QCM : Projecteurs, symétries et hyperplans en maths sup (MPSI)
Ce QCM projecteurs MPSI reprend les outils géométriques de l’algèbre linéaire de première année. Il commence par reconnaître un projecteur grâce à la relation \(p\circ p=p\), puis relie projecteurs et symétries par les formules \(\mathrm{id}-p\) et \(2p-\mathrm{id}\). Il demande ensuite des expressions explicites dans le plan, avant de passer aux formes linéaires, aux formes coordonnées et à l’équation d’un hyperplan. La fin traite des intersections d’hyperplans, des sous-espaces affines et des équations \(u(x)=a\).
Réponds d’abord sans le cours, en dessinant la situation quand elle se passe dans le plan. Lis ensuite chaque explication : elle refait le calcul et nomme le piège visé, comme une projection oblique prise pour une projection orthogonale ou une solution particulière donnée sans le noyau.
Les 12 questions
Question 1
Laquelle de ces matrices de \(\mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) est celle d’un projecteur ?
- \(\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}2&0\\0&0\end{pmatrix}\)
- \(\begin{pmatrix}1&1\\0&0\end{pmatrix}\)
Réponse D.
Un projecteur vérifie \(M^2=M\). Pour la matrice retenue, le calcul redonne bien la même matrice. En revanche, la matrice avec un seul \(1\) au-dessus de la diagonale a un carré nul : elle est nilpotente. La matrice diagonale \(\mathrm{diag}(1,-1)\) vérifie \(M^2=I_2\), c’est donc une symétrie. Enfin, \(\mathrm{diag}(2,0)\) a pour carré \(\mathrm{diag}(4,0)\).
Question 2
Soit \(p\) un projecteur de \(E\). Que représente \(\mathrm{id}_E-p\) ?
- Le projecteur sur \(\operatorname{Ker}p\) parallèlement à \(\operatorname{Im}p\)
- Le projecteur sur \(\operatorname{Im}p\) parallèlement à \(\operatorname{Ker}p\)
- La symétrie par rapport à \(\operatorname{Ker}p\) parallèlement à \(\operatorname{Im}p\)
- Un endomorphisme qui n’est un projecteur que si \(p=0\)
Réponse A.
On développe : \((\mathrm{id}-p)^2=\mathrm{id}-2p+p^2=\mathrm{id}-p\), donc c’est un projecteur. De plus, il annule \(\operatorname{Im}p\) et laisse fixe \(\operatorname{Ker}p\). Ainsi les rôles du noyau et de l’image sont échangés. Le projecteur sur \(\operatorname{Im}p\) est \(p\) lui-même. Par ailleurs, une symétrie vérifierait \(s^2=\mathrm{id}\), ce qui n’est pas le cas ici.
Question 3
Soit \(p\) le projecteur sur \(F\) parallèlement à \(G\). Que représente \(2p-\mathrm{id}_E\) ?
- La symétrie par rapport à \(G\) parallèlement à \(F\)
- Le projecteur sur \(F\) parallèlement à \(G\)
- L’homothétie de rapport \(2\) restreinte à \(F\)
- La symétrie par rapport à \(F\) parallèlement à \(G\)
Réponse D.
Pour \(x\in F\), on obtient \(2x-x=x\). Pour \(x\in G\), on obtient \(0-x=-x\). Comme \(E=F\oplus G\), c’est donc la symétrie qui fixe \(F\) et change en son opposé tout vecteur de \(G\). La symétrie par rapport à \(G\) serait \(\mathrm{id}-2p\), d’où l’erreur de signe. Enfin, \((2p-\mathrm{id})^2=\mathrm{id}\), et non \(2p-\mathrm{id}\).
Question 4
Dans \(\mathbb{R}^2\), soit \(p\) le projecteur sur \(F=\operatorname{Vect}\big((1,0)\big)\) parallèlement à \(G=\operatorname{Vect}\big((1,2)\big)\). Que vaut \(p(x,y)\) ?
- \((x,\,0)\)
- \(\left(x-\frac{y}{2},\,0\right)\)
- \(\left(x+\frac{y}{2},\,0\right)\)
- \(\left(\frac{y}{2},\,y\right)\)
Réponse B.
