Corrigé des exercices : Rolle et accroissements finis en maths sup (MPSI)
Ce corrigé Rolle MPSI rédige les seize exercices comme on le ferait sur une copie de concours. Chaque solution s’ouvre sur une idée clé qui dit par où attaquer. Ensuite, les hypothèses de chaque théorème sont vérifiées explicitement : régularité sur le segment fermé puis sur son intérieur, valeurs égales aux extrémités.
Trois vigilances reviennent souvent. Premièrement, le théorème de Rolle ne vaut que pour une fonction réelle. Ensuite, une majoration par les accroissements finis exige une borne de la dérivée sur tout l’intervalle. Enfin, le prolongement de classe C1 suppose la continuité au point avant toute limite de la dérivée.
Les résultats finaux sont en gras. Les figures illustrent les solutions les plus géométriques.
Pour démarrer
Corrigé de l’exercice 1 – Raccord, valeur absolue et tangentes
Idée clé : en un point de raccord, on vérifie la continuité, puis on compare les taux d’accroissement à gauche et à droite.
- D’abord, \(f(1) = 1\) et \(\lim_{x \to 1^+}(2x – 1) = 1\), donc \(f\) est continue en 1. Pour \(x < 1\), le taux vaut \(\dfrac{x^2 – 1}{x – 1} = x + 1\), qui tend vers 2. Pour \(x > 1\), il vaut \(\dfrac{2x – 1 – 1}{x – 1} = 2\). Les deux dérivées unilatérales valent 2. Ainsi, \(f\) est dérivable en 1, \(f^{\prime}(1) = 2\), et la tangente a pour équation \(y = 2x – 1\).
- Pour \(x \neq 0\), on a \(\dfrac{k(x) – k(0)}{x} = \sqrt{|x|} \cdot \dfrac{\sin x}{x}\). Le premier facteur tend vers 0, le second vers 1. Par conséquent, \(k^{\prime}(0)\) existe et vaut 0.
- Pour \(x\) proche de 2 avec \(x > 2\), \(j(x) = x^2 – 4\), donc le taux vaut \(x + 2\), qui tend vers 4. Pour \(x\) proche de 2 avec \(x < 2\), \(j(x) = 4 – x^2\), et le taux vaut \(-(x+2)\), qui tend vers \(-4\). Les deux limites diffèrent. Donc \(j\) n’est pas dérivable en 2 ; les demi-tangentes sont \(y = -4(x-2)\) à gauche et \(y = 4(x-2)\) à droite. Le point est anguleux.
Corrigé de l’exercice 2 – Dérivée de la réciproque de x + exp(x)
Idée clé : le théorème de dérivation d’une réciproque ne demande pas l’expression de \(g\), seulement \(f^{\prime} \neq 0\).
- La dérivée \(1 + e^x\) est partout strictement positive, si bien que \(f\) croît strictement. Ses limites valent \(-\infty\) à gauche et \(+\infty\) à droite. Continue et strictement croissante, \(f\) réalise donc une bijection de \(\mathbb{R}\) dans \(\mathbb{R}\).
- Puisque \(f^{\prime}\) reste strictement positive, la réciproque \(g\) a un nombre dérivé en chaque réel \(y\), à savoir \(g^{\prime}(y) = \dfrac{1}{1 + e^{g(y)}}\). Or \(f(g(y)) = y\) s’écrit \(g(y) + e^{g(y)} = y\), d’où \(e^{g(y)} = y – g(y)\). Ainsi, \(g^{\prime}(y) = \dfrac{1}{1 + y – g(y)}\).
- On a \(f(0) = 1\), donc \(g(1) = 0\) et \(g^{\prime}(1) = \dfrac{1}{2}\). De même, \(f(1) = 1 + e\), donc \(g(1+e) = 1\) et \(g^{\prime}(1+e) = \dfrac{1}{1 + e}\). Bilan : \(g^{\prime}(1) = \frac{1}{2}\) et \(g^{\prime}(1+e) = \frac{1}{1+e}\).
- La fonction \(g\) est dérivable, donc continue, et \(1 + y – g(y) = 1 + e^{g(y)} > 0\). L’expression précédente montre donc que \(g^{\prime}\) est dérivable, comme inverse d’une fonction dérivable qui ne s’annule pas. En dérivant, \(g^{\prime\prime}(y) = -\dfrac{1 – g^{\prime}(y)}{(1 + y – g(y))^2}\). En \(y = 1\) : \(g^{\prime\prime}(1) = -\dfrac{1 – 1/2}{2^2}\). Donc \(g^{\prime\prime}(1) = -\frac{1}{8}\).
Corrigé de l’exercice 3 – Points critiques d’une fonction polynomiale
Idée clé : une dérivée nulle ne garantit rien, et sur un segment les extrémités sont des candidats à part entière.
