Quantificateurs, injections et surjections : corrigé du contrôle de maths en MPSI
Voici le corrigé du contrôle de maths en MPSI sur le thème « quantificateurs, injections et surjections », question par question.
Cette correction suit le modèle d’une copie de concours : chaque raisonnement est annoncé, puis les hypothèses sont vérifiées une à une avant de conclure. Pour les négations, elle exhibe des témoins explicites que vous pourrez contrôler sur la courbe. La récurrence forte est rédigée avec une hypothèse portant sur tous les rangs précédents, ce qui évite l’erreur la plus fréquente. Ensuite, la bijection réciproque de l’exercice 3 est construite et vérifiée dans les deux sens. Le problème est illustré par une figure des classes d’équivalence. Chaque exercice se termine enfin par un barème détaillé et un piège classique.
L’énoncé complet se trouve ici : Quantificateurs, injections et surjections : contrôle de maths en MPSI.
Barème du contrôle corrigé : quantificateurs, injections et surjections
| Exercice | Points |
|---|---|
| 1. Quatre propriétés d’une fonction cubique | 4 points |
| 2. Une suite définie par la partie entière | 3 points |
| 3. Somme et produit de deux réels | 4 points |
| 4. Images réciproques et composées | 4 points |
| 5. Problème : des paraboles comme classes d’équivalence | 5 points |
| Total | 20 points |
Le corrigé détaillé : quantificateurs, injections et surjections
Exercice 1 – Quatre propriétés d’une fonction cubique (4 points)
-
Pour nier, on échange chaque quantificateur \(\forall\) et \(\exists\) sans modifier les domaines, puis on nie la propriété finale. Rappelons aussi que « \(P \Rightarrow Q\) » se nie en « \(P\) et non \(Q\) ».
\((\mathcal{P}_1)\) signifie que \(f\) est majorée. Sa négation s’écrit \(\forall A \in \mathbb{R},\ \exists t \in \mathbb{R},\ f(t) > A\).
\((\mathcal{P}_2)\) traduit la stricte croissance de \(f\). On la nie ainsi : \(\exists (a, b) \in \mathbb{R}^2,\ a < b \text{ et } f(a) \geq f(b)\).
\((\mathcal{P}_3)\) affirme que \(f\) s’annule au plus une fois. Sa négation devient \(\exists (a, b) \in \mathbb{R}^2,\ f(a) = 0 \text{ et } f(b) = 0 \text{ et } a \neq b\).
\((\mathcal{P}_4)\) dit enfin que \(f\) est périodique. Pour la nier, on écrit \(\forall \tau > 0,\ \exists t \in \mathbb{R},\ f(t + \tau) \neq f(t)\).
-
\(h\) n’est pas majorée. Soit \(A \in \mathbb{R}\) et posons \(t = \max(2, A + 1)\). Comme \(t \geq 2\), on a \(t^2 – 3 \geq 1\), donc \(h(t) = t(t^2 – 3) \geq t \geq A + 1 > A\).
\(h\) n’est pas strictement croissante, car \(-1 < 1\) alors que \(h(-1) = 2 \geq h(1) = -2\).
\(h\) s’annule plusieurs fois : en effet, \(h(0) = 0\) et \(h(\sqrt{3}) = 3\sqrt{3} – 3\sqrt{3} = 0\), avec \(0 \neq \sqrt{3}\).
\(h\) n’est pas périodique. Supposons par l’absurde qu’un réel \(\tau > 0\) vérifie \(h(t + \tau) = h(t)\) pour tout réel \(t\). Par une récurrence immédiate, \(h(k\tau) = h(0) = 0\) pour tout \(k \in \mathbb{N}\). Or les réels \(k\tau\) sont deux à deux distincts, puisque \(\tau > 0\). Ainsi \(h\) aurait une infinité de zéros, alors que \(h(t) = t(t^2 – 3)\) ne s’annule qu’en \(0\), \(\sqrt{3}\) et \(-\sqrt{3}\). C’est absurde.
