QCM : Polynôme minimal et lemme des noyaux en maths spé (MP)
Ce QCM noyaux MP entraîne les réflexes de réduction par les polynômes. Les douze questions partent de la structure d’algèbre et du morphisme \(P\mapsto P(u)\), puis passent au polynôme minimal, à la dimension de \(\mathbb{K}[u]\) et au lien entre polynôme annulateur et valeurs propres. Elles traitent ensuite la diagonalisabilité par un polynôme scindé à racines simples, le lemme de décomposition des noyaux, le théorème de Cayley-Hamilton, les sous-espaces caractéristiques et les endomorphismes nilpotents.
Réponds d’abord sans ouvrir le cours, en écrivant au brouillon le polynôme annulateur factorisé : c’est lui qui débloque presque tout. Lis ensuite les explications. Elles justifient la bonne réponse et montrent l’erreur cachée derrière chaque piège, souvent une inclusion prise pour une égalité.
Les 12 questions
Question 1
Parmi ces parties de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\), laquelle est une sous-algèbre ?
- Les matrices de trace nulle
- Les matrices inversibles
- Les matrices symétriques
- Les matrices triangulaires supérieures
Réponse D.
Une sous-algèbre doit être un sous-espace vectoriel contenant \(I_2\) et stable par produit. Les triangulaires supérieures vérifient ces trois conditions. En revanche, les matrices de trace nulle ne contiennent pas \(I_2\), et les inversibles ne forment pas un sous-espace, puisque 0 en est absent. Enfin, le produit de deux symétriques n’est pas toujours symétrique.
Question 2
Soit \(u\in\mathcal{L}(E)\) avec \(\dim E=5\), dont le polynôme minimal est de degré 3. Quelle est la dimension de \(\mathbb{K}[u]\) ?
- \(5\)
- \(3\)
- \(25\)
- \(4\)
Réponse B.
Le morphisme \(P\mapsto P(u)\) a pour noyau l’idéal engendré par \(\pi_u\) et pour image \(\mathbb{K}[u]\). Par conséquent, \((\mathrm{Id},u,u^2)\) est une base de \(\mathbb{K}[u]\), qui est de dimension 3. Le piège 25 donne la dimension de \(\mathcal{L}(E)\) tout entier. Le piège 4 compte les coefficients de \(\pi_u\), soit un de trop.
Question 3
Quel est le polynôme minimal de \(A=\begin{pmatrix}2&1\\0&2\end{pmatrix}\) ?
- \(X-2\)
- \((X-2)^2\)
- \(X^2-4\)
- \((X-2)^3\)
Réponse B.
La seule valeur propre est 2, donc \(\pi_A\) est une puissance de \(X-2\). Or \(A-2I_2\) n’est pas nulle, tandis que son carré l’est. Ainsi \(\pi_A=(X-2)^2\). Le piège \(X-2\) supposerait \(A=2I_2\). Quant à \(X^2-4\), il ferait de \(-2\) une valeur propre, ce qui contredit la diagonale de \(A\).
Question 4
Un endomorphisme \(u\) vérifie \(u^3=4u\). Que peut-on dire de ses valeurs propres ?
- Ce sont exactement \(-2\), \(0\) et \(2\)
- Elles appartiennent à \(\{0,4\}\)
- Elles appartiennent à \(\{-2,0,2\}\)
- Elles appartiennent à \(\{0,2\}\)
Réponse C.
Si \(u(x)=\lambda x\) avec \(x\neq 0\), alors \(\lambda^3x=4\lambda x\), donc \(\lambda\) est racine de \(X^3-4X\). Ainsi le spectre est inclus dans \(\{-2,0,2\}\). Cependant il n’y a pas égalité : l’endomorphisme nul vérifie aussi \(u^3=4u\). Le piège \(\{0,4\}\) lit mal le polynôme, et \(\{0,2\}\) oublie la racine négative.
Question 5
Soit \(u\in\mathcal{L}(\mathbb{R}^n)\) tel que \(u^3=u\). Que peut-on conclure ?
- \(u\) n’est pas forcément diagonalisable
- \(u\) vaut \(0\), \(\mathrm{Id}\) ou \(-\mathrm{Id}\)
- \(u\) est diagonalisable seulement s’il est inversible
- \(u\) est diagonalisable
Réponse D.
Le polynôme \(X^3-X=X(X-1)(X+1)\) annule \(u\) et il est scindé à racines simples sur \(\mathbb{R}\). Par conséquent, \(u\) est diagonalisable, avec un spectre inclus dans \(\{-1,0,1\}\). Le piège des trois seuls endomorphismes oublie les mélanges, par exemple une symétrie ou un projecteur. L’inversibilité n’intervient pas : 0 peut être valeur propre.
Question 6
Soit \(u\in\mathcal{L}(\mathbb{R}^n)\) tel que \(u^2=-\mathrm{Id}\). Que peut-on affirmer ?
- \(u\) est diagonalisable sur \(\mathbb{R}\)
- La dimension \(n\) peut être impaire
- \(u\) admet \(-1\) pour valeur propre
- La dimension \(n\) est forcément paire
Réponse D.
En passant au déterminant, \(\det(u)^2=\det(-\mathrm{Id})=(-1)^n\). Or un carré réel est positif, donc \(n\) est pair. De plus, \(X^2+1\) n’a pas de racine réelle, ainsi \(u\) n’a aucune valeur propre réelle et n’est pas diagonalisable sur \(\mathbb{R}\). Le piège \(-1\) confond \(u^2=-\mathrm{Id}\) avec \(u=-\mathrm{Id}\).