- On calcule \(f^{\prime}(x) = 4x^3 – 12x^2 = 4x^2(x – 3)\). Elle s’annule en 0 et en 3, qui sont intérieurs à \([-1,4]\). Les points critiques sont 0 et 3.
- Le facteur \(4x^2\) est positif, donc \(f^{\prime}\) a le signe de \(x – 3\). Ainsi, \(f^{\prime} \leqslant 0\) sur \([-1, 3]\) et \(f^{\prime} \geqslant 0\) sur \([3, 4]\). En 0, la dérivée ne change pas de signe : \(f\) est décroissante de part et d’autre, donc 0 n’est pas un extremum local (tangente horizontale avec inflexion). En revanche, \(f\) décroît puis croît autour de 3 : 3 est un minimum local, avec \(f(3) = -17\).
- D’après les variations, \(f\) décroît sur \([-1,3]\) et croît sur \([3,4]\). On compare \(f(-1) = 15\) et \(f(4) = 10\). Donc la plus grande valeur est 15, prise en \(-1\) ; la plus petite est \(-17\), prise en 3. Le point \(-1\) est une borne : la proposition sur les extremums ne s’y applique pas, et en effet \(f^{\prime}(-1) = -16 \neq 0\).
Corrigé de l’exercice 4 – Dérivées successives d’un produit
Idée clé : le facteur polynomial a des dérivées nulles à partir d’un certain ordre, donc la somme de Leibniz ne garde que quelques termes.
- Les deux facteurs sont de classe C∞. Les dérivées de \(x^3\) sont \(3x^2\), \(6x\), \(6\), puis 0, et \((e^{2x})^{(j)} = 2^j e^{2x}\). La formule de Leibniz donne, pour \(n \geqslant 3\) : \[u^{(n)}(x) = 2^n x^3 e^{2x} + n\cdot 3x^2\cdot 2^{n-1}e^{2x} + \binom{n}{2} 6x\, 2^{n-2}e^{2x} + \binom{n}{3} 6\cdot 2^{n-3}e^{2x}.\] On met \(2^{n-3}e^{2x}\) en facteur. Ainsi, \(u^{(n)}(x) = 2^{n-3}e^{2x}\bigl(8x^3 + 12n\,x^2 + 6n(n-1)\,x + n(n-1)(n-2)\bigr)\).
- En \(x = 0\), seul le terme constant reste. Donc \(u^{(n)}(0) = 2^{n-3}\,n(n-1)(n-2)\). Par exemple, \(u^{(3)}(0) = 6\), ce que confirme le terme \(x^3\) du produit.
- Les dérivées de \(x^2\) sont \(2x\), 2, puis 0. Pour \(n \geqslant 2\), Leibniz donne trois termes : \(w^{(n)}(x) = x^2 \cos\left(x + \frac{n\pi}{2}\right) + 2n\,x\cos\left(x + \frac{(n-1)\pi}{2}\right) + n(n-1)\cos\left(x + \frac{(n-2)\pi}{2}\right)\). Le dernier coefficient vient de \(\binom{n}{2}\cdot 2 = n(n-1)\).
Corrigé de l’exercice 5 – Encadrer une valeur de l’arctangente
Idée clé : la dérivée \(\frac{1}{1+t^2}\) est majorée par 1 sur \(\mathbb{R}\) et strictement décroissante sur \([0, +\infty[\).
- La fonction arctan est dérivable sur \(\mathbb{R}\), de dérivée \(t \mapsto \frac{1}{1+t^2}\), comprise entre 0 et 1. L’inégalité des accroissements finis donne donc \(|\arctan x – \arctan y| \leqslant |x – y|\) pour tous réels \(x, y\).
- Par l’égalité des accroissements finis sur \([a,b]\), il existe \(c \in \,]a,b[\) tel que \(\arctan b – \arctan a = \dfrac{b-a}{1+c^2}\). Les inégalités \(0 < a < c < b\) entraînent \(1 + a^2 < 1 + c^2 < 1 + b^2\). L’inverse renverse cet ordre ; une multiplication par \(b – a > 0\) donne alors l’encadrement strict demandé.
- On prend \(a = 1\) et \(b = \frac{6}{5}\), avec \(\arctan 1 = \frac{\pi}{4}\) et \(b – a = \frac{1}{5}\). La borne inférieure vaut \(\dfrac{1/5}{1 + 36/25} = \dfrac{1}{5}\cdot\dfrac{25}{61} = \dfrac{5}{61}\). La borne supérieure vaut \(\dfrac{1/5}{2} = \dfrac{1}{10}\). Donc \(\frac{\pi}{4} + \frac{5}{61} < \arctan \frac{6}{5} < \frac{\pi}{4} + \frac{1}{10}\). L’écart entre les deux bornes est inférieur à 0,02.
