QCM : Sommabilité et produit de Cauchy en maths sup (MPSI)
Ce QCM sommabilité MPSI s’attaque à l’étape que tous les correcteurs exigent : la justification d’une interversion de sommes. Il commence par les règles de calcul dans \([0,+\infty]\), l’invariance par permutation et la sommation par paquets pour une famille positive. Il teste ensuite la notion de famille sommable de complexes, le théorème de Fubini et un contre-exemple où les deux sommes itérées diffèrent. La fin porte sur le produit de deux familles et sur le produit de Cauchy, qui exige la convergence absolue des deux séries.
Réponds d’abord sans le cours, en te demandant à chaque fois si les termes sont positifs ou si la somme des modules est finie. Lis ensuite les explications : elles justifient la bonne réponse et décrivent l’erreur visée par chaque piège, souvent une interversion faite sans vérification préalable.
Les 12 questions
Question 1
Dans le calcul des sommes de familles positives, quelle convention adopte-t-on dans \([0,+\infty]\) ?
- \(0\times(+\infty)=+\infty\)
- \(0\times(+\infty)=0\)
- \((+\infty)-(+\infty)=0\)
- \(0\times(+\infty)\) reste une forme indéterminée
Réponse B.
La convention \(0\times(+\infty)=0\) traduit qu’une infinité de termes nuls a une somme nulle. Elle rend ainsi cohérents les calculs de sommes doubles, par exemple pour la famille produit. En revanche, la soustraction n’est pas définie dans \([0,+\infty]\) : seules l’addition et la multiplication y ont un sens. Par conséquent, parler de forme indéterminée relève du calcul de limites, et non de cette convention.
Question 2
Que peut produire une permutation des termes d’une série réelle semi-convergente ?
- Une série de somme différente, voire divergente
- Une série de même somme, toujours
- Une série toujours divergente
- Une série de somme opposée, au plus
Réponse A.
Une série semi-convergente n’est pas absolument convergente, donc ses termes positifs et négatifs forment deux séries divergentes. On peut alors les réordonner pour atteindre n’importe quelle somme, ou pour diverger. En revanche, l’invariance par permutation vaut pour une famille positive ou sommable. Ainsi, croire la somme toujours conservée oublie cette hypothèse. Enfin, une permutation ne rend pas forcément la série divergente : l’identité est une permutation.
Question 3
On regroupe en paquets les termes d’une famille dénombrable à valeurs dans \([0,+\infty]\). Ce regroupement :
- n’est valable que si la somme totale est finie
- n’est valable que pour des paquets finis
- est toujours valable, l’égalité ayant lieu dans \([0,+\infty]\)
- n’est valable que pour un nombre fini de paquets
Réponse C.
Pour des termes positifs, la somme se définit comme le plus petit majorant des sommes portant sur un nombre fini d’indices, et elle peut valoir \(+\infty\). Avec cette définition, regrouper en paquets, finis ou infinis, en nombre quelconque, conserve toujours la valeur. Ainsi, si l’un des deux membres vaut \(+\infty\), l’autre aussi. Exiger une somme finie confond avec le cas des complexes, où la sommabilité est indispensable. De plus, la taille des paquets n’impose aucune restriction.
Question 4
Que vaut \(\displaystyle\sum_{n=0}^{+\infty}\sum_{k=n}^{+\infty}\frac{1}{2^k}\) ?
- \(4\)
- \(2\)
- \(8\)
- \(+\infty\)
Réponse A.
Les termes sont positifs, donc on peut sommer dans l’ordre voulu. La somme intérieure vaut \(\frac{1}{2^n}\times2=\frac{2}{2^n}\), puis \(\sum_n\frac{2}{2^n}=4\). De même, en intervertissant, chaque \(\frac{1}{2^k}\) apparaît \(k+1\) fois, et \(\sum_k\frac{k+1}{2^k}=4\). La réponse 2 oublie le facteur 2 de la somme géométrique. Enfin, \(+\infty\) suppose à tort qu’une somme double diverge toujours.
