\). La réponse \(2^n\) oublie le facteur \(k\). Quant à \(n\,2^n\), elle laisse le capitaine dans le choix du reste.

Question 7

Pour un ensemble \(E\) de cardinal \(n\), on dénombre les couples \((A,B)\) où \(A\) et \(B\) sont des parties de \(E\) vérifiant \(A\subset B\). Leur nombre vaut :

  1. \(4^n\)
  2. \(2^n\)
  3. \(3^n\)
  4. \(\binom{2n}{n}\)

Réponse C.

Se donner un tel couple revient à placer chaque élément dans l’une de trois cases : dans \(A\), dans \(B\) sans être dans \(A\), ou hors de \(B\). Ces choix sont indépendants, d’où \(3^n\) couples. On retrouve ce nombre en sommant \(\binom{n}{k}2^k\) selon le cardinal \(k\) de \(B\). La réponse \(4^n\) compte tous les couples, sans la contrainte d’inclusion. La réponse \(2^n\) compte seulement les parties \(B\).

Question 8

Soit \(A\) et \(B\) deux événements incompatibles, de probabilités non nulles. Que peut-on dire de leur indépendance ?

  1. Ils sont toujours indépendants
  2. Ils sont indépendants si \(P(A)+P(B)=1\)
  3. Ils sont indépendants si \(A\cup B=\Omega\)
  4. Ils ne sont jamais indépendants

Réponse D.

Comme \(A\cap B=\emptyset\), on a \(P(A\cap B)=0\). En revanche, \(P(A)P(B)\) est strictement positif. L’égalité qui définit l’indépendance est donc impossible. Intuitivement, savoir que \(A\) est réalisé apprend que \(B\) ne l’est pas. Confondre « incompatibles » et « indépendants » est l’erreur visée par la réponse « toujours ». Enfin, les conditions sur \(A\cup B\) ou sur \(P(A)+P(B)\) ne changent rien au produit non nul.

Question 9

On lance deux dés équilibrés. Sachant que le produit des résultats est pair, quelle est la probabilité que leur somme soit paire ?

  1. \(\frac{1}{2}\)
  2. \(\frac{1}{4}\)
  3. \(\frac{1}{3}\)
  4. \(\frac{3}{4}\)

Réponse C.

Le produit est impair seulement si les deux dés sont impairs, ce qui arrive dans \(9\) cas sur \(36\). Le produit est donc pair dans \(27\) cas. Par ailleurs, une somme paire avec un produit pair impose deux résultats pairs, soit \(9\) cas. Ainsi la probabilité conditionnelle vaut \(\frac{9}{27}\). La réponse \(\frac{1}{4}\) oublie de conditionner. La réponse \(\frac{3}{4}\) donne la probabilité de la condition elle-même.

Question 10

On choisit l’urne \(U_1\) avec probabilité \(\frac{1}{3}\) et l’urne \(U_2\) sinon. \(U_1\) contient \(2\) boules blanches et \(3\) noires, \(U_2\) contient \(4\) blanches et \(1\) noire. Avec quelle probabilité obtient-on du blanc ?

  1. \(\frac{2}{3}\)
  2. \(\frac{3}{5}\)
  3. \(\frac{8}{15}\)
  4. \(\frac{2}{15}\)

Réponse A.

Les événements « on choisit \(U_1\) » et « on choisit \(U_2\) » recouvrent toutes les issues sans se chevaucher. Par conséquent, on somme selon l’urne : \(\frac{1}{3}\times\frac{2}{5}+\frac{2}{3}\times\frac{4}{5}=\frac{10}{15}\). La réponse \(\frac{3}{5}\) fait la moyenne simple des deux proportions, comme si les urnes étaient équiprobables. Par ailleurs, \(\frac{8}{15}\) et \(\frac{2}{15}\) ne gardent chacune qu’un des deux termes de la somme.

Question 11

Avec les mêmes urnes, le tirage a donné du blanc. Quelle est alors la probabilité que l’urne choisie ait été \(U_1\) ?

  1. \(\frac{2}{5}\)
  2. \(\frac{1}{3}\)
  3. \(\frac{2}{15}\)
  4. \(\frac{1}{5}\)

Réponse D.

La formule de Bayes inverse le conditionnement : \(P(U_1\mid B)=\frac{P(U_1)P(B\mid U_1)}{P(B)}\). On obtient donc \(\frac{2/15}{2/3}=\frac{1}{5}\). La réponse \(\frac{2}{5}\) donne la probabilité de tirer une blanche sachant \(U_1\), c’est-à-dire le conditionnement dans le mauvais sens. La réponse \(\frac{1}{3}\) ignore l’information apportée par le tirage. Enfin, \(\frac{2}{15}\) est la probabilité de l’intersection.

Question 12

Un dé tétraédrique équilibré porte les faces \(1\) à \(4\). On note \(A=\{1,2\}\), \(B=\{1,3\}\) et \(C=\{1,4\}\). Que dire de ces trois événements ?

  1. Indépendants deux à deux, mais pas mutuellement
  2. Mutuellement indépendants
  3. Non indépendants deux à deux, car ils partagent la face \(1\)
  4. \(A\) et \(B\) indépendants, mais pas \(A\) et \(C\)

Réponse A.

Chaque événement a pour probabilité \(\frac{1}{2}\). De plus, deux quelconques d’entre eux ne se rencontrent qu’en la face \(1\), de probabilité \(\frac{1}{4}\) : l’indépendance deux à deux est donc vérifiée. Cependant, l’intersection des trois vaut aussi \(\frac{1}{4}\), et non \(\frac{1}{8}\). Ainsi l’indépendance mutuelle échoue. Croire qu’une face commune empêche l’indépendance confond intersection non vide et dépendance : seul le calcul des probabilités tranche.

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