Pour s’entraîner
Corrigé de l’exercice 6 – Les solutions de l’équation 2^x = x^2
Idée clé : une dérivée troisième de signe constant limite le nombre de zéros à trois ; le théorème des valeurs intermédiaires fournit ensuite les zéros manquants.
- On écrit \(2^x = e^{x\ln 2}\). Ainsi, \(\varphi\) est de classe C∞ et \(\varphi^{\prime}(x) = \ln 2\cdot 2^x – 2x\), \(\varphi^{\prime\prime}(x) = (\ln 2)^2\, 2^x – 2\), \(\varphi^{\prime\prime\prime}(x) = (\ln 2)^3\, 2^x\). Cette dernière dérivée est strictement positive. Si \(\varphi\) avait quatre zéros distincts, Rolle itéré trois fois donnerait un zéro de \(\varphi^{\prime\prime\prime}\), ce qui est impossible. Donc l’équation a au plus trois solutions.
- On vérifie que \(2^2 = 4 = 2^2\) et \(2^4 = 16 = 4^2\). Donc 2 et 4 sont solutions.
- On a \(\varphi(0) = 1 > 0\) et \(\varphi(-1) = \frac{1}{2} – 1 = -\frac{1}{2} < 0\). De plus, \(\varphi\left(-\frac{1}{2}\right) = \frac{1}{\sqrt{2}} – \frac{1}{4} > 0\), car \(\frac{1}{\sqrt 2} > \frac{1}{2}\). La fonction \(\varphi\) est continue, donc le théorème des valeurs intermédiaires donne une solution \(\alpha \in \left]-1, -\frac{1}{2}\right[\).
- Les trois solutions \(\alpha\), 2 et 4 sont distinctes, et il y en a au plus trois. Par conséquent, l’équation \(2^x = x^2\) a exactement trois solutions réelles.
Corrigé de l’exercice 7 – Racines des polynômes de Legendre
Idée clé : les racines \(\pm 1\) de multiplicité \(n\) restent des racines des \(n-1\) premières dérivées, et chaque application de Rolle fait gagner une racine intérieure.
- Le polynôme \(P_n\) est de degré \(2n\), de terme dominant \(x^{2n}\). Dériver \(n\) fois ce terme donne \(\frac{(2n)!}{n!}x^n\), et les autres termes donnent un degré inférieur. Donc \(L_n\) est de degré \(n\), de coefficient dominant \(\frac{(2n)!}{n!}\).
- Soit \(0 \leqslant k \leqslant n-1\). Par Leibniz, \(P_n^{(k)} = \sum_{j=0}^{k}\binom{k}{j}\bigl((x-1)^n\bigr)^{(j)}\bigl((x+1)^n\bigr)^{(k-j)}\). Or \(\bigl((x-1)^n\bigr)^{(j)} = \frac{n!}{(n-j)!}(x-1)^{n-j}\) avec \(n – j \geqslant 1\). Chaque terme s’annule donc en 1. Le même argument avec \((x+1)^{n-(k-j)}\) vaut en \(-1\). Ainsi, \(P_n^{(k)}(1) = P_n^{(k)}(-1) = 0\) pour \(k \leqslant n-1\).
- Initialisation : \(P_n\) s’annule en \(-1\) et en \(1\), donc \(P_n^{\prime}\) s’annule quelque part entre les deux. Hérédité : soit \(k \leqslant n-1\) tel que \(P_n^{(k)}\) s’annule en \(r_1 < \dots < r_k\), tous dans \(]-1,1[\). En ajoutant \(-1\) et \(1\), on dispose de \(k+2\) zéros ordonnés. Chacun des \(k+1\) intervalles qu’ils délimitent contient, par Rolle, un zéro de \(P_n^{(k+1)}\) ; ces zéros sont distincts et intérieurs. Donc la propriété est vraie pour tout \(k \in [\![1, n]\!]\).
- Avec \(k = n\), \(L_n\) possède au moins \(n\) racines distinctes dans \(]-1,1[\). Or il est de degré \(n\), donc il en a au plus \(n\). Par conséquent, les \(n\) racines de \(L_n\) sont réelles, simples et intérieures à \(]-1,1[\).
Corrigé de l’exercice 8 – Encadrement des sommes harmoniques
Idée clé : l’égalité des accroissements finis pour le logarithme sur \([x, x+1]\) compare une différence de logarithmes à un inverse, puis on somme.
