Corrigé des exercices : Développements en série entière en maths spé (MP)

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Ce corrigé développements MP rédige chaque solution comme en devoir surveillé. Chaque exercice commence par une idée clé, qui indique la méthode retenue parmi les trois du cours.

Nous insistons sur trois points de rigueur. D’abord, chaque égalité est accompagnée de son intervalle de validité. Ensuite, dans la méthode de l’équation différentielle, le rayon de la série est calculé avant toute conclusion, puis l’unicité de Cauchy est invoquée explicitement. Enfin, les coefficients obtenus sont vérifiés sur les premiers termes à l’aide d’un développement limité. Les figures illustrent les solutions les plus visuelles.

Pour tirer profit de ce corrigé, refaites d’abord chaque calcul de coefficient sans regarder la solution. Comparez ensuite votre rédaction à la nôtre, en particulier la justification des échanges entre somme et intégrale.

Pour démarrer

Corrigé de l’exercice 1 – Fraction rationnelle à deux pôles

Idée clé : chaque élément simple se ramène à une série géométrique après mise en facteur de la constante.

  1. Les pôles simples sont \(2\) et \(-3\). Le coefficient associé à \(2\) vaut \(\frac{5}{3 + 2} = 1\), et celui associé à \(-3\) vaut \(\frac{5}{2 + 3} = 1\). Ainsi \(f(x) = \frac{1}{2 – x} + \frac{1}{3 + x}\).
  2. Pour \(|x| < 2\), on écrit \(\frac{1}{2 – x} = \frac{1}{2} \cdot \frac{1}{1 – x/2} = \sum_{n \geqslant 0} \frac{x^n}{2^{n+1}}\). Pour \(|x| < 3\), on a de même \(\frac{1}{3 + x} = \sum_{n \geqslant 0} \frac{(-1)^n x^n}{3^{n+1}}\). Donc, pour \(x \in ]-2, 2[\), \(f(x) = \sum_{n \geqslant 0} \left(\frac{1}{2^{n+1}} + \frac{(-1)^n}{3^{n+1}}\right) x^n\).
  3. Le coefficient est équivalent à \(\frac{1}{2^{n+1}}\), donc la règle de d’Alembert donne un rayon égal à \(2\). Ensuite, \(a_4 = \frac{1}{32} + \frac{1}{243} = \frac{243 + 32}{7\,776}\). Le rayon vaut \(2\) et \(a_4 = \frac{275}{7\,776}\).

Corrigé de l’exercice 2 – Dérivées en 0 lues sur les coefficients

Idée clé : la relation \(f^{(k)}(0) = k!\, a_k\) évite tout calcul de dérivée.

  1. Les coefficients sont non nuls, et \(\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{(n + 1)^2 + 1}{4(n^2 + 1)} \to \frac{1}{4}\). Par la règle de d’Alembert, \(R = 4\).
  2. La somme d’une série entière est \(\mathcal{C}^\infty\) sur son intervalle ouvert de convergence. Donc \(f\) est \(\mathcal{C}^\infty\) sur \(]-4, 4[\).
  3. On a \(a_3 = \frac{10}{64}\), donc \(f^{\prime\prime\prime}(0) = 6 \times \frac{10}{64} = \frac{15}{16}\). De même, \(a_{10} = \frac{101}{4^{10}}\). Or \(10! = 2^8 \times 14\,175\) et \(4^{10} = 2^{20}\). Ainsi \(f^{\prime\prime\prime}(0) = \frac{15}{16}\) et \(f^{(10)}(0) = \frac{101 \times 14\,175}{2^{12}} = \frac{1\,431\,675}{4\,096}\).

Corrigé de l’exercice 3 – Parité et coefficients nuls

Idée clé : une somme de série entière paire n’a que des coefficients d’indice pair ; on applique ce résultat à \(b(x) + \frac{x}{2}\).

  1. Pour \(x \neq 0\), on calcule \(b(-x) = \frac{-x}{\mathrm{e}^{-x} – 1} = \frac{x\, \mathrm{e}^x}{\mathrm{e}^x – 1}\). Or \(\frac{x\, \mathrm{e}^x}{\mathrm{e}^x – 1} = x + \frac{x}{\mathrm{e}^x – 1} = x + b(x)\). Par conséquent, \(b(-x) – \frac{x}{2} = b(x) + \frac{x}{2}\), et l’égalité reste vraie en \(0\). La fonction \(x \mapsto b(x) + \frac{x}{2}\) est paire.
  2. Le développement de \(b(x) + \frac{x}{2}\) a pour coefficients \(b_0\), \(b_1 + \frac{1}{2}\), puis \(b_n\) pour \(n \geqslant 2\). Par parité et unicité, ses coefficients impairs sont nuls. Donc \(b_{2p+1} = 0\) pour \(p \geqslant 1\), et \(b_1 = -\frac{1}{2}\).
  3. On a \(\mathrm{e}^x – 1 = x + \frac{x^2}{2} + \frac{x^3}{6} + \cdots\). Le produit de Cauchy avec \(\sum b_n x^n\) doit valoir \(x\). Le coefficient de \(x^3\) donne \(b_2 + \frac{b_1}{2} + \frac{b_0}{6} = 0\), avec \(b_0 = 1\) et \(b_1 = -\frac{1}{2}\). Ainsi \(b_2 = \frac{1}{4} – \frac{1}{6} = \frac{1}{12}\).

