Anneaux principaux et critère d’Eisenstein : corrigé du contrôle de maths en L3

Anneaux principaux et critère d'Eisenstein – Corrigé du contrôle en Licence 3 sur Maths-pdf.fr Couverture : Livre de contrôles corrigés de maths L3 en PDF Télécharger en PDF Le livre des 25 contrôles corrigés en L3 PDF à imprimer Voir le livre ›


Voici le corrigé du contrôle de maths en L3 sur le thème « anneaux principaux et critère d’Eisenstein », question par question.

Cette correction est rédigée comme une copie que le jury noterait au maximum. Chaque fois qu’un idéal est déclaré maximal, le morphisme surjectif vers un corps est explicité, puis son noyau est calculé. Les irréductibilités citent précisément le critère d’Eisenstein ou le lemme de Gauss, avec les hypothèses vérifiées. De plus, le contre-exemple d’idéal non principal est démontré par un argument de degré. Dans Z[i], la norme multiplicative contrôle chaque division et chaque facteur obtenu. Enfin, une figure colorée montre les cinq classes modulo 2 – i, et le barème indique les points attribués à chaque étape.

L’énoncé complet se trouve ici : Anneaux principaux et critère d’Eisenstein : contrôle de maths en L3.

Barème du contrôle corrigé : anneaux principaux et critère d’Eisenstein

Exercice Points
1. Deux quotients de Z[X] 3 points
2. Trois polynômes irréductibles 4 points
3. Un idéal maximal qui n’est pas principal 4 points
4. Norme et division dans Z[i] 4 points
5. Problème : les classes modulo 2 – i 5 points
Total 20 points

Le corrigé détaillé : anneaux principaux et critère d’Eisenstein

Exercice 1 – Deux quotients de Z[X] (3 points)

  1. Le morphisme d’évaluation en 0

    L’application \(\mathrm{ev}_0 : \mathbb{Z}[X] \to \mathbb{Z}\), \(A \mapsto A(0)\), est un morphisme d’anneaux surjectif, car elle envoie chaque constante sur elle-même. Pour tout \(A\), on écrit \(A = XB + A(0)\) avec \(B \in \mathbb{Z}[X]\). Ainsi \(A(0) = 0\) équivaut à \(A \in (X)\), donc le noyau est \((X)\).

    Premier sans être maximal

    Le premier théorème d’isomorphisme donne \(\mathbb{Z}[X]/(X) \simeq \mathbb{Z}\). Or \(\mathbb{Z}\) est intègre, si bien que \((X)\) est premier. En revanche, \(\mathbb{Z}\) n’est pas un corps, puisque 2 n’y est pas inversible : \((X)\) n’est donc pas maximal. On le voit aussi directement, car \((X) \subsetneq (2, X) \subsetneq \mathbb{Z}[X]\).

  2. Composer deux surjections

    Notons \(\rho : \mathbb{Z}[X] \to \mathbb{F}_p[X]\) la réduction des coefficients modulo \(p\), puis \(\sigma\) la projection de \(\mathbb{F}_p[X]\) sur \(\mathbb{F}_p[X]/(X^2 + \overline{2})\). La composée \(\sigma \circ \rho\) est un morphisme surjectif, car \(\rho\) et \(\sigma\) le sont.

    Calcul du noyau

    D’abord, \(p\) et \(X^2 + 2\) sont dans le noyau, donc \(J_p\) aussi. Réciproquement, si \(\rho(A) = (X^2 + \overline{2})\,\overline{B}\), on relève \(\overline{B}\) en \(B \in \mathbb{Z}[X]\). Alors \(A – (X^2 + 2)B\) a tous ses coefficients divisibles par \(p\), c’est-à-dire \(A – (X^2 + 2)B = pC\). Par conséquent \(A \in J_p\). Le noyau vaut \(J_p\), d’où \(\mathbb{Z}[X]/J_p \simeq \mathbb{F}_p[X]/(X^2 + \overline{2})\).

