QCM : Module, argument et racines n-ièmes en maths sup (MPSI)
Ce QCM racines MPSI fait le tour des nombres complexes tels qu’on les manipule en début d’année. Il commence par le module d’un produit, le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire et l’argument d’un complexe donné sous forme algébrique. Il enchaîne avec la formule de Moivre, la technique de l’angle moitié, une linéarisation et une somme de sinus.
La seconde partie porte sur les racines carrées, une équation du second degré à coefficients complexes, les racines n-ièmes d’un complexe, l’équation \(e^z=a\) et la traduction d’un angle droit. Réponds d’abord sans le cours, au brouillon. Ensuite, lis chaque explication : elle justifie la bonne réponse et explique quel oubli, souvent un signe ou un module, mène à chaque piège.
Les 12 questions
Question 1
Que vaut le module \(\big|(2-i)(1+3i)\big|\) ?
- \(5\sqrt2\)
- \(\sqrt{15}\)
- \(50\)
- \(\sqrt5+\sqrt{10}\)
Réponse A.
Le module est multiplicatif : \(|2-i|\times|1+3i|=\sqrt5\times\sqrt{10}=\sqrt{50}=5\sqrt2\). On le vérifie en développant le produit, qui vaut \(5+5i\). La réponse \(\sqrt{15}\) additionne les carrés des modules au lieu de les multiplier. Le nombre \(50\) est le carré du module, pas le module. Enfin, \(\sqrt5+\sqrt{10}\) applique au produit une règle d’addition qui n’est qu’une majoration pour une somme.
Question 2
Soient \(z\) et \(w\neq0\) deux complexes. Quand a-t-on égalité dans \(|z+w|\leqslant|z|+|w|\) ?
- Quand \(z=\lambda w\) avec \(\lambda\) réel quelconque
- Quand \(z=\lambda w\) avec \(\lambda\) réel positif
- Quand \(z\) et \(w\) ont le même module
- Quand \(\frac{z}{w}\) est imaginaire pur
Réponse B.
L’égalité exige que \(z\) et \(w\) pointent dans la même direction : \(z\) est un multiple positif de \(w\). Avec \(\lambda=-1\), on a \(|z+w|=0\) alors que \(|z|+|w|=2|w|\), ce qui écarte un réel quelconque. Deux complexes de même module, comme \(1\) et \(i\), donnent \(\sqrt2<2\). Enfin, un quotient imaginaire pur traduit l’orthogonalité, cas où \(|z+w|^2=|z|^2+|w|^2\).
Question 3
Quel est un argument de \(z=-2\sqrt3+2i\) ?
- \(\frac{\pi}{6}\)
- \(-\frac{\pi}{6}\)
- \(\frac{2\pi}{3}\)
- \(\frac{5\pi}{6}\)
Réponse D.
On a \(|z|=\sqrt{12+4}=4\), donc \(z=4\left(-\frac{\sqrt3}{2}+\frac12 i\right)\). Le cosinus est négatif et le sinus positif : l’angle est dans le deuxième quadrant, d’où \(\frac{5\pi}{6}\). La valeur \(\frac{\pi}{6}\) oublie le signe de la partie réelle. Le piège \(-\frac{\pi}{6}\) vient de \(\arctan\left(\frac{2}{-2\sqrt3}\right)\), qui ne tient pas compte du quadrant. Enfin, \(\frac{2\pi}{3}\) échange les rôles du cosinus et du sinus.
Question 4
Que vaut \((1+i)^{10}\) ?
- \(-32i\)
- \(32\)
- \(1024\,i\)
- \(32i\)
Réponse D.
On écrit \(1+i=\sqrt2\,e^{i\pi/4}\). Par la formule de Moivre, on obtient \((\sqrt2)^{10}e^{i\,10\pi/4}=32\,e^{i\pi/2}\), soit \(32i\), car \(\frac{10\pi}{4}=2\pi+\frac{\pi}{2}\). La réponse \(-32i\) se trompe en réduisant l’angle modulo \(2\pi\). Le nombre \(32\) oublie complètement l’argument. Enfin, \(1024\,i\) prend \(2\) comme module de \(1+i\) au lieu de \(\sqrt2\).