Corrigé de l’exercice 4 – Carré du sinus et cube du cosinus hyperbolique

Idée clé : on linéarise d’abord, puis on applique les développements de \(\cos\) et \(\operatorname{ch}\) après le changement de variable \(x \mapsto kx\).

  1. On a \(\sin^2 x = \frac{1 – \cos(2x)}{2}\). Or \(\cos(2x) = \sum_{p \geqslant 0} \frac{(-1)^p 4^p x^{2p}}{(2p)!}\), et le terme constant se simplifie. Ainsi, pour tout réel \(x\), \(\sin^2 x = \sum_{p \geqslant 1} \frac{(-1)^{p+1} 2^{2p-1}}{(2p)!}\, x^{2p}\). Le premier terme vaut bien \(x^2\).
  2. On développe \(\left(\frac{\mathrm{e}^x + \mathrm{e}^{-x}}{2}\right)^3 = \frac{\mathrm{e}^{3x} + 3\mathrm{e}^x + 3\mathrm{e}^{-x} + \mathrm{e}^{-3x}}{8}\). On regroupe les termes deux à deux. Donc \(\operatorname{ch}^3 x = \frac{\operatorname{ch}(3x) + 3 \operatorname{ch} x}{4}\).
  3. Par conséquent, \(\operatorname{ch}^3 x = \sum_{p \geqslant 0} \frac{9^p + 3}{4\,(2p)!}\, x^{2p}\) sur \(\mathbb{R}\). Pour \(p = 0\), on trouve \(1\). Pour \(p = 1\), on trouve \(\frac{12}{8} = \frac{3}{2}\). Cela concorde avec \(\left(1 + \frac{x^2}{2}\right)^3 = 1 + \frac{3x^2}{2} + o(x^2)\).

Corrigé de l’exercice 5 – Logarithme d’un trinôme

Idée clé : l’écriture \(\frac{1 – x^3}{1 – x}\) transforme le logarithme d’un trinôme en différence de deux logarithmes usuels.

  1. On a \((1 – x)(1 + x + x^2) = 1 – x^3\). L’égalité vaut donc pour \(x \neq 1\).
  2. Pour \(|x| < 1\), les nombres \(1 – x\) et \(1 – x^3\) sont strictement positifs. On peut donc écrire \(h(x) = \ln(1 – x^3) – \ln(1 – x)\). Or \(-\ln(1 – x) = \sum_{n \geqslant 1} \frac{x^n}{n}\) et \(\ln(1 – x^3) = -\sum_{k \geqslant 1} \frac{x^{3k}}{k}\). Ainsi \(h(x) = \sum_{n \geqslant 1} \frac{x^n}{n} – \sum_{k \geqslant 1} \frac{x^{3k}}{k}\) sur \(]-1, 1[\).
  3. Si \(3 \nmid n\), seul le premier terme contribue. Si \(n = 3k\), on obtient \(\frac{1}{3k} – \frac{1}{k} = -\frac{2}{n}\). Donc \(a_n = \frac{1}{n}\) si \(3 \nmid n\), et \(a_n = -\frac{2}{n}\) si \(3 \mid n\). Avec \(u = x + x^2\), on a \(\ln(1 + u) = u – \frac{u^2}{2} + \frac{u^3}{3} + o(u^3)\). Cela donne \(x + \frac{x^2}{2} – \frac{2x^3}{3} + o(x^3)\), ce qui confirme \(a_1 = 1\), \(a_2 = \frac{1}{2}\) et \(a_3 = -\frac{2}{3}\).

Corrigé de l’exercice 6 – Primitive de la gaussienne et valeur approchée

Idée clé : on développe \(\mathrm{e}^{-t^2}\), puis on intègre terme à terme ; la majoration du reste vient du critère des séries alternées.

  1. Pour tout réel \(t\), \(\mathrm{e}^{-t^2} = \sum_{n \geqslant 0} \frac{(-1)^n t^{2n}}{n!}\), avec un rayon infini. On intègre terme à terme sur \([0, x]\). Ainsi \(G(x) = \sum_{n \geqslant 0} \frac{(-1)^n x^{2n+1}}{n!\,(2n + 1)}\), de rayon infini.
  2. Pour \(x = \frac{1}{2}\), le terme général s’écrit \((-1)^n u_n\) avec \(u_n = \frac{1}{2^{2n+1}\, n!\,(2n + 1)}\). Ici \(u_n > 0\), et \(\frac{u_{n+1}}{u_n} = \frac{2n + 1}{4(n + 1)(2n + 3)} < 1\), donc \((u_n)\) décroît vers \(0\). Les hypothèses du critère des séries alternées sont donc réunies.
  3. Le reste après le terme d’indice \(3\) est majoré par \(u_4 = \frac{1}{512 \times 24 \times 9} \approx 9{,}0 \times 10^{-6}\). On calcule \(u_0 = 0{,}5\), \(u_1 \approx 0{,}041\,667\), \(u_2 = 0{,}003\,125\) et \(u_3 \approx 0{,}000\,186\). Ainsi \(u_0 – u_1 + u_2 – u_3 \approx 0{,}461\,272\). Donc \(G\left(\frac{1}{2}\right) \approx 0{,}4613\) à \(10^{-4}\) près.