Piège classique : remplacer la conclusion \(f(a) < f(b)\) par \(f(a) \geq f(b)\) tout en gardant le symbole \(\Rightarrow\). Une implication niée devient une conjonction, jamais une autre implication.
Exercice 2 – Une suite définie par la partie entière (3 points)
- On applique la définition rang par rang : \(u_2 = u_1 + 1 = 2\), puis \(u_3 = u_1 + 1 = 2\). Ensuite \(u_4 = u_2 + 1 = 3\), \(u_5 = u_2 + 1 = 3\), \(u_6 = u_3 + 1 = 3\) et \(u_7 = u_3 + 1 = 3\). Enfin \(u_8 = u_4 + 1 = 4\).
-
Pour \(n \geq 1\), notons \(\mathcal{H}(n)\) la propriété \(2^{u_n – 1} \leq n < 2^{u_n}\).
Initialisation. Puisque \(u_1 = 1\), on a bien \(2^0 = 1 \leq 1 < 2\) : \(\mathcal{H}(1)\) est vraie.
Hérédité forte. Soit \(n \geq 2\) tel que \(\mathcal{H}(k)\) soit vraie pour tout entier \(k\) compris entre 1 et \(n – 1\). Posons \(m = \lfloor n/2 \rfloor\). Alors \(1 \leq m \leq \frac{n}{2} < n\), donc \(\mathcal{H}(m)\) est vraie, et \(u_n = u_m + 1\). De plus, \(m \leq \frac{n}{2} < m + 1\) donne \(2m \leq n \leq 2m + 1\).
D’une part, \(n \geq 2m \geq 2 \times 2^{u_m – 1} = 2^{u_m} = 2^{u_n – 1}\). D’autre part, \(m < 2^{u_m}\) entre entiers donne \(m \leq 2^{u_m} – 1\). Par conséquent \(n \leq 2m + 1 \leq 2^{u_m + 1} – 1 < 2^{u_n}\). Ainsi \(\mathcal{H}(n)\) est vraie.
Par récurrence forte, \(2^{u_n – 1} \leq n < 2^{u_n}\) pour tout \(n \geq 1\).
- Les intervalles \([2^{k-1}\,;2^k[\), pour \(k \geq 1\), sont deux à deux disjoints : si \(k < k^{\prime}\), alors \(2^k \leq 2^{k^{\prime} – 1}\). Un entier \(n\) appartient donc à un seul d’entre eux, et \(u_n\) est cet unique entier \(k\). Comme \(2^9 = 512 \leq 1000 < 1024 = 2^{10}\), on obtient \(u_{1000} = 10\).
Piège classique : écrire une récurrence simple de \(n – 1\) à \(n\). L’hypothèse utile porte ici sur le rang \(\lfloor n/2 \rfloor\), qui n’est pas \(n – 1\).
Exercice 3 – Somme et produit de deux réels (4 points)
- On a \(\varphi(1, 2) = (3, 2) = \varphi(2, 1)\), alors que \((1, 2) \neq (2, 1)\). L’application \(\varphi\) n’est donc pas injective.
- Supposons \(\varphi(x, y) = (0, 1)\). Alors \(y = -x\), puis \(xy = -x^2 = 1\), ce qui est impossible car \(-x^2 \leq 0\). Le couple \((0, 1)\) n’a donc aucun antécédent. Par conséquent, \(\varphi\) n’est pas surjective.
-
Inclusion directe. Soit \((s, p) = \varphi(x, y)\). En développant, \(s^2 – 4p = x^2 + 2xy + y^2 – 4xy\), c’est-à-dire \((x – y)^2\), qui est positif. Donc \((s, p) \in E\).
Inclusion réciproque. Soit \((s, p) \in E\). Posons \(\delta = \sqrt{s^2 – 4p}\), bien défini car \(s^2 – 4p \geq 0\), puis \(x = \frac{s – \delta}{2}\) et \(y = \frac{s + \delta}{2}\). Alors \(x + y = s\) et \(xy = \frac{(s – \delta)(s + \delta)}{4} = \frac{s^2 – (s^2 – 4p)}{4} = p\). Ainsi \((s, p) = \varphi(x, y)\).