Question 5
La famille \(\left(\frac{(-1)^n}{n}\right)_{n\ge1}\) est-elle sommable ?
- Oui, car la série associée converge
- Oui, de somme \(-\ln2\)
- Non, car la série associée diverge
- Non, car \(\sum\frac1n\) diverge
Réponse D.
Une famille de complexes est sommable lorsque la famille de ses modules l’est. Ici, les modules forment la série harmonique, qui diverge : la famille n’est donc pas sommable. Pourtant, la série alternée converge vers \(-\ln2\), ce qui explique les pièges. Ainsi, la convergence de la série ne suffit pas, car elle dépend de l’ordre des termes. Enfin, affirmer que la série diverge est faux, même si la conclusion est la bonne.
Question 6
Avant d’intervertir \(\sum_n\sum_k a_{n,k}\) pour des complexes \(a_{n,k}\), quelle vérification suffit ?
- \(\sum_n\sum_k a_{n,k}\) converge
- \(\sum_n\sum_k|a_{n,k}|<+\infty\)
- chaque \(\sum_k a_{n,k}\) converge
- \(a_{n,k}\to0\) quand \(n+k\to+\infty\)
Réponse B.
Le théorème de Fubini positif, appliqué aux modules, transforme la condition \(\sum_n\sum_k|a_{n,k}|<+\infty\) en sommabilité de la famille. Ensuite, Fubini dans le cas sommable autorise l’interversion. En revanche, la convergence d’une somme itérée sans modules ne garantit rien : des compensations peuvent la produire. De même, la convergence de chaque somme intérieure, ou la limite nulle des termes, est bien trop faible.
Question 7
On pose \(a_{p,q}=1\) si \(q=p\), \(a_{p,q}=-1\) si \(q=p+1\), et \(a_{p,q}=0\) sinon, pour \(p,q\in\mathbb{N}\). Que valent \(\sum_p\sum_qa_{p,q}\) et \(\sum_q\sum_pa_{p,q}\) ?
- \(0\) et \(0\), par le théorème de Fubini
- \(0\) et \(1\), car la famille n’est pas sommable
- \(1\) et \(1\), par le théorème de Fubini
- \(0\) et \(1\), ce qui contredit Fubini
Réponse B.
À \(p\) fixé, la ligne contient un 1 et un \(-1\), donc chaque somme vaut 0 et le total aussi. À \(q\geq1\) fixé, la colonne contient aussi un 1 et un \(-1\) ; cependant, la colonne \(q=0\) ne contient que \(a_{0,0}=1\). On trouve ainsi 1. Il n’y a aucune contradiction : la somme des modules est infinie, donc Fubini ne s’applique pas. Supposer des sommes égales revient à intervertir sans vérification.
Question 8
Pour des complexes \(x\) et \(y\) de module strictement inférieur à 1, que vaut \(\displaystyle\sum_{(i,j)\in\mathbb{N}^2}x^iy^j\) ?
- \(\frac{1}{1-xy}\)
- \(\frac{1}{1-x}+\frac{1}{1-y}\)
- \(\frac{1}{(1-x)(1-y)}\)
- \(\frac{1}{1-x-y}\)
Réponse C.
Les familles \((x^i)\) et \((y^j)\) sont sommables, car les séries géométriques de raisons \(|x|\) et \(|y|\) convergent. Par conséquent, la famille produit est sommable et sa somme est le produit des deux sommes. La réponse \(\frac{1}{1-xy}\) ne garde que les termes diagonaux \(i=j\). En outre, la somme des deux fractions confond produit et addition de familles. Enfin, \(\frac{1}{1-x-y}\) correspond à une autre série.
Question 9
Comment s’écrit le rang \(n\) de la série obtenue en multipliant à la Cauchy \(\sum a_i\) par \(\sum b_j\) ?
- \(\sum_{i=0}^{n}a_ib_i\)
- \(a_nb_n\)
- \(\sum_{j-i=n}a_ib_j\)
- \(\sum_{i+j=n}a_ib_j\)
Réponse D.