  3. Dans \(\mathbb{F}_5\), les carrés sont \(0, 1, 4\), car \(0^2 = 0\), \(1^2 = 4^2 = 1\) et \(2^2 = 3^2 = 4\). Or \(-\overline{2} = \overline{3}\) n’est pas un carré, donc \(X^2 + \overline{2}\) n’a pas de racine. Comme il est de degré 2, il est alors irréductible dans \(\mathbb{F}_5[X]\). Puisque \(\mathbb{F}_5[X]\) est principal, l’idéal engendré par un irréductible est maximal, et le quotient est un corps. Ce corps est un \(\mathbb{F}_5\)-espace vectoriel de dimension 2, de base les classes de \(1\) et \(X\). Ainsi \(J_5\) est maximal et \(\mathbb{Z}[X]/J_5\) est un corps à \(5^2 = 25\) éléments.
  4. Dans \(\mathbb{F}_3\), on a \(\overline{2} = -\overline{1}\), donc \(X^2 + \overline{2} = (X – \overline{1})(X + \overline{1})\). Les classes de \(X – \overline{1}\) et \(X + \overline{1}\) sont non nulles dans le quotient, car un polynôme non nul de degré 1 n’est pas multiple d’un polynôme de degré 2. Pourtant leur produit est nul. Le quotient n’est donc pas intègre. Dans \(\mathbb{Z}[X]\), cela se lit ainsi : \((X – 1)(X + 1) = (X^2 + 2) – 3 \in J_3\), alors que \(X – 1 \notin J_3\) et \(X + 1 \notin J_3\). Par conséquent \(J_3\) n’est pas premier.

Barème : 1) noyau de l’évaluation 0,25, premier 0,25, non maximal 0,25 ; 2) surjectivité 0,25, inclusion réciproque du noyau 0,5 ; 3) absence de racine 0,25, maximalité 0,25, cardinal 0,25 ; 4) factorisation 0,25, diviseurs de zéro justifiés 0,5.

Piège classique : conclure à l’irréductibilité d’un polynôme de degré 4 ou plus parce qu’il n’a pas de racine ; l’argument ne vaut qu’en degré 2 ou 3.

Exercice 2 – Trois polynômes irréductibles (4 points)

  1. L’énoncé du critère

    Soit \(A = a_n X^n + \cdots + a_1 X + a_0 \in \mathbb{Z}[X]\) avec \(n \geq 1\), et \(p\) un nombre premier. Si \(p\) ne divise pas \(a_n\), divise \(a_0, \ldots, a_{n-1}\), et si \(p^2\) ne divise pas \(a_0\), alors \(A\) est irréductible dans \(\mathbb{Q}[X]\).

    Application à P avec p = 3

    Le coefficient dominant 1 n’est pas divisible par 3. Les autres coefficients \(0, -6, 0, 12, 18\) sont tous multiples de 3, et 9 ne divise pas 18. Donc \(P\) est irréductible dans \(\mathbb{Q}[X]\). De plus, \(P\) est unitaire, donc primitif. Une factorisation \(P = BC\) dans \(\mathbb{Z}[X]\) aurait alors un facteur constant divisant 1, c’est-à-dire inversible. Ainsi \(P\) est aussi irréductible dans \(\mathbb{Z}[X]\).

  2. Reconnaître une puissance

    On remarque que \((X – 1)^4 = X^4 – 4X^3 + 6X^2 – 4X + 1\), donc \(Q = (X – 1)^4 + 2\). Il vient alors \(Q(X + 1) = X^4 + 2\).

    Eisenstein après translation

    Avec \(p = 2\) : 2 ne divise pas 1, divise les coefficients \(0, 0, 0, 2\), et 4 ne divise pas 2. Ainsi \(X^4 + 2\) est irréductible dans \(\mathbb{Q}[X]\). Or l’application \(\tau : A(X) \mapsto A(X + 1)\) est un automorphisme de l’anneau \(\mathbb{Q}[X]\) qui conserve le degré, de réciproque \(A(X) \mapsto A(X – 1)\). Si l’on avait \(Q = BC\) avec \(B\) et \(C\) de degré au moins 1, on aurait \(\tau(Q) = \tau(B)\,\tau(C)\), avec des facteurs de même degré. Par conséquent \(Q\) est irréductible dans \(\mathbb{Q}[X]\).

