QCM : Intégrabilité sur un intervalle en maths spé (MP)

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Ce QCM intégrabilité MP passe en revue les réflexes d’analyse aux bornes d’un intervalle ouvert ou non borné. Il commence par les intégrales de Riemann et les exponentielles, puis vérifie l’usage correct des théorèmes de comparaison, qui exigent des fonctions positives. Viennent ensuite ce qui sépare une intégrale convergente d’une fonction intégrable, la norme de la convergence en moyenne, l’intégration par parties généralisée et le changement de variable. Les dernières questions portent sur l’intégration des relations de comparaison, utile pour estimer une intégrale partielle ou un reste.

Réponds d’abord sans ouvrir le cours, en notant au brouillon la borne qui pose problème et l’équivalent utilisé. Lis ensuite chaque explication : elle justifie la bonne réponse et décrit le piège correspondant, comme une hypothèse de signe oubliée ou une borne mal identifiée.

Les 12 questions

Question 1

Laquelle de ces fonctions est intégrable sur \([1,+\infty[\) ?

  1. \(t\mapsto \dfrac{1}{\sqrt[3]{t}}\)
  2. \(t\mapsto \dfrac{1}{t}\)
  3. \(t\mapsto \dfrac{1}{t^{0{,}9}}\)
  4. \(t\mapsto \dfrac{1}{t^{1{,}2}}\)

Réponse D.

En \(+\infty\), une puissance \(t^{-\alpha}\) n’est intégrable que pour \(\alpha>1\). Ici, seul l’exposant \(1{,}2\) dépasse strictement 1. Le piège \(1/t\) correspond au cas limite \(\alpha=1\), qui diverge comme le logarithme. Quant aux exposants \(1/3\) et \(0{,}9\), ils sont inférieurs à 1 : ces fonctions décroissent trop lentement.

Question 2

Laquelle de ces fonctions est intégrable sur \(]0,1]\) ?

  1. \(t\mapsto t^{-3/2}\)
  2. \(t\mapsto t^{-1}\)
  3. \(t\mapsto t^{-2/3}\)
  4. \(t\mapsto t^{-2}\)

Réponse C.

Au voisinage de 0, la condition s’inverse : \(t\mapsto t^{-\alpha}\) est intégrable sur \(]0,1]\) si et seulement si \(\alpha<1\). Ainsi, seul l’exposant \(2/3\) convient. La réponse \(t^{-3/2}\) applique par erreur le critère valable en \(+\infty\). De plus, \(t^{-1}\) est encore le cas limite divergent, avec une primitive \(\ln t\) qui tend vers \(-\infty\).

Question 3

Que vaut \(\displaystyle\int_0^{+\infty} e^{-3t}\,dt\) ?

  1. \(3\)
  2. \(-\dfrac{1}{3}\)
  3. Elle diverge
  4. \(\dfrac{1}{3}\)

Réponse D.

Une primitive de \(e^{-3t}\) est \(-\tfrac{1}{3}e^{-3t}\), qui tend vers 0 en \(+\infty\). Par conséquent, l’intégrale vaut \(0-(-\tfrac13)=\tfrac13\). La valeur \(-\tfrac13\) vient d’un crochet évalué dans le mauvais sens ; elle est d’ailleurs impossible puisque l’intégrande est positive. Enfin, la réponse 3 confond le coefficient \(a\) avec \(1/a\).

Question 4

Soient \(f\) et \(g\) continues sur \([a,+\infty[\) avec \(0\leq f\leq g\). Quelle affirmation est toujours vraie ?

  1. Si \(f\) est intégrable, alors \(g\) est intégrable
  2. Si \(g\) est intégrable, alors \(f\) est intégrable
  3. \(f\) et \(g\) sont toujours de même nature
  4. Si \(g\) n’est pas intégrable, alors \(f\) non plus

Réponse B.

Pour des fonctions positives, la majoration se transmet de la plus grande à la plus petite : les intégrales partielles de \(f\) sont croissantes et bornées par celles de \(g\). Le sens inverse échoue : prendre \(f=0\) et \(g=1\) suffit à le voir. Ce même exemple réfute aussi l’idée que les deux fonctions sont de même nature, qui exigerait un équivalent.

Question 5

Sur \([1,+\infty[\), que dire de \(t\mapsto \dfrac{\sin t}{t}\) ?

  1. Son intégrale converge, mais elle n’est pas intégrable
  2. Elle est intégrable car majorée par \(1/t\)
  3. Son intégrale diverge car \(1/t\) n’est pas intégrable
  4. Elle est intégrable car elle tend vers 0

Réponse A.

Une intégration par parties ramène l’étude à \(\int \cos t/t^2\), absolument convergente : l’intégrale converge donc. Cependant, \(|\sin t|\geq \sin^2 t=\tfrac{1-\cos 2t}{2}\) montre que la valeur absolue n’est pas intégrable. Le piège « majorée par \(1/t\) » oublie que ce majorant n’est pas intégrable. De même, une limite nulle ne suffit jamais à conclure.

Question 6

On pose \(f(t)=\ln\left(1+\dfrac{1}{t^2}\right)\) pour \(t>0\). Que peut-on affirmer ?

  1. \(f\) n’est pas intégrable au voisinage de 0
  2. \(f\) n’est pas intégrable au voisinage de \(+\infty\)
  3. \(f\) est intégrable sur \(]0,+\infty[\)
  4. \(f\) est intégrable seulement sur \([1,+\infty[\)

Réponse C.