On écrit \((x,y)=a(1,0)+b(1,2)\). La seconde coordonnée donne \(b=\frac{y}{2}\), puis la première donne \(a=x-\frac{y}{2}\). Le projeté est donc \(a(1,0)\). La réponse \((x,0)\) correspond à la projection orthogonale, alors que la direction \(G\) est oblique. La réponse avec \(+\frac{y}{2}\) se trompe de signe. Enfin, \(\left(\frac{y}{2},y\right)\) est la composante dans \(G\).
Question 5
Avec les mêmes \(F\) et \(G\), que vaut l’image de \((x,y)\) par la symétrie \(s\) par rapport à \(F\) parallèlement à \(G\) ?
- \((x,\,-y)\)
- \((x-y,\,-y)\)
- \((x+y,\,-y)\)
- \((y-x,\,y)\)
Réponse B.
On utilise \(s=2p-\mathrm{id}\), soit \(s(x,y)=(2x-y,\,0)-(x,y)=(x-y,\,-y)\). On contrôle ensuite \(s\circ s\) : on retrouve bien \((x,y)\). La réponse \((x,-y)\) est la symétrie orthogonale par rapport à l’axe des abscisses. Celle avec \(x+y\) provient d’une erreur de signe. Enfin, \((y-x,y)\) vaut \(-s\), c’est-à-dire la symétrie par rapport à \(G\) parallèlement à \(F\).
Question 6
Soit \(\varphi\) une forme linéaire non nulle sur un espace \(E\) de dimension \(n\ge2\). Que peut-on dire de \(\operatorname{Ker}\varphi\) ?
- C’est une droite vectorielle de \(E\)
- Il peut être réduit à \(\{0\}\)
- C’est un hyperplan, supplémentaire de toute droite non contenue dans lui
- C’est un hyperplan, supplémentaire de \(\operatorname{Im}\varphi\) dans \(E\)
Réponse C.
L’image de \(\varphi\) est \(\mathbb{K}\) tout entier, donc le rang vaut \(1\). Par conséquent, le noyau est de dimension \(n-1\) : c’est un hyperplan. Si \(a\notin\operatorname{Ker}\varphi\), on écrit \(x=\left(x-\frac{\varphi(x)}{\varphi(a)}a\right)+\frac{\varphi(x)}{\varphi(a)}a\). Croire le noyau réduit à \(\{0\}\) oublie que \(n\ge2\). Enfin, \(\operatorname{Im}\varphi\) est inclus dans \(\mathbb{K}\), pas dans \(E\).
Question 7
Dans \(\mathbb{R}^2\) muni de la base \(\mathcal{B}=\big((1,1),(1,-1)\big)\), quelle est la première forme coordonnée \(e_1^*\) ?
- \((x,y)\mapsto x\)
- \((x,y)\mapsto\frac{x-y}{2}\)
- \((x,y)\mapsto\frac{x+y}{2}\)
- \((x,y)\mapsto x+y\)
Réponse C.
On résout \((x,y)=a(1,1)+b(1,-1)\), soit \(a+b=x\) et \(a-b=y\). Ainsi \(a=\frac{x+y}{2}\) et \(b=\frac{x-y}{2}\). La forme \(e_1^*\) renvoie la coordonnée \(a\). La réponse \((x,y)\mapsto x\) est la forme coordonnée de la base canonique. La réponse \(\frac{x-y}{2}\) est \(e_2^*\). Enfin, \(x+y\) oublie de diviser par \(2\), donc \(e_1^*(1,1)\) vaudrait \(2\).
Question 8
Quelle est une équation, dans la base canonique, du plan \(H=\operatorname{Vect}\big((1,0,2),(0,1,-1)\big)\) de \(\mathbb{R}^3\) ?
- \(2x+y+z=0\)
- \(2x-y-z=0\)
- \(2x+y-z=0\)
- \(x-y+2z=0\)
Réponse B.