    1. Un nombre premier convenable devrait diviser 4 et 9 à la fois. Cependant \(\mathrm{pgcd}(4, 9) = 1\), si bien qu’aucun nombre premier ne vérifie les hypothèses du critère.
    2. Modulo 2, on obtient \(\overline{R} = X^3 + X + \overline{1}\), car \(4 \equiv 0\), \(9 \equiv 1\) et \(15 \equiv 1\). Ensuite \(\overline{R}(0) = \overline{1}\) et \(\overline{R}(1) = \overline{3} = \overline{1}\), donc \(\overline{R}\) n’a pas de racine dans \(\mathbb{F}_2\). Un polynôme de degré 3 réductible aurait un facteur de degré 1, donc une racine. Ainsi \(\overline{R}\) est irréductible dans \(\mathbb{F}_2[X]\).
    3. Raisonnement par l’absurde

      Supposons \(R\) réductible dans \(\mathbb{Q}[X]\). Comme \(R\) est unitaire, il est primitif, et le lemme de Gauss fournit alors une factorisation \(R = BC\) dans \(\mathbb{Z}[X]\), avec \(\deg B \geq 1\) et \(\deg C \geq 1\).

      Les degrés survivent à la réduction

      Les coefficients dominants de \(B\) et \(C\) ont pour produit 1 : ils valent donc \(\pm 1\) et restent non nuls modulo 2. Par suite, \(\overline{R} = \overline{B}\,\overline{C}\) avec \(\deg \overline{B} = \deg B \geq 1\) et \(\deg \overline{C} = \deg C \geq 1\), ce qui contredit la question précédente. Donc \(R\) est irréductible dans \(\mathbb{Q}[X]\).

Barème : 1) énoncé complet 0,5, vérification sur \(P\) 0,25, passage à \(\mathbb{Z}[X]\) 0,25 ; 2) calcul de \(Q(X+1)\) 0,5, Eisenstein 0,25, justification par l’automorphisme 0,5 ; 3a) 0,25 ; 3b) réduction 0,25, absence de racine 0,25 ; 3c) lemme de Gauss 0,5, conservation des degrés 0,5.

Piège classique : réduire modulo un premier qui divise le coefficient dominant ; le degré chute alors et l’argument ne prouve plus rien.

Exercice 3 – Un idéal maximal qui n’est pas principal (4 points)

  1. Morphisme et surjectivité

    L’application \(\varphi\) est la composée de l’évaluation \(A \mapsto A(-1)\), qui est un morphisme d’anneaux de \(\mathbb{Z}[X]\) dans \(\mathbb{Z}\), et de la projection canonique de \(\mathbb{Z}\) sur \(\mathbb{F}_3\). C’est donc un morphisme d’anneaux. Il est surjectif, car la constante \(k\) a pour image \(\overline{k}\).

    Le noyau contient I

    On a \(\varphi(3) = \overline{3} = \overline{0}\) et \(\varphi(X + 1) = \overline{0}\). Le noyau est un idéal qui contient les deux générateurs, donc \(I \subset \ker \varphi\).

    Inclusion réciproque par division

    Le polynôme \(X + 1\) est unitaire, donc on peut diviser tout \(A\) par lui dans \(\mathbb{Z}[X]\) : \(A = (X + 1)S + A(-1)\). Si \(\varphi(A) = \overline{0}\), alors \(A(-1) = 3m\) avec \(m \in \mathbb{Z}\), et \(A = (X + 1)S + 3m \in I\). Finalement \(\ker \varphi = I\).

  2. Le premier théorème d’isomorphisme donne \(\mathbb{Z}[X]/I \simeq \mathbb{F}_3\), qui est un corps. L’idéal \(I\) est donc maximal.
  3. Les générateurs possibles

    Supposons \(I = (D)\). Comme \(3 \in I\), il existe \(E\) tel que \(3 = DE\). Les degrés s’ajoutent dans l’anneau intègre \(\mathbb{Z}[X]\), donc \(D\) est une constante \(d\) qui divise 3 : \(d \in \{-3, -1, 1, 3\}\).