Il faut étudier chaque borne séparément. En \(+\infty\), \(f(t)\sim 1/t^2\), qui est intégrable. Près de 0, \(f(t)=\ln(1+t^2)-2\ln t\sim -2\ln t\), et le logarithme est intégrable sur \(]0,1]\). Ainsi, \(f\) est intégrable sur tout l’intervalle. Le piège principal consiste à croire qu’une fonction non bornée en 0 ne peut pas être intégrable.

Question 7

Sur l’espace des fonctions continues et intégrables sur un intervalle \(I\), l’application \(f\mapsto \int_I |f|\) est :

  1. Seulement une semi-norme
  2. Une norme
  3. Une norme seulement si \(I\) est un segment
  4. Une norme seulement si \(I\) est borné

Réponse B.

L’homogénéité et l’inégalité triangulaire découlent de la linéarité et de la positivité de l’intégrale. Le point délicat est la séparation : si \(\int_I|f|=0\) avec \(|f|\) continue et positive, alors \(f\) est nulle. La continuité est donc essentielle. Le piège « semi-norme » vaut pour les fonctions continues par morceaux, et la nature de \(I\) ne joue aucun rôle.

Question 8

Que vaut \(\displaystyle\int_1^{+\infty}\left(\frac{1}{t}-\frac{1}{t+1}\right)dt\) ?

  1. \(\ln 2\)
  2. \(0\)
  3. Elle diverge
  4. \(1\)

Réponse A.

On ne peut pas séparer l’intégrale en deux, car \(\int 1/t\) et \(\int 1/(t+1)\) divergent toutes deux. On travaille donc sur une intégrale partielle : \(\int_1^X = \ln X-\ln(X+1)+\ln 2\), qui tend vers \(\ln 2\). La réponse 0 vient d’un calcul formel du type « infini moins infini ». Ainsi, la linéarité ne s’applique qu’à des intégrales déjà convergentes.

Question 9

Pour une intégration par parties sur \(]a,b[\) avec \(u,v\) de classe \(C^1\), quelle hypothèse assure que \(\int_a^b u^{\prime}v\) et \(\int_a^b uv^{\prime}\) sont de même nature ?

  1. \(u\) et \(v\) sont bornées sur \(]a,b[\)
  2. \(uv\) admet une limite finie en \(a\) et en \(b\)
  3. \(uv\) tend vers 0 en \(a\) et en \(b\)
  4. \(u^{\prime}v\) est positive sur \(]a,b[\)

Réponse B.

Sur un segment intérieur \([x,y]\), la formule usuelle s’applique. En faisant tendre \(x\) vers \(a\) et \(y\) vers \(b\), il suffit que le crochet \(uv\) ait des limites finies. La condition « tend vers 0 » est suffisante mais trop forte. En effet, des limites non nulles changent seulement la valeur du crochet. Enfin, des fonctions bornées peuvent avoir un produit sans limite, comme \(\sin\).

Question 10

Avec le changement de variable \(t=u^2\), que vaut \(\displaystyle\int_0^{+\infty}\frac{dt}{(1+t)\sqrt{t}}\) ?

  1. \(\pi\)
  2. \(\dfrac{\pi}{2}\)
  3. \(2\pi\)
  4. Elle diverge

Réponse A.

L’application \(u\mapsto u^2\) est une bijection \(C^1\) strictement croissante de \(]0,+\infty[\) sur lui-même. Comme \(dt=2u\,du\) et \(\sqrt{t}=u\), l’intégrande devient \(2/(1+u^2)\). Le résultat vaut donc \(2\times\pi/2=\pi\). La réponse \(\pi/2\) oublie le facteur 2 venu de la dérivée. Par ailleurs, l’intégrale converge : l’intégrande se comporte en \(t^{-1/2}\) près de 0 et en \(t^{-3/2}\) en \(+\infty\).

Question 11

Quel est un équivalent de \(\displaystyle\int_1^x\frac{\sqrt{t}}{1+t}\,dt\) quand \(x\to+\infty\) ?

  1. \(\sqrt{x}\)
  2. \(\ln x\)
  3. \(\dfrac{2}{3}x\sqrt{x}\)
  4. \(2\sqrt{x}\)

Réponse D.

En \(+\infty\), l’intégrande est équivalente à \(1/\sqrt{t}\), positive et non intégrable. Par conséquent, on peut intégrer cet équivalent entre 1 et \(x\) : les intégrales partielles sont équivalentes. Or \(\int_1^x t^{-1/2}dt=2\sqrt{x}-2\sim 2\sqrt{x}\). Le piège \(\sqrt{x}\) oublie le facteur 2 de la primitive. De son côté, \(\ln x\) remplace à tort l’intégrande par \(1/t\).

Question 12

Quel est un équivalent du reste \(\displaystyle\int_x^{+\infty}e^{-t^3}\,dt\) quand \(x\to+\infty\) ?

  1. \(\dfrac{e^{-x^3}}{3x}\)
  2. \(e^{-x^3}\)
  3. \(\dfrac{e^{-x^3}}{3x^2}\)
  4. \(3x^2\,e^{-x^3}\)

Réponse C.

Posons \(\psi(x)=e^{-x^3}/(3x^2)\). Sa dérivée vaut \(-e^{-x^3}\left(1+\tfrac{2}{3x^3}\right)\), donc \(-\psi^{\prime}(t)\sim e^{-t^3}\), fonction positive et intégrable. Les restes sont alors équivalents, et \(\psi\) tend vers 0, d’où le résultat. La réponse \(3x^2\,e^{-x^3}\) multiplie au lieu de diviser par la dérivée de \(t^3\). Quant à \(e^{-x^3}\), elle ignore ce facteur et surestime le reste.

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