Cette multiplication regroupe les produits \(a_ib_j\) selon la valeur de la somme des indices \(i+j\). C’est exactement ainsi que l’on obtient le coefficient de \(X^n\) dans un produit de polynômes. La version \(a_ib_i\) ne retient que la diagonale. De même, le produit terme à terme \(a_nb_n\) perd presque tous les produits croisés. Enfin, une différence d’indices fixée donne une infinité de termes, sans regroupement fini.
Question 10
On fixe \(|x|<1\) et l’on élève au carré, au sens de Cauchy, la série géométrique \(\sum x^n\). Quel terme obtient-on au rang \(n\) ?
- \(nx^n\)
- \(x^{2n}\)
- \(2^nx^n\)
- \((n+1)x^n\)
Réponse D.
On calcule \(c_n=\sum_{k=0}^{n}x^kx^{n-k}=\sum_{k=0}^{n}x^n\). Or cette somme comporte \(n+1\) termes, d’où \((n+1)x^n\). Comme la série géométrique converge absolument, on en déduit \(\sum(n+1)x^n=\frac{1}{(1-x)^2}\). La réponse \(nx^n\) oublie le terme \(k=0\). Ensuite, \(x^{2n}\) multiplie terme à terme. Enfin, \(2^n\) confond le nombre de termes avec le nombre de parties.
Question 11
Soit \(a,b\in\mathbb{C}\). En multipliant à la Cauchy les séries exponentielles \(\sum\frac{a^n}{n!}\) et \(\sum\frac{b^n}{n!}\), quel terme trouve-t-on au rang \(n\) ?
- \(\frac{(a+b)^n}{n!}\)
- \(\frac{(ab)^n}{n!}\)
- \(\frac{(a+b)^n}{(n!)^2}\)
- \(\frac{a^n+b^n}{n!}\)
Réponse A.
On a \(c_n=\sum_{k=0}^{n}\frac{a^kb^{n-k}}{k!\,(n-k)!}=\frac{1}{n!}\sum_{k=0}^{n}\binom nka^kb^{n-k}\). La formule du binôme donne donc \(\frac{(a+b)^n}{n!}\). Les deux séries convergeant absolument, on obtient ainsi \(e^ae^b=e^{a+b}\). Le piège \((n!)^2\) multiplie les dénominateurs sans faire apparaître le coefficient binomial. Par ailleurs, \(a^n+b^n\) ne garde que les termes extrêmes.
Question 12
On note \(u_n=(-1)^n(n+1)^{-1/4}\) et l’on multiplie à la Cauchy la série \(\sum u_n\) avec elle-même. Que se passe-t-il ?
- Elle converge vers le carré de \(\sum u_n\)
- Elle converge absolument
- Elle diverge, car son terme général ne tend pas vers 0
- Elle converge, vers une autre valeur
Réponse C.
Le terme de rang \(n\) vaut, au signe près, \(\sum_{i+j=n}\left((i+1)(j+1)\right)^{-1/4}\). Or \((i+1)(j+1)\le\left(\frac{n+2}{2}\right)^2\), donc chacun des \(n+1\) termes dépasse \(\left(\frac{2}{n+2}\right)^{1/2}\). Leur somme tend vers \(+\infty\), et la série diverge grossièrement. Ainsi, le théorème exige la convergence absolue, alors que \(\sum u_n\), alternée, n’est que semi-convergente. Croire au carré de la somme applique ce résultat sans son hypothèse.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur sommabilité et produit de Cauchy
- S’exercer : exercices corrigés sur sommabilité et produit de Cauchy
- QCM précédent : QCM : Nature d'une série numérique en maths sup (MPSI)
- QCM suivant : QCM : Dénombrement et conditionnement en maths sup (MPSI)
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
Ressources de maths en Maths sup (MPSI)
Cours
Tout voirExercices corrigés
Tout voirContrôles
Tout voirQCM
Tout voir

























