Lois géométriques et minimum de variables : corrigé du contrôle de maths en MP

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Voici le corrigé du contrôle de maths en MP sur le thème « lois géométriques et minimum de variables », question par question.

Cette correction rédige chaque réponse comme une copie de concours. Chaque événement est d’abord décomposé en réunion disjointe, puis sa probabilité est calculée par additivité dénombrable. Pour les questions d’indépendance, la correction cite la propriété employée, en particulier le lemme des coalitions. Ensuite, le minimum est traité par les probabilités de queue, ce qui évite de longues doubles sommes. Dans l’exercice sur les appels, la formule du binôme donne la loi de la somme, et une limite simple justifie l’approximation de Poisson. Enfin, le problème est éclairé par un diagramme de la loi de l’écart. Le barème détaillé et un piège fréquent terminent chaque exercice.

L’énoncé complet se trouve ici : Lois géométriques et minimum de variables : contrôle de maths en MP.

Barème du contrôle corrigé : lois géométriques et minimum de variables

Exercice Points
1. Une urne vidée jusqu’à la boule rouge 3,5 points
2. Deux machines et leur première panne 4 points
3. Les appels d’une assistance téléphonique 5,5 points
4. Problème : minimum et écart de deux premiers succès 7 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : lois géométriques et minimum de variables

Exercice 1 – Une urne vidée jusqu’à la boule rouge (3,5 points)

  1. L’événement décomposé

    Notons \(R_i\) l’événement « le tirage numéro \(i\) donne une boule rouge ». Grâce à la remise, \(P(R_i) = \frac{2}{5}\) pour chaque \(i\). Pour \(k \geq 1\), on a \((T = k) = \overline{R_1} \cap \cdots \cap \overline{R_{k-1}} \cap R_k\), et les tirages sont mutuellement indépendants. Donc

    \[P(T = k) = \left(\frac{3}{5}\right)^{k-1} \times \frac{2}{5}.\]

    Finitude presque sûre

    Comme les \((T = k)\) s’excluent mutuellement, et que la somme géométrique vaut \(\frac{2}{5} \times \frac{1}{1 – 3/5} = 1\). L’événement « aucune boule rouge » est donc de probabilité nulle. Ainsi \(T\) est presque sûrement finie et suit la loi géométrique de paramètre \(\frac{2}{5}\).

  2. L’événement \((T > k)\) signifie que les \(k\) premiers tirages donnent des boules blanches. Par indépendance, \(P(T > k) = \left(\frac{3}{5}\right)^k\), y compris pour \(k = 0\).

  3. Somme sur les rangs pairs

    Un rang pair s’écrit \(2j\) avec \(j \geq 1\), et ces cas s’excluent. L’additivité dénombrable donne alors :

    \[P(T \text{ pair}) = \sum_{j \geq 1} \frac{2}{5} \left(\frac{3}{5}\right)^{2j-1} = \frac{6}{25} \sum_{j \geq 1} \left(\frac{9}{25}\right)^{j-1} = \frac{6}{25} \times \frac{25}{16}.\]

    La probabilité cherchée vaut donc \(\frac{3}{8}\). On note qu’elle est inférieure à \(\frac{1}{2}\), car le rang 1, impair, est le plus probable.

  4. Comme \((T > m + n) \subset (T > m)\), la définition d’une probabilité conditionnelle donne

    \[P(T > m + n \mid T > m) = \frac{(3/5)^{m+n}}{(3/5)^m} = \left(\frac{3}{5}\right)^n = P(T > n).\]

    La loi géométrique est donc sans mémoire : savoir que les \(m\) premiers tirages ont échoué ne change rien à l’attente restante, car l’urne est remise dans son état initial après chaque tirage.

Barème : question 1 sur 1 point (loi 0,5 ; somme égale à 1 et conclusion 0,5) ; question 2 sur 0,5 point ; question 3 sur 1 point ; question 4 sur 1 point (calcul 0,75 ; interprétation 0,25).

Piège classique : écrire \(\left(\frac{3}{5}\right)^k \frac{2}{5}\) au lieu de \(\left(\frac{3}{5}\right)^{k-1} \frac{2}{5}\). Un test sur \(k = 1\) suffit à détecter ce décalage d’indice.