    Élimination des quatre cas

    Si \(d = \pm 1\), alors \(I = \mathbb{Z}[X]\), ce qui est faux puisque \(\varphi(1) = \overline{1} \neq \overline{0}\). Si \(d = \pm 3\), alors \(X + 1\) serait multiple de 3, ce qui est impossible car son coefficient dominant vaut 1. Aucun générateur ne convient : \(I\) n’est pas principal.

  4. L’anneau intègre \(\mathbb{Z}[X]\) possède un idéal non principal, donc il n’est pas principal. Comme tout anneau euclidien est principal, il n’est pas non plus euclidien. En revanche, \(\mathbb{Z}\) est factoriel, et le théorème de Gauss assure alors que \(\mathbb{Z}[X]\) est factoriel. Ainsi \(\mathbb{Z}[X]\) est factoriel sans être principal : l’inclusion des anneaux principaux dans les anneaux factoriels est stricte.

Barème : 1) morphisme 0,25, surjectivité 0,25, inclusion directe 0,25, division et inclusion réciproque 0,75 ; 2) 0,5 ; 3) réduction aux constantes 0,5, élimination des cas 0,75 ; 4) non principal et non euclidien 0,25, factorialité citée 0,5.

Piège classique : affirmer que \(\mathbb{Z}[X]\) est principal parce que \(K[X]\) l’est ; ce résultat exige que les coefficients soient dans un corps.

Exercice 4 – Norme et division dans Z[i] (4 points)

  1. Pour \(z \in \mathbb{Z}[i]\), on a \(N(z) = z\overline{z} = |z|^2\), donc \(N(zw) = |zw|^2 = |z|^2\,|w|^2 = N(z)\,N(w)\). Si \(uv = 1\), alors \(N(u)\,N(v) = N(1) = 1\) avec des entiers naturels, d’où \(N(u) = 1\). L’égalité \(a^2 + b^2 = 1\) impose \((a, b) \in \{(\pm 1, 0), (0, \pm 1)\}\). Réciproquement, \(1\) et \(-1\) sont leurs propres inverses, tandis que \(i \times (-i) = 1\). Les inversibles sont donc \(1, -1, i, -i\).
  2. Le point du réseau le plus proche

    Posons \(z = \frac{a}{b} = x + iy \in \mathbb{C}\). On choisit des entiers \(m\) et \(n\) tels que \(|x – m| \leq \frac{1}{2}\) et \(|y – n| \leq \frac{1}{2}\), puis \(q = m + ni\). Comme le montre la figure, tout point d’une maille est à distance au plus \(\frac{\sqrt{2}}{2}\) de l’un de ses sommets : \(|z – q|^2 \leq \frac{1}{4} + \frac{1}{4} = \frac{1}{2}\).

    Le reste et la principalité

    On pose \(r = a – bq\), qui appartient à \(\mathbb{Z}[i]\). Alors \(r = b(z – q)\), d’où \(N(r) = N(b)\,|z – q|^2 \leq \frac{1}{2} N(b) < N(b)\). L’anneau intègre \(\mathbb{Z}[i]\) est donc euclidien pour \(N\). Ensuite, si \(J\) est un idéal non nul, on prend \(b \in J\) non nul de norme minimale. Pour \(a \in J\), le reste \(r = a – bq\) est dans \(J\) et vérifie \(N(r) < N(b)\), donc \(r = 0\). Ainsi \(J = (b)\), et \(\mathbb{Z}[i]\) est principal.

