QCM : Quantificateurs et raisonnements en maths sup (MPSI)
Ce QCM raisonnements MPSI rassemble les outils de rédaction de la première semaine de prépa. Il teste d’abord la lecture des quantificateurs et de leur ordre, puis les notions de condition nécessaire et de condition suffisante. Il demande ensuite d’écrire une contraposée, de juger une réciproque et de choisir entre disjonction des cas, raisonnement par l’absurde et analyse-synthèse. La fin porte sur les récurrences simple, double et forte, ainsi que sur la négation d’une phrase à trois quantificateurs.
Réponds d’abord sans le cours, en traduisant chaque énoncé en symboles au brouillon. Lis ensuite chaque explication. Elle justifie la bonne réponse et décrit le piège visé : réciproque prise pour une contraposée, « ou » mal nié, hérédité sans initialisation, analyse confondue avec une preuve d’existence.
Les 12 questions
Question 1
Soit \((u_n)\) une suite réelle quelconque. Laquelle de ces assertions est vraie pour toutes les suites ?
- \(\exists M\in\mathbb{R},\ \forall n\in\mathbb{N},\ u_n\le M\)
- \(\forall n\in\mathbb{N},\ \exists M\in\mathbb{R},\ u_n\le M\)
- \(\exists M\in\mathbb{R},\ \forall n\in\mathbb{N},\ u_n\ge M\)
- \(\forall M\in\mathbb{R},\ \exists n\in\mathbb{N},\ u_n\le M\)
Réponse B.
Lorsque le « pour tout » vient en premier, \(M\) peut dépendre de \(n\) : il suffit de prendre \(M=u_n\). L’assertion est donc toujours vraie. En revanche, placer \(\exists M\) en tête impose un même majorant pour tous les termes : c’est la définition d’une suite majorée, fausse pour \(u_n=n\). De même, la version avec \(\forall M\) exige des termes arbitrairement négatifs, ce qui échoue pour une suite constante.
Question 2
Pour un réel \(x\), la condition \(x^2>9\) est, pour avoir \(x>3\), une condition :
- suffisante mais non nécessaire
- nécessaire et suffisante
- nécessaire mais non suffisante
- ni nécessaire ni suffisante
Réponse C.
Si \(x>3\), alors \(x^2>9\) : la condition est donc nécessaire. Cependant, \(x=-4\) vérifie \(x^2>9\) sans vérifier \(x>3\), si bien qu’elle n’est pas suffisante. Le piège « suffisante » inverse le sens de l’implication. Par ailleurs, l’équivalence serait vraie seulement pour des réels positifs, hypothèse absente de l’énoncé.
Question 3
Quelle est la contraposée de l’énoncé : « si \(x+y>2\), alors \(x>1\) ou \(y>1\) » ?
- Si \(x\le1\) ou \(y\le1\), alors \(x+y\le2\)
- Si \(x>1\) ou \(y>1\), alors \(x+y>2\)
- Si \(x+y\le2\), alors \(x\le1\) et \(y\le1\)
- Si \(x\le1\) et \(y\le1\), alors \(x+y\le2\)
Réponse D.
La contraposée de \(P\Rightarrow Q\) est \(\text{non }Q\Rightarrow\text{non }P\). Or la négation d’un « ou » est un « et » : non(\(x>1\) ou \(y>1\)) s’écrit \(x\le1\) et \(y\le1\). Le piège qui garde « ou » nie mal la disjonction. Celui qui commence par \(x>1\) est la réciproque. Enfin, la forme qui part de \(x+y\le2\) nie les deux membres sans les échanger.
Question 4
On sait que toute fonction dérivable en \(a\) est continue en \(a\). Que dire de la réciproque ?
- Elle est vraie, puisque c’est la contraposée d’un énoncé vrai
- Elle est fausse : \(x\mapsto x^2\) en \(0\) est un contre-exemple
- Elle est fausse : \(x\mapsto|x|\) en \(0\) est un contre-exemple
- Elle est vraie pour toute fonction définie sur \(\mathbb{R}\)
Réponse C.
