Espérance et loi des grands nombres : corrigé du contrôle de maths en terminale
Voici le corrigé du contrôle de maths en terminale sur le thème « espérance et loi des grands nombres », question par question.
Cette correction suit l’ordre des cinq exercices. Elle détaille d’abord les calculs d’espérance et de variance avec la formule de König-Huygens, puis elle montre comment passer d’une variable à une somme ou à une moyenne d’échantillon.
Pour chaque inégalité, la rédaction précise la valeur de l’écart choisi et l’événement contraire utilisé. De plus, deux droites graduées illustrent les intervalles centrés obtenus. Compare ensuite ta copie au barème de chaque exercice, puis lis les pièges signalés. En effet, les erreurs les plus fréquentes viennent d’un écart mal centré ou d’une variance multipliée par \(n\) au lieu d’être divisée.
L’énoncé complet se trouve ici : Espérance et loi des grands nombres : contrôle de maths en terminale.
Barème du contrôle corrigé : espérance et loi des grands nombres
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Le ticket à gratter de l’association | 4 points |
| 2. Bus et tram pour aller au lycée | 3 points |
| 3. Des paquets de café sous contrôle | 4 points |
| 4. Les bulbes de tulipes | 4 points |
| 5. Le stand de chamboule-tout | 5 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : espérance et loi des grands nombres
Exercice 1 – Le ticket à gratter de l’association (4 points)
- Toutes les probabilités lues sont positives, et leur somme vaut \(0{,}7 + 0{,}2 + 0{,}08 + 0{,}02 = 1\). Le diagramme définit donc bien une loi de probabilité.
- \(E(X) = -2 \times 0{,}7 + 0 \times 0{,}2 + 5 \times 0{,}08 + 20 \times 0{,}02\)
\(E(X) = -1{,}4 + 0 + 0{,}4 + 0{,}4 = -0{,}6\).
Ainsi \(E(X) = -0{,}6\) : sur un grand nombre de tickets, un joueur perd en moyenne 60 centimes par ticket. - On calcule d’abord \(E(X^2) = 4 \times 0{,}7 + 0 \times 0{,}2 + 25 \times 0{,}08 + 400 \times 0{,}02\).
\(E(X^2) = 2{,}8 + 0 + 2 + 8 = 12{,}8\).
Puis, d’après la formule de König-Huygens, \(V(X) = E(X^2) – E(X)^2 = 12{,}8 – 0{,}36 = 12{,}44\).
Donc \(V(X) = 12{,}44\) et \(\sigma(X) = \sqrt{12{,}44} \approx 3{,}53\) €. - Pour un ticket, le gain de l’association est \(-X\), car elle encaisse le prix et paie le lot. Le bénéfice total \(B\) est donc l’opposé de la somme des gains \(X_1\), \(X_2\), …, \(X_{500}\) des joueurs, où chaque \(X_i\) suit la loi de \(X\).
Par linéarité de l’espérance : \(E(B) = -500 \times E(X) = -500 \times (-0{,}6) = 300\).
L’association peut espérer un bénéfice de 300 €.
Piège classique : oublier d’élever l’espérance au carré dans König-Huygens. En effet, on retire \((-0{,}6)^2 = 0{,}36\), et non \(-0{,}6\).
Exercice 2 – Bus et tram pour aller au lycée (3 points)
- Par linéarité de l’espérance, \(E(T) = E(T_1) + E(T_2) = 18 + 12 = 30\). La durée totale moyenne est de 30 minutes.
- Comme \(T_1\) et \(T_2\) sont indépendantes, la variance de leur somme est la somme des variances : \(V(T) = 9 + 4 = 13\). Donc \(V(T) = 13\) et \(\sigma(T) = \sqrt{13} \approx 3{,}61\) minutes.
- D’une part, par linéarité, \(E(S) = 5 \times 30 = 150\). D’autre part, les cinq durées sont indépendantes, donc \(V(S) = 5 \times 13 = 65\). Ainsi \(E(S) = 150\) minutes et \(V(S) = 65\).
- On a \(E(M) = \frac{1}{5}E(S) = \frac{150}{5} = 30\) et \(V(M) = \frac{1}{5^2}V(S) = \frac{65}{25} = 2{,}6\). Donc \(E(M) = 30\) minutes et \(V(M) = 2{,}6\).
Piège classique : additionner les écarts types, soit \(3 + 2 = 5\). Pourtant, ce sont les variances qui s’additionnent, et seulement pour des variables indépendantes.
Exercice 3 – Des paquets de café sous contrôle (4 points)
- L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev donne, pour \(\delta = 10\) :
\(P(|Z – 250| \geq 10) \leq \frac{V(Z)}{10^2} = \frac{16}{100}\).
Donc \(P(|Z – 250| \geq 10) \leq 0{,}16\). - L’événement « \(240 < Z < 260\) » s’écrit aussi \(|Z – 250| < 10\) ; c’est donc le contraire de \(|Z – 250| \geq 10\). Alors \(P(240 < Z < 260) = 1 – P(|Z – 250| \geq 10) \geq 1 – 0{,}16\). Par conséquent, \(P(240 < Z < 260) \geq 0{,}84\).
- L’inégalité donne \(P(|Z – 250| \geq \delta) \leq \frac{16}{\delta^2}\). Il suffit donc que \(\frac{16}{\delta^2} \leq 0{,}04\), soit \(\delta^2 \geq \frac{16}{0{,}04} = 400\), c’est-à-dire \(\delta \geq 20\) car \(\delta > 0\). Le plus petit écart est \(\delta = 20\) g : au moins 96 % des paquets ont une masse strictement comprise entre 230 g et 270 g.