Pour s’entraîner

Corrigé de l’exercice 7 – Coefficients binomiaux centraux

Idée clé : on applique le développement de \((1 + u)^{-1/2}\) avec \(u = -4x\), puis on identifie les coefficients du carré.

  1. Pour \(|4x| < 1\), le coefficient de \(x^n\) dans \((1 – 4x)^{-1/2}\) vaut \(\frac{(-1/2)(-3/2) \cdots (-(2n-1)/2)}{n!}\, (-4)^n\). Les signes se compensent, et l’on obtient \(\frac{1 \times 3 \times \cdots \times (2n – 1)}{2^n\, n!}\, 4^n\). Or \(1 \times 3 \times \cdots \times (2n – 1) = \frac{(2n)!}{2^n\, n!}\). Le coefficient vaut donc \(\frac{(2n)!}{(n!)^2} = \binom{2n}{n}\).
  2. On a \(\binom{2n+2}{n+1} \big/ \binom{2n}{n} = \frac{(2n + 2)(2n + 1)}{(n + 1)^2} \to 4\). Par d’Alembert, le rayon vaut \(\frac{1}{4}\).
  3. Pour \(|x| < \frac{1}{4}\), le carré de la somme vaut \(\frac{1}{1 – 4x} = \sum 4^n x^n\). Par ailleurs, le produit de Cauchy de la série par elle-même a pour coefficient \(\sum_{k=0}^{n} \binom{2k}{k} \binom{2n – 2k}{n – k}\). Par unicité des coefficients, cette somme vaut \(4^n\).
  4. Pour \(n = 2\), on trouve \(1 \times 6 + 2 \times 2 + 6 \times 1 = 16\). On obtient bien \(4^2\).

Corrigé de l’exercice 8 – Développement de l’arcsinus

Idée clé : l’arcsinus est la primitive nulle en \(0\) de \((1 – x^2)^{-1/2}\), que l’on développe grâce à l’exercice précédent.

  1. D’après le cours, \((1 – u)^{-1/2} = \sum \binom{2n}{n} \frac{u^n}{4^n}\) pour \(|u| < 1\). Avec \(u = x^2\), qui vérifie \(|x^2| < 1\) pour \(|x| < 1\), on obtient le résultat. Pour \(x \in ]-1, 1[\), \(\frac{1}{\sqrt{1 – x^2}} = \sum_{n \geqslant 0} \binom{2n}{n} \frac{x^{2n}}{4^n}\).
  2. On intègre terme à terme sur \([0, x]\), ce qui est licite à l’intérieur de l’intervalle ouvert de convergence. Comme \(\arcsin 0 = 0\), on obtient \(\arcsin x = \sum_{n \geqslant 0} \frac{\binom{2n}{n}}{4^n (2n + 1)}\, x^{2n+1}\) sur \(]-1, 1[\).
  3. Pour \(n = 1\), le coefficient vaut \(\frac{2}{4 \times 3} = \frac{1}{6}\). Pour \(n = 2\), il vaut \(\frac{6}{16 \times 5} = \frac{3}{40}\). Ainsi \(\arcsin x = x + \frac{x^3}{6} + \frac{3x^5}{40} + \cdots\), ce qui redonne le développement limité connu.

Corrigé de l’exercice 9 – Exponentielle de l’arctangente

Idée clé : on trouve une équation différentielle linéaire vérifiée par \(f\), puis on borne les coefficients pour garantir un rayon non nul.

  1. On a \(f^{\prime}(x) = \frac{1}{1 + x^2}\, \mathrm{e}^{\arctan x}\), donc \((1 + x^2) f^{\prime} = f\) et \(f(0) = 1\). Cette équation s’écrit \(y^{\prime} = \frac{y}{1 + x^2}\), qui est linéaire à coefficient continu sur \(\mathbb{R}\). Par le théorème de Cauchy linéaire, \(f\) en est l’unique solution valant \(1\) en \(0\).
  2. On a \(a_0 = S(0) = 1\). Le coefficient de \(x^n\) dans \((1 + x^2) S^{\prime}\) vaut \((n + 1) a_{n+1} + (n – 1) a_{n-1}\) pour \(n \geqslant 1\), et \(a_1\) pour \(n = 0\). Par unicité, l’équation donne \(a_1 = a_0 = 1\). Pour \(n \geqslant 1\), on a donc \((n + 1) a_{n+1} = a_n – (n – 1) a_{n-1}\).
  3. On a \(|a_0| = |a_1| = 1\). Supposons \(|a_{n-1}| \leqslant 1\) et \(|a_n| \leqslant 1\). Alors \(|a_{n+1}| \leqslant \frac{1 + (n – 1)}{n + 1} = \frac{n}{n + 1} \leqslant 1\). Ainsi \((a_n)\) est bornée, et la série converge pour \(|x| < 1\). Par conséquent, \(R \geqslant 1\).
  4. La somme \(S\) vérifie alors le même problème de Cauchy que \(f\) sur \(]-1, 1[\). Par unicité, \(S = f\) sur cet intervalle. La récurrence donne \(2a_2 = 1\), puis \(3a_3 = a_2 – a_1 = -\frac{1}{2}\), puis \(4a_4 = a_3 – 2a_2 = -\frac{7}{6}\). Ainsi \(a_2 = \frac{1}{2}\), \(a_3 = -\frac{1}{6}\) et \(a_4 = -\frac{7}{24}\).