Exercice 2 – Deux machines et leur première panne (4 points)

  1. Passage par les queues de lois

    Pour une variable géométrique \(G\) de paramètre \(r\), on a \(P(G > k) = (1 – r)^k\). Or \((M > k) = (X > k) \cap (Y > k)\), et \(X\), \(Y\) sont indépendantes, donc

    \[P(M > k) = \left(\frac{3}{4}\right)^k \left(\frac{2}{3}\right)^k = \left(\frac{1}{2}\right)^k.\]

    Ensuite, pour \(k \geq 1\), \(P(M = k) = P(M > k – 1) – P(M > k) = \left(\frac{1}{2}\right)^{k-1} – \left(\frac{1}{2}\right)^k = \frac{1}{2}\left(\frac{1}{2}\right)^{k-1}\). Par conséquent, \(M\) suit la loi géométrique de paramètre \(\frac{1}{2}\).

  2. On découpe \((X = Y)\) selon la valeur commune \(k \geq 1\) des deux variables. L’indépendance donne alors :

    \[P(X = Y) = \sum_{k \geq 1} \frac{1}{4} \left(\frac{3}{4}\right)^{k-1} \times \frac{1}{3} \left(\frac{2}{3}\right)^{k-1} = \frac{1}{12} \sum_{k \geq 1} \left(\frac{1}{2}\right)^{k-1}.\]

    On obtient \(P(X = Y) = \frac{1}{12} \times 2 = \frac{1}{6}\).

  3. Quelle machine lâche la première ?

    On découpe aussi \((X < Y)\) selon la valeur \(k\) de \(X\) : il faut alors \(X = k\) et \(Y > k\). D’où

    \[P(X < Y) = \sum_{k \geq 1} \frac{1}{4} \left(\frac{3}{4}\right)^{k-1} \left(\frac{2}{3}\right)^k = \frac{1}{6} \sum_{k \geq 1} \left(\frac{1}{2}\right)^{k-1} = \frac{1}{3}.\]

    Les trois événements \((X < Y)\), \((X = Y)\) et \((Y < X)\) forment un système complet. Donc \(P(X < Y) = \frac{1}{3}\) et \(P(Y < X) = 1 – \frac{1}{3} – \frac{1}{6} = \frac{1}{2}\) : la machine \(B\), plus fragile, tombe le plus souvent en panne la première.

  4. On a \(\big(\max(X, Y) \leq k\big) = (X \leq k) \cap (Y \leq k)\). Ainsi \(P(\max \leq 1) = \frac{1}{4} \times \frac{1}{3} = \frac{1}{12}\), tandis que \(P(\max \leq 2) = \frac{7}{16} \times \frac{5}{9} = \frac{35}{144}\). La différence donne \(P\big(\max(X, Y) = 2\big) = \frac{35 – 12}{144} = \frac{23}{144}\).

Barème : question 1 sur 1,5 point (queue du minimum 1 ; loi reconnue 0,5) ; question 2 sur 1 point ; question 3 sur 1 point ; question 4 sur 0,5 point.

Piège classique : multiplier \(P(X = k)\) et \(P(Y = k)\) pour obtenir \(P(M = k)\). Le minimum vaut \(k\) dès qu’une seule machine tombe en panne ce jour-là, l’autre plus tard.

Exercice 3 – Les appels d’une assistance téléphonique (5,5 points)

  1. Produit de convolution

    La variable \(X_1 + Y_1\) prend ses valeurs dans \(\mathbb{N}\). Fixons \(n \in \mathbb{N}\). Selon la valeur \(k\) prise par \(X_1\), l’événement \((X_1 + Y_1 = n)\) se découpe en événements \((X_1 = k) \cap (Y_1 = n – k)\) qui s’excluent, avec \(0 \leq k \leq n\). L’indépendance fournit donc

    \[P(X_1 + Y_1 = n) = \sum_{k=0}^{n} \mathrm{e}^{-a} \frac{a^k}{k!} \, \mathrm{e}^{-b} \frac{b^{n-k}}{(n-k)!} = \frac{\mathrm{e}^{-(a+b)}}{n!} \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^k b^{n-k}.\]

    Formule du binôme

    La dernière somme vaut \((a + b)^n\). Ainsi \(X_1 + Y_1\) suit la loi de Poisson de paramètre \(a + b\), et en particulier \(S\) suit la loi de Poisson de paramètre 3.

  2. D’abord, \(P(S = 3) = \mathrm{e}^{-3} \frac{3^3}{3!} = \frac{27}{6} \mathrm{e}^{-3}\), soit \(P(S = 3) = \frac{9}{2} \mathrm{e}^{-3}\). Ensuite, on passe par le complémentaire : \(P(S \leq 1) = \mathrm{e}^{-3}(1 + 3) = 4\mathrm{e}^{-3}\). Donc \(P(S \geq 2) = 1 – 4\mathrm{e}^{-3}\).