  3. On calcule \(\frac{7 + 5i}{2 + i} = \frac{(7 + 5i)(2 – i)}{5} = \frac{19 + 3i}{5} = 3{,}8 + 0{,}6i\). Le point du réseau le plus proche est \(q = 4 + i\). Puis \((2 + i)(4 + i) = 8 + 2i + 4i – 1 = 7 + 6i\), donc \(r = 7 + 5i – (7 + 6i) = -i\). On obtient \(7 + 5i = (2 + i)(4 + i) – i\), avec \(N(-i) = 1 < 5 = N(2 + i)\).
  4. Repérer les facteurs grâce à la norme

    On a \(N(11 + 7i) = 121 + 49 = 170 = 2 \times 5 \times 17\). D’abord, \(\frac{11 + 7i}{1 + i} = \frac{(11 + 7i)(1 – i)}{2} = \frac{18 – 4i}{2} = 9 – 2i\), de norme 85. Ensuite, \(\frac{9 – 2i}{2 – i} = \frac{(9 – 2i)(2 + i)}{5} = \frac{20 + 5i}{5} = 4 + i\).

    Vérification et irréductibilité

    On contrôle : \((1 + i)(2 – i) = 3 + i\), puis \((3 + i)(4 + i) = 12 + 7i – 1 = 11 + 7i\). Les normes des facteurs valent 2, 5 et 17, qui sont premiers. Or si \(f = gh\) avec \(N(f)\) premier, alors \(N(g)\) ou \(N(h)\) vaut 1, donc l’un des facteurs est inversible. D’où \(11 + 7i = (1 + i)(2 – i)(4 + i)\), produit de trois irréductibles.

  5. D’abord, 3 n’est pas inversible, car \(N(3) = 9\). Si l’on avait \(3 = gh\) avec \(g\) et \(h\) non inversibles, alors \(N(g)\,N(h) = 9\) avec \(N(g) > 1\) et \(N(h) > 1\), d’où \(N(g) = 3\). Pourtant les carrés valent \(0, 1, 4, 9, \ldots\), et aucune somme de deux carrés n’est égale à 3. Donc 3 est irréductible dans \(\mathbb{Z}[i]\).

Barème : 1) multiplicativité 0,25, inversibles 0,5 ; 2) choix de \(q\) 0,25, majoration de \(N(r)\) 0,5, principalité 0,25 ; 3) quotient 0,25, reste et vérification 0,25 ; 4) divisions successives 0,5, vérification du produit 0,25, irréductibilité 0,5 ; 5) 0,5.

Exercice 5 – Problème : les classes modulo 2 – i (5 points)

  1. L’évaluation \(A \mapsto A(i)\) est un morphisme d’anneaux, surjectif puisque \(a + bX\) a pour image \(a + bi\). Le polynôme \(X^2 + 1\) est unitaire, donc on écrit \(A = (X^2 + 1)S + c + dX\) dans \(\mathbb{Z}[X]\). Alors \(A(i) = c + di\), qui est nul si et seulement si \(c = d = 0\), car \(1\) et \(i\) sont libres sur \(\mathbb{R}\). Le noyau est \((X^2 + 1)\), d’où \(\mathbb{Z}[X]/(X^2 + 1) \simeq \mathbb{Z}[i]\).
  2. Se ramener à un quotient de F3[X]

    Par l’isomorphisme précédent, l’idéal \((3)\) de \(\mathbb{Z}[i]\) correspond à \((3, X^2 + 1)\) dans \(\mathbb{Z}[X]\). Ainsi, comme dans l’exercice 1, \(\mathbb{Z}[i]/(3) \simeq \mathbb{F}_3[X]/(X^2 + \overline{1})\).

    Un polynôme sans racine

    Dans \(\mathbb{F}_3\), \(X^2 + \overline{1}\) prend les valeurs \(\overline{1}, \overline{2}, \overline{2}\) en \(0, 1, 2\) : il n’a pas de racine, donc il est irréductible en degré 2. Par conséquent \(\mathbb{Z}[i]/(3)\) est un corps à \(3^2 = 9\) éléments. On retrouve ce résultat avec l’exercice 4 : 3 est irréductible dans l’anneau principal \(\mathbb{Z}[i]\), donc \((3)\) est maximal.