Contrôlons ces valeurs par composition. Avec \(v = \arctan x = x – \frac{x^3}{3} + o(x^4)\), on développe \(\mathrm{e}^v = 1 + v + \frac{v^2}{2} + \frac{v^3}{6} + \frac{v^4}{24} + o(v^4)\). Le terme en \(x^3\) vaut \(-\frac{1}{3} + \frac{1}{6} = -\frac{1}{6}\). Celui en \(x^4\) vaut \(-\frac{1}{3} + \frac{1}{24} = -\frac{7}{24}\). Les deux méthodes concordent donc.

Corrigé de l’exercice 10 – Équation différentielle et sinus hyperbolique

Idée clé : le changement d’inconnue \(z = xy\) transforme l’équation en \(z^{\prime\prime} = z\), ce qui donne toutes les solutions et explique celles qui sont développables.

  1. On a \(x y^{\prime\prime} + 2y^{\prime} = \sum_{n \geqslant 1} n(n + 1) a_n x^{n-1}\). Le coefficient constant de \((E)\) donne \(2a_1 = 0\). Pour \(m \geqslant 1\), le coefficient de \(x^m\) donne \((m + 1)(m + 2) a_{m+1} = a_{m-1}\). Par conséquent, les coefficients impairs sont nuls, et \(a_{2k} = \frac{a_0}{(2k + 1)!}\) par récurrence. Le rayon est infini. Les solutions développables sont les \(y = a_0 \sum_{k \geqslant 0} \frac{x^{2k}}{(2k + 1)!}\), soit \(y(x) = a_0 \frac{\operatorname{sh} x}{x}\) pour \(x \neq 0\).
  2. On a \(z^{\prime} = y + x y^{\prime}\), puis \(z^{\prime\prime} = 2y^{\prime} + x y^{\prime\prime}\). Ainsi \((E)\) s’écrit \(z^{\prime\prime} = x y = z\). L’équivalence est démontrée.
  3. Les solutions de \(z^{\prime\prime} = z\) sont les \(a \operatorname{sh} x + b \operatorname{ch} x\). Les solutions sur \(]0, +\infty[\) sont donc les \(y(x) = \frac{a \operatorname{sh} x + b \operatorname{ch} x}{x}\). Si \(b \neq 0\), alors \(y(x) \sim \frac{b}{x}\) n’est pas bornée près de \(0\). Seules les solutions avec \(b = 0\) se prolongent en fonctions développables.

Corrigé de l’exercice 11 – Une fonction plate à droite

Idée clé : une récurrence donne la forme des dérivées, puis les croissances comparées et le théorème de la limite de la dérivée règlent le cas de \(0\).

  1. Pour \(n = 0\), on prend \(P_0 = 1\). Si la propriété vaut au rang \(n\), on dérive pour \(x > 0\) :
    \[f^{(n+1)}(x) = \frac{1}{x^2}\left(P_n\left(\tfrac{1}{x}\right) – P_n^{\prime}\left(\tfrac{1}{x}\right)\right) \mathrm{e}^{-1/x}.\]
    On pose donc \(P_{n+1}(u) = u^2 \left(P_n(u) – P_n^{\prime}(u)\right)\), qui est un polynôme.
  2. Quand \(x \to 0^+\), on pose \(u = 1/x \to +\infty\). Par croissances comparées, \(P_n(u)\, \mathrm{e}^{-u} \to 0\). Ainsi chaque \(f^{(n)}\) tend vers \(0\) à droite, et elle est nulle à gauche. Montrons par récurrence que \(f\) est \(\mathcal{C}^n\) avec \(f^{(n)}(0) = 0\). Si c’est vrai au rang \(n\), alors \(f^{(n)}\) est continue sur \(\mathbb{R}\), \(\mathcal{C}^1\) sur \(\mathbb{R}^*\), et sa dérivée a pour limite \(0\) en \(0\). Le théorème de la limite de la dérivée conclut. Donc \(f\) est \(\mathcal{C}^\infty\) sur \(\mathbb{R}\) et \(f^{(n)}(0) = 0\) pour tout \(n\).
  3. Raisonnons par l’absurde. Un développement de \(f\) sur \(]-r, r[\) aurait pour coefficients les \(\frac{f^{(n)}(0)}{n!}\), tous nuls. Il forcerait donc \(f\) à s’annuler sur \(]-r, r[\). C’est faux, puisque \(f(x) > 0\) pour \(0 < x < r\).