- Soit \(x > 0\). Le logarithme est dérivable sur \([x, x+1]\). Il existe donc \(c \in \,]x, x+1[\) tel que \(\ln(x+1) – \ln x = \frac{1}{c}\). Or \(x < c < x+1\) donne \(\frac{1}{x+1} < \frac{1}{c} < \frac{1}{x}\). Donc \(\frac{1}{x+1} < \ln(x+1) – \ln x < \frac{1}{x}\).
- On applique l’inégalité de droite pour \(x = k\) et on somme pour \(k\) de 1 à \(n\). La somme télescopique vaut \(\ln(n+1) – \ln 1\). On obtient \(\ln(n+1) < H_n\). Ensuite, l’inégalité de gauche pour \(x = k\), sommée de 1 à \(n-1\), donne \(H_n – 1 < \ln n\) dès que \(n \geqslant 2\). Ainsi, \(\ln(n+1) < H_n < 1 + \ln n\).
- Dès que \(n \geqslant 2\), le réel \(\ln n\) est positif, et l’encadrement devient \(\frac{\ln(n+1)}{\ln n} < \frac{H_n}{\ln n} < 1 + \frac{1}{\ln n}\). À gauche, le quotient s’écrit \(1 + \frac{1}{\ln n}\ln\left(1 + \frac{1}{n}\right)\), de limite 1. À droite, la limite vaut aussi 1. Par encadrement, \(\frac{H_n}{\ln n} \to 1\).
- On calcule \(v_{n+1} – v_n = \frac{1}{n+1} – \bigl(\ln(n+1) – \ln n\bigr)\), qui est strictement négatif d’après la question 1. Donc \((v_n)\) est décroissante. D’autre part, la question 2 donne \(v_n > \ln(n+1) – \ln n > 0\). Décroissante et minorée, la suite \((v_n)\) admet une limite finie \(\gamma \geqslant 0\). Ce réel s’appelle la constante d’Euler ; il vaut environ 0,577.
Corrigé de l’exercice 9 – Point fixe d’une fonction contractante
Idée clé : une fonction \(k\)-contractante rapproche deux points d’un facteur \(k\) ; on compare donc \(u_{n+1}\) et \(\ell\) via \(g(u_n)\) et \(g(\ell)\).
- Comme \(-1 \leqslant \cos x \leqslant 1\), on a \(2 – \frac{1}{3} \leqslant g(x) \leqslant 2 + \frac{1}{3}\). Donc \(g(\mathbb{R}) \subset \left[\frac{5}{3}, \frac{7}{3}\right]\).
- Pour tout réel \(x\), \(|g^{\prime}(x)| = \frac{1}{3}|\sin x| \leqslant \frac{1}{3}\). Cette borne uniforme de la dérivée suffit : \(g\) est \(\frac{1}{3}\)-lipschitzienne sur \(\mathbb{R}\).
- Posons \(\theta(x) = g(x) – x\), continue. D’après la question 1, \(\theta\left(\frac{5}{3}\right) \geqslant 0\) et \(\theta\left(\frac{7}{3}\right) \leqslant 0\). Comme \(\theta\) change de signe, elle s’annule : il y a un point fixe dans \(\left[\frac{5}{3}, \frac{7}{3}\right]\). Ensuite, si \(\ell\) et \(\ell^{\prime}\) sont deux points fixes, \(|\ell – \ell^{\prime}| = |g(\ell) – g(\ell^{\prime})| \leqslant \frac{1}{3}|\ell – \ell^{\prime}|\), ce qui force \(\ell = \ell^{\prime}\). Le point fixe \(\ell\) existe et il est unique.
- Pour tout \(n\), \(|u_{n+1} – \ell| = |g(u_n) – g(\ell)| \leqslant \frac{1}{3}|u_n – \ell|\). Une récurrence immédiate donne \(|u_n – \ell| \leqslant \left(\frac{1}{3}\right)^n |u_0 – \ell|\), qui tend vers 0. Donc \((u_n)\) converge vers \(\ell\).
- Comme \(\ell \in \left[\frac{5}{3}, \frac{7}{3}\right]\) et \(u_0 = \frac{3}{2}\), on a \(|u_0 – \ell| \leqslant \frac{7}{3} – \frac{3}{2} = \frac{5}{6}\). Il suffit donc que \(\frac{5}{6}\cdot 3^{-n} \leqslant 10^{-6}\), soit \(3^n \geqslant \frac{5}{6}\cdot 10^6 \approx 833\,334\). Or \(3^{12} = 531\,441\) et \(3^{13} = 1\,594\,323\). Ainsi, pour \(n \geqslant 13\), \(u_n\) approche \(\ell\) à \(10^{-6}\) près ; numériquement, \(\ell \approx 1{,}89\). La figure montre la convergence en spirale des itérés.