  3. On a \((2 + i)(2 – i) = 4 + 1 = 5\), donc le produit des classes de \(2 + i\) et \(2 – i\) est nul modulo 5. Cependant, \(2 + i\) n’est pas multiple de 5, car \(\frac{2 + i}{5}\) n’a pas ses parties réelle et imaginaire entières ; il en va de même pour \(2 – i\). Ces deux classes non nulles ont un produit nul, donc \(\mathbb{Z}[i]/(5)\) n’est pas intègre.
  4. Vérification de la multiplicativité

    L’additivité est immédiate, et \(\psi(1) = \overline{1}\). Pour le produit, \((x + iy)(x^{\prime} + iy^{\prime}) = (xx^{\prime} – yy^{\prime}) + i(xy^{\prime} + x^{\prime}y)\), dont l’image est la classe de \(xx^{\prime} – yy^{\prime} + 2xy^{\prime} + 2x^{\prime}y\). D’autre part, \((x + 2y)(x^{\prime} + 2y^{\prime}) = xx^{\prime} + 2xy^{\prime} + 2x^{\prime}y + 4yy^{\prime}\). La différence vaut \(5yy^{\prime}\), qui est nulle modulo 5. Enfin, \(\psi(k) = \overline{k}\) prouve la surjectivité.

    Identification du noyau

    On a \(\psi(\pi) = \overline{2 – 2} = \overline{0}\), donc \((\pi) \subset \ker \psi\). Or \(\mathbb{Z}[i]\) est principal : \(\ker \psi = (\delta)\), et \(\delta\) divise \(\pi\), si bien que \(N(\delta)\) divise \(N(\pi) = 5\). Si \(N(\delta) = 1\), alors \(\delta\) est inversible et \(\ker \psi = \mathbb{Z}[i]\), ce qui contredit \(\psi(1) \neq \overline{0}\). Donc \(N(\delta) = 5\), et en écrivant \(\pi = \delta\varepsilon\), on obtient \(N(\varepsilon) = 1\) : \(\varepsilon\) est inversible. Ainsi \(\ker \psi = (\pi)\) et \(\mathbb{Z}[i]/(\pi) \simeq \mathbb{F}_5\), qui est un corps.

  5. Cinq représentants

    D’après la question 4, \(\psi\) induit une bijection de \(\mathbb{Z}[i]/(\pi)\) sur \(\mathbb{F}_5\). Comme \(\psi(0), \ldots, \psi(4)\) sont les cinq éléments distincts de \(\mathbb{F}_5\), les classes de \(0, 1, 2, 3, 4\) sont distinctes et épuisent le quotient. Elles forment donc un système de représentants.

    La classe de w

    On calcule \(\psi(3 + 4i) = \overline{3 + 8} = \overline{11} = \overline{1}\). Vérifions : \(w – 1 = 2 + 4i\) et \((2 – i) \times 2i = 4i + 2 = 2 + 4i\). Le représentant de \(w\) est donc 1, ce que confirme la figure, où chaque point porte la valeur de \(\psi\).

    Réseau des entiers de Gauss où chaque point porte sa classe modulo 2 moins i, de 0 à 4, le point w égal à 3 plus 4i portant la classe 1

Barème : 1) morphisme surjectif 0,25, noyau 0,5 ; 2) réduction à \(\mathbb{F}_3[X]\) 0,5, irréductibilité et cardinal 0,5 ; 3) produit nul 0,5, classes non nulles 0,5 ; 4) morphisme et surjectivité 0,5, noyau par la norme 0,75 ; 5) système de représentants 0,5, classe de \(w\) 0,5.

Piège classique : oublier de vérifier \(\psi(1) = \overline{1}\) et la compatibilité avec le produit ; une application seulement additive ne permet pas de conclure sur le quotient d’anneaux.

À retenir de ce contrôle

  • Un idéal est maximal exactement quand le quotient est un corps, et premier exactement quand le quotient est un anneau intègre.
  • Le critère d’Eisenstein demande un premier divisant tous les coefficients sauf le dominant, et dont le carré ne divise pas le terme constant.
  • Un polynôme unitaire de Z[X] dont la réduction modulo p est irréductible de même degré est irréductible dans Q[X].
  • Z[X] est factoriel mais pas principal, car un idéal comme celui engendré par 3 et X + 1 ne possède aucun générateur unique.
  • Dans Z[i], un élément dont la norme est un nombre premier est irréductible, et la norme est multiplicative.

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