Question 7
Un endomorphisme \(u\) de \(E\) vérifie \(u^3-2u^2+u=0\). Quelle décomposition fournit le lemme des noyaux ?
- \(E=\ker u\oplus\ker(u-\mathrm{Id})^2\)
- \(E=\ker u\oplus\ker(u-\mathrm{Id})\)
- \(E=\ker u^2\oplus\ker(u-\mathrm{Id})\)
- \(E=\ker u+\ker(u-\mathrm{Id})^2\), somme non directe
Réponse A.
On factorise \(X^3-2X^2+X=X(X-1)^2\), et les facteurs \(X\) et \((X-1)^2\) sont premiers entre eux. Le lemme donne donc une somme directe des deux noyaux, avec l’exposant 2 conservé. Le piège sans carré n’est vrai que si \(u\) est diagonalisable. Celui en \(\ker u^2\) déplace l’exposant sur le mauvais facteur.
Question 8
Soit \(A\in\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) avec \(\mathrm{tr}\,A=5\) et \(\det A=6\). Que vaut \(A^{-1}\) ?
- \(\tfrac16(5I_2-A)\)
- \(\tfrac16(A-5I_2)\)
- \(\tfrac15(6I_2-A)\)
- \(\tfrac16(A+5I_2)\)
Réponse A.
Le polynôme caractéristique est \(X^2-5X+6\), et Cayley-Hamilton donne \(A^2-5A+6I_2=0\). Ainsi \(A(5I_2-A)=6I_2\), d’où l’inverse annoncé. Le piège \(\tfrac16(A-5I_2)\) se trompe de signe en isolant \(6I_2\). La réponse \(\tfrac15(6I_2-A)\) échange les rôles de la trace et du déterminant.
Question 9
Le polynôme caractéristique de \(u\) est \((X-1)^3(X+2)\). Lequel de ces polynômes peut être son polynôme minimal ?
- \((X-1)^3\)
- \((X-1)^4(X+2)\)
- \((X-1)^2(X+2)\)
- \((X-1)(X+2)^2\)
Réponse C.
Par Cayley-Hamilton, \(\pi_u\) divise \(\chi_u\). De plus, toute valeur propre est racine de \(\pi_u\), donc les facteurs \(X-1\) et \(X+2\) apparaissent tous deux. Le piège \((X-1)^3\) oublie la valeur propre \(-2\). Les deux autres ne divisent pas \(\chi_u\), puisque leurs exposants dépassent les multiplicités.
Question 10
Avec ce même polynôme caractéristique \((X-1)^3(X+2)\), quelle est la dimension de \(\ker(u-\mathrm{Id})^3\) ?
- \(1\)
- \(3\)
- Un entier entre 1 et 3, selon \(u\)
- \(4\)
Réponse B.
Le sous-espace caractéristique \(\ker(u-\mathrm{Id})^3\) a pour dimension la multiplicité de 1 dans \(\chi_u\), soit 3. En effet, le lemme des noyaux appliqué à \(\chi_u\) décompose l’espace de dimension 4 en ce sous-espace et en la droite \(\ker(u+2\,\mathrm{Id})\). Le piège « entre 1 et 3 » décrit plutôt le sous-espace propre.
Question 11
Soit \(u\) nilpotent sur un espace de dimension 3, avec \(u^2\neq 0\). Quel est son polynôme minimal ?
- \(X^2\)
- \(X^4\)
- \(X^3\)
- \(X\)
Réponse C.
Le polynôme minimal d’un nilpotent est \(X^p\), où \(p\) est l’indice de nilpotence. Or l’indice est au plus égal à la dimension, ici 3, et \(u^2\neq 0\) impose \(p\geqslant 3\). Donc \(\pi_u=X^3\). Le piège \(X^4\) dépasse le degré du polynôme caractéristique, ce qui contredit Cayley-Hamilton.
Question 12
Une matrice \(A\) vérifie \(A^2=A+2I\). Pour \(n\in\mathbb{N}\), on écrit \(A^n=a_nA+b_nI\). Que valent \(a_n\) et \(b_n\) ?
- \(a_n=\tfrac{2^n-(-1)^n}{3}\), \(b_n=\tfrac{2^n+2(-1)^n}{3}\)
- \(a_n=\tfrac{2^n+(-1)^n}{3}\), \(b_n=\tfrac{2^n-2(-1)^n}{3}\)
- \(a_n=2^n-(-1)^n\), \(b_n=2^n+2(-1)^n\)
- \(a_n=\tfrac{2^n-(-1)^n}{3}\), \(b_n=\tfrac{2^n-(-1)^n}{3}\)
Réponse A.
On divise \(X^n\) par \((X-2)(X+1)\) : le reste \(a_nX+b_n\) prend les mêmes valeurs que \(X^n\) en 2 et en \(-1\). Ainsi \(2a_n+b_n=2^n\) et \(-a_n+b_n=(-1)^n\). On contrôle avec \(n=1\), qui donne \(a_1=1\) et \(b_1=0\). Le piège sans division par 3 oublie de résoudre complètement le système.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths spé (MP) sur polynôme minimal et lemme des noyaux
- S’exercer : exercices corrigés sur polynôme minimal et lemme des noyaux
- QCM précédent : QCM : Diagonaliser et trigonaliser en maths spé (MP)
- QCM suivant : QCM : Normes et normes équivalentes en maths spé (MP)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths spé (MP)
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