Corrigé de l’exercice 10 – Lipschitzienne ou non
Idée clé : pour une fonction dérivable, être \(k\)-lipschitzienne équivaut à avoir une dérivée bornée par \(k\) ; une dérivée non bornée interdit donc tout caractère lipschitzien.
- Soit \(a \in I\). Pour \(x \in I\), \(x \neq a\), on a \(\left|\frac{f(x) – f(a)}{x – a}\right| \leqslant k\). Par passage à la limite dans l’inégalité large, \(|f^{\prime}(a)| \leqslant k\).
- Sur \([1, +\infty[\), la dérivée de la racine vaut \(\frac{1}{2\sqrt{x}} \leqslant \frac{1}{2}\). L’inégalité des accroissements finis donne une fonction \(\frac{1}{2}\)-lipschitzienne.
- Sur \([-3,3]\), \(|2x| \leqslant 6\), donc \(x \mapsto x^2\) y est 6-lipschitzienne. En revanche, sur \(\mathbb{R}\), sa dérivée \(2x\) n’est pas bornée. D’après la question 1, elle n’est lipschitzienne pour aucune constante.
- La fonction \(s(x) = \sin(x^2)\) est bornée par 1 et de classe C1, de dérivée \(s^{\prime}(x) = 2x\cos(x^2)\). Pour \(x_n = \sqrt{2\pi n}\), on trouve \(s^{\prime}(x_n) = 2\sqrt{2\pi n}\), qui tend vers \(+\infty\). La dérivée n’est donc pas bornée, et par la question 1, \(s\) n’est pas lipschitzienne sur \(\mathbb{R}\).
- Pour tous réels \(x, y\), \(|h(f(x)) – h(f(y))| \leqslant k^{\prime}|f(x) – f(y)| \leqslant k^{\prime}k|x – y|\). Donc \(h \circ f\) est \(kk^{\prime}\)-lipschitzienne.
Corrigé de l’exercice 11 – Une fonction de classe C1 sans dérivée seconde en 0
Idée clé : on applique le théorème de la limite de la dérivée pour la classe C1, puis on revient au taux d’accroissement de \(f^{\prime}\) pour la dérivée seconde.
- Sur \(\mathbb{R}^*\), \(f\) est continue par opérations. En 0, \(|f(x)| \leqslant |x|^3\), qui tend vers 0. Donc \(f\) est continue sur \(\mathbb{R}\).
- Pour \(x \neq 0\), on a \(f^{\prime}(x) = 3x^2\sin\left(\frac{1}{x}\right) – x\cos\left(\frac{1}{x}\right)\), et \(f\) est de classe C1 sur \(\mathbb{R}^*\). De plus, \(|f^{\prime}(x)| \leqslant 3x^2 + |x|\), qui tend vers 0. Puisque \(f\) est aussi continue en 0, toutes les hypothèses du prolongement C1 sont réunies : \(f^{\prime}(0)\) existe, vaut 0, et \(f^{\prime}\) est continue en 0. Ainsi, \(f\) est de classe C1 sur \(\mathbb{R}\).
- Pour \(x \neq 0\), \(\dfrac{f^{\prime}(x) – f^{\prime}(0)}{x} = 3x\sin\left(\frac{1}{x}\right) – \cos\left(\frac{1}{x}\right)\). Prenons \(x_n = \frac{1}{2\pi n}\) : le taux vaut \(0 – 1 = -1\). Prenons ensuite \(y_n = \frac{1}{2\pi n + \pi/2}\) : il vaut \(3y_n – 0\), qui tend vers 0. Les deux suites tendent vers 0 avec des limites de taux différentes. Par conséquent, \(f^{\prime}\) n’est pas dérivable en 0, et \(f\) n’est pas deux fois dérivable sur \(\mathbb{R}\).
Corrigé de l’exercice 12 – Fonction auxiliaire exponentielle
Idée clé : on cherche une fonction \(\phi = \mu f\), avec \(\mu\) qui ne s’annule pas, dont la dérivée est proportionnelle à l’expression voulue ; elle s’annule en \(a\) et \(b\), et Rolle conclut.
- Posons \(\phi(x) = e^{-\lambda x}f(x)\). Elle est continue sur \([a,b]\), dérivable sur \(]a,b[\), et \(\phi(a) = \phi(b) = 0\). Rolle donne \(c\) avec \(\phi^{\prime}(c) = e^{-\lambda c}\bigl(f^{\prime}(c) – \lambda f(c)\bigr) = 0\). L’exponentielle ne s’annule pas, donc \(f^{\prime}(c) = \lambda f(c)\).