Question 5
Pour \(\theta\in\mathbb{R}\), que vaut \(\left|1+e^{i\theta}\right|\) ?
- \(2\left|\cos\frac{\theta}{2}\right|\)
- \(2\cos\frac{\theta}{2}\)
- \(2\left|\sin\frac{\theta}{2}\right|\)
- \(\left|1+\cos\theta\right|\)
Réponse A.
On factorise par l’angle moitié : \(1+e^{i\theta}=e^{i\theta/2}\left(e^{-i\theta/2}+e^{i\theta/2}\right)=2\cos\frac{\theta}{2}\,e^{i\theta/2}\). Le module vaut donc \(2\left|\cos\frac\theta2\right|\). Sans valeur absolue, la réponse devient négative pour \(\theta=2\pi-0{,}1\), ce qui est impossible pour un module. Le sinus correspond à \(\left|1-e^{i\theta}\right|\). Enfin, \(|1+\cos\theta|\) ne garde que la partie réelle.
Question 6
Quelle est la linéarisation de \(\sin^2x\,\cos x\) ?
- \(\frac{\cos x-\cos 3x}{4}\)
- \(\frac{\cos 3x-\cos x}{4}\)
- \(\frac{\cos x-\cos 3x}{2}\)
- \(\frac{3\cos x-\cos 3x}{4}\)
Réponse A.
On écrit \(\sin^2x=\frac{1-\cos2x}{2}\), puis \(\cos2x\cos x=\frac{\cos3x+\cos x}{2}\). On obtient ainsi \(\frac{\cos x}{2}-\frac{\cos 3x+\cos x}{4}=\frac{\cos x-\cos3x}{4}\). Un contrôle en \(x=0\) donne bien \(0\). La réponse \(\frac{\cos3x-\cos x}{4}\) a le mauvais signe : elle devient négative pour \(x\) petit, alors que l’expression est positive. Le dénominateur \(2\) oublie un facteur. Enfin, \(\frac{3\cos x-\cos3x}{4}\) ne s’annule pas en \(0\).
Question 7
Pour \(t\notin2\pi\mathbb{Z}\), que vaut \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\sin(kt)\) ?
- \(\dfrac{\cos\frac{nt}{2}\,\sin\frac{(n+1)t}{2}}{\sin\frac{t}{2}}\)
- \(\dfrac{\sin\frac{nt}{2}\,\sin\frac{(n+1)t}{2}}{\sin t}\)
- \(\dfrac{\sin\frac{nt}{2}\,\sin\frac{(n+1)t}{2}}{\sin\frac{t}{2}}\)
- \(\dfrac{\sin\frac{(n+1)t}{2}}{\sin\frac{t}{2}}\)
Réponse C.
On prend la partie imaginaire de \(\sum_{k=0}^{n}e^{ikt}=\frac{e^{i(n+1)t}-1}{e^{it}-1}\). L’angle moitié, au numérateur comme au dénominateur, transforme ce quotient en \(e^{int/2}\frac{\sin((n+1)t/2)}{\sin(t/2)}\). Le facteur \(\cos\frac{nt}{2}\) donne en fait la somme des cosinus. Un \(\sin t\) au dénominateur oublie de diviser l’angle par deux. Enfin, le quotient sans \(\sin\frac{nt}{2}\) perd la phase \(e^{int/2}\). Pour \(n=1\), seule la bonne formule redonne \(\sin t\).
Question 8
Quelles sont les deux racines carrées complexes de \(8-6i\) ?
- \(3+i\) et \(-3-i\)
- \(3-i\) et \(-3+i\)
- \(1-3i\) et \(-1+3i\)
- \(2\sqrt2-i\sqrt6\) et son opposé
Réponse B.
On cherche \(x+iy\) avec \(x^2-y^2=8\), \(x^2+y^2=|8-6i|=10\) et \(2xy=-6\). On trouve \(x^2=9\), \(y^2=1\), puis \(x\) et \(y\) de signes contraires : \(\pm(3-i)\). La réponse \(\pm(3+i)\) néglige le signe de \(2xy\), car \((3+i)^2=8+6i\). Le couple \(\pm(1-3i)\) échange \(x\) et \(y\) et donne \(-8-6i\). Enfin, prendre la racine de chaque partie séparément n’a aucun sens.