  3. Répartition des appels sachant le total

    Comme \(P(S = n) > 0\), la loi conditionnelle est bien définie. Pour \(0 \leq k \leq n\), les événements \((X = k) \cap (S = n)\) et \((X = k) \cap (Y = n – k)\) coïncident. Par indépendance de \(X\) et \(Y\), il vient alors

    \[P(X = k \mid S = n) = \frac{\mathrm{e}^{-2} \frac{2^k}{k!} \, \mathrm{e}^{-1} \frac{1}{(n-k)!}}{\mathrm{e}^{-3} \frac{3^n}{n!}} = \binom{n}{k} \left(\frac{2}{3}\right)^k \left(\frac{1}{3}\right)^{n-k}.\]

    Pour \(k > n\), cette probabilité est nulle. Sachant \((S = n)\), \(X\) suit donc la loi binomiale de paramètres \(n\) et \(\frac{2}{3}\). Par exemple, \(P(X = 2 \mid S = 3) = 3 \times \frac{4}{9} \times \frac{1}{3}\), soit \(\frac{4}{9}\). Chaque appel se range ainsi dans la facturation avec probabilité \(\frac{2}{2 + 1}\).

  4. Des succès rares

    Pour \(n \geq k\), on regroupe les facteurs de la probabilité binomiale :

    \[P(N_n = k) = \frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{n^k} \times \frac{3^k}{k!} \times \left(1 – \frac{3}{n}\right)^{n} \times \left(1 – \frac{3}{n}\right)^{-k}.\]

    Le premier facteur est un produit de \(k\) quotients qui tendent vers 1, car \(k\) est fixé. De plus, \(n \ln\left(1 – \frac{3}{n}\right) \to -3\), donc \(\left(1 – \frac{3}{n}\right)^n \to \mathrm{e}^{-3}\) par continuité de l’exponentielle. Enfin, le dernier facteur tend vers 1. On conclut que \(P(N_n = k) \to \mathrm{e}^{-3} \dfrac{3^k}{k!}\).

  5. Le résultat précédent concerne des lois binomiales de paramètre \(p\) petit, avec \(n\) grand. La binomiale de paramètres 30 et \(0{,}1\) entre dans ce cadre : elle colle donc à la loi de Poisson. En revanche, avec \(p = 0{,}5\), les succès ne sont pas rares et la loi reste bornée par 6, d’où un pic trop marqué en 3.

Barème : question 1 sur 1,5 point (décomposition et indépendance 0,75 ; binôme et conclusion 0,75) ; question 2 sur 1 point ; question 3 sur 1,5 point (loi conditionnelle 1 ; valeur 0,5) ; question 4 sur 1 point ; question 5 sur 0,5 point.

Piège classique : oublier l’indépendance dans la question 1. Sans elle, la somme de deux variables de Poisson n’a aucune raison de suivre une loi de Poisson.

Exercice 4 – Problème : minimum et écart de deux premiers succès (7 points)

  1. Les lancers de Yanis sont des expériences indépendantes à deux issues, chacune réussie avec probabilité \(p\), et \(X\) repère la première réussite. Comme dans l’exercice 1, \(P(X = k) = p\, q^{k-1}\) pour \(k \geq 1\) : \(X\) suit la loi géométrique de paramètre \(p\), et \(Y\) aussi. De plus, \(X\) ne dépend que des lancers de Yanis, et \(Y\) que de ceux de Clémence. Ces deux familles de lancers sont indépendantes : le lemme des coalitions assure alors l’indépendance de \(X\) et de \(Y\).

  2. Écart positif ou nul

    Soit \(u \geq 1\) et \(v \geq 0\). Si \(X – Y = v \geq 0\), le minimum est \(Y\). Ainsi \((U = u, V = v) = (Y = u) \cap (X = u + v)\), et l’indépendance donne \(p\, q^{u+v-1} \times p\, q^{u-1} = p^2 q^{2u – 2 + v}\).