- On veut faire apparaître \(f^{\prime} + x f\). Ainsi, on pose \(\phi(x) = e^{x^2/2}f(x)\), qui vérifie \(\phi^{\prime}(x) = e^{x^2/2}\bigl(f^{\prime}(x) + x f(x)\bigr)\). De plus, \(\phi(a) = \phi(b) = 0\). Rolle fournit \(d \in \,]a,b[\) tel que \(\phi^{\prime}(d) = 0\), d’où \(f^{\prime}(d) + d\,f(d) = 0\).
- Comme \(a > 0\), la fonction \(\phi(x) = \dfrac{f(x)}{x^2}\) est bien définie et continue sur \([a,b]\), dérivable sur \(]a,b[\). On calcule \(\phi^{\prime}(x) = \dfrac{x f^{\prime}(x) – 2f(x)}{x^3}\). De plus, \(\phi(a) = \phi(b) = 0\). Rolle donne \(e\) avec \(\phi^{\prime}(e) = 0\), donc \(e\,f^{\prime}(e) = 2f(e)\).
Corrigé de l’exercice 13 – Exponentielles complexes et dérivation
Idée clé : les formules de dérivation restent valables dans \(\mathbb{C}\), et l’on repasse aux fonctions réelles en prenant la partie réelle ; seuls les énoncés d’existence d’un point \(c\) sont perdus.
- On a \(f(2\pi) – f(0) = 1 – 1 = 0\). Or \(f^{\prime}(c) = i e^{ic}\) est de module 1, donc \(2\pi f^{\prime}(c) \neq 0\). Ainsi, la relation demandée n’a lieu pour aucun \(c\) : dans \(\mathbb{C}\), on perd l’égalité des accroissements finis.
- Par récurrence, la dérivée \(n\)-ième de \(t \mapsto e^{(1+i)t}\) vaut \((1+i)^n e^{(1+i)t}\). Ensuite, \(1 + i = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}\), donc \((1+i)^n = 2^{n/2}e^{in\pi/4}\). Comme \(e^t\cos t = \mathrm{Re}\bigl(e^{(1+i)t}\bigr)\) et que la dérivation commute avec la partie réelle, on obtient \(\mathrm{Re}\bigl(2^{n/2}e^t e^{i(t + n\pi/4)}\bigr)\). Donc \((e^t\cos t)^{(n)} = 2^{n/2}e^t\cos\left(t + \frac{n\pi}{4}\right)\).
- La fonction \(t \mapsto e^{it}\) est de classe C1 sur \(\mathbb{R}\) et sa dérivée est de module 1. L’inégalité des accroissements finis, valable pour les fonctions complexes, donne \(|e^{ix} – e^{iy}| \leqslant |x – y|\).
- Par Leibniz, avec \(t^{\prime} = 1\) et \(t^{\prime\prime} = 0\), on trouve \((t e^{it})^{(n)} = t\, i^n e^{it} + n\, i^{n-1}e^{it}\). Ainsi, \((t e^{it})^{(n)} = i^{n-1}(n + it)e^{it}\).
Pour approfondir
Corrigé de l’exercice 14 – Erreur d’interpolation affine
Idée clé : on fabrique une fonction auxiliaire qui s’annule en \(a\), \(x\) et \(b\) ; deux applications de Rolle font alors apparaître \(f^{\prime\prime}\).
- Comme \(a < x < b\), le produit \((x-a)(x-b)\) est non nul. La condition \(\psi(x) = 0\) équivaut donc à \(A = \dfrac{f(x) – P(x)}{(x-a)(x-b)}\). Le réel \(A\) existe et il est unique.
- Par construction, \(\psi(a) = f(a) – P(a) = 0\), \(\psi(b) = 0\) et \(\psi(x) = 0\). La fonction \(\psi\) est de classe C2 sur \([a,b]\). Rolle sur \([a,x]\) et sur \([x,b]\) donne deux zéros \(d_1 < d_2\) de \(\psi^{\prime}\). Ensuite, Rolle appliqué à \(\psi^{\prime}\) sur \([d_1, d_2]\) fournit \(c \in \,]d_1, d_2[\, \subset \,]a,b[\) tel que \(\psi^{\prime\prime}(c) = 0\).
- La fonction \(P\) est affine, donc \(P^{\prime\prime} = 0\). Par ailleurs, la dérivée seconde de \((t-a)(t-b)\) vaut 2. Ainsi, \(\psi^{\prime\prime}(c) = f^{\prime\prime}(c) – 2A = 0\), d’où \(A = \frac{1}{2}f^{\prime\prime}(c)\). En reportant dans la question 1, on obtient \(f(x) – P(x) = \frac{(x-a)(x-b)}{2}f^{\prime\prime}(c)\).