Corrigé de l’exercice 12 – Arctangente d’une homographie

Idée clé : deux fonctions de même dérivée sur un intervalle diffèrent d’une constante ; tout le piège est dans le mot « intervalle ».

  1. Posons \(v(x) = \frac{1 + x}{1 – x}\). On a \(v^{\prime}(x) = \frac{2}{(1 – x)^2}\) et \(1 + v(x)^2 = \frac{2(1 + x^2)}{(1 – x)^2}\). Donc \(u^{\prime}(x) = \frac{v^{\prime}(x)}{1 + v(x)^2} = \frac{1}{1 + x^2}\). Sur l’intervalle \(]-\infty, 1[\), la fonction \(u – \arctan\) est donc constante, égale à \(u(0) = \frac{\pi}{4}\). Ainsi \(u(x) = \frac{\pi}{4} + \arctan x\) pour \(x < 1\).
  2. On utilise le développement de l’arctangente sur \(]-1, 1[\). Pour \(|x| < 1\), \(u(x) = \frac{\pi}{4} + \sum_{p \geqslant 0} \frac{(-1)^p}{2p + 1}\, x^{2p+1}\).
  3. Sur \(]1, +\infty[\), on a encore \(u – \arctan\) constante. Quand \(x \to +\infty\), \(v(x) \to -1\), donc \(u(x) \to -\frac{\pi}{4}\), alors que \(\arctan x \to \frac{\pi}{2}\). Ainsi \(u(x) = \arctan x – \frac{3\pi}{4}\) pour \(x > 1\). La formule change car \(\mathbb{R} \setminus \{1\}\) n’est pas un intervalle, et \(u\) saute de \(\pi\) en \(1\). En effet, \(u\) tend vers \(\frac{\pi}{2}\) à gauche de \(1\) et vers \(-\frac{\pi}{2}\) à droite.

Corrigé de l’exercice 13 – Deux produits de Cauchy

Idée clé : le produit de deux séries de rayons \(R_1\) et \(R_2\) est développable sur le plus petit des deux intervalles, avec pour coefficients les sommes de Cauchy.

  1. Pour \(|x| < 1\), on multiplie \(\sum \frac{x^k}{k!}\) par \(\sum x^j\). Le coefficient de \(x^n\) vaut \(s_n = \sum_{k=0}^{n} \frac{1}{k!}\).
  2. On sait que \(s_n \to \mathrm{e}\). Comme \((s_n)\) est bornée, le rayon vaut au moins \(1\). En revanche, pour \(|x| \geqslant 1\), le terme \(s_n x^n\) ne tend pas vers \(0\). Donc \(s_n \to \mathrm{e}\) et le rayon vaut exactement \(1\).
  3. Pour \(|x| < 1\), on multiplie \(\sum_{k \geqslant 1} \frac{(-1)^{k-1}}{k} x^k\) par \(\sum_{j \geqslant 0} (-1)^j x^j\). Le coefficient de \(x^n\) vaut \(\sum_{k=1}^{n} \frac{(-1)^{k-1}}{k} (-1)^{n-k} = (-1)^{n-1} \sum_{k=1}^{n} \frac{1}{k}\). On obtient bien \(\frac{\ln(1 + x)}{1 + x} = \sum_{n \geqslant 1} (-1)^{n-1} H_n x^n\).

Corrigé de l’exercice 14 – Le produit du cosinus et du cosinus hyperbolique

Idée clé : on passe par la variable complexe \((1 + \mathrm{i})x\), puis on sépare partie réelle et partie imaginaire.

  1. On a \(\operatorname{ch}(a + b) = \operatorname{ch} a \operatorname{ch} b + \operatorname{sh} a \operatorname{sh} b\), y compris pour des complexes. Or \(\operatorname{ch}(\mathrm{i}x) = \cos x\) et \(\operatorname{sh}(\mathrm{i}x) = \mathrm{i} \sin x\). Donc \(\operatorname{ch}\left((1 + \mathrm{i})x\right) = \operatorname{ch} x \cos x + \mathrm{i} \operatorname{sh} x \sin x\).
  2. On a \((1 + \mathrm{i})^2 = 2\mathrm{i}\). Ainsi \(\operatorname{ch}\left((1 + \mathrm{i})x\right) = \sum_{n \geqslant 0} \frac{(1 + \mathrm{i})^{2n} x^{2n}}{(2n)!}\). Pour tout réel \(x\), cela vaut \(\sum_{n \geqslant 0} \frac{(2\mathrm{i})^n}{(2n)!}\, x^{2n}\).
  3. Le nombre \((2\mathrm{i})^n\) est réel pour \(n = 2m\), égal à \((-4)^m\). Il est imaginaire pur pour \(n = 2m + 1\), égal à \(2\mathrm{i}\,(-4)^m\). On prend les parties réelle et imaginaire, \(x\) étant réel. Ainsi \(\operatorname{ch} x \cos x = \sum_{m \geqslant 0} \frac{(-4)^m}{(4m)!}\, x^{4m}\) et \(\operatorname{sh} x \sin x = \sum_{m \geqslant 0} \frac{2\,(-4)^m}{(4m + 2)!}\, x^{4m+2}\). Par exemple, le coefficient de \(x^4\) vaut \(-\frac{4}{24} = -\frac{1}{6}\), ce que confirme le produit des développements limités.