Par double inclusion, \(\varphi(\mathbb{R}^2) = E\).
-
Injectivité. Soient \((x, y)\) et \((x^{\prime}, y^{\prime})\) dans \(\Delta\) de même image \((s, p)\). D’après la question 3, \((y – x)^2 = s^2 – 4p = (y^{\prime} – x^{\prime})^2\). Or \(y – x \geq 0\) et \(y^{\prime} – x^{\prime} \geq 0\), donc \(y – x = y^{\prime} – x^{\prime}\). Comme les sommes coïncident aussi, on obtient \(y = y^{\prime}\) puis \(x = x^{\prime}\).
Surjectivité. Soit \((s, p) \in E\). L’antécédent construit à la question 3 vérifie \(x \leq y\), puisque \(\delta \geq 0\) ; il appartient donc à \(\Delta\).
Ainsi \(\psi\) est bijective, et \(\psi^{-1}(s, p) = \left(\frac{s – \sqrt{s^2 – 4p}}{2},\ \frac{s + \sqrt{s^2 – 4p}}{2}\right)\). On reconnaît d’ailleurs les deux racines, rangées dans l’ordre croissant, de l’équation \(t^2 – st + p = 0\).
Piège classique : oublier de vérifier que l’antécédent proposé appartient bien à \(\Delta\). Sans cette condition, \(\psi\) ne serait pas injective.
Exercice 4 – Images réciproques et composées (4 points)
- Pour \(x \in E\), on raisonne par équivalences : \(x \in f^{-1}(A \cap B)\) équivaut à \(f(x) \in A \cap B\), c’est-à-dire à \(f(x) \in A\) et \(f(x) \in B\). Cela revient donc à \(x \in f^{-1}(A)\) et \(x \in f^{-1}(B)\). D’où \(f^{-1}(A \cap B) = f^{-1}(A) \cap f^{-1}(B)\).
-
Soit \(y \in f\left(f^{-1}(B)\right)\) : il existe \(x \in f^{-1}(B)\) tel que \(y = f(x)\), et alors \(y = f(x) \in B\). Ainsi \(f\left(f^{-1}(B)\right) \subset B\).
Si de plus \(f\) est surjective, prenons \(y \in B\). Il existe \(x\) tel que \(f(x) = y\) ; comme \(f(x) \in B\), on a \(x \in f^{-1}(B)\), donc \(y \in f\left(f^{-1}(B)\right)\). L’égalité a donc lieu.
Avec \(f : x \mapsto x^2\) et \(B = [-4\,;9]\), la condition \(-4 \leq x^2\) est toujours vraie, si bien que \(f^{-1}(B) = \{x : x^2 \leq 9\} = [-3\,;3]\). Ensuite, \(x^2\) parcourt \([0\,;9]\) quand \(x\) parcourt \([-3\,;3]\), car tout \(t \in [0\,;9]\) s’écrit \((\sqrt{t})^2\). Ainsi \(f^{-1}(B) = [-3\,;3]\) et \(f\left(f^{-1}(B)\right) = [0\,;9]\), inclus strictement dans \(B\) : ici \(f\) n’est pas surjective.
-
Supposons \(g \circ f\) injective, et soient \(x, x^{\prime} \in E\) tels que \(f(x) = f(x^{\prime})\). En appliquant \(g\), on obtient \(g \circ f(x) = g \circ f(x^{\prime})\), donc \(x = x^{\prime}\). L’application \(f\) est injective.
Supposons maintenant \(g \circ f\) surjective, et soit \(z \in G\). Il existe \(x \in E\) tel que \(g\left(f(x)\right) = z\), donc \(y = f(x)\) est un antécédent de \(z\) par \(g\). L’application \(g\) est surjective.
- D’après le diagramme, \(g \circ f(1) = g(a) = \alpha\) et \(g \circ f(2) = g(b) = \beta\) : l’application \(g \circ f\) envoie les deux éléments de départ sur les deux éléments d’arrivée, donc elle est bijective. Pourtant, \(c\) n’a aucun antécédent par \(f\), et \(g(b) = g(c)\) avec \(b \neq c\). Les réciproques sont donc fausses : \(g \circ f\) injective n’entraîne pas \(g\) injective, et \(g \circ f\) surjective n’entraîne pas \(f\) surjective.