- Sur \([a,b]\), la fonction \(t \mapsto (t-a)(b-t)\) atteint son maximum au milieu, où elle vaut \(\frac{(b-a)^2}{4}\). Donc \(|f(x) – P(x)| \leqslant \frac{(b-a)^2}{4}\cdot\frac{M_2}{2}\). L’inégalité reste vraie en \(a\) et \(b\), où l’écart est nul. Ainsi, \(|f(x) – P(x)| \leqslant \frac{(b-a)^2}{8}M_2\).
- On prend \(f = \sin\) sur \(\left[0, \frac{\pi}{2}\right]\). Alors \(P(x) = \frac{2x}{\pi}\), car \(P(0) = 0\) et \(P\left(\frac{\pi}{2}\right) = 1\). D’abord, \(f^{\prime\prime} = -\sin \leqslant 0\) et \((x-a)(x-b) \leqslant 0\), donc la question 3 donne \(\sin x – \frac{2x}{\pi} \geqslant 0\). Ensuite, \(M_2 = 1\) et \(\frac{(\pi/2)^2}{8} = \frac{\pi^2}{32}\). Donc \(0 \leqslant \sin x – \frac{2x}{\pi} \leqslant \frac{\pi^2}{32}\). La figure compare l’écart réel et la borne obtenue.

Corrigé de l’exercice 15 – Une fonction plate de classe C infini
Idée clé : l’exponentielle \(e^{-1/x}\) écrase toute puissance de \(\frac{1}{x}\) ; on combine cela avec le théorème de la limite de la dérivée, à chaque ordre.
- On raisonne par récurrence, avec \(R_0 = 1\). Si \(f^{(n)}(x) = R_n\left(\frac{1}{x}\right)e^{-1/x}\) pour \(x > 0\), on dérive : \[f^{(n+1)}(x) = -\frac{1}{x^2}R_n^{\prime}\left(\frac{1}{x}\right)e^{-1/x} + \frac{1}{x^2}R_n\left(\frac{1}{x}\right)e^{-1/x}.\] Ainsi, \(R_{n+1}(X) = X^2\bigl(R_n(X) – R_n^{\prime}(X)\bigr)\), qui est bien un polynôme. On trouve \(R_1 = X^2\) et \(R_2 = X^4 – 2X^3\).
- Posons \(X = \frac{1}{x}\), qui tend vers \(+\infty\) quand \(x \to 0^+\). Pour tout entier \(k\), \(X^k e^{-X} \to 0\) par croissances comparées. Un polynôme est une combinaison linéaire de puissances, donc \(R\left(\frac{1}{x}\right)e^{-1/x} \to 0\) quand \(x \to 0^+\).
- Montrons par récurrence la propriété : « \(f\) est de classe Cn sur \(\mathbb{R}\) et \(f^{(n)}(0) = 0\) ». Pour \(n = 0\), \(f\) est continue sur \(\mathbb{R}^*\), et en 0 la question 2 avec \(R = 1\) donne la continuité. Supposons la propriété vraie au rang \(n\). Alors \(f^{(n)}\) est continue sur \(\mathbb{R}\) et dérivable sur \(\mathbb{R}^*\). Sa dérivée vaut 0 pour \(x < 0\) et \(R_{n+1}\left(\frac{1}{x}\right)e^{-1/x}\) pour \(x > 0\). Ces deux expressions tendent vers 0 en 0, d’après la question 2. Par le théorème de la limite de la dérivée, \(f^{(n)}\) est dérivable en 0, \(f^{(n+1)}(0) = 0\) et \(f^{(n+1)}\) est continue. Donc \(f\) est de classe C∞ et toutes ses dérivées sont nulles en 0.
- La fonction \(x \mapsto f(1-x)\) est de classe C∞ par composition, donc \(b\) l’est par produit. Si \(x \leqslant 0\), alors \(f(x) = 0\) ; si \(x \geqslant 1\), alors \(f(1-x) = 0\). Enfin, pour \(0 < x < 1\), les deux facteurs sont des exponentielles strictement positives. Ainsi, \(b\) est C∞, nulle hors de \(]0,1[\) et strictement positive sur \(]0,1[\).
La figure montre à quel point \(f\) et sa dérivée sont plates au voisinage de 0.

Corrigé de l’exercice 16 – Problème : accroissements finis de Cauchy et règle de L’Hospital
Idée clé : la fonction \(h\) est une combinaison de \(f\) et \(g\) qui prend la même valeur aux bornes ; Rolle donne alors un quotient de dérivées, qui contrôle le quotient \(f/g\).
- On développe : \(h(a) = f(b)g(a) – f(a)g(a) – g(b)f(a) + g(a)f(a) = f(b)g(a) – g(b)f(a)\). De même, \(h(b) = f(b)g(b) – f(a)g(b) – g(b)f(b) + g(a)f(b) = g(a)f(b) – f(a)g(b)\). Les deux valeurs sont égales.