La figure montre \(\operatorname{ch} x \cos x\) et deux sommes partielles. Seules les puissances multiples de \(4\) apparaissent, d’où une approximation très rapide près de \(0\).

Produit du cosinus hyperbolique et du cosinus avec ses sommes partielles de degrés 4 et 8

Corrigé de l’exercice 15 – Reste intégral du logarithme

Idée clé : le reste intégral se majore directement, à condition de bien gérer le facteur \((1 + t)^{-(n+1)}\) selon le signe de \(x\).

  1. Par récurrence, \(f^{(n+1)}(t) = \frac{(-1)^n\, n!}{(1 + t)^{n+1}}\). On en déduit \(R_n(x) = (-1)^n \int_0^x \frac{(x – t)^n}{(1 + t)^{n+1}}\, \mathrm{d}t\).
  2. Pour \(0 \leqslant t \leqslant x \leqslant 1\), on a \((1 + t)^{n+1} \geqslant 1\). Donc \(|R_n(x)| \leqslant \int_0^x (x – t)^n\, \mathrm{d}t = \frac{x^{n+1}}{n + 1}\). Ainsi \(|R_n(x)| \leqslant \frac{1}{n + 1}\).
  3. En \(x = 1\), le reste tend vers \(0\). La somme partielle d’ordre \(n\) de la série de Taylor converge donc vers \(\ln 2\). Ainsi \(\sum_{n \geqslant 1} \frac{(-1)^{n-1}}{n} = \ln 2\).
  4. L’inégalité \(t – x \leqslant |x|(1 + t) = -x – xt\) équivaut à \(t(1 + x) \leqslant 0\), qui est vraie car \(t \leqslant 0\) et \(1 + x > 0\). Ensuite, on écrit \(|R_n(x)| = \int_x^0 \left(\frac{t – x}{1 + t}\right)^n \frac{\mathrm{d}t}{1 + t}\). Cette intégrale est majorée par \(|x|^n \int_x^0 \frac{\mathrm{d}t}{1 + t} = -|x|^n \ln(1 + x)\). Comme \(|x| < 1\), on obtient \(R_n(x) \to 0\).

Corrigé de l’exercice 16 – Premiers coefficients de la tangente

Idée clé : on reporte un développement impair inconnu dans \(y^{\prime} = 1 + y^2\) et on identifie, degré par degré.

  1. La fonction \(\tan\) est impaire. Par unicité du développement, ses coefficients d’indice pair sont nuls.
  2. On écrit \(\tan x = a_1 x + a_3 x^3 + a_5 x^5 + a_7 x^7 + \cdots\). Le terme constant de \(\tan^{\prime}\) vaut \(a_1\), et celui de \(1 + \tan^2\) vaut \(1\). Donc \(a_1 = 1\). Ensuite, \(\tan^2 x = x^2 + 2a_3 x^4 + (a_3^2 + 2a_5) x^6 + \cdots\). On identifie les coefficients de \(x^2\), \(x^4\) et \(x^6\) : \(3a_3 = 1\), \(5a_5 = 2a_3\) et \(7a_7 = a_3^2 + 2a_5\). Or \(a_3^2 + 2a_5 = \frac{1}{9} + \frac{4}{15} = \frac{17}{45}\). Ainsi \(a_1 = 1\), \(a_3 = \frac{1}{3}\), \(a_5 = \frac{2}{15}\) et \(a_7 = \frac{17}{315}\).
  3. On a \(\frac{\sin x}{\cos x} = \left(x – \frac{x^3}{6}\right)\left(1 + \frac{x^2}{2}\right) + o(x^3) = x + \frac{x^3}{3} + o(x^3)\). Les deux premiers coefficients sont confirmés.

Pour approfondir

Corrigé de l’exercice 17 – Nombre de dérangements

Idée clé : la relation de dénombrement est exactement le coefficient d’un produit de Cauchy entre \(\mathrm{e}^x\) et \(D(x)\).