- On applique l’inégalité à \(Y\) avec \(\delta = 2\sigma\), qui est strictement positif :
\(P(|Y – E(Y)| \geq 2\sigma) \leq \frac{V(Y)}{(2\sigma)^2} = \frac{\sigma^2}{4\sigma^2}\).
Donc \(P(|Y – E(Y)| \geq 2\sigma) \leq \frac{1}{4}\), quelle que soit la loi de \(Y\).

Piège classique : conclure que \(P(240 < Z < 260) = 0{,}84\). Or l’inégalité fournit seulement une minoration : la vraie probabilité est souvent bien plus grande.
Exercice 4 – Les bulbes de tulipes (4 points)
- Pour une loi de Bernoulli de paramètre \(p = 0{,}2\), on a \(E(X_1) = p = 0{,}2\) et \(V(X_1) = p(1 – p) = 0{,}2 \times 0{,}8 = 0{,}16\). Puisque \(M_n\) est la moyenne d’un échantillon de variables indépendantes de même loi, \(E(M_n) = E(X_1)\) et \(V(M_n) = \frac{V(X_1)}{n}\). Donc \(E(M_n) = 0{,}2\) et \(V(M_n) = \frac{0{,}16}{n}\).
- L’inégalité de concentration avec \(n = 400\) et \(\delta = 0{,}05\) donne :
\(P(|M_{400} – 0{,}2| \geq 0{,}05) \leq \frac{0{,}16}{400 \times 0{,}05^2} = \frac{0{,}16}{400 \times 0{,}0025} = \frac{0{,}16}{1} = 0{,}16\).
Or \(0{,}15 < M_{400} < 0{,}25\) est l’événement contraire de \(|M_{400} – 0{,}2| \geq 0{,}05\). Ainsi \(P(0{,}15 < M_{400} < 0{,}25) \geq 1 – 0{,}16 = 0{,}84\). - On cherche \(n\) tel que \(\frac{0{,}16}{n \times 0{,}0025} \leq 0{,}01\).
Comme \(\frac{0{,}16}{0{,}0025} = 64\), cela revient à \(\frac{64}{n} \leq 0{,}01\), soit \(n \geq \frac{64}{0{,}01} = 6\,400\).
La plus petite taille est \(n = 6\,400\) bulbes. - Pour tout réel \(\delta > 0\), \(\lim_{n \to +\infty} P(|M_n – 0{,}2| \geq \delta) = 0\). Autrement dit, plus Hugo prélève de bulbes, plus la proportion de bulbes qui ne fleurissent pas se rapproche de 20 %.
Piège classique : multiplier la variance par \(n\) pour la moyenne. En réalité, c’est la somme qui a une variance \(n\) fois plus grande, alors que la moyenne a une variance divisée par \(n\).
Exercice 5 – Le stand de chamboule-tout (5 points)
- Si le joueur perd, Gaspard garde les 2 € : \(G = 2\). S’il gagne, Gaspard encaisse 2 € mais paie une peluche de 4 € : \(G = 2 – 4 = -2\). Ainsi \(P(G = -2) = 0{,}25\) et \(P(G = 2) = 0{,}75\).
\(E(G) = -2 \times 0{,}25 + 2 \times 0{,}75 = -0{,}5 + 1{,}5 = 1\).
\(E(G^2) = 4 \times 0{,}25 + 4 \times 0{,}75 = 4\), donc \(V(G) = 4 – 1^2 = 3\).
On obtient bien \(E(G) = 1\) et \(V(G) = 3\). - D’abord, par linéarité, \(E(S) = 100 \times E(G) = 100\). Ensuite, les parties sont indépendantes, donc \(V(S) = 100 \times V(G) = 300\). Ainsi \(E(S) = 100\) € et \(V(S) = 300\).
- Si \(S \leq 0\), alors \(S – 100 \leq -100\), donc \(|S – 100| \geq 100\). L’événement \(S \leq 0\) est ainsi inclus dans \(|S – 100| \geq 100\), d’où \(P(S \leq 0) \leq P(|S – 100| \geq 100)\).
Puis, d’après l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, \(P(|S – 100| \geq 100) \leq \frac{300}{100^2} = 0{,}03\).
La probabilité que Gaspard ne gagne rien ce samedi est donc au plus \(0{,}03\).

- On a \(E(M_n) = 1\) et \(V(M_n) = \frac{3}{n}\). De même qu’à la question 3, si \(M_n \leq 0\), alors \(|M_n – 1| \geq 1\). Par conséquent, l’inégalité de concentration avec \(\delta = 1\) donne :
\(P(M_n \leq 0) \leq P(|M_n – 1| \geq 1) \leq \frac{3}{n \times 1^2} = \frac{3}{n}\).
Il suffit alors que \(\frac{3}{n} \leq 0{,}01\), soit \(n \geq 300\).
Il faut au moins 300 parties pour que l’inégalité garantisse \(P(M_n \leq 0) \leq 0{,}01\).
Piège classique : appliquer directement l’inégalité à \(P(S \leq 0)\). Elle ne porte que sur un écart symétrique autour de l’espérance, donc il faut d’abord justifier l’inclusion des événements.
À retenir de ce contrôle
- L’espérance est linéaire : E(aX + b) = aE(X) + b et E(X + Y) = E(X) + E(Y), même sans indépendance.
- La variance d’une somme de variables indépendantes est la somme des variances, tandis que V(aX) = a²V(X).
- Pour un échantillon de taille n, la moyenne a la même espérance que la variable et une variance divisée par n.
- L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev s’écrit P(|X − E(X)| ≥ δ) ≤ V(X) / δ² pour tout réel δ strictement positif.
- La loi des grands nombres affirme que la moyenne d’un échantillon se rapproche de l’espérance quand la taille n augmente.
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