- La fonction \(h\) est continue sur \([a,b]\) et dérivable sur \(]a,b[\), comme combinaison linéaire de \(f\) et \(g\). Rolle fournit \(c\) avec \(h^{\prime}(c) = 0\), c’est-à-dire \(\bigl(f(b) – f(a)\bigr)g^{\prime}(c) = \bigl(g(b) – g(a)\bigr)f^{\prime}(c)\).
- Une égalité \(g(b) = g(a)\) permettrait d’appliquer Rolle à \(g\), d’où un zéro de \(g^{\prime}\) : contradiction. Donc \(g(b) \neq g(a)\). Sachant en outre que \(g^{\prime}(c) \neq 0\), on peut diviser la relation précédente par \(\bigl(g(b) – g(a)\bigr)g^{\prime}(c)\). On obtient \(\frac{f(b)-f(a)}{g(b)-g(a)} = \frac{f^{\prime}(c)}{g^{\prime}(c)}\).
- Soit \(x \in \,]a, a+\delta]\). Une égalité \(g(x) = 0 = g(a)\) fournirait, via Rolle sur \([a,x]\), un point de \(]a,x[\) où \(g^{\prime}\) s’annule : c’est exclu par hypothèse. Donc \(g(x) \neq 0\).
- Soit \(x \in \,]a, a+\delta[\). La question 3 sur \([a,x]\), avec \(f(a) = g(a) = 0\), donne \(c_x \in \,]a,x[\) tel que \(\frac{f(x)}{g(x)} = \frac{f^{\prime}(c_x)}{g^{\prime}(c_x)}\). Quand \(x \to a^+\), on a \(c_x \to a^+\) par encadrement. Par composition des limites, \(\frac{f(x)}{g(x)} \to \ell\) quand \(x \to a^+\).
- On travaille sur \([0,1]\). Avec \(f_1(x) = 1 – \cos x\) et \(g_1(x) = x^2\), on a \(f_1(0) = g_1(0) = 0\), \(g_1^{\prime}(x) = 2x \neq 0\) sur \(]0,1[\), et \(\frac{f_1^{\prime}(x)}{g_1^{\prime}(x)} = \frac{\sin x}{2x} \to \frac{1}{2}\). La partie B donne \(\frac{1-\cos x}{x^2} \to \frac{1}{2}\). Ensuite, avec \(f_2(x) = x – \sin x\) et \(g_2(x) = x^3\), on a \(g_2^{\prime}(x) = 3x^2 \neq 0\) sur \(]0,1[\) et \(\frac{f_2^{\prime}(x)}{g_2^{\prime}(x)} = \frac{1}{3}\cdot\frac{1-\cos x}{x^2} \to \frac{1}{6}\). Les limites valent \(\frac{1}{2}\) et \(\frac{1}{6}\).
- Avec \(f_3(x) = e^x – 1 – x\) et \(g_3(x) = x^2\), les deux s’annulent en 0 et \(\frac{f_3^{\prime}(x)}{g_3^{\prime}(x)} = \frac{e^x – 1}{2x}\). Ce quotient tend vers \(\frac{1}{2}\), car \(\frac{e^x – 1}{x}\) tend vers la dérivée de l’exponentielle en 0. Donc \(\frac{e^x – 1 – x}{x^2} \to \frac{1}{2}\).
- D’une part, \(\frac{f(x)}{g(x)} = x\sin\left(\frac{1}{x}\right)\), majoré en valeur absolue par \(x\), donc tend vers 0. D’autre part, \(\frac{f^{\prime}(x)}{g^{\prime}(x)} = 2x\sin\left(\frac{1}{x}\right) – \cos\left(\frac{1}{x}\right)\). Le premier terme tend vers 0, mais \(\cos\left(\frac{1}{x}\right)\) n’a pas de limite en \(0^+\). Ainsi, la réciproque de la partie B est fausse : le quotient \(f/g\) peut converger sans que \(f^{\prime}/g^{\prime}\) converge.
Pour aller plus loin
- Revoir la leçon : cours de maths sup (MPSI) sur rolle et accroissements finis
- S’exercer : exercices corrigés de maths sup (MPSI) sur rolle et accroissements finis
- Bases utiles : Limite d'une fonction, continuité et TVI
- Chapitre d’avant : Limite d'une fonction, continuité et TVI
- Chapitre d’après : Fonctions convexes et inégalités de convexité
- Vérifier ses acquis : QCM de maths sup (MPSI) sur rolle et accroissements finis
- Contrôle corrigé en temps limité : Inégalités par Rolle et par convexité : contrôle de maths en MPSI
- Tous les chapitres : le sommaire de maths sup (MPSI)
- Après le bac : les maths post-bac, de la MPSI à la L3
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