Exercice 5 – Problème : des paraboles comme classes d’équivalence (5 points)
- Par définition, \((x, y) \sim (x^{\prime}, y^{\prime})\) équivaut à \(\theta(x, y) = \theta(x^{\prime}, y^{\prime})\). La relation est donc réflexive, car \(\theta(x, y) = \theta(x, y)\). Elle est aussi symétrique, puisque l’égalité des réels l’est. Enfin, elle est transitive : si \(\theta(x, y) = \theta(x^{\prime}, y^{\prime})\) et \(\theta(x^{\prime}, y^{\prime}) = \theta(x^{\prime\prime}, y^{\prime\prime})\), alors \(\theta(x, y) = \theta(x^{\prime\prime}, y^{\prime\prime})\). La relation \(\sim\) est une relation d’équivalence.
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On a \(\theta(0, 0) = 0\), \(\theta(1, 3) = 3 – 1 = 2\) et \(\theta(2, 1) = 1 – 4 = -3\). Par suite, la classe de \((0, 0)\) est la parabole d’équation \(y = x^2\). De même, celle de \((1, 3)\) est la parabole \(y = x^2 + 2\), tandis que celle de \((2, 1)\) est la parabole \(y = x^2 – 3\).
Plus généralement, la classe de \((a, b)\) est la parabole d’équation \(y = x^2 + c\) avec \(c = b – a^2\). Chaque classe est donc l’image de la parabole \(y = x^2\) par la translation de vecteur \((0, c)\).
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La classe associée à \(c\) est formée des points \((x, x^2 + c)\). Sur l’axe des ordonnées, on a \(x = 0\), donc cette classe ne contient que le point \((0, c)\) de cet axe.
Notons \(\Phi : c \mapsto \mathrm{cl}(0, c)\). Si \(\mathrm{cl}(0, c) = \mathrm{cl}(0, c^{\prime})\), alors \(\theta(0, c) = \theta(0, c^{\prime})\), soit \(c = c^{\prime}\) : \(\Phi\) est injective. De plus, toute classe \(\mathrm{cl}(x, y)\) est égale à \(\mathrm{cl}(0, y – x^2)\), car ces deux points ont la même image par \(\theta\) ; ainsi \(\Phi\) est surjective. L’application \(\Phi\) est une bijection de \(\mathbb{R}\) sur \(\mathcal{Q}\).
- La relation \(\mathcal{R}\) est réflexive, car \(\theta(x, y) \leq \theta(x, y)\), et transitive, car l’ordre usuel sur \(\mathbb{R}\) l’est. En revanche, elle n’est pas antisymétrique : \(\theta(0, 0) = \theta(1, 1) = 0\), donc \((0, 0)\,\mathcal{R}\,(1, 1)\) et \((1, 1)\,\mathcal{R}\,(0, 0)\), alors que ces deux couples sont distincts. Ce n’est donc pas une relation d’ordre sur \(\mathbb{R}^2\).
Piège classique : conclure qu’une relation est un ordre parce qu’elle est réflexive et transitive. L’antisymétrie doit être vérifiée, et elle échoue dès que deux points distincts sont équivalents.
À retenir de ce contrôle
- Pour nier une phrase quantifiée, on échange chaque quantificateur universel et existentiel, puis on nie la propriété finale sans toucher aux domaines.
- Une récurrence forte suppose la propriété vraie pour tous les rangs inférieurs à n, ce qui permet d’utiliser un rang comme la partie entière de n sur 2.
- Pour prouver une injectivité, on part de deux éléments de même image ; pour une surjectivité, on construit un antécédent d’un élément quelconque.
- L’inclusion de f(f⁻¹(B)) dans B est toujours vraie, alors que l’égalité demande que tout élément de B soit atteint par f.
- Une relation définie par l’égalité des images par une même application est toujours une relation d’équivalence, et ses classes sont les ensembles de niveau.
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