    Écart strictement négatif

    Si \(v < 0\), le minimum est \(X\), et \((U = u, V = v) = (X = u) \cap (Y = u – v)\). Sa probabilité vaut \(p\, q^{u-1} \times p\, q^{u – v – 1} = p^2 q^{2u – 2 – v}\). Or \(-v = \lvert v \rvert\) dans ce cas. Dans les deux cas, \(P(U = u, V = v) = p^2 q^{2u – 2 + \lvert v \rvert}\). La figure de l’énoncé illustre la situation : la ligne \(U = 3\) a la forme d’un L, tandis que \(V = 2\) est une diagonale.

  3. Marginale du minimum

    La famille des \((V = v)\), pour \(v \in \mathbb{Z}\), est un système complet. Ensuite, \(\sum_{v \in \mathbb{Z}} q^{\lvert v \rvert} = 1 + \frac{2q}{1 – q} = \frac{1 + q}{p}\). Ainsi \(P(U = u) = p^2 q^{2u-2} \times \frac{1 + q}{p} = p(1 + q)\, (q^2)^{u-1}\). Or \(p(1 + q) = (1 – q)(1 + q) = 1 – q^2\). Donc \(U\) suit la loi géométrique de paramètre \(1 – q^2\), ce qui concorde avec \(P(U > k) = q^k \times q^k\).

  4. De même, en sommant sur \(u \geq 1\), on obtient \(\sum_{u \geq 1} q^{2u-2} = \frac{1}{1 – q^2}\). Par conséquent, \(P(V = v) = \dfrac{p^2 q^{\lvert v \rvert}}{1 – q^2} = \dfrac{p\, q^{\lvert v \rvert}}{1 + q}\) pour tout \(v \in \mathbb{Z}\). En guise de vérification, la somme vaut \(\frac{p}{1 + q} \times \frac{1 + q}{p} = 1\).

  5. Comparaison avec la loi conjointe

    Pour tous \(u \geq 1\) et \(v \in \mathbb{Z}\), le produit des marginales vaut \((1 – q^2) q^{2u-2} \times \frac{p^2 q^{\lvert v \rvert}}{1 – q^2} = p^2 q^{2u – 2 + \lvert v \rvert}\). C’est exactement la loi conjointe. Les variables \(U\) et \(V\) sont donc indépendantes : connaître le rang du premier succès commun ne renseigne en rien sur l’écart entre les deux joueurs.

  6. Cas général

    On a \(P(X = Y) = P(V = 0) = \frac{p}{1 + q}\), soit \(P(X = Y) = \dfrac{p}{2 – p}\).

    Application numérique

    Pour \(p = \frac{1}{2}\), on trouve \(P(V = v) = \frac{1}{3} \left(\frac{1}{2}\right)^{\lvert v \rvert}\), loi représentée ci-dessous. Alors \(P(V = 0) = \frac{1}{3}\) et \(P(V = 1) = P(V = -1) = \frac{1}{6}\). On passe donc par le complémentaire : \(P(\lvert V \rvert \geq 2) = 1 – \frac{1}{3} – \frac{2}{6} = \frac{1}{3}\).

    Diagramme en bâtons symétrique de la loi de V pour p égal à un demi, valeurs 1/3, 1/6 et 1/12 au centre

Barème : question 1 sur 1 point (loi 0,5 ; coalitions 0,5) ; question 2 sur 1,5 point (0,75 par cas) ; question 3 sur 1 point ; question 4 sur 1 point ; question 5 sur 1 point ; question 6 sur 1,5 point (formule générale 0,5 ; loi pour p = 1/2 0,5 ; résultat 0,5).

Piège classique : conclure à l’indépendance en testant une seule valeur du couple. L’égalité entre loi conjointe et produit des marginales doit être vérifiée pour tous les couples \((u, v)\).

À retenir de ce contrôle

  • Quand une même expérience est répétée de façon indépendante, le numéro de la première réussite suit une loi géométrique, de paramètre égal à la probabilité de réussite.
  • Pour le minimum de variables indépendantes, la probabilité que le minimum dépasse k est le produit des probabilités que chacune dépasse k.
  • Ajouter deux variables de Poisson indépendantes, de paramètres a et b, donne encore une variable de Poisson, cette fois de paramètre a plus b.
  • Deux variables discrètes sont indépendantes si et seulement si leur loi conjointe est le produit de leurs lois marginales, pour toutes les valeurs.
  • Une loi binomiale de paramètres n et p est proche d’une loi de Poisson de paramètre np quand n est grand et p petit.

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Consolider lois géométriques et minimum de variables après ce corrigé

Pour ne plus perdre de points sur ce thème, relisez le cours lois discrètes usuelles ; entraînez-vous sur les exercices lois discrètes usuelles.

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