  1. Une permutation ayant exactement \(n – k\) points fixes se décrit par le choix de ces points, puis par un dérangement des \(k\) autres. Il y a \(\binom{n}{n-k} d_k = \binom{n}{k} d_k\) telles permutations. En sommant sur \(k\), on obtient \(n! = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} d_k\).
  2. On a \(0 \leqslant d_n \leqslant n!\), donc \(0 \leqslant \frac{d_n}{n!} \leqslant 1\). La série est dominée par \(\sum |x|^n\), qui converge pour \(|x| < 1\). Le rayon est donc au moins \(1\).
  3. Pour \(|x| < 1\), le produit de Cauchy de \(\sum \frac{x^j}{j!}\) et de \(\sum \frac{d_k}{k!} x^k\) a pour coefficient d’indice \(n\) :
    \[\sum_{k=0}^{n} \frac{1}{(n – k)!} \cdot \frac{d_k}{k!} = \frac{1}{n!} \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} d_k = 1.\]
    Ainsi \(\mathrm{e}^x D(x) = \sum x^n = \frac{1}{1 – x}\).
  4. On a donc \(D(x) = \mathrm{e}^{-x} \cdot \frac{1}{1 – x}\), produit de deux séries. Par unicité, \(\frac{d_n}{n!} = \sum_{k=0}^{n} \frac{(-1)^k}{k!}\). Alors \(d_4 = 24 \left(\frac{1}{2} – \frac{1}{6} + \frac{1}{24}\right) = 12 – 4 + 1\) et, puisque la formule donne \(d_n = n\, d_{n-1} + (-1)^n\), \(d_5 = 5 \times 9 – 1\). On trouve \(d_4 = 9\) et \(d_5 = 44\).
  5. La somme partielle de la série exponentielle en \(-1\) tend vers \(\mathrm{e}^{-1}\). Donc \(\frac{d_n}{n!} \to \frac{1}{\mathrm{e}} \approx 0{,}368\). Pour \(n\) grand, une permutation tirée au hasard n’a aucun point fixe avec une probabilité proche de \(37\,\%\).

La figure montre la convergence très rapide de \(d_n / n!\) vers \(1/\mathrm{e}\), avec des valeurs alternativement au-dessus et au-dessous de la limite.

Valeurs de la proportion de dérangements pour n de 1 à 12 qui convergent vers un sur e

Corrigé de l’exercice 18 – Une série de Taylor de rayon nul

Idée clé : on minore la dérivée d’ordre \(2k\) en \(0\) par un seul terme bien choisi de la série, celui d’indice \(n = 2k\).

  1. Posons \(u_n(x) = \mathrm{e}^{-n} \cos(n^2 x)\). Pour tout \(j\), on a \(u_n^{(j)}(x) = \mathrm{e}^{-n} n^{2j} \cos\left(n^2 x + j\frac{\pi}{2}\right)\), donc \(\|u_n^{(j)}\|_\infty \leqslant n^{2j} \mathrm{e}^{-n}\). Ce majorant est le terme d’une série convergente, car \(n^{2j} \mathrm{e}^{-n} = o\left(\frac{1}{n^2}\right)\). Le théorème de dérivation des séries de fonctions s’applique à tout ordre. Donc \(f\) est \(\mathcal{C}^\infty\) et \(f^{(2k)}(0) = (-1)^k \sum_{n \geqslant 0} \mathrm{e}^{-n} n^{4k}\).
  2. Pour un ordre impair, chaque terme contient \(\cos\left((2k + 1)\frac{\pi}{2}\right) = 0\). Donc \(f^{(2k+1)}(0) = 0\).
  3. Tous les termes de la série sont positifs, donc \(|f^{(2k)}(0)| \geqslant \mathrm{e}^{-2k} (2k)^{4k}\). De plus, \((2k)! \leqslant (2k)^{2k}\). Ainsi \(\frac{|f^{(2k)}(0)|}{(2k)!} \geqslant \frac{(2k)^{4k}}{\mathrm{e}^{2k} (2k)^{2k}} = \left(\frac{2k}{\mathrm{e}}\right)^{2k}\).
  4. Pour \(x > 0\), le terme d’indice \(2k\) de la série de Taylor vérifie \(|a_{2k}| x^{2k} \geqslant \left(\frac{2kx}{\mathrm{e}}\right)^{2k}\), qui tend vers \(+\infty\). La série diverge donc grossièrement pour tout \(x \neq 0\). Le rayon est nul, et \(f\) n’est pas développable en série entière, bien qu’elle soit \(\mathcal{C}^\infty\).

Corrigé de l’exercice 19 – Problème – Des solutions qui dépassent le rayon

Idée clé : le premier membre est la dérivée seconde de \((1 + x^2) y\), ce qui donne toutes les solutions sans série ; les séries ne voient que l’intervalle \(]-1, 1[\).