Question 9
Quelles sont les solutions de \(z^2-(3+i)z+2+2i=0\) ?
- \(-2\) et \(-1-i\)
- \(2\) et \(1+i\)
- \(1\) et \(2+i\)
- \(2\) et \(1-i\)
Réponse B.
Le discriminant vaut \((3+i)^2-4(2+2i)=-2i\), dont une racine carrée est \(1-i\). Les solutions sont donc \(\frac{3+i\pm(1-i)}{2}\), soit \(2\) et \(1+i\). Contrôle : leur somme vaut \(3+i\) et leur produit \(2+2i\). Les opposés proviennent d’une erreur de signe sur \(-b\). Le couple \(1\) et \(2+i\) a la bonne somme mais le produit \(2+i\). Enfin, \(1-i\) conjugue à tort comme pour une équation à coefficients réels.
Question 10
Lequel de ces complexes est une racine cubique de \(8i\) ?
- \(2i\)
- \(2e^{i\pi/3}\)
- \(-2i\)
- \(8e^{i\pi/6}\)
Réponse C.
On écrit \(8i=8e^{i\pi/2}\). Les racines cubiques sont donc \(2e^{i(\pi/6+2k\pi/3)}\), pour \(k\in\{0,1,2\}\), et la valeur \(k=2\) donne \(2e^{i3\pi/2}=-2i\). On le vérifie : \((-2i)^3=-8i^3=8i\). En revanche, \((2i)^3=-8i\), ce qui donne le mauvais signe. Le cube de \(2e^{i\pi/3}\) vaut \(-8\), car on a pris l’angle \(\pi\). Enfin, \(8e^{i\pi/6}\) divise l’argument par trois mais oublie de prendre la racine du module.
Question 11
Quel est l’ensemble des solutions de \(e^z=-2\) dans \(\mathbb{C}\) ?
- \(\{\ln2+2ik\pi\mid k\in\mathbb{Z}\}\)
- \(\{\ln2+i\pi\}\)
- \(\{-\ln2+2ik\pi\mid k\in\mathbb{Z}\}\)
- \(\{\ln2+i(2k+1)\pi\mid k\in\mathbb{Z}\}\)
Réponse D.
Avec \(z=x+iy\), on a \(e^z=e^x e^{iy}\). Il faut donc \(e^x=|-2|=2\) et \(e^{iy}=-1\), soit \(x=\ln2\) et \(y\equiv\pi\) modulo \(2\pi\). La réponse avec \(2ik\pi\) résout en fait \(e^z=2\). Garder la seule valeur \(\ln2+i\pi\) oublie que l’exponentielle complexe est \(2i\pi\)-périodique. Enfin, \(-\ln2\) transforme à tort le signe moins de \(-2\) en un signe sur le logarithme.
Question 12
Les points \(A\), \(B\), \(C\) d’affixes \(a\), \(b\), \(c\) sont distincts. Quelle condition traduit un angle droit en \(A\) dans le triangle \(ABC\) ?
- \(\dfrac{c-a}{b-a}\) est réel
- \(\left|\dfrac{c-a}{b-a}\right|=1\)
- \(\dfrac{c-a}{b-a}\) est imaginaire pur
- \(\dfrac{c-a}{b-a}=e^{i\pi/3}\)
Réponse C.
Un argument du quotient \(\frac{c-a}{b-a}\) mesure l’angle orienté de \(\overrightarrow{AB}\) vers \(\overrightarrow{AC}\). Cet angle vaut \(\pm\frac\pi2\) exactement lorsque le quotient, non nul, est imaginaire pur. Un quotient réel traduit au contraire l’alignement des trois points. Un module égal à \(1\) signifie \(AB=AC\), donc un triangle isocèle en \(A\). Enfin, le quotient \(e^{i\pi/3}\) caractérise un triangle équilatéral direct.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur module, argument et racines n-ièmes
- S’exercer : exercices corrigés sur module, argument et racines n-ièmes
- QCM précédent : QCM : Formules de trigonométrie en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Étude de fonctions et réciproques en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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