La réciproque affirme que la continuité entraîne la dérivabilité. Or la valeur absolue est continue en \(0\), mais ses taux d’accroissement tendent vers \(-1\) à gauche et vers \(1\) à droite. La fonction carré, quant à elle, est dérivable en \(0\) : elle ne contredit rien. Le piège « contraposée » confond deux énoncés distincts, car seule la contraposée garde la valeur de vérité.
Question 5
On veut prouver que, pour tout entier \(n\), l’entier \(n^2-2\) n’est jamais divisible par \(4\). Quel raisonnement est le plus direct ?
- Une récurrence forte sur \(n\)
- Une analyse-synthèse sur les entiers \(n\)
- Une disjonction des cas selon la parité de \(n\)
- Un contre-exemple bien choisi
Réponse C.
Si \(n=2k\), alors \(n^2-2=4k^2-2\) laisse le reste \(2\) modulo \(4\). Si \(n=2k+1\), alors \(n^2-2=4k^2+4k-1\) laisse le reste \(3\). Ainsi, les deux cas épuisent les entiers et concluent. Une récurrence serait maladroite, car \(n^2-2\) et \((n+1)^2-2\) n’ont pas de lien simple. Un contre-exemple prouverait au contraire qu’une affirmation universelle est fausse.
Question 6
Pour prouver par l’absurde que \(\log_2 3\) est irrationnel, on suppose \(\log_2 3=\frac{p}{q}\) avec \(p,q\in\mathbb{N}^*\). Quelle contradiction obtient-on ?
- \(p^2=3q^2\), alors que \(p\) et \(q\) sont premiers entre eux
- \(p\ln2=q\ln3\), alors que \(\ln3\) est irrationnel
- \(2^p=3^q\), alors que \(p\) doit être inférieur à \(q\)
- \(2^p=3^q\), un entier pair égal à un entier impair
Réponse D.
L’égalité \(2^{p/q}=3\) donne, après élévation à la puissance \(q\), \(2^p=3^q\). Or le membre de gauche est pair car \(p\ge1\), tandis que celui de droite est impair. Le piège \(p^2=3q^2\) reprend la preuve de l’irrationalité de \(\sqrt3\). L’argument sur \(\ln3\) utilise un fait non démontré et sans rapport. Enfin, \(\log_2 3>1\) donne \(p>q\), pas l’inverse.
Question 7
Dans un raisonnement par analyse-synthèse, que prouve l’étape d’analyse à elle seule ?
- Qu’il existe au plus une solution, ou une liste de candidats
- Qu’il existe au moins une solution
- Qu’il existe exactement une solution
- Que tous les candidats trouvés sont solutions
Réponse A.
L’analyse suppose qu’une solution existe et en déduit sa forme. Elle restreint donc les possibilités, ce qui donne l’unicité ou une liste finie de candidats. Cependant, elle ne prouve pas qu’un candidat convient. C’est le rôle de la synthèse, qui vérifie chaque candidat et établit l’existence. Oublier la synthèse est l’erreur visée par les trois autres réponses.
Question 8
On montre par analyse-synthèse que toute matrice carrée réelle \(A\) s’écrit \(A=S+T\), avec \(S\) symétrique et \(T\) antisymétrique. Que donne l’analyse pour \(S\) ?
- \(S=\frac12\left(A+A^{T}\right)\)
- \(S=\frac12\left(A-A^{T}\right)\)
- \(S=A+A^{T}\)
- \(S=AA^{T}\)
Réponse A.
En transposant \(A=S+T\), on obtient \(A^{T}=S-T\). En ajoutant les deux égalités, on trouve \(2S=A+A^{T}\). La différence donne \(T\), c’est-à-dire \(\frac12\left(A-A^{T}\right)\) : ce piège échange donc les rôles. La forme sans le facteur \(\frac12\) oublie de diviser. Enfin, \(AA^{T}\) est bien symétrique, mais elle ne redonne pas \(A\) une fois ajoutée à \(T\).
Question 9
On veut prouver que tout entier \(n\ge2\) admet un diviseur premier. Quelle forme de récurrence convient le mieux ?
- Une récurrence simple, passant de \(n\) à \(n+1\)
- Une récurrence forte, supposant le résultat pour tous les entiers de \(2\) à \(n\)
- Une récurrence double, supposant le résultat pour \(n\) et \(n+1\)
- Une récurrence descendante, partant d’un grand entier
Réponse B.