  1. Le coefficient de \(x^n\) dans \((1 + x^2) y^{\prime\prime}\) vaut \((n + 2)(n + 1) a_{n+2} + n(n – 1) a_n\). Celui de \(4x y^{\prime} + 2y\) vaut \((4n + 2) a_n\). Or \(n(n – 1) + 4n + 2 = (n + 1)(n + 2)\). Le coefficient total vaut donc \((n + 1)(n + 2)(a_{n+2} + a_n)\). Par unicité, \(y\) est solution si et seulement si \(a_{n+2} = -a_n\) pour tout \(n\).
  2. On obtient \(a_{2p} = (-1)^p a_0\) et \(a_{2p+1} = (-1)^p a_1\). Si \((a_0, a_1) \neq (0, 0)\), les coefficients ne tendent pas vers \(0\) mais restent bornés, donc le rayon vaut \(1\). On reconnaît alors deux séries géométriques de raison \(-x^2\). Les solutions développables sont les \(y(x) = \frac{a_0 + a_1 x}{1 + x^2}\) sur \(]-1, 1[\).
  3. On a \(\left((1 + x^2) y\right)^{\prime} = 2x y + (1 + x^2) y^{\prime}\). En dérivant encore, on obtient \(2y + 4x y^{\prime} + (1 + x^2) y^{\prime\prime}\). L’identité est démontrée.
  4. Ainsi \(y\) est solution sur \(\mathbb{R}\) si et seulement si \(\left((1 + x^2) y\right)^{\prime\prime} = 0\), c’est-à-dire \((1 + x^2) y = a + bx\). Les solutions sur \(\mathbb{R}\) sont les \(y(x) = \frac{a + bx}{1 + x^2}\), avec \(a, b\) réels.
  5. Les deux méthodes donnent les mêmes fonctions, mais les séries ne les représentent que sur \(]-1, 1[\). La fonction \(\frac{1}{1 + x^2}\) est pourtant régulière sur \(\mathbb{R}\). Le rayon est limité par les zéros complexes \(\pm \mathrm{i}\) du coefficient \(1 + x^2\), situés à distance \(1\) de l’origine.

La figure compare la solution \(\frac{1}{1 + x^2}\) à deux sommes partielles de sa série. Elles collent à la courbe sur \(]-1, 1[\), puis s’en écartent brutalement.

Solution un sur un plus x carré et sommes partielles de sa série qui divergent hors de l'intervalle moins un un

Corrigé de l’exercice 20 – Problème – Une intégrale elliptique

Idée clé : on développe l’intégrande en série de fonctions de \(t\), on intègre terme à terme sur un segment, puis les intégrales de Wallis donnent les coefficients.

  1. Pour \(|x| < 1\) et \(t \in [0, \frac{\pi}{2}]\), on a \(1 – x \sin^2 t \geqslant 1 – |x| > 0\). L’intégrande est donc continue sur le segment. Ainsi \(K(x)\) est bien définie.
  2. Le cas \(\alpha = -\frac{1}{2}\) du cours, appliqué en \(-u\), donne \((1 – u)^{-1/2} = \sum_{n \geqslant 0} c_n u^n\) pour \(|u| < 1\). En effet, le coefficient vaut \(\frac{1 \times 3 \times \cdots \times (2n – 1)}{2^n\, n!} = c_n\). De plus, \(c_0 = 1\) et \(\frac{c_{n+1}}{c_n} = \frac{2n + 1}{2n + 2} < 1\). Par récurrence, \(0 < c_n \leqslant 1\).
  3. Pour \(m \geqslant 2\), on intègre par parties \(\sin^{m-1} t \times \sin t\). Le crochet \(\left[-\cos t \sin^{m-1} t\right]_0^{\pi/2}\) est nul. Il reste \(W_m = (m – 1) \int_0^{\pi/2} \sin^{m-2} t \cos^2 t\, \mathrm{d}t = (m – 1)(W_{m-2} – W_m)\). Donc \(m W_m = (m – 1) W_{m-2}\). Ensuite, \(W_0 = \frac{\pi}{2}\) et \(W_{2n} = \frac{\pi}{2} \prod_{k=1}^{n} \frac{2k – 1}{2k}\). Or ce produit vaut \(c_n\). Ainsi \(W_{2n} = \frac{\pi}{2}\, c_n\).
  4. Pour \(t \in [0, \frac{\pi}{2}]\), on a \(|x \sin^2 t| \leqslant |x| < 1\). Donc l’intégrande vaut \(\sum_{n \geqslant 0} c_n x^n \sin^{2n} t\). Chaque terme est majoré par \(c_n |x|^n \leqslant |x|^n\), indépendamment de \(t\). La série converge donc normalement sur le segment, ce qui autorise l’intégration terme à terme. Ainsi \(K(x) = \sum c_n x^n W_{2n} = \frac{\pi}{2} \sum_{n \geqslant 0} c_n^2\, x^n\).
  5. On a \(\frac{c_{n+1}^2}{c_n^2} = \left(\frac{2n + 1}{2n + 2}\right)^2 \to 1\). Par d’Alembert, le rayon vaut \(1\). Enfin, \(c_0 = 1\), \(c_1 = \frac{1}{2}\) et \(c_2 = \frac{3}{8}\). Donc \(K(x) = \frac{\pi}{2}\left(1 + \frac{x}{4} + \frac{9x^2}{64}\right) + \cdots\), avec un rayon égal à \(1\).

Ce résultat appelle deux commentaires. D’abord, l’échange entre somme et intégrale repose sur la convergence normale sur un segment, et non sur le théorème d’intégration terme à terme des séries entières. En effet, la variable d’intégration est \(t\), et \(x\) n’est qu’un paramètre. Ensuite, quand \(x \to 1^-\), la fonction \(K\) tend vers \(+\infty\). Cela est cohérent avec le comportement des coefficients, puisque \(c_n^2 \sim \frac{1}{\pi n}\) et que la série \(\sum \frac{1}{n}\) diverge.

Pour aller plus loin

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