On cherche une forme \(ax+by+cz\) nulle sur les deux vecteurs. Ainsi \(a+2c=0\) et \(b-c=0\). Avec \(c=-1\), on obtient \(a=2\) et \(b=-1\). La réponse \(2x+y+z=0\) ne s’annule pas en \((1,0,2)\). De même, \(2x+y-z\) vaut \(2\) en \((0,1,-1)\). Enfin, \(x-y+2z\) vaut \(5\) en \((1,0,2)\) : il faut toujours tester les deux vecteurs générateurs.
Question 9
Dans \(\mathbb{R}^5\), on coupe trois hyperplans dont les formes linéaires associées forment une famille libre. Quelle est la dimension de l’intersection ?
- \(2\)
- \(3\)
- \(1\)
- \(4\)
Réponse A.
L’intersection est le noyau de l’application \(x\mapsto\big(\varphi_1(x),\varphi_2(x),\varphi_3(x)\big)\). Comme les formes sont libres, cette application est de rang \(3\). Le théorème du rang donne donc \(5-3=2\). La réponse \(3\) retire seulement \(2\) dimensions. La réponse \(4\) est la dimension d’un seul hyperplan. Quant à \(1\), elle confond avec le cas de quatre formes indépendantes.
Question 10
Dans \(\mathbb{R}^3\), que représente l’ensemble des solutions de \(x+2y-z=4\) ?
- Un sous-espace vectoriel de dimension \(2\)
- Un plan affine de direction \(\operatorname{Vect}\big((1,2,-1)\big)\)
- Un plan affine passant par l’origine \((0,0,0)\)
- Un plan affine passant par \((4,0,0)\), de direction \(\{x+2y-z=0\}\)
Réponse D.
Le point \((4,0,0)\) est une solution particulière. Par différence, les autres solutions s’obtiennent en lui ajoutant un élément du noyau de \((x,y,z)\mapsto x+2y-z\). On obtient donc un plan affine dirigé par ce noyau. Cependant, l’origine n’est pas solution, puisque \(0\neq4\) : ce n’est pas un sous-espace vectoriel. Enfin, \(\operatorname{Vect}\big((1,2,-1)\big)\) est une droite, et non un plan.
Question 11
Quels sont les polynômes \(P\in\mathbb{R}[X]\) tels que \(P(X+1)-P(X)=2X\) ?
- Les \(X^2+c\), avec \(c\in\mathbb{R}\)
- Le seul polynôme \(X^2-X\)
- Les \(X^2-X+c\), avec \(c\in\mathbb{R}\)
- Les \(X^2-X+cX\), avec \(c\in\mathbb{R}\)
Réponse C.
L’application \(\Delta:P\mapsto P(X+1)-P(X)\) est linéaire, donc les solutions forment un sous-espace affine. On vérifie que \(X^2-X\) est solution : \((X+1)^2-(X+1)-X^2+X=2X\). Par ailleurs, le noyau de \(\Delta\) est formé des constantes. Ainsi \(X^2+c\) donne \(2X+1\). La solution particulière seule oublie le noyau. Enfin, \(cX\) n’est pas dans le noyau, puisque \(\Delta(X)=1\).
Question 12
Soit \(p\) et \(q\) deux projecteurs d’un \(\mathbb{R}\)-espace vectoriel. À quelle condition \(p+q\) est-il un projecteur ?
- Si et seulement si \(p\circ q=q\circ p=0\)
- Toujours, une somme de projecteurs étant un projecteur
- Si et seulement si \(p\circ q=q\circ p\)
- Si et seulement si \(\operatorname{Im}p\cap\operatorname{Im}q=\{0\}\)
Réponse A.
On a \((p+q)^2=p+q+pq+qp\), donc la condition équivaut à \(pq+qp=0\). En composant par \(p\) à gauche puis à droite, on obtient \(pq+pqp=0\) et \(pqp+qp=0\), d’où \(pq=qp\). Ainsi \(2pq=0\), donc \(pq=0\). La commutation seule ne suffit pas : \(p=q=\mathrm{id}\) donne \(2\,\mathrm{id}\). De même, des images en somme directe ne suffisent pas non plus.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur projecteurs, symétries et hyperplans
- S’exercer : exercices corrigés sur projecteurs, symétries et hyperplans
- QCM précédent : QCM : Noyau, image et rang en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Changement de base et trace en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
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