Si \(n+1\) n’est pas premier, il s’écrit \(ab\) avec \(2\le a\le n\). Il faut alors appliquer l’hypothèse à \(a\), qui peut être n’importe quel entier de cet intervalle. Par conséquent, l’hypothèse sur le seul entier \(n\) ne suffit pas : \(n\) et \(n+1\) sont d’ailleurs premiers entre eux. La récurrence double a le même défaut, et aucune descente ne s’impose ici.
Question 10
Soit \(u_0=2\), \(u_1=3\) et \(u_{n+2}=3u_{n+1}-2u_n\). Pour prouver par récurrence double que \(u_n=2^n+1\), quelle initialisation faut-il vérifier ?
- Les deux égalités pour \(n=0\) et \(n=1\)
- La seule égalité pour \(n=0\)
- Les trois égalités pour \(n=0\), \(n=1\) et \(n=2\)
- La seule égalité pour \(n=1\)
Réponse A.
L’hérédité utilise les rangs \(n\) et \(n+1\) pour obtenir le rang \(n+2\). Il faut donc deux rangs consécutifs au départ. Ici, \(2^0+1=2\) et \(2^1+1=3\) conviennent. Ensuite, \(3(2^{n+1}+1)-2(2^n+1)=2^{n+2}+1\). Vérifier un seul rang laisse l’hérédité sans point d’appui. À l’inverse, le rang \(2\) découle déjà de l’hérédité.
Question 11
On note \(P(n)\) : « \(n^2+n\) est impair ». On constate que \(P(n)\Rightarrow P(n+1)\) pour tout \(n\in\mathbb{N}\). Que peut-on conclure ?
- \(P(n)\) est vraie pour tout \(n\in\mathbb{N}\)
- Rien en faveur de \(P\) : en fait \(P(n)\) est fausse pour tout \(n\)
- \(P(n)\) est vraie pour tout \(n\) assez grand
- L’hérédité est fausse, car \(n^2+n\) est pair
Réponse B.
L’hérédité est exacte, puisque \((n+1)^2+(n+1)=n^2+n+2(n+1)\) garde la parité de \(n^2+n\). Cependant, aucune initialisation n’est possible : \(n^2+n=n(n+1)\) est toujours pair. Ainsi, \(P(n)\) est fausse pour tout entier. Le piège « vraie pour tout \(n\) » oublie l’initialisation. De même, croire l’hérédité fausse confond l’implication avec la vérité de ses membres.
Question 12
Quelle est la négation de : \(\forall\varepsilon>0,\ \exists\eta>0,\ \forall x\in\mathbb{R},\ \big(|x|<\eta\Rightarrow|f(x)|<\varepsilon\big)\) ?
- \(\exists\varepsilon>0,\ \forall\eta>0,\ \exists x\in\mathbb{R},\ |x|\ge\eta\text{ et }|f(x)|\ge\varepsilon\)
- \(\exists\varepsilon>0,\ \forall\eta>0,\ \exists x\in\mathbb{R},\ \big(|x|<\eta\Rightarrow|f(x)|\ge\varepsilon\big)\)
- \(\exists\varepsilon>0,\ \forall\eta>0,\ \forall x\in\mathbb{R},\ |x|<\eta\text{ et }|f(x)|\ge\varepsilon\)
- \(\exists\varepsilon>0,\ \forall\eta>0,\ \exists x\in\mathbb{R},\ |x|<\eta\text{ et }|f(x)|\ge\varepsilon\)
Réponse D.
On échange chaque quantificateur, puis on nie l’implication : non(\(A\Rightarrow B\)) s’écrit \(A\) et non \(B\). Ainsi, l’hypothèse \(|x|<\eta\) reste intacte et seule l’inégalité finale est niée. Le piège en \(|x|\ge\eta\) nie aussi l’hypothèse. Celui qui garde la flèche oublie que la négation d’une implication n’est pas une implication. Enfin, la version en \(\forall x\) laisse un quantificateur inchangé.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur quantificateurs et raisonnements
- S’exercer : exercices corrigés sur quantificateurs et raisonnements
- QCM suivant : QCM : Injections, surjections et relations en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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